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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 World Music., 15 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Someday World (CD)
Il semble que l'on s'étonne toujours que Brian Eno paraisse d'excellents disques. Pourtant, de 1973 à aujourd'hui, à quelques albums anecdotiques près, la carrière d'Eno est assez exemplaire. Pionnier de la musique ambient, défricheur de sons électroniques, expérimentateur hors pair, inutile de dresser davantage le portrait de ce musicien génial. Aussi, on peut lui reconnaître également le bon goût de ses fréquentations, de Robert Fripp à David Byrne, pour les plus célèbres, jusqu'à Karl Hyde aujourd'hui.
Karl Hyde, c'est la moitié d'Underworld, duo britannique qui fit danser les 90's au son d'une techno envoûtante. Sa voix parsème ainsi les albums Dubnobasswithmyheadman (1993) et Second Thoughtest in the Infants (1996) qui restent des modèles du genre.
Pour Someday World, quatrième album d'Eno sur le prestigieux label Warp, les deux comparses ont voulu créer une musique qui corresponde au concept de "Reickuti", contraction de Reich et de Kuti pour une rencontre fantasmée entre la musique de Steve Reich et celle de Fela Kuti. On pourrait alors s'attendre à des procédés de déphasage joués par divers instruments sur fond de rythmiques afrobeat mais ce serait finalement assez éloigné de la vérité, puisque l'album sonne de prime abord beaucoup plus pop. Les influences africaines que l'on peut y trouver rappellent davantage celles qui avaient déjà inspiré Brian Eno pour les productions des albums des Talking Heads (Remain in Light en tête) que la musique du roi de l'afrobeat nigérian.
Les 9 chansons mettent en valeur la très belle voix de Hyde, dans un registre finalement assez new wave et les arrangements sont toujours magnifiques et sonnent parfaitement. C'est d'ailleurs de ce côté qu'on peut trouver les traces du concept de départ, de manière beaucoup plus subtile. Le titre d'ouverture, The Satellites, propose par exemple le mélange audacieux entre une section cuivres synthétique et de vrais saxophones. Le résultat est assez saisissant, tout comme dans le titre suivant, premier single de l'album qui nous plonge dans un afro-funk anglo-saxon, un peu plus enlevé. Tous les titres n'ont cependant pas cette même couleur de new wave tropicale et les influences techno sont également assez présentes. Ainsi, A Man Wakes Up peut rappeler les grandes heures d'Underworld (et du célèbre Born Slippy très célèbre pour avoir été utilisé dans la bande originale du film Trainspotting) par la voix monocorde de Hyde, scandée sur une note avec un accompagnement électronique. Aussi, l'influence de Reich se trouvera dans les décalages d'accents sur quelques pistes comme par exemple celle de la partie de piano de Strip it Down ou l'écriture des fameux cuivres du premier titre.
Chacune des neuf chansons présentes sur ce disque révèle sa couleur au fil des écoutes et je ne saurais trop vous recommander cet excellent album du maître Eno, qui se renouvelle à chaque parution et réussit ici un savant mélange d'influences et de styles créant une musique singulière et actuelle avec des références plus anciennes. Comment ne pas céder à cette réunion des Talking Heads, de Bowie, New Order, Underworld avec Fela Kuti et Steve Reich?
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Humanité 2.0, 18 juillet 2014
Par 
Jean Bal (Conflans-en-Jarnisy, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Someday World (CD)
Ces deux-là étaient vraiment faits pour se rencontrer.
Underworld, dans ses moments les plus planants, n'a jamais caché l'influence d'Eno.
Quant à l'immense Brian, il a maintes fois essayé de se connecter à la vague dance des 90s, sans jamais y parvenir tout à fait.

Plus encore, Hyde et Eno ont en commun une démarche artistique qui s'appuie à la fois sur une vision esthétisante héritée de leurs années aux Beaux Arts et un goût pour les polyrythmies africaines, mêlées de soul et de pop.
Sans nier, bien sûr, une affection pour les musiques répétitives (Reich, Glass, etc.).
Sur ce disque, Daddy's Car est certainement l'un des morceaux qui se rapproche le plus des intentions musicales des deux hommes, très bien résumées par J. Lheuillier. (Faux) cuivres chaloupés, rythmes complexes, sonorités eighties, harmonies pop. Et comment ne pas voir dans le titre une référence à Dali's Car?

Jamais depuis les jours lointains de Freur et du premier Underworld on aura autant entendu la guitare de Hyde, traitée, torturée, samplée et parfois tout simplement "jouée" sans autre artifice.

Musicalement, mélodiquement, humainement tout simplement, cet album est une grande réussite. Un enregistrement qui danse du côté de l'Afrique, pense au sommet des gratte-ciels de New-York et vibre comme deux esprits à l'unisson.

Pause sur Witness, quatrième titre du disque: tout commence avec une guitare rappelant beaucoup The Edge sur Josuah Tree (co-produit par Eno), avec une basse basique façon Here Come The Warm Jets, un synthés jaillis de Taking Tiger Mountain... et des harmonies vocales synthétisant parfaitement les styles des deux protagonistes.

Au final, comment résumer ce recueil de chansons ultra-inventives qui s'adresse aux auditeurs curieux, amateurs de pop intelligente et initiés à la musique électronique des 60 dernières années?
Eno avait approché certains aspect répétitifs que l'on retrouve ici dans Nerve Net et Neroli, deux disques pas totalement aboutis. Mais il a retrouvé avec son complice une envie pour des morceaux pops fignolés et un goût de l'expérimentation sonore "au feeling" comme au temps de Before and After Science.
Hyde avait tenté de s'approcher des sphères "enoesques" dans son très bon effort solo, Edgeland, l'année dernière. Mais la rencontre du maître lui a apporté de nouveaux horizons à explorer.

Bref, ce CD splendide (dont les explorations se poursuivent dans un second opus, High Life) montre que deux hommes qui n'ont plus rien à prouver, peuvent toujours prendre un immense plaisir à créer, pour le plaisir, seulement pour le plaisir de créer.
Eno n'avait pas réalisé un album aussi enthousiasmant depuis longtemps et Hyde, lui, vient de réaliser toutes les promesses de ses précédents enregistrements. De plus sa voix si particulière se marie parfaitement avec celle de son partenaire.
Une vraie rencontre bénie des dieux.
Fantastique.

Une recommandation: réécoutez plusieurs fois cet album avant de porter un jugement définitif. J'ai eu le tort de me contenter d'une première écoute superficielle et je n'ai absolument pas capté de quoi il s'agissait. Heureusement, quelques semaines plus tard, je me suis donné la peine d'ENTENDRE. Et je ne le regrette pas. Pas du tout.
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Someday World
Someday World de Eno & Hyde (CD - 2014)
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