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Maylis de Kerangal est une virtuose. Naissance d'un pont impressionnait par sa construction et ce style invraisemblable : phrases d'une longueur proustienne, chevauchement du prosaïque et du philosophique, intensité des sentiments, multiplicité des voix et des points de vue. Réparer les vivants est bâti sur le même modèle, autour du sujet délicat du don d'organes. Brillant est le récit, épopée médicale sans pareille, héroïsme quasi mythologique d'hommes et de femmes entraînés à devenir des démiurges avec pouvoir de vie et de mort. Le livre est une symphonie en plusieurs actes, fourmillant de détails, au risque de noyer le lecteur dans ce compte à rebours angoissant où les personnages d'un drame humain apparaissent et disparaissent au fil de la plume de la romancière. Nul doute que Réparer les vivants est une oeuvre, avec un O majuscule. Mais tout y est intense, tragique et dérisoire, comme accéléré sans un rythme qui laisse peu de place à la respiration. D'où cette impression d'être pris en otage, d'épouser ce tempo virevoltant sans laisser le temps de souffler. La littérature, c'est aussi pourtant cela aussi, des zones moins denses, des pauses pour mieux apprécier les moments d'acmé. Kerangal est une guerrière, elle est au combat en permanence. Son livre est impressionnant, suffocant mais aussi irrespirable par moments. Elle y va de si bon coeur, qu'elle nous le laisse brisé, gros et barbouillé.
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le 6 février 2014
D'abord il faut lui reconnaitre un style très original, peu académique, plein de fulgurances, de collages, avec parfois de vraies réussites dans l'évocation poétique...mais c'est aussi un style qui peut dérouter, voire fatiguer....si c'était de la peinture on verrait le dripping de Pollock et en musique les traits débridés d'ornette coleman peut-être...mais ça peut aussi sembler sur-écrit..."ça sent la sueur", si je peux me permettre, ça "fait" moderne...on voit les coutures et les empiècements par endroits...
Sur le fond, j'ai trouvé la première partie, sur la mort et le deuil, très fine, très délicate...vraie...et puis "patatras", la seconde partie nous donne à voir un documentaire de la RTF sur "le don d'organe, principes et méthodes".Quel dommage!
On a alors le sentiment qu'on nous gave tel une oie de pages de notes, la documentation de l'auteur sans doute,régurgitée telle quelle...et là on s'ennuie ferme.D'autant que les personnages peinent alors à exister...l'infirmière cordelia owl (quel nom!) et ses aventures coÏtales poubelières, uniques objets de ses pensées, ainsi que les jets de pizzas de la petite amie borderline du jeune chirurgien italien nous laissent parfaitement indifférents...quel rôle dans l'économie du récit?...la vie continue malgré la mort?..."the show must go on"?...pourquoi pas, mais la trivialité vient ici gâcher toute la tendresse douloureuse du début...imaginez que vous écoutez l'"agnus dei" du requiem de fauré et que l'on vous l'interrompe sans prévenir avec la fanfare de "la piste aux étoiles"...c'est contrariant...
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le 6 mars 2014
Ce roman est bien écrit dans le sens où l'auteur arrive à nous faire ressentir les émotions telles que nous les aurions ressentis si nous avions été dans la même situation. La différence du ressenti vis-à-vis de cette mort et de la décision de don d'organes entre la famille endeuillée, la famille receveuse et le personnel médical est bien mis en évidence. En contre-partie, l'écriture est un peu trop compliquée et ennuyeuse sur la partie médicale, surtout vers la fin du roman, où j'ai même sauté des pages, dommage.
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le 5 mai 2014
Trois copains, passionnés de surf, se retrouvent un matin pour affronter les vagues. Il est 5h00 du matin et ils décident de reprendre la route , mal réveillés et frigorifiés. C'est l'accident.L'un d'eux est déclaré en état de mort cérébral. L'annoncer aux parents et en même temps leur demander s'ils accepteraient que les organes de leur fils soient prélevés pour sauver la vie d'une autre personne...Une épreuve insupportable pour les familles. Cette sensation qu'après l'annonce on n'est déjà plus dans le monde des vivants mais dans une zone où plus personne ne peut vous soulager, vous comprendre.
Malgré la gravité du sujet, on n'arrive pas à entrer dans le roman. On éprouve une sensation de manque d'air, due en grande partie à la profusion d'informations surtout médicales et à l'emploi de comparaisons à chaque page.
Cependant, la description du monde hospitalier est très bien rendue ainsi que l'urgence à laquelle ce milieu fait face ce qui l'amène à être le plus bref possible dans ses échanges pour être le plus efficace possible mais qui en même temps donne au corps médical ce côté si déshumanisé et qui nous effraie tant quand nous sommes nous-mêmes hospitalisés.
Maylis de Kerangal est bien un écrivain, avec son style , son sens de la narration mais peut-être est-ce ce livre en particulier ou le style de l'auteur ,on a hâte d'arriver à la fin. Aimer un style d'écriture étant une question purement subjective, je vous conseille tout de même de le lire.
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le 31 mars 2014
Maylis de Kerangal, je vous ai vu et entendu la première fois dans une émission de télévision sur une chaine reconnue et vous débattiez de mémoire sur la vie et la médecine ainsi que sur ces maladies qui nous empoisonnent mais qui peuvent, grâce aux progrès de la chirurgie et des greffes, être stoppées. Vos arguments et votre réflexion sur l'intégrité de notre corps ainsi que votre opinion sur le fait qu'il faut le "désacraliser" m'ont totalement convaincu. La symbolique en particulier du cœur questionne.
Ensuite je vous ai revu deux fois dans un hebdomadaire se consacrant aux programmes de télévision et de radio qui remplit au moins 50% de ses pages des thèmes devant nous faire réfléchir sur notre société par critiques interposées de tous les spectacles de France et de Navarre. Lire votre interviewe, voir votre photo sur pied en page de couve et la semaine suivante vous retrouver adulée, je me suis familiarisé un peu dans vous et dès que l'occasion pendant un déplacement professionnel s'est présentée, j'ai acheté "réparer les vivants", votre bouquin.
Je viens de le terminer et mon impression ambivalente. De l'agacement à l'intérêt réel. Décaler la gravité du choix des parents de Simon par des tranches de vies des protagonistes qu'ils soient médecins ou non avec des phrases de surcroit qui s'étendent sur des pages entières, plus moult détails bien graveleux pour certains, je ne comprends pas ! Bigre que cela est triste, d'ailleurs le temps est gris et froid pourquoi pas, mais je trouve que la "chute" entre la décision des parents qui acceptent (pourquoi ? comment ? quel est leur cheminement ?) et ces longueurs qui veulent sans doutes nous faire gouter au dérisoire ne rendent pas la lecture de votre opus fluide.
Comme souvent il y a décalage entre l'explication de la démarche d'un auteur voire d'un artiste et son œuvre, dans votre cas je le regrette c'est frappant. La question que vous posez est d'actualité et on doit vous remercier de l'avoir romancée.
Pour finir sur une note positive, la lecture de "réparer Les vivants" s'apparente plus à un scénario de film tant vous passez du temps à décrire les environnements, idéal donc pour un metteur en scène.
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le 28 août 2015
Je n'ai pas du tout aimé le style. Les phrases sont très longues. Je me suis beaucoup ennuyée ! Je l'ai lu jusqu'au bout car je n'aime pas abandonner mais ça été très laborieux !
Je déconseille !
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le 9 mai 2014
superbe parce qu'une situation ,un drame,la mort,est racontée au fur et à mesure,nous dévoilant les principaux protagonistes dans un style sans pathos avec des précisions qui nous conduisent au but ,une transplantation cardiaque.Tout cela est tellement bien écrit que nous arrivons à prendre partie,si bien que je me suis demandé,si,à la place des parents de ce garçon décédé, j'aurais accepté le don du cœur de mon fils..À recommander
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le 6 avril 2014
avec une écriture très contemporaine, M. de Kerangal trace le portrait d'un garçon de 19 ans, passionné de surf, en pleine santé et qui perd la vie dans un accident. Elle sait dire le choc d'une telle mort qui fracasse les parents, leur interrogation avant leur accord pour prélever les organes de leur fils. Elle sait montrer que sans la greffe du coeur de ce jeune homme, celle qui reçoit son coeur n'aurait plus vécu longtemps. Le tout est dit avec beaucoup de force et d'humanité. Je crois aussi que ce livre-capital- pose un problème essentiel: à partir de quoi, de quand peut- on dire d'un être qu'il est mort? A partir de cet instant, pourquoi ne pas " servir" les autres, nos frères en humanité, qui, souffrants et brisés, ne pourraient vivre sans une greffe?C'est un livre très profond, qui nous interpelle au plus profond de nous-même et nous oblige à nous remettre en question. Cela dit, ce n'est absolument pas un livre" ennuyeux "à lire!
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le 28 juillet 2015
Je ne connaissais pas cet auteur. La lecture de ce livre m'a assez rebuté au début: je ne suis pas un grand lecteur, et le style est un peu déroutant. Les phrases sont très longues, la construction pas très académique et donc pas facile à lire d'un premier abord. L'histoire elle-même est à mi-chemin entre le roman et un documentaire sur le don d'organe, sous tous ses aspects.
J'ai finalement accroché à l'histoire au fil des pages. Le fond est intéressant: comprendre le processus du don d'organe, l'approche psychologique et technique des médecins, la réaction de l'entourage tout au long de la journée en font un livre profond, qui fait réfléchir, et ça fait du bien au final de lire quelque chose de nouveau.
Je suis donc globalement très content d'avoir lu ce livre; s'il fallait émettre quelques critiques, ce serait peut-être le style parfois un peu trop "marqué" et quelques flashbacks sur les personnages peut-être de trop.
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le 20 avril 2014
J'ai trouvé le début du roman très intéressant, bien écrit, mais peu à peu on s'enlise, les personnages ne sont pas toujours crédibles (par exemple Rose, je me suis demandée ce que ça apportait de l'avoir mise là). L'idée est très bonne et on sent que l'auteur à fait des recherches très sérieuses, mais c'est un peu pompeux, un peu emphatique, ça manque de simplicité.
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