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19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Somptueuse variation indé de Jarmusch sur le thème des vampires., 22 avril 2014
Par 
FX de Vasselot (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : ONLY LOVERS LEFT ALIVE [Blu-ray] (Blu-ray)
Adam, un musicien reclus dans une maison de la banlieue de Detroit, et Eve, passionnée de littérature à Tanger, s’aiment depuis longtemps. Très longtemps. Très très très longtemps. Depuis des siècles, en fait. Adam et Eve sont des vampires, condamnés à vivre et errer éternellement sur Terre, sans jamais vieillir ni pouvoir prendre d’attaches dans un monde qui change sans eux. Oui, ils s’abreuvent de sang (avec une préférence pour le O négatif) si possible sans tuer afin de rester inaperçus et usent pour cela de divers procédés de substitution : deals de poches hospitalières, recel de dons volontaires, etc. Mais une pandémie mal identifiée contamine la plupart des humains et empoisonne leur sang.

L’intrigue se focalise sur les retrouvailles d’Adam et Eve après 80 ans de séparation, nous décrit leurs relations et leurs états d’âme face à un monde en complète déliquescence. Miroir de la santé déclinante du monde, le théâtre incroyable qu’est la ville de Détroit vaut le détour à lui tout seul. La faillite de la ville se retrouve dans tous les décors choisis, ruines déchues d’une prospérité révolue où nos protagonistes traînent leur mélancolie épicurienne et leur nostalgie résignée. Adam collectionne les guitares d’exception comme autant de reliques païennes tandis qu’Eve entretient un rapport quasi-charnel avec ses livres anciens et portent toujours quelques vêtements vieux de plusieurs siècles auxquels ils vouent un attachement quasi-fétichiste. Quand le présent n’offre que peu d’espoir, seuls les restes du passé apportent une illusoire consolation. Quel âge ont ces deux-là ? On ne le saura jamais ; même si Adam laisse entendre qu’il a connu Einstein, Byron, Pythagore ; même si le vieux « Kit », qui procure à Eve un sang d’exception, serait en fait Christopher Marlowe, contemporain et nègre de Shakespeare ; même si les prénoms « Adam » et « Eve » nous fournissent un indice vertigineux. Le plus important n’est pas leur histoire probablement immémorielle, ni leurs réalisations certainement innombrables, ni leur culture qu’on devine immense, mais le fait qu’ils soient des survivants. Ils aiment tant la vie qu’ils ne se résigneront jamais à perdre la leur. Leurs relations avec les humains sont compliquées. D’un côté nos vampires ont besoin d’eux pour leur nourriture et diverses fournitures (comme le fait le jeune Ian pour Adam). D’un autre, ils méprisent car êtres éphémères et incapables d’apprécier la vie à son inestimable valeur. Adam et Eve considérent les humains plus comme morts que vivants et les surnomment même « zombies ». Jarmusch nous parle en réalité d’un monde en décadence, à son crépuscule, et en même temps de la merveille de la vie, de l’art et de la beauté, de temps qui passe, et de l’importance du désir pour l’être.

Vous l’aurez compris, cette histoire de vampires minimaliste ne contient pratiquement aucun élément horrifique. D’ailleurs, plus personne n’ignorant aujourd’hui les universelles caractéristiques de ces créatures de la nuit, le film ne cherche pas à réinventer quoi que ce soit et se repose judicieusement sur les bases de cette mythologie éculée pour parler du désir épicurien d’apprécier la saveur de chaque jour. Une balle en bois semblerait capable de les tuer ; ils dorment le jour et ne sortent que la nuit, etc. Cela dit, Jarmusch essaie autant que possible d’éviter les poncifs du genre. Par exemple, alors que dans tout film de vampire qui se respecte on doit révéler la nature véritable des créatures de la nuit à travers une scène plus ou moins violente et brutale, un stratagème assez malin évite ici d’avoir à sacrifier aux codes incontournables du genre. Assez rapidement après avoir introduit ses personnages, le réalisateur nous dévoile leurs divers stratagèmes d’approvisionnement qui évitent, justement, de tuer. En lieu et place de plans convenus de jugulaires arrachées ou de cous déchiquetés, Jarmusch nous montre simplement la félicité qui envahit leurs visages après avoir humecté leurs lèvres aux élégants verres en cristal contenant le précieux fluide rouge, extase semblable à celle que l’on prête généralement aux poètes maudits accros à l’absinthe. Tout cela (et bien plus encore) est photographié par une caméra capable de saisir un nombre hallucinant de nuances dans les ombres comme dans les couleurs. Tournant exclusivement en conditions de basses lumières, Jarmusch se vit obligé d’avoir recours à la puissance du numérique pour obtenir ce résultat esthétiquement saisissant. Par-dessus le marché, il compose de superbes travellings, plans aériens ou tournants, les plus marquants restant probablement ceux de la somptueuse ouverture. Il y a une poésie désespérée dans le raffinement de cette caméra qui ne tombe heureusement jamais dans l’esthétisation gratuite et nombriliste.

Pour servir ce beau film, Jim Jarmush a tout d’abord retrouvé celle qui n’avait qu’un tout petit rôle dans son précédent Broken flowers : Tilda Swinton. La majesté de sa prestation ne recèle aucune une surprise car Swinton ne déçoit jamais et l’on retrouve avec plaisir sa beauté froide et éthérée. Choix plus original, Tom Hiddleston se révèle excellent en rocker sans âge, se glissant sans effort dans un rôle exigent de cinéma d’auteur à mille lieues de son Loki dans l’univers Avengers de Marvel. Kenneth Branagh avait eu beaucoup de flair en le choisissant (dans Thor) et nous avait fait découvrir un futur grand. A ces deux grands interprètes, Jarmusch joint Mia Wasikowska (elle démontre une nouvelle facette de son talent après Alice au Pays des Merveilles et Stoker), le toujours génial John Hurt, et surtout le jeune Anton Yelchin. Celui-ci nous livre une belle interprétation pour un rôle assez différent de ce qu’il avait offert jusqu’ici (Coeurs perdus en Atlantide, Charlie Bartlett, Terminator 4, Star Trek, Le Complexe du castor, Fright night, Like Crazy, etc) et montre qu’il reste un acteur à suivre. Jeffrey Wright et Slimane Dazi complètent ce casting de premier ordre.

Au lieu d’être une n-ième variation du film de vampires, Jim Jarmusch, le cinéaste de l’errance (Ghost dog, Broken flowers), nous livre avec « Only lovers left alive » un film très littéraire dans ses thématiques, les situations, l’écriture des dialogues, la dramaturgie (éloignée de toute structure scénaristique classique), l’insistance sur les décors et leur allégorie. On n’est pas loin de Thomas Mann, un humour certain et décalé en plus. Le rythme assez lent et contemplatif réserve cependant ce spectacle à un public initié et aux palais apprivoisés pour ce type de groumandise. Pour ceux-là, le plaisir sera grand.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Exceptionnel, 9 mai 2014
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Mon coup de cœur de l'année, même si ce n'est que mon deuxième film vu cette année.
J'ai beaucoup aimé cette ambiance lente, ces personnages qui vivent décalés du reste du monde de par leur nature de vampire mais peut-être pas seulement. Jarmusch a créé des personnages d'un autre temps, vivant à l'écart et d'une érudition si profonde mais si naturelle, sans prétention, que ça en devient séduisant. Il ne se passe finalement grand chose au niveau "péripéties" mais ce n'est pas un problème : tout tient dans la relation profonde, évidente et si absolue entre les deux personnages principaux, dans une espèce d'aura prenante et magnétique et c'est parfaitement réussi en ce sens. On ne sait pas pourquoi ils sont séparés au début, il doit bien y avoir une raison pourtant, mais on ressent immédiatement le besoin qu'ils ont de se retrouver.

Évidemment, c'est aussi dû aux deux acteurs qui les interprètent, Tilda Swindon et Tom Hiddleston qui offrent à Eve et à Adam leur air éthéré, leur mélancolie et cet autre je ne sais quoi qui crée l'alchimie parfaite entre les deux.

Et il y a aussi ces plans magnifiques sur eux, ces mains qui se serrent, ces corps qui se touchent et dont on ressent le besoin vital de se toucher...

Enfin, Jarmush multiplie les références culturelles, comme Marlowe aka le nègre du "zombie" Shakespeare ("zombie" comme Adam nomme les humains, a priori, bien que ça ne soit jamais clair dans le film) ou la sonate qu'Adam a offerte à Schubert, le tout distillé à travers des dialogues subtils.

C'est beau, c'est hypnotique, c'est de l'amour intemporel.

(Pour une critique parfaite qui dit ce que je pense mais en mieux, vous pouvez lire ici celle de FX de Vasselot)
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 beau film de Jim Jarmush, 15 juillet 2014
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Ce film est magnifiquement envoûtant, et diffuse un mélange de mélancolie et d'humour ,
Le rythme lent et la lumière sombre du film retranscrivent parfaitement les états d'âme de Adam ( Tom Hiddleston ) qui a traversé tant de siècles et vécu tant de choses.
Excellentes compositions de Tilda Swinton et Tom Hiddleston, vampires sexys et décalés.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 émaux et camées, 4 octobre 2014
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Réalisateur culte qui défie la norme film après film, réinventant une forme nouvelle au fur et à mesure de son oeuvre. On est convié comme avec Stendhal en happy few, particulièrement pour ce dernier opus du maître, parce que il flirte avec le dandysme comme jamais auparavant. Cette fièvre, ce spleen qui pourrit l’humeur d’Adam, jusqu’à ce qu’il imagine le suicide, pourrait être celui de Baudelaire, ou de poètes maudits, de romantiques anglais ou français dont la fréquentation selon Eve a nui à la santé mentale de cet immortel : car il est question de vampires, mais de vampires qui prennent des shoot à chaque fois que le sang coule dans leur veine, ce n’est donc pas une malédiction de devoir survivre par la mort des autres, et pas seulement une nécessité mais aussi une addiction. Malgré le mépris qu’ils ont pour le genre humain, ces vampires sont influencés artistiquement, et chaque œuvre d’art qui dépasse les époques est comme une petite tombe d’éternité. Jamais les vampires n’avaient été traités comme cela : ils aiment des œuvres qui sont intemporelles, qu’ils ne cessent de redécouvrir, eux-mêmes créent nourris de ces influences, et si ils sont fatigués des hommes/zombies, c’est surtout qu’ils sont fatigués d’eux-mêmes. N’importe quel humain se retrouvera dans le versant mélancolique dans lequel tombe Adam. La limite du film est peut-être là, quand les vampires se posent en commentateur, en moralisateur, de l’espèce humaine
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5.0 étoiles sur 5 Une petite merveille, 17 juillet 2014
Par 
Sabine Schneider (France, Alsace) - Voir tous mes commentaires
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Univers très particulier pour ce film que j'ai pourtant adoré. Cette petite merveille est avant tout une grande histoire d'amour entre deux vampires ne pouvant vivre l'un sans l'autre. Les deux acteurs principaux, Tilda Swinton (Eve)
et Tom Hiddleston (Adam) composent de façon magistrale ces deux personnages, malgrès tout, très attachant.
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5.0 étoiles sur 5 La quintessence vampirique, 16 juillet 2014
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J'en sors à l'instant. Un opus gorgé de blood addiction. Une bande son envoutante et visuellement auditive, une photographie classieuse, un rythme d'arachnide, des couleurs qui dansent avec la lumière et les black pupilles, avec au centre deux fantômes charismatiques. Transcendant...
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 only lovers left alive, 12 août 2014
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Y a-t-il quelque chose que Tom Hiddleston ne puisse pas jouer? Non. de Shakespeare à Loki en passant par ce rôle de vampire éternel, de Scott Fitzgerald avec Woody Allen au capitaine de cavalerie de Warhorse avec Spielberg, il est parfait, partout, tout le temps! Et Tilda Swinton n'est pas en reste, un film sombre, mais captivant aussi.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un délice visuel, 28 août 2014
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Ce film de Jim Jarmusch est d'une beauté époustouflante. Une vision de vampire novatrice et particulièrement artistique et original avec en plus une bande sonore captivante.
En bonus, les scènes coupées très cool et le making-of. Pour moi c'est un chef-d'œuvre!
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5.0 étoiles sur 5 Le nouveau Jarmusch - une merveille, 24 septembre 2014
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Alors la grosse claque !
Déjà j'adore Jim Jarmusch, notamment pour Ghost Dog est Coffee and Cigarettes mais avec ce film ça m'a rendu encore plus dingue de lui, ainsi que de Tom Hiddleston et surtout de Tilda Swinton.
En plus j'adore la ville de Détroit, cela m'a toujours fasciné alors que le film soit tourner de nuit la bas ça m'a émerveillé.
Ne parlons pas de la musique Sqürl, groupe créer par Jarmusch et qui rythme le film de façon sublime. Je n'arrête pas de me passer en boucle cette OST.
Bref un film a voir, à savourer.
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5.0 étoiles sur 5 Amour sensualité... et sang !, 15 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : ONLY LOVERS LEFT ALIVE (DVD)
Excellent film qui se positionne dans une psychologie plus profonde que les films de vampires classiques. Là le vampire n'est qu'un critique acerbe et écolo de l'humanité détruisant la planète. Ajoutez des images soignées, la sensualité des deux protagonistes, et la magie opère.
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