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5.0 étoiles sur 5 UN COMPOSITEUR JUSTEMENT CÉLÈBRE et TROIS QUATUORS INJUSTEMENT MÉCONNUS, 23 juin 2014
Par 
Gérard BEGNI (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Britten : Quatuors à cordes n° 1, n° 2 et n° 3 (CD)
UN COMPOSITEUR JUSTEMENT CÉLÈBRE et TROIS QUATUORS INJUSTEMENT MÉCONNUS

Britten a écrit trois quatuors, à des moments importants de l’évolution de son œuvre. La musique de chambre en général et le quatuor en particulier est un genre qu’il fréquentait peu (du moins en apparence, car certaines de ses œuvres, opéras y compris, font appel à de réelles formations de chambre et à l’écriture associée), de sorte que ces trois quatuors sont un volet injustement méconnu de son œuvre. Ce disque est donc le bienvenu.

Une fois prise en compte l’évolution naturelle des choses, la forme globale des quatuors reste assez proche du modèle haydnien, avec trois (2°), quatre (1°) ou cinq (3°) mouvements, comme en général chez Schoenberg, Bartók ou Milhaud (à l’exception de 1° du premier et du 3° du second), alors qu’un Berg, un Webern, un Chostakovitch se montreront (apparemment) plus téméraires. La forme interne des mouvements garde également quelque chose de l’esprit classique, voire baroque, tout en s’en démarquant parfois ou en les faisant évoluer avec originalité et conséquence (et ceci dès le 1° mouvement du 1° quatuor).

Premier quatuor (1941) op. 25

Ce quatuor fait partie des œuvres qui referment la période initiale de création de Britten. Elle n’est certes pas exempte de banalités ni même de maladresses, mais a donné lieu à des chefs d’œuvres tels que ‘Our hunting fathers’ (1936, op.8), les ‘Illuminations’ (1939, op.18) ou ce quatuor – même s’il n’égale pas les deux suivants. Il a été composé aux USA sur commande d’Elisabeth Sprague-Coolidge (qui avait notamment commandé le 5° quatuor de Bartók et le 4° de Schoenberg) et a bénéficié des conseils bienveillants d’Aaron COPLAND.

Le premier mouvement est très original et s’inspire de certaines formes beethoveniennes de type allegro de sonate avec introduction, réinjectée dans le cours de la sonate (voir sonates 4pathétique’ ou ‘la Tempête’). Ici, nous avons une introduction très contrastée, avec des violons planant lentement et sereinement dans l’aigu et des pizzicati plus inquiétants dans le grave. L’exposition de sonate démarre, plutôt violente et colérique, en contraste puissant (encore que les pizzicatos aient préparé l’ambiance) mais nous allons bientôt assister à une reprise de l’introduction qui s’avère ainsi intégrée au matériel ‘d’exposition’ et donc au déploiement de la forme sonate, tandis que Beethoven opérait plutôt par contraste, interpolant des versions ‘érodées’ de ses introductions aux points cruciaux de la forme.

Le second utilise une forme de scherzo qui certes appartient à tout le monde mais est fort prisée par les russes (dans des styles très différents Stravinski, Prokofiev, Chostakovitch), et dont on trouve l’amorce dans certaines pages de Beethoven : une pulsation régulière (généralement en croches) pas trop forte, à laquelle se superpose des cellules puissantes et irrégulières. Ces cellules se resserrent chez Britten, sans pour autant masquer la pulsation régulière avec laquelle elles entrent en synergie.
Le troisième mouvement est généreusement et originalement mélodique : les thèmes et cellules s’entrecroisent, se développement avec une apparente fantaisie soutenue par une architecture solide. Il laisse entrevoir l’atmosphère de certaines scènes à venir de ‘Peter Grimes’.

Le finale est très ‘ la Haydn’, balayant avec humour et vivacité stylistique toutes les ombres et pénombres du quatuor.

Deuxième quatuor (1945) op. 36

Ecrit juste après la fin de la guerre, et bien que Britten puisse déjà se vanter d’avoir écrit un certain nombre d’œuvres de qualité (dont le premier quatuor), ce second quatuor ouvre dignement ce qui va être pendant quelque trente ans la ‘grande période’ du compositeur, marquée la même année par un incontestable et incontesté chef d’œuvre, l’opéra ‘Peter Grimes’ créé le 7 juin 1945.
Le premier mouvement semble refuser ce qui fait ‘le grand style’ du quatuor à cordes en privilégiant une écriture mélodique, antiphonique ou homophonique. Ceci posé, l’écriture de Britten est extrêmement souple, mouvante, mercurielle, comme par exemple celle de Mozart. De ce point de vue, ce mouvement pourrait faire penser à l’op 5/1 de Webern, évidemment replacé dans une perspective tonale élargie et sans sa compression formelle, mais aussi à certaines pages de Chostakovitch présentant un semblable dépouillement très mouvant.

Le second mouvement, assez bref et rapide, semble chargé de toute la violence contenue à fleur de peau qui est celle des hommes et des éléments déchaînés dans le ‘Peter Grimes’ contemporain.

Le troisième mouvement, de loin le plus long du quatuor, est une ‘chaconne’ libre, sorte d’hommage à Purcell et ses prédécesseurs (de même, le dernier mouvement du troisième quatuor est une ‘Passacaille’, et il y a une célèbre Passacaille dans l’opéra ‘Peter Grimes’ contemporain). C’est un mouvement lent qui termine le quatuor, comme dans la ‘suite lyrique’ de Berg ou le 6° quatuor de Bartók. En fait, ce finale dessine une forme en arche, le centre étant plus animé et dense que les extrémités. Une grande partie du matériau mélodique et thématique en est très librement et subtilement relié celui des deux mouvements précédents.

Troisième quatuor (1975) op. 94

Britten était déjà en très mauvaise santé lorsqu’il termina cette œuvre à Venise, fin 1975, un an avant sa mort, après son dernier opéra, ‘Death in Venice’, avec lequel il présente certaines affinités. Il lui fallut une aide pour ‘l’essayer’ au piano, le mettre un net … on ne peut qu’admirer profondément cet acharnement à créer jusqu’à l’heure ultime.

L’œuvre se compose de cinq parties de durées - et pourrait-on dire de ‘poids’ – inégales, articulant ainsi la forme globale de l’œuvre. Quoique clairement affirmée, la tonalité y est plus flottante qu’usuellement chez Britten.

Le premier mouvement, ‘duets’, se présente à la première écoute, comme un duo trouble et fuyant (comme les pensées d’Eschenbach dans ‘Mort à Venise’) entre violon et alto, sporadiquement accompagnés par les autres instruments. La tonalité est instable. La cohérence d’ensemble, réelle, reste voilée.

Le deuxième mouvement est un ostinato fait de déchirures très sonores qui se chargent progressivement de plus de stabilité jusqu’à une terminaison tonale inattendue (Sol majeur)

Le troisième mouvement, intitulé ‘solo’, très calme, évoque l’ambiance un peu étrange et raréfiée de la dernière manière de Beethoven ou Chostakovitch. Il est pour l’essentiel composé d’une cantilène haut perchée et de délicats arpèges, entre lesquels viennent se glisser de furtifs contrepoints.

C’est un autre Chostakovitch, celui des scherzos sardoniques et grinçants qu’évoque le quatrième mouvement ‘Burlesque’, ainsi du reste que la violence rythmique de Bartók.

Le cinquième et dernier mouvement, ‘recitative and passacaille’ est le plus long mouvement de musique de chambre que Britten ait jamais écrit. Il semble récapituler tous les états d’âme qui ont traversé la dernière période de Britten – ‘Death in Venice’ en particulier. Terminé à Venise, il est sous-titré ‘serenissima’. Il évoque d’abord le premier mouvement et son instabilité tonale. Puis s’installe la Passacaille, remplie de souvenirs de ‘Death in Venice’, réordonnés dans l’esprit de la forme – et notamment le point critique ‘I love you’ de l’opéra. Du propre aveu de Britten, le thème de la Passacaille évoque l’atmosphère des cloches vénitiennes, parfois mises en valeur par des moments ‘en creux’ du flux musical. Le mouvement est centré – comme l’opéra – sur la tonalité de Mi – mais pourtant, le mouvement se termine sur une pédale de ré hors échelle – ultime 'anunswered question' posée par Britten.

CONCLUSION

La musique de chambre n’est pas – et de loin – la partie la plus connue de l’œuvre de Britten. Elle n’en occupe pas une grande partie, le compositeur – en cela très britannique – étant très attiré par l’écriture vocale soliste ou charale. La dissemblance des deux techniques d’écriture – surtout dans le cas du quatuor à cordes, réputé si exigeant – ne garantit pas que l’auteur de grands chefs d’œuvres inconstatables dans le genre vocal déploie la même excellence dans la musique de chambre – malgré son attirance pour les petits ensembles, y compris dans les opéras. Les trois quatuors ici enregistrés prouvent que la génie multiforme de Britten nous a doté de trois excellents quatuors, chacun possédant sa spécificité.

Bien entendu, on ne peut honnêtement les placer au même rang que les plus hauts chefs d’œuvre du genre au XX° Siècle, mais on ne saurait les minimiser non plus. Ce sont des œuvres d’une originalité incontestable, d’une belle solidité d’écriture. Il serait dommage que le prestige d’œuvres de Britten plus connues, plus ambitieuses ou plus spectaculaires leur fasse de l’ombre. Le génie de Britten était multiforme, et ces quatuors en sont une digne manifestation.

Les membres du quatuor TAKACS l’ont parfaitement compris. Ils nous en livrent une lecture fort pertinente, attentive tant aux détails de l’écriture qu’à l’architecture d’ensemble, traduisant parfaitement cette chose indéfinissable qu’est la personnalité et le parfum des ouvres de Benjamin Britten.
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5.0 étoiles sur 5 Un phare, 27 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Britten : Quatuors à cordes n° 1, n° 2 et n° 3 (CD)
L'Angleterre et la musique dite "classical" : une apogée lors de la Renaissance ( Locke , Byrd , Thallis etc ) , et puis , vers la fin du 19ième et le début du 20ième , Elgar et Vaughan-Williams . Et puis le vingtième : Arnold , Havergal Bryan , etc , composant aussi des musiques de film ( lire , parmi les Que Sais-Je , la Musique Brittanique ) .
Et puis , tel le grand phare de Douvres : Benjamin Britten : il y a ses opéras , sa musique symphonique , mais c'est dans ses quatuors qu'on en croit pas ses oreilles : il réussit à introduire dans le quatuor à cordes - genre musical vénérable entre tous - des sonorités jamais entendues avant : bref , comme dirait Robert Schumann : Messieurs , Chapeau , un génie ( Hut ab , meine Herren , ein Genie ) .
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5.0 étoiles sur 5 Si par une nuit d'hiver, un quatuor..., 26 novembre 2013
Par 
Denis Urval (France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Britten : Quatuors à cordes n° 1, n° 2 et n° 3 (CD)
Disons d’abord un mot du programme, les trois quatuors composés par Benjamin Britten (1913-1976) et retenus par lui (ils sont précédés dans son œuvre d’une série d’essais dans le genre qui n’ont pas reçu de numéros d’opus).

Ecrit en réponse à une commande du grand mécène Elizabeth Sprague Coolidge (elle, encore ; elle, toujours)Elizabeth Sprague Coolidge: American Patron of Music, le premier quatuor en ré majeur op. 25 a été créé en 1941 à Los Angeles ; il est en quatre mouvements et s’ouvre par un merveilleux Andante sostenuto-Allegro, où les épisodes pensifs alternent avec les phases animées. Une œuvre en quatre mouvements, pleine de charme et de fantaisie, qui est celle d’un compositeur déjà maître de son propre jeu. Contemporain de l’opéra Peter Grimes, le quatuor n°2 op. 36 est créé en novembre 1945 au Wigmore Hall : on y trouvera une sorte de convergence objective avec les quatuors de Chostakovitch ; en trois mouvements, il culmine avec une Chaconne (en hommage à Henry Purcell), vaste mouvement à variations qui constitue à lui seul plus de la moitié de l’œuvre. Bien plus tardif, composé en partie à Venise (le dernier mouvement s’intitule la Sérénissime), contemporain de l’opéra tiré de la nouvelle de Thomas MannLa Mort à Venise, et créé peu de temps après la mort du compositeur en 1976 par le quatuor Amadeus, le troisième quatuor op. 84, adopte une forme en arche, ses cinq mouvements étant disposés selon un plan ABABA. Initialement intitulée « Divertimento », cette œuvre énigmatique constitue un exemple de « style tardif » particulièrement convaincant.

Ces œuvres ont bien entendu été déjà gravées à plusieurs reprises, en particulier par le quatuor Belcea chez EmiString Quartets Nos. 1 - 3 (Belcea Quartet). Un enregistrement du quatuor Endellion paraît simultanément chez Warner ClassicsBritten:Quatuors a Cordes 1/3.

Le quatuor Takacs se compose aujourd’hui de :
Edward Dusinberre, violon (né en 1968 en Angleterre)
Karoly Schranz, violon (né en 1952 à Budapest)
Geraldine Walther, alto (née en Floride, longtemps membre de l’orchestre de San Francisco)
Andras Fejer, violoncelle (né en 1955, ancien élève de l’Académie Franz Liszt de Bupapest)

Comme le savent tous ceux qui l’ont écouté en concert récemment, le quatuor Takacs est un des meilleurs qui soient de nos jours. Par rapport à d’autres formations, il se caractérise par la dimension chaleureuse et subjective de ses interprétations, et par la variété du jeu qui fait qu’ils peuvent sonner tantôt moderne, tantôt comme un quatuor mittel-européen du temps jadis. Ce qui nous est proposé n’est pas seulement une splendeur, un disque de quatuor parmi les plus réussis qu’on ait pu entendre récemment (ainsi capté, le moindre pizz est un régal): c’est tout une odyssée intime, chargée d’émotions, qui nous est proposée, comme le journal d’une vie.

Cette remarque s’applique tout particulièrement au 3e quatuor : le violon de Dusinberre est de toute beauté dans l’épisode central – Solo, very calm, les mouvements rapides font figure d’intermèdes fugitifs, et après l’introduction en récitatif, le finale déploie peu à peu la danse lente de sa Passacaille, en une fin ambigüe, mais profondément gratifiante pour l’auditeur, qui prend avec ces interprètes toute la dimension d'un adieu.

De même, l’enregistrement du Concerto pour violon par Janine Jansen, on peut le rappeler, est un des meilleurs enregistrements concertants des dernières annéesBeethoven et Britten : Concertos pour violon.

A n’en pas douter, une des parutions les plus attachantes War Requiem [Blu-ray]; War Requiemde cette année où l’on célèbre le centenaire de la naissance du compositeur britannique.
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4.0 étoiles sur 5 intégrale des quatuors de Britten, 13 février 2014
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Britten : Quatuors à cordes n° 1, n° 2 et n° 3 (CD)
il s'agit d'une interprétation qui "romantise" un peu ces œuvres. j'emploie ce mot un peu excessif pour situer cette version face à ces concurrentes. elle permettra aux "anti modernes" d'aller vers ces œuvres.
De plus je ne possédai pas le 1er quatuor et là l'interprétation est au sommet.
bien entendu les Takacs ne font pas dans le XIXe siècle mais ils apportent un poids, un son qui n'est pas le même que les versions modernes de ces quatuors. je pense que tout le monde y gagne
la comparaison avec une des références moderne de ces quatuor : les Brodsky (challenge classics) est intéressante pour ces derniers l'interprétation est plus intense, plus fine, plus fouillée elle va plus loin que les Takacs mais elle est plus difficile de compréhension à la 1ère écoute.
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