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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un drame romantique en plusieurs actes, 23 septembre 2014
Par 
Christelle (Amiens (80)) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettre d'une inconnue [Blu-ray] (Blu-ray)
Voici un classique du cinéma qui n'a pas pris une ride. Max Ophuls, dans ce film en noir et blanc d'une heure 30, librement adapté de la nouvelle éponyme "Lettre d'une inconnue" de Stephan Zweig nous offre un spectacle d'une grande émotion.

Ainsi commence ce récit poignant:
"Quand vous lirez cette lettre, je serai peut-être morte". Lisa à Stefan.

Nous voilà alors plongés dans l'histoire d'une passion, dans la vie secrète d'une femme qui aime de façon inconditionnelle, mais avec une grande pudeur et en secret. Tandis que Stefan Brand -un bel écho au créateur du livre, Stefan Zweig- entre en scène, la musique de Liszt comme un motif égrené au fil des images, un soupir -un sospiro- élève l'âme dans les profondeurs du sentiment amoureux. Le piano possède un rôle narratif, puisque le protagoniste est concertiste et que Lisa tombe amoureuse de cet homme par la voix de son instrument qui semble parfois touché le divin. Cet homme séduisant, désirable, avait atteint les cieux et il les a perdus, oubliant l'essentiel, la rose blanche qui entre dans sa vie, symbole de sa lumière intérieure, la splendide Lisa Berndle.

Ce film donne l'impression d'un rêve éveillé qui subit les assauts d'une réalité normative, toujours en-dessous de l'intensité des sentiments et du désir. Il nous plonge dans la psychologie féminine avec une rare intensité.

Alors que cette jeune femme éprise retourne secrètement dans les appartements de son futur amant, elle raconte: "Ces pièces avaient été emplies de votre musique. Elles étaient vides. Revivraient-elles un jour?"

Ce long métrage d'une grande finesse et élégance touche une part de sublime en chacun de nous que ce soit visuellement ou musicalement. La mélancolie innerve profondément ce récit, elle est contenue dans le regard de la jeune femme, dans la musique pour piano, dans cette aspiration humaine à monter vers les divins sommets de la passion, alors même que le réel est parfois si cruel et si froid. La splendeur visuelle du film ophulsien mérite le détour. Cet amoureux de la musique sait transporter les âmes et les cœurs vers ce qu'il y a de plus essentiel en nous: la beauté des sentiments qui ouvre les portes du paradis.
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10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Si seulement...", 23 mars 2014
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettre d'une inconnue [Blu-ray] (Blu-ray)
Il est des films qui ont un statut exceptionnel dans une vie de spectateur, qu'on aime comparativement plus que d'autres qui ont sans doute des mérites identiques. C'est en particulier le cas des oeuvres que l'on sait très méconnues, pour lesquelles on pense que c'est regrettable. C'est tout autant le cas de celles qui sont plus que reconnues et ont leurs fanatiques et qui pourtant s'éloignent petit à petit des spectateurs, de telle façon que sans être à proprement parler oubliées elles n'ont pas tout à fait la reconnaissance qui devraient être la leur. C'est ce qui arriva pendant une assez longue période au merveilleux Les Chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger, qui a aujourd'hui conquis une flopée de nouveaux spectateurs à la faveur d'une ressortie en salle et d'éditions de qualité en dvd et blu-ray en version restaurée. C'est ce qui ne manquera pas d'arriver à Letter from an Unknown Woman / Lettre d'une inconnue, le grand film de la période américaine de Max Ophuls, qui dans la foulée d'une réédition en salle en version restaurée, est distribué en dvd et en blu-ray par Carlotta. Ce n'est pas là la première édition en dvd, mais comme celle-ci faisait partie d'une collection vendue en exclusivité par l'éditeur et une autre enseigne culturelle (Lettre d'une Inconnue), outre que c'est la première fois que le film est rendu disponible en blu-ray il s'agit également de la première édition dvd plus largement distribuée. Comme cela vient au moment où l'étoile de Stefan Zweig n'a jamais été aussi haute, comme en atteste le succès des multiples rééditions de ses oeuvres, il est évident que ce film va enfin rencontrer un public plus large et avoir de nouveaux spectateurs. Ce ne sera que justice.

L'adaptation par Howard Koch de la longue nouvelle de Stefan Zweig (Lettre d'une inconnue) est pour autant que je m'en souvienne - je ne l'ai pas relue depuis quelque temps - fidèle, ne modifiant que des détails de plus ou moins grande importance au-delà de l'ajout de dialogues. L'alliance de Koch, le co-scénariste de Casablanca, avec le réalisateur Max Ophüls et le producteur John Houseman pour le compte de Universal allait permettre ce genre de conjonction de talents que pour une fois le système n'entravera quasiment pas, comme cela a pu arriver plus d'une fois à Hollywood mais pas si fréquemment que cela. Ophüls, dont c'était là le deuxième film en exil - il est rebaptisé Max Opuls (sic) au dernier carton du générique - prit le projet et sa réalisation évidemment très à coeur. Non pas parce qu'il serait lui-même autrichien, ce qu'on croit parfois à tort - il est originaire de la Sarre - mais parce que tout dans cette histoire, le temps et le lieu dans lesquels elle se déroule trouvait naturellement écho chez lui. Dans un des suppléments - les mots des mémoires de Houseman que l'on a mis dans la bouche d'un acteur - il est fait référence à la fidélité de Koch et au perfectionnisme d'Ophüls d'une part, au "parc d'attractions viennois" créé de toutes pièces en studio à Los Angeles d'autre part. Voilà qui, ajouté à la richesse de l'histoire (voir synopsis ci-dessus) et de la thématique ainsi qu'au formidablement adéquat choix des acteurs, explique au moins en partie à quoi tient le miracle.

Travaillant avec un chef-opérateur et un 'production designer' de très grand talent, Ophüls put reconstruire après-guerre sa Vienne fantasmée de studio, des rues pavées au Prater, des intérieurs aux magasins et théâtres. Il put également la contraster pour une scène avec Linz - dans mon souvenir, c'est à Innsbruck que Lisa doit partir dans la nouvelle : faut-il voir la malice du scénariste et/ou du réalisateur dans le fait d'avoir placé cet épisode dans cette ville qu'Adolf Hitler considéra toujours comme sa ville natale bien qu'elle ne le fût pas? Contrastes se trouvant également dans les choix musicaux, tous signifiants et impeccables (y compris un air de La Flûte enchantée chanté en italien! - au titre des détails, voir également la galerie de portraits dans la chambre de Stefan Brand par exemple). Quoi qu'il en soit, la poésie qui se dégage de ces décors est tout à fait à la hauteur de celle des tout meilleurs films de la grande période d'Hollywood. Dans un tel écrin, avec l'aide d'un directeur de la photographie à l'oeil acéré, Ophüls eut à peu près toute liberté pour donner toute l'ampleur requise à sa mise en scène. Lui qui était déjà adepte des larges mouvements d'appareil eut à peu près toute latitude pour mettre en place ses plans-séquences élaborés devenus légendaires (dans ses mémoires, Houseman raconte le dernier, qui a failli les brouiller pour de bon). Chez Ophüls, le mouvement n'est évidemment jamais là pour lui-même, et il porte le sens au même titre que tous les autres éléments de la mise en scène. Chacun d'entre eux participe autant de la création de l'émotion que du sens d'ailleurs. A ce titre, le fameux mouvement de caméra dans l'escalier montant à l'appartement de Brand, répété plusieurs fois avec variations, est peut-être une des idées de mise en scène les plus géniales que le réalisateur ait jamais eues. Plus encore que dans ses autres films, l'opposition entre caméra mobile à un moment et fixe à un autre en dit toujours long, de la même façon que la mobilité et la fixité se mêlent à plus d'un moment - voir par exemple la scène du 'train' au Prater, et les scènes sur le quai de la gare, qui mêlent les deux par nature et dont Ophüls tire un parti admirable, comme cela se doit dans tout mélodrame d'ailleurs.

Si Lettre d'une inconnue est bel et bien un mélodrame et peut être aussi considéré comme un 'woman's picture', il ne peut se résumer à une ou deux étiquettes. Portrait d'une femme à la fois effacée et déterminée, liée et indépendante, reposant sur des répétitions et échos futiles ou déchirants, Lettre d'une inconnue arrive à diffuser une bonne mesure de mélancolie, mais aussi d'ironie, et pour finir de tragique. Il est évident que les acteurs font beaucoup pour accompagner la création de ces sentiments et impressions qui ne peuvent qu'étreindre. Quel meilleur hommage rendre à Joan Fontaine (disparue en décembre 2013) que de la (re)voir dans ce rôle, sans doute le plus accompli de sa carrière? Que l'on croie pleinement ou non à la jeune adolescente qu'elle joue dans les premières scènes, elle est admirable de bout en bout. L'évolution qu'elle dessine, toute d'assurance et d'incertitudes mêlées, est bien évidemment le coeur battant d'un film qui s'organise autour de sa voix et de son regard, en tant qu'observatrice et en tant que 'meneuse de jeu' (pour reprendre les mots de Tag Gallagher, dont l'analyse me semble par ailleurs discutable ici et là). Louis Jourdan, dans ce qui est sans doute également son meilleur rôle, fait mieux que jouer les bellâtres légèrement doucereux et séducteurs veules qu'il a pu incarner plus d'une fois aux Etats-Unis. Tous les deux forment un couple tellement idéal pour cette histoire que son alchimie particulière, si elle ne se limite pas à la prestation des acteurs - il paraît d'ailleurs que le manque d'assurance croissant de Joan Fontaine avait fini par poser problème pendant le tournage - tient naturellement avant tout à eux.

Rappelons à toutes fins utiles que le film de la période française de Max Ophüls qui entretient le plus de rapports avec celui-ci, en terme de thèmes autant que de figures, est le splendide Madame de... (pour l'édition blu-ray qui vient de sortir ; également disponible dans le coffret dvd Max Ophuls). Pour la période américaine, on pourra se pencher sur le très beau - même si pas tout à fait au même niveau évidemment - The Reckless Moment / Les Désemparés, qui date de l'année suivante (1949), avec James Mason et Joan Bennett.

EDITION CARLOTTA 2014

Attention : VOSTF uniquement. Le master utilisé pour le dvd et le blu-ray est le même que celui de la ressortie en salles. Comme presque toujours, je ne suis que modérément convaincu par une restauration numérique, surtout pour ce qui est des films en N&B. Cela est d'autant plus flagrant pour moi que j'avais pu voir plusieurs fois en salles une copie argentique de très bonne qualité ces deux dernières décennies. Certes, il s'agit d'un master que l'on pourra comme souvent qualifier de 'très propre', au sens où l'image est immaculée et ne présente que très peu de défauts immédiatement perceptibles, mais cela ne me suffit pas tout à fait. Les contrastes d'origine ne sont le plus souvent pas parfaitement respectés, et de noirs bouchés en blancs trop éclatants quelques scènes en pâtissent. On n'a d'ailleurs pas longtemps à attendre pour le constater car la première scène dans le fiacre, de nuit, propose des noirs qui noient l'extérieur, puis l'intérieur de la voiture et les personnages, dans une même obscurité où il est difficile de tout distinguer nettement à part les taches de blanc des vêtements. Cela dit, pour les personnes moins sensibles que moi au N&B tel qu'on pouvait le voir dans des copies argentiques finement contrastées, ou pour celles qui découvriront le film à cette occasion, il faut assurer que cela se fera dans de bonnes conditions. Il existe en outre bien deux ou trois scènes dans lesquelles le matériau de départ semble avoir été endommagé, ce qui rend le tout plus flou - c'est particulièrement le cas de la fin de la séquence à Linz. Les pistes son, parfaitement claires, ne laissent rien à désirer. J'ai regardé le film en blu-ray mais ai également pu jeter un oeil à quelques passages du dvd. Si la définition est évidemment supérieure pour le blu-ray, les défauts et les qualités m'ont semblé sensiblement les mêmes sur les deux supports. Il arrive par ailleurs ici et là que les sous-titres du blu-ray, assez fins, apparaissent en blanc sur fond blanc.

Au titre des suppléments, il y avait à mon sens mieux à faire que ces deux-là. Si l'analyse de Tag Gallagher 'Triomphe de la passion' n'est pas dénuée d'intérêt et s'avère même pénétrante en deux ou trois endroits, elle est à mon sens bien partielle et souvent discutable. A tout prendre, je préfère les mémoires de John Houseman sur le tournage, quand bien même l'idée de le faire jouer par un acteur français pour nous en délivrer la substance ne serait pas complètement satisfaisante. Quoi qu'il en soit, un tel film méritait sans doute que l'on mobilise un attirail éditorial nettement plus conséquent.

En définitive, je ne suis pas absolument convaincu que cette édition se situe très nettement au-dessus de la précédente. Reste que comme je le disais elle est plus aisément trouvable et propose un master sans grosse anicroche, sans parler de la première que constitue le blu-ray. L'on n'atteint toutefois pas encore là la perfection, une perfection que ce film aurait amplement méritée.
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Lettre d'une inconnue [Blu-ray] de Max Ophüls (Blu-ray - 2014)
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