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5.0 étoiles sur 5 Pourquoi et comment l'armée allemande, si expérimentée a-t-elle finalement été vaincue ?
Ouvrage passionnant qui montre, jour après jour, les allemands tentés de repousser ce qu'ils appellent "l'Invasion". Benoît Rondeau retrace le Débarquement et les cent jours de la bataille de Normandie tels qu'ils les ont vécus, du simple soldat au général du Reich..
« De fait, Waffen SS et parachutistes feront...
Publié il y a 8 mois par Marie

versus
8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Il manque le détail qui est à chaque page de son précédent livre"Afrikakorps,L'armée de Rommel"
Trois étoiles ,car le travail est quand même là ! :Afrikakorps,l'armée de Rommel du même auteur, rentre dans le détail des journées de chaque unités et de leurs chefs,ceci pendant toute la campagne africaine des forces de l'Axe.Invasion,le débarquement vécu par les allemands,est très en deçà . J'ai...
Publié il y a 10 mois par laurent


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5.0 étoiles sur 5 Pourquoi et comment l'armée allemande, si expérimentée a-t-elle finalement été vaincue ?, 11 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
Ouvrage passionnant qui montre, jour après jour, les allemands tentés de repousser ce qu'ils appellent "l'Invasion". Benoît Rondeau retrace le Débarquement et les cent jours de la bataille de Normandie tels qu'ils les ont vécus, du simple soldat au général du Reich..
« De fait, Waffen SS et parachutistes feront montre de fanatisme au cours de cette âpre et sanglante campagne. Guderian est également convaincu de la supériorité du soldat allemand : l’infanterie britannique manque de combativité et, face à des équipages de Panzer très bien entraînés, selon lui (il est l’inspecteur général des troupes blindées), « la supériorité de l’ennemi ne découle que du nombre de ses chars3 ».

Obéissants, les soldats allemands, comme leurs adversaires, nouent des liens de solidarité au niveau du groupe de combat ou de la section. Leur motivation première : survivre et ne pas abandonner les « copains », les venger au besoin. L’idée de remporter la bataille décisive pour le Reich est bien entendu très présente. On se bat pour la patrie (Vaterland) et la famille. On se bat aussi pour le Führer, plus souvent que certains auteurs ne voudraient le laisser entendre.

Pourtant, l’examen fait par les services de renseignement américains du courrier pris sur les prisonniers et sur les cadavres semble suggérer une baisse du moral après la chute de Cherbourg4. À l’instar des commandants Kuhle et von Saldern, certains prisonniers pensent désormais que la guerre ne peut plus être gagnée. Déçus par le Führer qui n’a pas su tenir ses promesses, sensibles à la puissance de leurs adversaires américains, ils ne cachent pas non plus leur mépris pour leurs officiers, jettant dans la même opprobre Rommel et Rundstedt5. Début juillet, un soldat de la 91e division d’infan- terie écrit : « Difficile de continuer à croire en la victoire puisque les États-Unis prennent de plus en plus pied. »
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21 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un très bon moment de lecture., 10 avril 2014
Par 
bir-hacheim "Le blog de bir-hacheim" (Tourcoing, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
J’avais vraiment apprécié l’ouvrage précédent que Benoît Rondeau avait consacré à l’Afrika Korps. Originaire de la Normandie, il nous propose ici un ouvrage sur le Débarquement et la bataille de Normandie de juin et juillet 1944.

Evidemment, il existe déjà beaucoup d’ouvrages sur le débarquement des Alliés sur les plages Normandes en 1944. De cette bibliographie importante, je ressors volontiers:

- L’histoire du Débarquement en Normandie d’Olivier Wieviorka
- D-Day et la bataille de Normandie d’Anthony Beevor
- Six armées en Normandie de John Keegan

Devant une pléthore d’ouvrages disponibles, Benoît Rondeau a pris l’angle d’attaque de traiter le sujet du point de vue allemand, reprenant là ce qui avait fait le succès d’édition de Paul Carrell dans les années 1975 avec son célèbre « Sie kommen – Ils arrivent« . Un texte certes biaisé et daté mais qui a apporté un éclairage unique à l’époque sur le point de vue des combattants d’en face.

Benoît Rondeau aborde donc son sujet par le même angle d’attaque mais avec les connaissances actuelles et sans complaisance pour l’un ou l’autre belligérant; ce qui n’était clairement pas le cas de Paul Carrell, il y a près de 40 ans.

Et bien cet ouvrage est une vraie réussite. Car il fait, de manière très vivante, le point sur les clés essentielles de l’ Invasion vécue du côté allemand:

- les Allemands étaient conscients qu’un front allait s’ouvrir en France
- la fortification des côtes et la préparation des troupes étaient engagées mais le poids de la guerre à l’est ralentit les travaux et ponctionna régulièrement les moyens disponibles pour faire face à l’invasion
- la troupe, si elle restait motivée et idéologiquement très engagée (particulièrement les Waffen SS et les parachutistes), manquait d’effectifs, d’équipement (armement et mobilité) et d’entraînement
- si le commandement restait de qualité, les strates superposées et la « gestion serrée » de Hitler allaient mener à des analyses « courte vue », faussées tant sur le lieu ou les lieux visés que sur la compréhension de l’adversaire ou même sur la stratégie à adopter pour défaire l’opération alliée. Il est à noter que sur ces deux points, il faudra que la bataille de Normandie soit bien engagée avant que les Allemands ne comprennent le potentiel allié et que la Normandie n’était pas une « diversion »…
- le rôle du terrain: si les moyens de débarquement alliés ont été une vraie surprise, les Allemands ont utilisé au mieux le terrain pour contenir longuement les poussées alliées: bocage, villes et villages. A noter aussi tant la souplesse de l’organisation en groupes de combat que le moral de la troupe (et pas seulement celui des unités d’élite) qui va rester élevé et impressionner les Alliés
- il y a eut également l’incapacité stratégique et opérationnelle à monter une opération qui pouvait réellement basculer l’issue en faveur des Allemands: il y a à là un vrai échec du commandement.
- l’importance des difficultés de transport, de transfert d’unités et de la logistique de la Wehrmacht est également bien soulignée. Ça ne suivait clairement pas. L’auteur aurait peut-être pu insister sur le rôle de la Résistance en ce domaine mais ce n’était pas l’axe central de l’ouvrage.
- on est impressionné également par l’importance des moyens alliés engagés particulièrement en ce qui concerne l’impact de l’artillerie alliée, qu’elle soit navale ou terrestre, et le rôle joué par l’avion d’attaque ou sol ou de bombardement qui, au delà de son efficacité directe, géna considérablement les combattants et la logistique.

Benoit Rondeau n’oublie pas de nous proposer, en contrepoint, l’essentiel des efforts faits par les Alliés bien évidemment.

Mais c’est aussi sur le style que cet ouvrage présente un intérêt majeur car si l’auteur navigue régulièrement du niveau du combattant à celui des généraux dans leur QG, il le fait dans un style d’écriture vivant et particulièrement efficace. Pour tout dire, j’y ai retrouvé un mix de Paul Carrell pour l’angle de vue, de Cornelius Ryan (Le jour le plus long) ou d’un Anthony Beevor pour le récit. Bref, un style qui veut faire ressentir les doutes, les angoisses, la dûreté des combats, l’omniprésence de l’aviation alliée, le vent de l’échec. Bref, l’auteur nous immerge dans les événements comme ont su le faire avant lui ses devanciers de référence cités plus haut.

J’avais précédemment souligné que l’auteur fait appel dans ses notes à des témoignages recueillis par Paul Carrel mais aussi par des auteurs d’articles dans les revues d’histoire militaire. Ces emprunts sont fréquents et j’entends déjà quelques machoires grincer quand ils verront les références aux écrits de Paul Carrel mais aussi de Georges Bernage ou d’Yves Buffetaut. Benoît Rondeau prend ici le risque de se faire désavouer par quelques historiens patentés ! Pour ma part, je le soutiens dans cette démarche qui, si elle est osée, n’en est pas moins une preuve de respect pour le travail réalisé par ces auteurs durant les 40 dernières années. Référence aux témoignages n’est pas reconnaissance ni des thèses ni de la narration des dits auteurs.

Si on ajoute à tout ça, huit bonnes cartes dans le texte, des notes abondantes, une belle bibliographie , des annexes utiles et un index des noms et des lieux, j’ai là, pour moi et avec la biographie de Joukov par Lopez/Othkmezuri, l’un des ouvrages les plus intéressants que j’ai lu ces six derniers mois. Evidemment, j’en recommande bien évidemment la lecture à l’aube du 70ème anniversaire de la bataille de Normandie.

En fait, pour tout dire et pour le lecteur que je suis depuis plus de 40 ans, je me dois de reconnaître que la scène d’histoire militaire française est particulièrement active et de qualité en ce moment. Ce qui m’enthousiasme !
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5.0 étoiles sur 5 Passionnant récit de la bataille de Normandie, 11 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
J'ai aimé Afrikakorps du même auteur. Cette bataille de Normandie sort aussi de l'ordinaire car elle nous fait vivre tous les combats du côté allemand et j'ai été convaincu. Enfin un récit de la Normandie qui sort des sentiers battus et qui fait mieux que Carell! Le style vivant de l'auteur est agréable. Comme dans Afrikakorps, j'ai retrouvé à la fois les témoignages des combattants et des considérations stratégiques. J'ai apprécié le chapitre sur les conditions de la bataille et de la vie du soldat. Pas de scoops en tant que tels mais de nombreux détails et des réflexions intéressantes. A il re par les passionnés de la bataille de Normandie.
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5.0 étoiles sur 5 Ouvrage littéraire précis, 8 février 2015
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C'est une innovation de voir le débarquement de 1944 du côté de l'armée allemande.
Ce livre nous permet d'avoir une vue sur ces instants d'une terrifiante mêlée qui coûta tant de vies humaines, l'auteur nous éclaire sur l'obstination d'Hitler et les hésitations du grand état major de l'époque. Ouvrage bien documenté.
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Il manque le détail qui est à chaque page de son précédent livre"Afrikakorps,L'armée de Rommel", 10 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
Trois étoiles ,car le travail est quand même là ! :Afrikakorps,l'armée de Rommel du même auteur, rentre dans le détail des journées de chaque unités et de leurs chefs,ceci pendant toute la campagne africaine des forces de l'Axe.Invasion,le débarquement vécu par les allemands,est très en deçà . J'ai l'impression d'un survol général , malgré quelques renseignements très intéressant. Je le conseille quand même,car le livre est un des rares a aborder le débarquement Allié en Normandie du côté de l'Axe.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Que des compliments, 8 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
Reçu dans les délais rapides.Super emballéé avec diverses protections évitant les mauvais traitements du transport.Site marchand à recommander pour son sérieux.
Quant à l'ouvrage il reflète trés bien le dysfonctionnement du commandement de l'armée allemande face au débarquement qi'ils attendaient poutant.Très instructif pour les
amateurs d'histoire.A recommander.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une synthèse sur le 6 juin 1944 et la campagne de Normandie, peut-être un ton en-dessous de l'Afrikakorps du même auteur, 7 février 2015
Par 
Stéphane MANTOUX - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
Benoît Rondeau avait sorti l'an passé, aux éditions Tallandier, un ouvrage sur l'Afrikakorps de Rommel et plus largement, en fait, sur la guerre en Afrique du Nord vue du côté allemand, que j'avais commenté ici. Pour le 70ème anniversaire du débarquement en Normandie, il propose ce livre qui offre la vision allemande de l'événement, mais pour toute la bataille de Normandie et non pour le seul débarquement : encore une fois, le titre est trompeur.

Ce n'est qu'à 10 heures, le 6 juin 1944, qu'Hitler apprend la nouvelle du débarquement, bien après le début des combats dans la nuit. La nouvelle l'enchante d'ailleurs, puisqu'il croit que la bataille décisive pour l'Allemagne a commencé. Tout un symbole... on aurait pourtant aimé une vraie introduction, qui manque un peu ici.

L'ouvrage se divise ensuite en cinq parties. La première, l'attente, explique comment les Allemands ont préparé leur défense, et notamment le "mur de l'Atlantique". La directive 51 du Führer, en novembre 1943, donne la priorité au front de l'ouest, qui ne se renforce vraiment en unités qu'au printemps 1944. Rommel, qui arrive ce même mois de novembre, commence immédiatement à accélérer le bétonnage de la côte et à augmenter les défenses sur les plages, pour rejeter tout de suite l'envahisseur à la mer. L'effort est cependant entravé par les querelles au sein du système nazi et aussi de l'armée allemande. Cette cacophonie au sein du système nazi fait d'Hitler le seul maître des décisions : c'est lui qui tranche, pas vraiment en faveur de l'un ou de l'autre, le 26 avril 1944, sur la question de la stratégie à adopter qui divise Rommel et Rundstedt et Geyr von Schweppenburg, en dispersant les divisions blindées de réserve sans les regrouper sous une seule autorité. Le renseignement militaire allemand, par ailleurs, se laisse aveugler par les opérations d'intoxication montées par les alliés. Les divisions stationnées en France comprennent beaucoup de nouvelles recrues, mais aussi des cadres qui viennent du front de l'est. On trouve aussi nombre de Volksdeutche et d'Osttruppen, qui ne représentent pourtant, pour ces derniers, que 5% des effectifs à l'ouest. L'armée allemande bénéficie encore d'une souplesse tactique et d'un endoctrinement qui confine parfois au fanatisme, mais les divisions ne sont pas toujours complètes et entraînées. Les divisions d'infanterie en particulier manquent souvent de matériel et de mobilité ; l'élite est constituée des Panzerdivisionen et de quelques autres formations comme celles des parachutistes. La Luftwaffe et la Kriegsmarine sont réduites à la portion congrue. L'armée allemande doit vaincre rapidement sous peine d'être submergée.

La deuxième partie revient plus précisément sur la réaction allemande face au débarquement. Dans la nuit du 5 au 6 juin, beaucoup d'officiers allemands, dont Rommel, ne sont pas à leur poste ; le mauvais temps laisse croire que la nuit sera tranquille. On s'explique mieux le manque de décision côté allemand dans les premières heures fatidiques. La 21. Panzerdivision, en particulier, n'est pas engagée dans le rôle qui aurait dû être le sien. Contre les parachutistes, la lutte est sans merci, et les exécutions sommaires des deux côtés ont probablement prévalu sur les gestes d'humanité. Les contre-attaques allemandes, en arrière d'Utah Beach par exemple, manquent de coordination. A Omaha, les Allemands ne peuvent mettre en ligne qu'un millier d'hommes pour la défense des plages : la 352ème DI se bat déjà contre les paras. Les effectifs de cette unité manquent cruellement pour la défense de Gold. Sur Juno, le bienfondé du concept d'obstacles de plage voulus par Rommel est démontré par les lourdes pertes subies par les barges. Si les Allemands coulent un destroyer avec des vedettes lance-torpilles, ils ne peuvent empêcher le débarquement sur Sword. Cependant Britanniques et Canadiens n'ont pas été préparés à l'exploitation à l'intérieur des terres après la conquête des plages. Les Allemands, même s'ils échouent dans leurs contre-attaques, vont en profiter. On peut noter que les commandants de divisions et du niveau supérieur n'ont pas été pour beaucoup à la hauteur des événements le 6 juin. Quand les premières divisions blindées montent en ligne, elles sont prises à partie par l'aviation alliée.

La troisième partie est consacrée à la première semaine de ce qui devient la bataille de Normandie. La propagande allemande se veut confiante, en dépit des pertes subies en raison de l'aviation dans la montée en ligne des réserves. La faible motorisation de l'armée allemande entraîne également des retards, tout comme le manque de carburant. La logistique allemande, défaillante, doit se reposer sur le rail. Rommel et les autres chefs restent encore persuadés que le débarquement en Normandie n'est qu'une diversion pour l'effort principal, qui reste à venir. Dès le 10 juin, le QG du groupe Panzer ouest est décimé par un raid aérien allié monté d'après des interceptions radios. Le secteur de Caen est crucial pour les deux camps car il ouvre sur Paris. Les Canadiens qui avancent en direction de la ville se heurtent aux premiers Waffen-SS qui se défendent avec une rage fanatique et engagent pour la première fois de nouveaux matériels en masse contre les Anglo-Américains, ainsi le char Panther. Mais les divisions blindées allemandes, qui sont les premières à être engagées en catastrophe pour barrer l'avance alliée, sont gaspillées dans un rôle qui n'est pas forcément le leur. L'exploit de Wittman à Villers-Bocage ne change rien à la situation précaire des Allemands, même si les alliés manquent une occasion unique de percer entre Isigny et Bayeux, alors que la défense est encore fragile. La Panzer Lehr vient s'installer dans ce secteur. A l'ouest, les Américains font tomber Carentan et le Cotentin est menacé. La Luftwaffe et la Kriegsmarine font ce qu'elles peuvent, même si les V-1 commencent à pleuvoir sur l'Angleterre à partir du 13 juin. Rommel pense déjà que l'invasion ne peut plus être repoussée.

La quatrième partie traite de la poursuite de la bataille de Normandie. Les Américains isolent le Cotentin dès le 18 juin et manquent de peu de prendre Cherbourg avant que les Allemands ne s'y retranchent. L'assaut final sur le port commence le 22 juin et les derniers défenseurs se rendent cinq jours plus tard. C'est la première grave défaite allemande de la bataille de Normandie ; en outre les soldats du Reich n'ont pas fait preuve du fanatisme attendu par le Führer... à l'est, les Allemands bloquent l'opération Epsom le 26 juin devant Caen, mais la puissance de l'artillerie et de l'aviation alliées se fait sentir. Montgomery n'a pas attiré devant Caen les blindés allemands ; le plan allié prévoit des offensives de part et d'autre, mais les Allemands concentrent leurs blindés devant lui car ils protègent la direction de Paris. Dans cet enfer, le soldat allemand tient d'abord par la rigueur de la discipline (l'armée allemande fusille 15 000 de ses propres soldats pendant la guerre), par un moral qui se transforme souvent en fanatisme national-socialiste (en particulier chez les Waffen-SS et parachutistes), provoquant parfois des crimes de guerre, même si blessés et prisonniers sont assez bien traités. Les conditions de vie en campagne sont rudes, et le ravitaillement ne suit pas toujours. L'armée allemande souffre du manque de renseignements sur l'adversaire, du tir de l'artillerie adverse, d'un manque de moyens de communications modernes et de la puissance de l'aviation alliée. Les pertes humaines et matérielles sont loin d'être comblées. Mais dans la guerre du bocage, les Allemands disposent des armes, des vétérans et de la souplesse tactique qui vont leur permettre de mener une guerre d'usure. Les défenses mises en oeuvre dans le bocage sont redoutables. En revanche, quand les Allemands sont dans le rôle de l'assaillant, ils subissent souvent de lourdes pertes. A l''est, la plaine de Caen est constituée d'openfields, mais les Allemands ne peuvent manoeuvrer en plein jour avec leurs chars. Au sud du Cotentin, quand les Américains lancent l'offensive pour progresser, les combats deviennent vite très coûteux. Monty attaque à l'est en parallèle, les Waffen-SS doivent évacuer Caen le 9 juillet. Saint-Lô est prise dix jours plus tard, dans un bain de sang. Rommel, blessé par un chasseur le 17 juillet, n'assiste pas à l'opération Goodwood, la grande offensive déclenchée par Monty le lendemain. Celui-ci lance ses blindés, son principal atout en raison du manque d'infanterie, qui malgré la violence du bombardement préparatoire, se heurte à forte partie. L'attentat contre Hitler, le 20 juillet, est commis pendant cette dernière offensive. L'indignation prédomine parmi les soldats allemands en Normandie, même si certains regrettent qu'Hitler n'ait pas été tué. Un sursaut moral a lieu fin juillet, y compris chez les prisonniers aux mains des alliés.

Dans la dernière partie, Benoît Rondeau revient sur la défaite allemande. Le 25 juillet, l'opération Cobra montée par les Américains frappe le 84ème corps allemand de von Choltitz. Le front allemand se désagrège, malgré les contre-attaques, une partie des défenseurs est enfermée dans la poche de Roncey, les Américains filent sur la Bretagne. L'offensive britannique à l'est, en revanche, piétine. Les Canadiens renouvellent l'attaque avec l'opération Totalize, dans la nuit du 7 au 8 août, pendant laquelle Wittman trouve la mort. Le même, pour ne pas être en reste, les Allemands lancent l'opération Lüttich, sur le couloir d'Avranches, voulue par Hitler, pour couper les Américains lancés en Bretagne de leurs arrières. L'offensive échoue. Cet échec facilite l'encerclement dans la poche de Falaise. Les Américains pivotent vers le sud, accompagnés de la 2ème DB de Leclerc, tandis que les Canadiens avancent sur Falaise à partir du 14 août. Les Allemands se battent comme des diables pour faire sortir les restes de la 7. Armee et de la 5. Panzer Armee de la poche en voie de bouclage. Dans la poche, pilonnés de tous côtés, les soldats allemands commencent à montrer les signes d'une vraie déroute. L'encerclement n'est réalisé que le 19 août après que 55 000 soldats allemands aient réussi à passer. La dernière sortie, appuyée par les Allemands à l'extérieur, a lieu les 20-21 août. L'armée allemande laisse 6 à 10 000 tués et 50 000 prisonniers dans la poche de Falaise. Le matériel perdu est considérable. La Wehrmacht parvient cependant à faire franchir la Seine à 240 000 hommes et 39 000 véhicules jusqu'au 30 août, mais très peu de chars y parviennent. Si les alliés ont manqué une victoire décisive, la poursuite bat son train et une nouvelle poche à Mons, en Belgique, livre encore 25 000 prisonniers.

En conclusion, l'auteur rappelle que la supériorité tactique des Allemands en Normandie, bâtie notamment autour des Kampfgruppen de circonstance, masque mal l'échec final. La victoire alliée ne doit pas qu'à la supériorité numérique, matérielle et logistique : les soldats et les officiers ont su montrer de réels talents. Les Waffen-SS n'ont pas infléchi le cours de la bataille, et les Allemands ont aussi commis des erreurs tactiques. Il est vrai cependant que la supériorité numérique joue à plein, et en particulier à l'est, comme le dit l'auteur p.374 : il aurait peut-être été intéressant de développer un peu sur le pourquoi de cette situation (pertes subies depuis 1941, division des forces allemandes sur plusieurs fronts, etc). Comme le dit Benoît Rondeau, difficile de trouver actuellement un juste milieu entre la vieille historiographie datée influencée par les survivants de la Wehrmacht et les nostalgiques du IIIème Reich, et un révisionnisme (au sens littéral du terme) bien à la mode qui nie toute qualité ou presque à l'armée allemande. La défaite au moment du débarquement et lors de la bataille de Normandie est bien stratégique. En revanche, je ne suis pas sûr d'être d'accord avec l'idée de l'auteur selon laquelle la bataille de Normandie est la défaite la plus catastrophique de la guerre pour la Wehrmacht. Les pertes matérielles (blindés) sont peut-être plus élevées (encore qu'il faudrait vérifier), mais en termes humains, la vraie saignée pour l'armée allemande à l'été 1944, c'est l'opération Bagration à l'est et ses suites. Le nombre de pertes définitives de l'Ostheer est incomparablement supérieur à celles subies à l'ouest au même moment. En outre, comme le souligne Benoît Rondeau, la victoire en Normandie est incomplète, là où Bagration laisse quasiment un groupe d'armées allemand détruit, du jamais vu à l'est avant cette date. En revanche, sur les plans économique et territorial, la perte est sans doute plus sèche à l'ouest qu'à l'est pour les Allemands. Plutôt que de déterminer une victoire plus décisive par rapport à l'autre, je pense que la défaite allemande doit plus, en fait, à la stratégie globale des alliés d'offensives simultanées sur plusieurs fronts. C'est pourquoi d'ailleurs on a tant de mal à trancher quand on cherche, en vain, dans une quête illusoire qui s'assimile parfois à du mauvais journalisme, à vouloir absoluement décerner des lauriers à un tel ou un tel, à décider que telle opération est la "meilleure", ou la plus "décisive", etc. Je pense aussi que même si le souvenir de la guerre à l'est reste prégnant en Allemagne après la guerre, il a vite disparu des mémoires, comme le montre la redécouverte du sujet en Allemagne, aux Etats-Unis, à partir des années 1970-1980, et en France plus récemment. Mais effectivement, on ne peut nier l'importance du front occidental et des efforts anglo-américains, en parallèle du front de l'est, qui garde toute son importance en 1944.

Le livre se termine par quelques annexes sur les chiffres et personnalités (que l'on aurait voulu sourcés, peut-être). La bibliographie en fin d'ouvrage n'a qu'un titre indicatif, comme le mentionne l'auteur. Elle comprend des ouvrages anciens et datés comme celui de Carell, même si Benoît Rondeau en connaît tout à fait les limites, et des auteurs malheureusement incontournables car prolifiques mais dont on pourrait se passer, car peu fiables également. Je n'ai pas appris grand chose, honnêtement, avec ce livre, étant maintenant un peu familier du sujet, mais c'est tout de même une synthèse pratique sur la vision allemande de la bataille de Normandie. Il ne faut pas y rechercher autre chose, où l'on risque d'être déçu.
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4.0 étoiles sur 5 invasion, 6 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion! Le débarquement vécu par les Allemands (Format Kindle)
une vue méconnue du débarquement,a lire comme une page d'histoire, trés passionnant du début a la fin, petits défauts les commentaires ecrits en légére transparence, mais lisible, j'ai beaucoup aimé.
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5.0 étoiles sur 5 l'autre moitié de l'histoire, 8 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
enfin un livre qui traite du Débarquement vu du côté des Allemands. Cela manquait vraiment. Ce livre mérite d'être lu. Il est très bien documenté, bien écrit.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 livre intéressant, 9 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
Achat satisfaisant. Couverture cependant assez fragile. A lire par les passionnés d'histoire et en particulier sur le sujet guerre 39-45
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Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands
Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands de Benoît Rondeau (Broché - 20 mars 2014)
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