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5.0 étoiles sur 5 Sortir de l'euro pour renouer avec la démocratie
Ce livre de Frédéric Lordon est salutaire, à l'heure où le Front de Gauche et la gauche critique se refuse toujours à assumer la rupture avec la monnaie unique. Les problèmes de l'euro sont moins analysés sous l'angle de l'économie que du point de vue politique. L'économiste part de l'idée que la...
Publié il y a 3 mois par Diogène

versus
16 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Euro or not euro ?
Les élections européennes approchant, Lordon nous livre ici un point de vue critique sur le fonctionnement des institutions européennes - en particulier l'euro - et propose une alternative qu'il appelle « monnaie commune ». Ce terme n'étant pas explicite, on trouve au ch. 7 une description détaillée de ce qui est proposé :...
Publié il y a 3 mois par Gu Si Fang


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5.0 étoiles sur 5 Sortir de l'euro pour renouer avec la démocratie, 22 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La malfaçon, monnaie européenne et souveraineté démocratique (Broché)
Ce livre de Frédéric Lordon est salutaire, à l'heure où le Front de Gauche et la gauche critique se refuse toujours à assumer la rupture avec la monnaie unique. Les problèmes de l'euro sont moins analysés sous l'angle de l'économie que du point de vue politique. L'économiste part de l'idée que la monnaie unique a consisté dès le départ à neutraliser la souveraineté des Etats, en excluant les politiques économiques du champ démocratique. Constatant l'impasse du fédéralisme, (obstination monétaire allemande, absence d'un peuple européen, primat des sentiments nationaux), Frédéric Lordon estime que l'alternative aux politiques néolibérales ne peut passer que par une sortie de l'euro et un retour aux politiques économiques nationales. La retour à la souveraineté nationale est la condition nécessaire pour que les peuples européens restent maîtres de leur destin. Avec ce livre, Frédéric Lordon s'attaque surtout à l'internationalisme abstrait d'une partie de la gauche radicale et rejoint des auteurs comme Jacques Sapir, Emmanuel Todd, François Rufin ou Aurélien Bernier, qui s'efforcent de réconcilier la gauche avec l'idée de nation, mais dans une perspective internationaliste.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Impasses de l'Europe - En sortir, 18 mai 2014
Par 
Paluel Marmont (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La malfaçon, monnaie européenne et souveraineté démocratique (Broché)
4ème de couverture: "L'européisme est devenu le pire ennemi de l'Europe. Ne voulant plus que "l'Europe" intransitivement, c'est-à-dire sans le moindre égard pour ses contenus concrets, prêt s'il le faut à martyriser des peuples entiers, il est devenu une obstination aveugle. Au-delà de ses pires désastres économiques, sa tare congénitale est politique: le déni absolu de toute expression des souverainetés populaires. (...) L'urgence, politique et économique, commande donc de réexaminer de près la sortie de l'euro."

Menée avec le brio qu'exige la défense d'une position a priori paradoxale - et Dieu sait si la doxa est envahissante - la démonstration de F. Lordon allie la précision des analyses techniques et un sens aigu de la formule percutante, conviction et persuasion se liguant pour tenter d"emporter l'adhésion du lecteur.
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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Remarquable - À mettre dans toutes les mains., 17 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La malfaçon, monnaie européenne et souveraineté démocratique (Broché)
Enfin un livre qui apporte un peu d'oxygène au débat politique et qui traite de la seule question qui mérite d’être posée : comment se fait-il que depuis 20 ans la zone euro soit en pleine crise économique et qu'aucune mesure ne soit prise pour enrayer cette pente pernicieuse.
L'analyse d'une rare acuité de F. Lordon sur la situation actuelle qui non seulement démonte les ressorts de la paralysie européenne mais démontre combien depuis deux décennies, notre continent - verrouillé par une série de traités - à abandonner toute notion de souveraineté et donc de démocratie.
Un livre qui nous pousse à penser différemment...
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5.0 étoiles sur 5 Simplement excellent !, 8 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La malfaçon: Monnaie européenne et souveraineté démocratique (Format Kindle)
Petit livre salutaire qui remet les pendules à l'heure quand le choix qu'on nous propose est plus que jamais entre “blanc bonnet et bonnet blanc” chauffant ainsi consciemment ou incidemment le lit du FN... Du balai !! De l'air ! Qu'ils s'en aillent tous !!
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16 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Euro or not euro ?, 17 avril 2014
Par 
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La malfaçon: Monnaie européenne et souveraineté démocratique (Format Kindle)
Les élections européennes approchant, Lordon nous livre ici un point de vue critique sur le fonctionnement des institutions européennes - en particulier l'euro - et propose une alternative qu'il appelle « monnaie commune ». Ce terme n'étant pas explicite, on trouve au ch. 7 une description détaillée de ce qui est proposé : une version reliftée du bancor de Keynes, des DTS du FMI ou du SME. Il s'agit de redonner à chaque Etat-nation son autonomie en matière de politique monétaire tout en restant fidèle à Keynes dans le débat changes fixes / changes flottants. On retrouve la même idée chez plusieurs auteurs en ce moment, apparemment il y a comme une mode.

La première partie du livre présente la critique de l'euro. Les raisons exposées sont de deux types : politiques et économiques. Politiquement, « la souveraineté populaire s'entend comme capacité du peuple à prendre en main son propre destin » (ch. 1). Économiquement, le modèle est Roosevelt et son activisme à tout-va, impossible dans le cadre de la construction européenne. Les eurobonds et autres propositions européennes excluant cette possibilité, Lordon les rejette (ch. 2). En effet, en mutualisant les décisions budgétaires et/ou la dette, ils nous placeraient face au dilemme suivant : des Etats sans autonomie (ne maîtrisant pas leur budget) ou bien des Etats irresponsables (ne payant pas leurs dettes).

Je suis frappé de constater que certains constats de Lordon sont partagés par de nombreux libéraux (oublions le FN, la comparaison est grotesque). Voir par exemple « L'euro : comment s'en débarrasser ? » de Jean-Jacques Rosa, ou encore Charles Gave qui qualifie l'euro de « Frankenstein financier ».

Quelle vision politique ? Il faut dire que Lordon parle beaucoup de souveraineté du peuple et peu de souveraineté individuelle. Les droits de l'homme et la liberté individuelle ne sont pas ici une priorité. Il regrette que la nation soit opprimée par l'Europe mais n'imagine pas que le citoyen puisse être opprimé par la nation. Ce qui est proposé est en quelque sorte une liberté des anciens - par opposition à la liberté des modernes de Benjamin Constant - où c'est la possibilité de prendre part aux affaires politiques de la cité qui prime. Ce n'est pas surprenant, mais en tant que libéral je ne peux pas m'en contenter.

La deuxième partie présente une alternative à l'euro. C'est ici que la primauté du collectif sur l'individu est évidente : défaut complet sur la dette souveraine, « réarmement » de la banque centrale nationale, « reprise en mains » du secteur bancaire et contrôle des capitaux. L'autonomie qui serait ainsi regagnée par l'Etat-nation serait intégralement perdue par l'individu qui souhaite épargner et maîtriser son avenir : euthanasie du rentier, prise de pouvoir politique sur les décisions d'investissement et de financement des entreprises. C'est une forme soft de collectivisation du capital qui est bien connue, qu'on l'appelle répression financière (lire « La répression financière », de Jean-Jacques Rosa *) ou bien « économie d'endettement » (lire « Le système financier français depuis 1945 », de Pierre-Cyrille Hautcoeur *). Nous avons connu un tel système jusqu'au début des années 1980 en France et aujourd'hui dans les institutions bancaires chinoises avec leur cortège de prêts politicards servant à financer des grands ouvrage en béton qui ne mènent nulle part (lire Nicholas Lardy).

Nombre de libéraux regrettent donc, comme Lordon, que les Etats soient soumis à des institutions supranationales au mépris du principe de subsidiarité. Ils aimeraient se libérer du joug de l'élite politico-économique internationale et/ou bruxelloise, mais PAS pour asservir encore plus l'individu à une élite politico-économique nationale (lire « Déflation et liberté », de Guido Hülsmann *).

Certes, Lordon ne propose pas de nationaliser le crédit façon Corée du Nord, mais souhaite redonner autonomie et localité aux banques. Le problème est que des banques locales et politisées, ça donne des banques fragiles. Cf. le système du « unit banking » qui a dominé aux US au XIXème, les Landeskassen allemandes ou les Cajas espagnoles aujourd'hui. Les auteurs qui ont étudié le lien entre institutions politiques et performances / stabilité du système bancaire (lire « Why banking systems succeed... and fail » de Charles Calomiris) considèrent que les rares systèmes qui marchent bien sont ceux qui permettent d'allouer l'épargne et mutualiser les risques sur une grande zone géographique (pas l'agence de Jimmy Stuart dans La vie est belle) et qui ne sont pas des instruments politiques de redistribution au service de politiciens populistes ou d'hommes d'affaires corporatistes.

Il faut faire un dernier rappel historique. Au moment de la construction de l'euro, l'idée de « monnaie commune » avait déjà été opposée au projet de « monnaie unique », seulement il désignait une institution très différente de ce que propose Lordon. Il s'agissait de laisser circuler librement une monnaie européenne en parallèle avec les monnaies nationales (lire « L'unité monétaire européenne : au profit de qui ?, de Pascal Salin *). Cette solution aurait préservé le marché des changes et donc une saine concurrence entre monnaies européennes : s'il y a des monnaies différentes avec des politiques monétaires indépendantes, les utilisateurs et investisseurs les évaluent forcément de façon fluctuante. Contre les changes flottants de Friedman, Lordon préfèrerait masquer ce prix qu'il ne saurait voir. Le problème est qu'en imposant un taux de change fixe entre des monnaies différentes, on se paie immanquablement la loi de Gresham. Le contrôle des capitaux permet d'en masquer plus ou moins les effets mais ne les supprime pas ! Le conflit politique créé par l'euro (une planche à billets partagée entre plusieurs Etats dispendieux, voir « The tragedy of the euro », de Philipp Bagus, traduit en français *) changerait de forme, mais il ne serait toujours pas résolu. C'est accessoirement ce qui a causé la fin de Bretton Woods (lire « Le péché monétaire de l'Occident », de Jacques Rueff *).

(*) Tous les ouvrages avec une étoile sont disponibles en ligne, souvent sur le site de l'Institut Coppet.
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7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Techniquement intéressant, politiquement décevant, 28 avril 2014
Par 
Jules Alexandre Théophraste de Corvée de Ch.... (Aix-en-Provence, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La malfaçon: Monnaie européenne et souveraineté démocratique (Format Kindle)
Très déçu par le livre de Lordon: Si l'analyse technique et politique de la mise en place de l'euro est juste et bien décrite, les scénarios reprennent ceux de Sapir et Murer, sans doute en les détaillant un peu plus.
La critique de l'aveuglement volontaire de "la gauche" qu s'est mise au service de la mondialisation financière alors que celle ci ne lui demandait rien (ça rappelle Laval - autre grand socialiste- insistant auprès des Allemands pour qu'ils raflent aussi les enfants lors de la rafle du Veld'Hiv)
Mais la dernière partie sur "une stratégie de gauche" sombre dans le poncifs et le n'importe quoi:
- L'opposition entre souveraineté de la nation qui serait de droite et souveraineté du peuple qui serait de gauche est factice: présenter de Gaulle comme un souverainiste de droite qui n'aurait cure de la souveraineté populaire est faux, lui qui a toujours remis relégitimé son pouvoir par la consultation du peuple.
- La solution "régulariser tous les sans papiers" est superficielle: L'excès de main d'oeuvre- qui restera - est balayé en un tourne main. Quid de la capacité d'assimilation de ces gens dans un contexte de déflation? Quid des inégalités liées à la non-maîtrise de la langue et des codes sociaux? au déficit d'éducation? On retombe dans l'égalitarisme abstrait de la gauche dont Lordon entend - à juste titre - sortir.
Pour légitimer son propos face à ses camarades du FdG, Lordon en rajoute sur le FN de manière caricaturale. On peut ne pas avoir confiance dans le FN ( c'est effectivement une sage précaution!) mais le fait est qu'il a puisé son programme aux meilleures sources (Sapir, Gréau, Murer...) et qu'il a le programme le plus progressiste et "à gauche" (la vraie gauche) qui soit.
Bref, s'il faut attendre que notre sainte mère "la gauche" ait fait son aggiornamento pour sortir du marasme actuel, on n'en pas sortis!
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