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4.0 étoiles sur 5 Valable Surtout Comme Comédie de Moeurs et Commentaire Social
J'ai beaucoup d'admiration pour le nouveau film de Woody Allen, même si on peut le reprocher d'un certain manque d'originalité. Ceci est dû au fait il doit beaucoup à la pièce de Tennessee Williams, Un Tramway nommé désir, qui semble être son point de départ, lui ayant fourni et la trame et les traits les plus importants du...
Publié il y a 5 mois par Stephen John Vogel

versus
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Cate Blanchett au sommet, Woody Allen un peu moins...
Annoncé comme une Woody Allen de très grand cru, « Blue Jasmine » déçoit finalement un petit peu. Le scénario nous fait suivre « la descente aux enfers » de Jasmine (Cate Blanchett) - de son vrai prénom Jeannette - depuis l'Upper East Side et Martha's Vineyard, où elle vit gâtée par son mari Hal (Alec Baldwin), jusqu'au...
Publié il y a 9 mois par Semper Victor


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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Cate Blanchett au sommet, Woody Allen un peu moins..., 8 octobre 2013
Par 
Semper Victor "FB" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine (DVD)
Annoncé comme une Woody Allen de très grand cru, « Blue Jasmine » déçoit finalement un petit peu. Le scénario nous fait suivre « la descente aux enfers » de Jasmine (Cate Blanchett) - de son vrai prénom Jeannette - depuis l'Upper East Side et Martha's Vineyard, où elle vit gâtée par son mari Hal (Alec Baldwin), jusqu'au tout petit appartement de sa soeur Ginger (Sally Hawkins) à San Francisco, où elle trouve refuge après la révélation des malversations de Hal et sa ruine complète.

Jasmine, en proie à une dépression tenace, refuse la vérité et s'aperçoit qu'elle va rebondir en devenant décoratrice d'intérieur sur Internet et en retrouvant un mari à la hauteur de ses ambitions. Entre deux martinis et trois xanax, elle se met également en tête de sortir sa soeur du milieu où elle se complait, et des amants qui d'après Jasmine ne sont pas à sa hauteur. Woody Allen se contente, avec beaucoup d'humour, de suivre les déboires - et les boires - de Jasmine, rappelant et expliquant son passé par des flashs back parfaitement rythmés. Cate Blanchett est tout bonnement géniale dans un rôle dont elle parvient à mettre en lumière toutes les nuances avec sensibilité (et cruauté). Sally Hawkins est elle aussi parfaite, même si elle fait un peu trop britannique pour une californienne. Alec Baldwin, de manière discrète, montre une nouvelle fois, après « To Rome With Love », qu'il est parfaitement compatible avec l'univers de Woody Allen.

Là où finalement le bât blesse, c'est avec la facilité dans laquelle le film finit par sombrer. Les bonnes idées qui dynamisent le film au cours de ses premières vingt minutes sont ensuite dupliquées sans vergogne. Woody Allen se complait également dans une vision sombre et négative, et plutôt manichéenne de son sujet. Faut-il que les deux soeurs si différentes soient issues d'une famille d'adoption pour prouver une quelconque prédestination génétique ? Fallait-il un traitement si noir des relations entre le fils d'Hal et sa belle mère ?

Finalement « Blue Jasmine » se révèle être un bon film, grâce à la qualité de ses acteurs principaux, la drôlerie des dialogues et quelques très belles scènes pleines d'humour et de dérision, mais on demeure très loin des meilleurs films de Woody Allen, même des plus récents comme « Match Point » ou « Midnight in Paris ». Le maître semble gagné par une certaine routine et un nihilisme qui nuisent à l'élévation de son travail au niveau qui était le sien il n'y a encore pas si longtemps.
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4.0 étoiles sur 5 Valable Surtout Comme Comédie de Moeurs et Commentaire Social, 18 février 2014
Par 
Stephen John Vogel (Manhattan) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine [Blu-ray] (Blu-ray)
J'ai beaucoup d'admiration pour le nouveau film de Woody Allen, même si on peut le reprocher d'un certain manque d'originalité. Ceci est dû au fait il doit beaucoup à la pièce de Tennessee Williams, Un Tramway nommé désir, qui semble être son point de départ, lui ayant fourni et la trame et les traits les plus importants du personnage principal, Jasmine. Il est peut-être à noter que Cate Blanchett a joué le rôle de Blanche Dubois (rôle sur lequel celui de Jasmine semble calqué) à New York il y a cinq ans lors d'une reprise de la pièce de Williams, et qu'elle a remporté un succès éclatant (d'où vient peut-être l'idée pour ce film).

Mais avec le jeu des acteurs, surtout celui--extraordiaire--de Blanchett, le film me semble particulièrement valable lorsqu'il aborde un sujet trop souvent ignoré dans les films américains: le désaccord entre classes sociales à l'intérieur du pays. Quoiqu'on pense traditionellement que la société américaine est une "classless society," ceci est un mythe, surtout de nos jours où l'écart entre les riches et les pauvres va s'aggrandissant et la classe moyenne a du mal à se maintenir.

Allen, étant donné ses origines modestes et ses succès mondains, joints à ses dons de cinéaste, est bien placé pour observer la façon dont les "haves" et les "have nots" se parlent et se comportent, surtout pendant ces rares occasions quand ils ont besoin de se côtoyer, ou comme nous disons en Amérique, "when they have to rub elbows." Bon exemple: la scène où la soeur et le beaux-frère de Jasmine, des provinciaux on ne peut plus prolos, débarquent chez elle dans l'appartement de luxe qu'elle possède avec son mari à Manhattan. Ceux-ci ne savent pas trop comment réagir et tentent en vain de se débarraser d'eux; c'est un morceau d'anthologie digne d'un ouvrage sur les bonnes comédies de moeurs, et un commentaire sur les rapports sociaux actuels aux Etats-unis (et sans doute ailleurs).
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9 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Deux destins croisés, 2 décembre 2013
Par 
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine (DVD)
Je n'ai pas vu beaucoup de films de Woody Allen.
Celui-ci, en tous les cas, m'a semblé très bon.
Pas très gai, mais assez juste, avec un rôle difficile tenu à merveille par l'actrice principale Cate Blanchett, comme beaucoup l'ont souligné, mais pas seulement.

L'histoire de deux soeurs (adoptives), que tout a toujours opposé, mais qui vont se retrouver par la force des événements et les rapprocher de manière progressive et artificielle.
Toutes deux ont connu, de manière très différente mais finalement que l'on peut comparer, une vie chaotique qui les a menées à une existence qui se révèle au final décevante. De leurs rêves respectifs aux situations très glauques auxquelles on va assister, un univers assez déprimant qui établit un parallèle intéressant entre deux caractères si opposés, aux aspirations tout aussi opposées, mais qui se réunissent dans un même échec, même si l'une s'en sortira finalement mieux que l'autre, à sa façon, en raison de circonstances inattendues.

Assez déprimant, mais très intéressant et symptomatique de personnalités soit trop égocentriques et victimes des apparences, soit souffrant d'un excès de naïveté et de manque de confiance en soi.
Deux caractères fragiles, dont on mesure les aspirations, les peines et les déceptions, à travers une peinture à la fois cruelle et si justement observée.
Un bon film, donc, de mon point de vue. Assez subtil.
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5.0 étoiles sur 5 Sublime déliquescence., 9 juin 2014
Par 
nikita (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine (DVD)
Jasmine (Cate) est mariée à un homme d'affaires très riche (Alec Baldwin ) bien sous tout rapport en apparence , qui se révèle être un escroc (volage) de la trempe d' un Madof .Un beau jour son "monde parfait" s'écroule....Elle se retrouve confrontée à la sombre réalité,elle ne peut plus feindre de rien voir...
Veuve ,fauchée Cate "marche "à la vodka et au xanax,elle parle toute seule .Obligée de quitter New York,elle débarque alors chez sa soeur à San Fransisco,
soeur qu'elle méprise,à qui elle reproche son manque d'ambition ses amours ordinaires alors qu'elle même est tombée si bas. Elle la snobe ,l'humilie....
Cate Blanchett est sublime dans ce rôle à "contre emploi" de femme dégradée ,qui a perdu son faste matériel,mais qui est toujours empreinte de son chic naturel.Pathétique,ou à claquer elle est totalement borderline mais toujours "criante" de (sa)vérité .Elle se voit déjà décoratrice de renom avec le standing assorti à sa profession. Dans le déni total,elle est persuadée vivre un incident de parcours,que son existence se trouve dans les hautes sphères ,qu'elle pense avoir tutoyé si longtemps .Ce qu'elle oublie c'est que le bling-bling et la condescendance,ne sont en aucun cas un sésame pour jouer dans cette "cour" où elle rêve d'accéder.Elle est parfois touchante,car même horripilante il subsiste en elle une âme de pauvre petite fille... riche.Petite fille mal élevée qui a des sursauts d'humanité....d'où la dualité de son personnage...
J'ai adoré ce film qui est avant tout un portrait de femme décadente en pleine déliquescence et pourtant somptueuse..Tous les seconds rôles sont comme à l'habitude de Woody Allen"triés sur le volet" ,il n'a pas son pareil pour trouver les personnages qui"collent" à ses scénarios avec autant d'à propos et de justesse.Un film qui m'a fait penser pour sa "logique" à "vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu" du même auteur.La vérité n'est surtout pas là où on la croit !!!Bon je m'arrête le but n'est pas de vous raconter cette fiction....n'est ce pas ? Mais de vous donner envie d'aller voir ce petit chef d'oeuvre décapant.
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6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Observation fine et caricature grossière font mauvais ménage, 17 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine (DVD)
Je ne reviendrai pas ici sur le synopsis du film, il a été suffisamment décrit dans ces pages. En ce qui concerne la réalisation, disons que Woody Allen est passé un peu à côté d'une grande oeuvre. On suit l'histoire présente et passée de Jasmine, tout se met bien en place en bénéficiant d'une interprétation remarquable. On s'agace devant cette femme au demeurant peu sympathique en suivant ses péripéties, découvrant peu à peu ses multiples fractures et, pour finir, l'étendue de son naufrage. Il y a quelque chose de pathétique dans cette sombre chute au pays des illusions démesurées et dans les désillusions tout aussi démesurées qui en sont la conséquence. Dommage que Woody ait sombré avec elle dans le piège des effets comiques trop appuyés. Doter cette pimbêche, qui a profité toute sa vie de sa nullité et de l'argent trop facile et trop malhonnête de son mari pour nourrir ses grands airs, d'une soeur à la vie caricaturale de paumée de banlieue crade est une navrante faute de goût qui enlève une bonne partie de son poids au film. Certes, on veut nous montrer à travers l'opposition entre les deux soeurs (adoptives) que la plus "équilibrée" au regard de la société est la plus paumée des deux et qu'on peut avoir plus de noblesse d'âme quand on est pauvre et qu'on a une vie en bâton de chaise, courant sans cesse après l'amour qui s'enfuit que quand on s'enferme dans son monde (en l'occurrence parfaitement artificiel) de "gens biens sous tous rapports", mais le manque de mesure vient flinguer la finesse avec laquelle est observée Jasmine. Dommage.
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3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Mauvais millésime, 5 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine (DVD)
Décidément en me laissant tenté par un W A que je ne connaissais encore pas, je suis de nouveau déçu. Une critique parle de grand cru un peu bouchonné, certes pourquoi pas, mais je trouve qu'il s'agit encore une fois d'un mauvais millésime si l'on compare évidemment le cru à W A.
Cette impression de revoir toujours la même chose, toujours les mêmes situations, toujours la même gesticulation et cette excitation dans des enchainements pour le coup pas toujours lisibles. D'accord pour la performance d'actrice, mais dans ces conditions quel gâchis. Problème de couple avec des protagonistes qui frisent la caricature…. franchement il y a mieux et l'inspiration s'essouffle. Je me suis assoupi pendant 15 minutes, ceci explique cela !
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10 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Encore un Woody Allen atypique... et extraordinaire., 10 décembre 2013
Par 
FX de Vasselot (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine [Blu-ray] (Blu-ray)
Jasmine arrive à New York et débarque avec ses valises Vuitton chez sa sœur, qui l’héberge dans son petit appartement de banlieue pauvre. Elle a visiblement besoin d’un nouveau départ dans sa vie (une série de flashes-back répartis tout au long du film nous expliqueront pourquoi), et sa sœur semble la seule personne vers qui elle puisse se tourner. Non contente de s’incruster pour une durée indéterminée, elle commence à influencer le monde autour d’elle, et pas forcément en bien.

Dès les premiers plans, le personnage de Jasmine est campé : une femme extrêmement élégante, avec un besoin vital d’attention et d’admiration, et gérant très difficilement une visible déchéance sociale. Son alcoolisme apparaît vite à l’écran, son décalage par rapport au réel aussi (le billet d’avion en première classe !). La façon dont elle embellit ou déforme spontanément la réalité (cf la rencontre avec Dwight, ou son changement de prénom) est absolument désarmante, tant cela est devenu une seconde nature pour elle ; Jasmine est une illustration extraordinaire du fait que la sincérité n’est absolument pas un gage de vérité. Il faut voir la conviction avec laquelle elle annonce à ses neveux (dans le restaurant) qu’elle a changé et conclut sa phrase par un sourire convaincu et une grande lampée d’alcool. Woody Allen nous dresse ici le portrait d’une femme habitée en permanence par les dissonances cognitives entre la réalité et la perception qu’elle en a, et ne résout ses conflits intérieurs que par divers moyens de fuite : le culte de l’apparence, l’alcool ou le déni absolu.

Et pourtant, cette femme profondément malheureuse parvient à rester attachante, le spectateur aimerait vraiment qu’elle s’en sorte, qu’elle s’adapte, que sa situation s’améliore. Là réside le double tour de force du film : l’écriture du personnage par Allen et son interprétation par une Cate Blanchett dont l'Oscar (meilleure actrice) est amplement mérité. Sur ce dernier point, d’ailleurs, il convient de remarquer que les familiers de l’actrice (ceux qui ont vu ses deux portraits de la reine Elizabeth, Chronique d'un scandale, Heaven ou Intuitions) ne seront pas surpris outre mesure, mais seront néanmoins enchantés de voir éclater toutes les (nombreuses) facettes de son talent. Son sens de l’ironie, de la comédie, du drame, tout est servi avec un registre de nuances peu commun et un charme quadragénaire éblouissant. Les seconds rôles, parce qu’ils sont impeccablement tenus par Alec Baldwin, Sally Hawkins et Bobby Cannavale (mais on n’en attend pas moins d’un Allen qui a toujours beaucoup aimé ses interprètes), ne font que mettre encore mieux en valeur sa prestation, comme un bel écrin fait éclater les feux d’une pierre précieuse.

Je suis loin d’être un fan de Woody Allen, à vrai dire j’aime surtout les films atypiques de sa filmographie (comme Match Point ou Vicky Cristina Barcelona). Celui-ci en fait partie et je vous le recommande chaudement.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Blue Jasmine, 28 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine (DVD)
Unfortunately, the French subtitles are permanently on the screen. Impossible to remove them. It was annoying to watch the film in English with the French subtitles.
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5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Cate Blanchett formidable... Woody Allen à la peine., 25 octobre 2013
Par 
Verbena "master jedi" (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine [Blu-ray] (Blu-ray)
Suite aux délires emphatiques de la presse spécialisée (comme toujours dans le cas de Allen), je me suis donc penchée sur le dernier Woody Allen, Blue Jasmine.
La bonne nouvelle, c'est que j'ai passé un bon moment, et que je ne me suis pas énervée (contrairement à mes dernières expériences éprouvantes avec Allen et ses pauvres films "touristiques").

Blue Jasmine dresse un portrait rythmé et vivant de Jasmine, une quadra bourgeoise, superficielle, et pleine aux as, qui, après avoir été plongée dans la ruine suite à la "banqueroute" de son mari, est obligée d'aller vivre chez sa sœur adoptive, serveuse à San Francisco.
Woody Allen mobilise ici l’attirail dramaturgique classique et efficace de l'opposition des milieux sociaux (les "riches" et les "modestes") pour générer tension mais aussi humour.

Mais ce choc des cultures n'est pas toujours des plus réussis et n'est pas l'intérêt majeur du film :
BJ est en effet un film sur l'aveuglement et la compromission, pas toujours très finement écrit et caricatural (les riches sont parfois trop "puants" et les pauvres parfois trop... "bêtes"), mais splendidement incarné par Cate Blanchett, qui se fait tour à tour peste, sotte, tragique, ou... carrément flippante !
L'anglaise Sally Hawkins tire également son épingle du jeu grâce à son interprétation nuancée et lumineuse de la sœur adoptive, qui n'a pas eu la même "chance" ou les mêmes "bons gènes" que Jasmine (on verra en fait qu'elle est celle qui a probablement eu le plus de jugeote).

Autre réel point fort de BJ, sa narration tout en flashbacks. L'exercice du flashback n'est pas toujours évident et peut vite se transformer en alignement lourdaud de séquences entrant en résonance les unes aux autres, mais le scénario, pour une fois pas complètement bâclé par WA et bien rythmé, met l'histoire sur les rails, et Woody Allen et sa monteuse Alisa Lepselter parviennent à rendre ces plongées dans le passé percutantes et diaboliquement fluides.
Je pourrais m'attarder plus sur le scénario (bien rythmé mais non exempt de facilités qui feraient se bidonner n'importe quel dramaturge un peu sérieux), mais ce n'est pour une fois pas l'écueil le plus grave de cette cuvée Allen 2013.

En effet, Il y a quelque chose qui m'a chiffonné pendant tout le film, et qui me fait dire au final que, si BJ est probablement l'un des meilleurs Woody Allen depuis Match Point et Scoop, il passe à côté de son propos : marquer son époque avec une critique sociale au vitriol et faire un portrait vibrant d'une femme d'aujourd'hui qui a tout perdu et qui s'est perdue.

La raison : Woody Allen est resté à mon sens totalement bloqué dans les années 80/90, et ces femmes au début de la quarantaine dont il fait le portrait, toutes accaparées qu'elles sont à se trouver le parti idéal, obnubilées par un plan de carrière matrimonial parfait, ce ne sont pas des femmes des années 2010/2015.
En ce sens, Blue Jasmine est un film qui sent un peu la naphtaline et paraît déconnecté de la société et des mœurs occidentales d'aujourd'hui. Peut-être Woody Allen est-il trop vieux, ou peut-être ne sort-il pas assez et ne voit-il pas assez de gens ?
Quoi qu'il en soit, Blue Jasmine met en scène des caricatures de riches, des caricatures de pauvres, des caricatures de femmes incapables de se penser autrement que par rapport à un mari, et du coup, il peine à séduire, à impliquer, à emporter.

Conclusion : en tant que cuistot du cinéma, Woody Allen parvient à fort bien accommoder les restes de la veille. Mais ce ne sont que des restes (et ce sont plus probablement des restes de la semaine dernière).
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11 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un "grand cru" un peu bouchonné, 4 octobre 2013
Par 
Zarak (Saintry-sur-Seine, Essonne, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine [Blu-ray] (Blu-ray)
Encensé par la presse comme l'un des meilleurs crus de son réalisateur, j'avoue que les superlatifs m'ont de nouveau laissé un peu perplexe. J'ai l'impression que depuis quelques années, l'âge avancant et la carrière de Woody Allen étant définitivement entrée dans la grande respectabilité (même les américains se mettent à aller voir ses films), on se presse de qualifier chaque nouveau cru comme "le meilleur depuis longtemps". Mais pour qui, comme moi, est un vrai "aficionado" du réalisateur new-yorkais jusqu'à à avoir vu ses 45 films, il est évident qu'on est là en présence de dernière oeuvres certes sympathiques à regarder, mais toujours très, très en dessous du niveau de ses grands classiques.

La réalité, c'est que ce Blue Jasmine vaut surtout pour la prestation de Cate Blanchett, déclassée foldingue victime de sa passion des apparences, insupportable tout en étant émouvante, dégueulasse et pourtant d'un charme fou derrière ses yeux clairs qui tremblent de ses propres orages. Allen opère un ballet intéressant entre monde du vrai / monde du faux, l'héroïne déclassée incapable de vivre dans le monde réel et authentique, la soeur d'en bas s'esseyant - ou plutôt se vautrant - de son côté, dans le monde plus "élevé" mais faux, de sa soeur avant que chacune en revienne - de façon réelle ou fanstasmée - à son monde naturel : richesse et fiction pour l'une, pauvreté et réalité pour l'autre. Dommage que tout cela se calque sur une dichotomie assez facile et pas toujours vraie (les pauvres vivent dans le vrai, les riches dans le faux) pour mieux faire se téléscoper les contraires, mécanique parfois grinçante (dans le mauvais sens du terme) devenue un standard des derniers films de son auteur.

Alors quoi, au final ? S'émouvoir du sort de "Blue Jasmine", pauvre femme égoïste et sans talent, perdue dans sa quête obsessionnelle du mari fortuné ? Notre fibre empathique a un peu de mal à vibrer. Se faire rappeler combien le monde d'en haut est facile mais faux, et le monde d'en bas âpre, mais vrai ? Il y a peu de chance pour que ce soit toujours aussi simple.

Un Woody Allen de fin de carrière, ni bon ni mauvais, juste un peu fatigué en fait, et un peu fainéant aussi.
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