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le 2 décembre 2013
Pablo de Sarasate fait partie de ces virtuoses compositeurs qui ont écrit essentiellement pour leur instrument. Un ostracisme les affectent souvent, comme si le fait de n'écrire que dans un genre musical impliquait un musicien médiocre. Dans ce cas Chopin serait médiocre, ainsi que Paganini et combien d'autres. Si bien que Sarasate a fait longtemps partie des célèbres inconnus dont tout mélomane amateur de violon connaissait les fameux "Airs bohémiens", tout en se demandant comment un auteur, qui semble n'avoir écrit qu'un morceau peut avoir atteint une telle perfection du premier coup, et comment il s'est arrêté après une telle réussite. Mais non, ce n'était que l'arbre qui cache la forêt. Les huit disques (quatre avec piano, quatre avec orchestre) de l'intégrale jouée par la prodigieuse (enregistrement des caprices de Paganini à 14 ans !) autant que subtile violoniste chinoise nommée Yang rendent justice à ce compositeur merveilleusement inventif dans le domaine du violon virtuose. Comme pour la musique de chambre de Paganini, ou ses variations sur des thèmes célèbres (variations Barucaba par exemple)la virtuosité n'est pas ici un accès de bravoure propre à surprendre le public, comme un acteur moderne qui montre sa belle musculature dans une séquence de film ; la virtuosité est l’essence même de cette musique, elle lui est aussi naturelle que la virtuosité acrobatique du vol de l'hirondelle. Et les passages probablement les plus 'injouables' ne sont pas nécessairement les plus brillants, mais explorent souvent d'innombrables subtilités dans les trouvailles harmoniques, les jeux de timbres, les entrelacs rythmiques. Sarasate est espagnol et ses thèmes le rappellent fréquemment ; il y a dans sa virtuosité quelque chose qui évoque les arabesques délicates et infiniment savantes des palais maures de son pays. Un grand merci à l'éditeur courageux qui a produit ces œuvres et bien des bravos pour la merveilleuse artiste qu'est madame Yang, qui sait ne pas se contenter des œuvres que tout le monde a déjà entendu cent fois. Michel Malle
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le 2 décembre 2013
Pablo de Sarasate fait partie de ces virtuoses compositeurs qui ont écrit essentiellement pour leur instrument. Un ostracisme les affectent souvent, comme si le fait de n'écrire que dans un genre musical impliquait un musicien médiocre. Dans ce cas Chopin serait médiocre, ainsi que Paganini et combien d'autres. Si bien que Sarasate a fait longtemps partie des célèbres inconnus dont tout mélomane amateur de violon connaissait les fameux "Airs bohémiens", tout en se demandant comment un auteur, qui semble n'avoir écrit qu'un morceau peut avoir atteint une telle perfection du premier coup, et comment il s'est arrêté après une telle réussite. Mais non, ce n'était que l'arbre qui cache la forêt. Les huit disques (quatre avec piano, quatre avec orchestre) de l'intégrale jouée par la prodigieuse (enregistrement des caprices de Paganini à 14 ans !) autant que subtile violoniste chinoise nommée Yang rendent justice à ce compositeur merveilleusement inventif dans le domaine du violon virtuose. Comme pour la musique de chambre de Paganini, ou ses variations sur des thèmes célèbres (variations Barucaba par exemple)la virtuosité n'est pas ici un accès de bravoure propre à surprendre le public, comme un acteur moderne qui montre sa belle musculature dans une séquence de film ; la virtuosité est l’essence même de cette musique, elle lui est aussi naturelle que la virtuosité acrobatique du vol de l'hirondelle. Et les passages probablement les plus 'injouables' ne sont pas nécessairement les plus brillants, mais explorent souvent d'innombrables subtilités dans les trouvailles harmoniques, les jeux de timbres, les entrelacs rythmiques. Sarasate est espagnol et ses thèmes le rappellent fréquemment ; il y a dans sa virtuosité quelque chose qui évoque les arabesques délicates et infiniment savantes des palais maures de son pays. Un grand merci à l'éditeur courageux qui a produit ces œuvres et bien des bravos pour la merveilleuse artiste qu'est madame Yang, qui sait ne pas se contenter des œuvres que tout le monde a déjà entendu cent fois. Michel Malle
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