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11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 UNE COULÉE DE LAVE
De la lave en fusion qui coule sur la scène !

Il est impossible de visionner cette représentation sans penser que ce fut la dernière mise en scène du génial Patrice Chéreau disparu le 7 octobre de la même année. Seulement 5 mois plus tard !
Loin d'être un thuriféraire de Patrice Chéreau, encore...
Publié il y a 3 mois par Melimelomane

versus
22 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 STRAUSS/ELEKTRA/SALONEN-CHEREAU
Captée lors de plusieurs représentations en juillet 2013 à Aix-en-Provence, cette Elektra me semble avoir été l'objet d'une sorte d'hystérie collective qu'il convient d'examiner d'un œil sec et, espérons-le, objectif.

Avec tout le respect qu'on doit à la mémoire de Chéreau, disparu trois...
Publié il y a 2 mois par brissaud


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22 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 STRAUSS/ELEKTRA/SALONEN-CHEREAU, 1 juin 2014
Par 
brissaud (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Richard Strauss Elektra (Édition Livre + Blu-ray : Digibook) Mise en scène P /.Chéreau (Blu-ray)
Captée lors de plusieurs représentations en juillet 2013 à Aix-en-Provence, cette Elektra me semble avoir été l'objet d'une sorte d'hystérie collective qu'il convient d'examiner d'un œil sec et, espérons-le, objectif.

Avec tout le respect qu'on doit à la mémoire de Chéreau, disparu trois mois après les captations qui ont servi à ce film, on est en droit de se demander pour quelle raison il a accepté de porter à la scène un opéra qui semble lui parler aussi peu. Il s'en explique dans une courte interview donné en bonus, qui laisse perplexe. Nous y apprenons qu'Elektra est monomaniaque et manipulatrice (un vrai scoop); que Chrysothemis n'est pas la gourde que l'on croit et que le public "bourgeois" moque (tout le monde le sait, on aurait aimé le retrouver dans ce qu'il fait du rôle); que la partition de Strauss est problématique, inégale et peu cohérente (ah bon?); que Strauss n'est pas inspiré lorsqu'il écrit pour les servantes (leur scène initiale est pourtant considérée comme l'un des sommets de la partition); que les autres metteurs en scène se vautrent dans les clichés et l'outrance (c'est assez peu confraternel), que l'œuvre est influencée par les balbutiements de la psychanalyse naissante (ça demanderait à être largement nuancé) etc. etc. et qu'en fait il n'a pas de réelles affinités avec l'œuvre, en tout cas telle que vue par Hofmannsthal.

Fort de tout cela, il a choisi de présenter une tragédie presque classique, quasi-racinienne, dans la lointaine lignée du travail qu'il a accompli, avec une exceptionnelle réussite, sur Phèdre : éviction de toute les outrances, du Grand-Guignol, de l'emphase, de la démesure, des flonflons, de la cosmétique scénique et vocale lourde qui ont longtemps encombré l'œuvre; jeu sobre et net; décor neutre et dépouillé, à la géométrie savante, ni beau ni laid, évoluant de l'aube au crépuscule (idée originale pour un opéra presque constamment donné dans des ambiances nocturnes), au fil d'éclairages superbement maîtrisés; costumes également neutres, contemporains et sans luxe; revalorisation du rôles des "humbles", la domesticité, omniprésente et active, avec notamment un renforcement (nullement prévu par l'original) du rôle de la cinquième servante qui, de la plus jeune, devient, de façon saisissante, la plus vielle (nous comprenons qu'il s'agit de la nourrice d'Elektra - une sorte d'Oenone, complice d'Elektra ?-) et une intervention, du plus bel effet, des vieux serviteurs lors de la scène de la reconnaissance Elektra-Orest. Toutes ces belles idées donnent effectivement un éclairage nouveau à l'œuvre, gommant ce qu'elle peut avoir de trop mécaniquement facile et lui instillant une sorte de limpidité, d'humanité, de tendresse, de fragilité (voir les rapports Elektra-Klytemnästra, qui ont concentré l'essentiel de l'attention du metteur en scène) qu'elle ne possède absolument pas "au naturel". Conception plaquée donc, qui fonctionne assez bien durant la première moitié de l'opéra (jusqu'à la fin de la scène entre Elektra et sa mère), beaucoup moins après, où tout le monde semble tirer à la ligne (c'est al partie qui ennuie Chéreau et cela se voit). Ainsi, toute la catharsis de l'opéra tombe à plat, Orest est à peine plus visible qu'un ectoplasme, Aeghist pas davantage, et la fin s'effiloche. L'on peut également s'interroger sur le sens que Chéreau donne à la confrontation Elektra-Klytemnästra, qui ressemble à un colloque sur le divan d'un psychanalyse : c'est un contresens absolu dans l'optique de Strauss-Hofmannsthal, ce qui se dit (ou plutôt ce qui ne se dit pas) tout comme la motivation des personnages (qui se vampirisent l'une l'autre) va à l'encontre de cela. Il en reste néanmoins une scène linéaire et intime, débarrassée de toute pose, de tout tic théâtreux, où l'ambigüité des sentiments, les hésitations et la tendresse rentrée que se manifestent par intermittences ces deux grandes hystériques (qui savent à l'avance chacune être l'instrument nécessaire de la perte de l'autre) font mouche, au moins pour un spectateur attentif. D'autres pourront la trouver plate.

Musicalement, on a fait grand cas de la performance d'Evelyn Herlitzius. Il est exact que l'actrice, sans doute exceptionnellement réceptive au travail de Chéreau, irradie, avec son visage et son corps d'adolescente vieillie, d'une féminité obstinée et fragile, s'enlaidissant ostensiblement (extraordinaires rides expressives sur le front), impuissante et velléitaire en tout, formidablement obsessionnelle (la manière dont elle défait les bandelettes de la hache!), lucide et dérisoire. Sa manière de bouger, sa souplesse, la témérité impavide avec laquelle elle se confronte aux exigences purement physiques de la mise en scène reflètent une implication et uen sensibilité exceptionnelle. Faute de terrifier, elle émeut. Le grave passage à vide (dont elle ne se relève pas vraiment) qui la frappe après le départ de Klytemnästra ajoute encore à son impuissance et à l'émotion qu'elle dégage. Mais vocalement ? Ceux qui la suivent depuis 20 ans savent qu'elle a deux trous dans les notes de passage entre grave (inexistant) et medium (qui l'est à peine moins)et entre medium et aigu (celui-ci puissant lorsqu'il veut bien sortir, et ici c'est heureusement le cas), qui déstabilisent l'émission et la diction, compromettent le projection et la densité d'un timbre argenté à son meilleur et grisâtre la plupart du temps. Le souffle est insuffisant (elle coupe toutes ses phrases et triche sur les valeurs), la justesse souvent problématique. Seuls le cran et l'énergie qui la portent (fabuleux) lui permettent d'arriver vivante en fin de représentations. C'est exactement le cas ici, même si les trois coupures -usuelles et relativement intelligentes- pratiquées allègent sa tâche.

Face à elle, l'étonnante santé vocale de Waltraud Meier, familière depuis longtemps du rôle de Klytemnästra, qu'elle a toujours dépouillé de ses oripeaux expressionnistes, fait évidemment contraste. Sa reine extrêmement sobre (racinienne), noble, digne et vacillante à la fois constitue une incarnation majeure, et leur confrontation le meilleur de cette représentation. En revanche, Adrianne Pieczonska, belle voix, belle musicienne, artiste raffinée, reste étonnamment potiche, les bras ballants face à des situations et des passions qui la dépassent. Ceux qui ont vu une Rysanek dans le rôle de Chrysothemis mesureront le potentiel combustible du personnage, ici laissé en friche. Oreste (Mikhaïl Petrenko), totalement falot de silhouette, de diction et de timbre, passe quasi-inaperçu, à l'instar de l'Aegisth de Tom Randle, qui est pourtant un bien meilleur acteur et chanteur que ce qu'il révèle ici. Présence nostalgiques et musicalement désastreuses de MM. MC Intyre et surtout Mazura (vieux complices de Chéreau) dans des rôles minuscules; apparition émouvante mais éprouvante pour l'oreille de la merveilleuse Roberta Alexander qui, à soixante-cinq ans, n'a pas cru déchoir en acceptant le rôle de la cinquième servante à laquelle, on l'a dit, la mise en scène confère une richesse inédite (les autres, médiocres, n'ont été semble-t-il choisies que sur des critères physiques).

Au pupitre d'un excellent Orchestre de Paris, Salonen, qui n'est ni un grand straussien ni un grand chef de théâtre, mais un technicien extrêmement solide, maîtrise avec suffisamment d'aisance le maelstrom orchestral, auquel il confère le démonisme et le tranchant nécessaire, pour ne pas trop couvrir les voix, volant la vedette aux chanteurs épuisés, de la scène de la reconnaissance jusqu'à la fin, sans créer quelque chose de très cohérent, de très original ni de trop raffiné (ce n'est pas un Sinopoli!) et, surtout, sans relayer l'émotion qui saisit les chanteurs, en dépit de leurs faiblesses. Le son, assez global, ne lui rend pas justice, il est vrai. Bonne réalisation, variée, souple et très sobre, de Stéphane Metge.

Un document, donc, mais un document friable et imparfait. Les DVD Dohnanyi/Kusej, Gatti/Lehnoff et Thielemann/Wernicke n'étant pas meilleurs, mieux vaut en rester à Bôhm/Friedrich (malgré les outrances et la morbidité plombante de ce dernier) avec l'unique Elektra de Rysanek et une pléiade de stars STRAUSS : Elektra ou Abbado/Kupfer (avec la meilleure distribution récente, mais une réalisation scénique là encore éprouvante)Richard Strauss - Elektra / Abbado, Marton, Fassbaender, Vienna State Opera [Import USA Zone 1]. Les nostalgiques pourront aussi visionner l'affreuse production du Met dirigée par Levine avec Nilsson (très diminuée tout de même) et Rysanek, bien sûr Elektra.

Il est intéressant de noter deux événements complémentaires : 1/ la prise de rôle de Nina Stemme dans la reprise de la même production eu Met; 2/ la parution très proche de l'intégrale audio de Thielemann (DG) avec Dresde et pratiquement la même distribution, Anne Schwanewilms remplaçant Pieczonska et Rene Pape remplaçant Petrenko.
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3.0 étoiles sur 5 Souvenir de scène, 26 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Richard Strauss Elektra (Édition Livre + Blu-ray : Digibook) Mise en scène P /.Chéreau (Blu-ray)
Juste un petit mot pour dire tout le bien que je pense du commentaire de Mr Brissaud. Je n'ai pas encore vu le dvd, mais j'étais dans la salle à la première en juillet de l'année dernière et je confirme tout ce que Mr Brissaud écrit.
Il y a effectivement un effet "mort de Chéreau" qui fait de cette réalisation un chef d’œuvre obligé, alors que, comme m'a glissé un éminent critique et musicologue avant la représentation : "Ça ne révolutionne rien. C'est du boulot solide et efficace, comme il sait le faire".
Ce qui est déjà énorme quand on parle de Chéreau !
Mais il est vrai que "Phèdre" et "De la Maison de Morts", pour s'en tenir aux productions récentes, étaient autrement plus essentielles.
Mais ne boudons pas notre plaisir : c'est un très beau spectacle d'un opéra difficile à mettre en scène (Kupfer au Châtelet dans les années 90 s'y est englouti dans l'ennui).
Je recommanderais aussi Böhm et Abbado en DVD, chacun avec leurs défauts, mais aussi leurs immenses qualités.
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5.0 étoiles sur 5 UNE COULÉE DE LAVE, 24 mai 2014
Par 
Melimelomane (Valréas France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Richard Strauss Elektra (Édition Livre + Blu-ray : Digibook) Mise en scène P /.Chéreau (Blu-ray)
De la lave en fusion qui coule sur la scène !

Il est impossible de visionner cette représentation sans penser que ce fut la dernière mise en scène du génial Patrice Chéreau disparu le 7 octobre de la même année. Seulement 5 mois plus tard !
Loin d'être un thuriféraire de Patrice Chéreau, encore moins sensible aux éloges funèbres, aux hagiographies posthumes ; je trouve sa vision magistrale.
Il est tentant de transformer le dernier opus d'une icône en hommage ; il est encore plus regrettable, et souvent de bon ton, de jouer les pisse-froid sur le testament d'un artiste !
Loin devant sa Tétralogie et son Tristan nous retrouvons le Chéreau de « Wozzeck » celui « De la maison des morts »
Quelle force, quelle énergie dans son approche.

Il s'appuie sur un décor de son ami Richard Peduzzi, décor au sobre graphisme, aux lignes très pures, au chromatisme gris mordoré qui forme comme le dit le librettiste Hofmaansthal « Un composé de nuit et de lumière, noir et blanc. »
C'est dans cette pénombre majestueuse que Patrice Chéreau va ancrer le drame d'Elektra.
Au moment où Egisthe découvre le cadavre de Clytemnestre, il demande à Elektra d'éclairer cette scène uniquement avec une bougie qu'elle fait danser autour de la dépouille de sa mère.
Un drame qu'il va traiter avec toute la violence paroxystique que réclame l'intrigue, frisant parfois l'hystérie, mais souverainement maîtrisée !

Il est servi par un plateau d'anthologie.
L'orchestre est le plus important que Richard Strauss ait jamais utilisé dans une œuvre lyrique : soixante cordes équilibrées par plus de quarante bois et cuivres.
L'orchestre de Paris sous la férule d'Esa-Pekka Salonen se couvre de gloire. Il rugit, claque, murmure, vocifère au grè des richesses inépuisables de la partition. (L'intervention des tubas wagnériens à l'entrée de Clytemnestre.)

Les deux hommes :
Egisthe est interprété par Tom Randle, voix quelconque qui sert un petit rôle
Oreste est incarné par Mikhail Petrenko, vu récemment dans le Ring scaligère où Eugène Onegin de Jansons. Il interprétait un Hagen impressionnant. Il est un Oreste honorable.

Les trois Femmes :
Chrysothèmis est interprétée par Adrianne PIeczonka, voix merveilleuse qui, dans ce personnage légèrement en retrait, manque, peut être, un peu de fragilité, de féminité.
Quelle chance de retrouver la divine Waltraud Meier dans un des plus beaux rôles écrit par Richard Strauss. Elle incarne une Clytemnestre arrogante, taraudée par le doute. Le récit de son cauchemar :' Je dors et je rêve que la moelle fond dans mes os... »... est un grand moment de théâtre.

Elektra ! Tout l'opéra repose sur ses épaules.
L'incarnation d'Evelynn Herlitzius est littéralement STUPÉFIANTE !
J'ai rarement vu un chanteur s'identifier à ce point à son personnage.
Elle est Elektra.
D'une voix au souffle qui semble inépuisable, elle passe du doute, du murmure, à la violence la plus insoutenable. C'est une torche vivante qui brûle littéralement la scène.
Elle nous fascine, nous envoute!

Cet ensemble somptueux est servi par un Blue Ray de qualité exceptionnelle. Son parfait, images excellentes. De plus cette représentation est merveilleusement filmée. Il semblerait que Patrice Chéreau, lui-même ait participé à son élaboration.

Je voudrais m'attarder, le temps d'une phrase, sur les applaudissements qui conclut cette représentation et plus particulièrement sur la dernière image qui immortalise le visage de Patrice Chéreau souriant, heureux !
Hommage !
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5.0 étoiles sur 5 Un miracle, 17 août 2014
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Le bref et brutal opéra de Strauss a particulièrement inspiré Patrice Chéreau, qui signe là sa dernière mise en scène. D'une beauté constante, d'une justesse dérangeante - ces personnages ne sont-ils pas en quelque sorte des monstres? De cet opéra, on tient là la plus belle des productions, et de loin. Le DVD est présenté dans un petit livre de très belle facture, écrin digne de ce bijou. A posséder absolument!
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Incandescente Elektra, bouleversante Elektra !...., 26 mai 2014
Par 
emji "cinemji" (Provence, France) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)   
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Tout a été dit sur cette production légendaire née l’été passé au Festival d’Aix en Provence; je ne vois donc pas trop quoi ajouter aux commentaires déjà ici présents, si ce n’est que moi-même ayant eu la chance d’assister à une de ces représentations aixoises, effectivement on avait pleinement conscience d’ un événement majeur dans l’histoire de l’opéra.
Un sentiment durable par lequel on sait profondément en soi que cela n’arrive pas si souvent à l’opéra.
Heureusement BelAir Media publie aujourd’hui donc ce précieux document qui est plus qu’un souvenir : une clé de voûte pour l’Elektra de Strauss .
Lorsque le rideau de fer du GTP d’Aix en provence se lève sur une scène muette on découvre l’élégant palais que l’éternel complice de Patrice Chéreau a conçu; un sublime décors de plus à l’actif donc de Richard Peduzzi !
Qu’ajouter aux louanges amplement justifiées pour ce tout petit bout de femme sur scène - Evelyn Erlitzius - qui dégage une telle énergie, avec un chant d’une puissance phénoménale !
Les quelques 140 musiciens galvanisés par un Esa-Pekka Salonen jouent divinement également cette partition d’une écrasante difficulté technique. Quelle musique ils dégagent, quelle puissance, mais aussi quels moments d’une remarquable délicatesse lorsque Strauss le réclame. Pour moi la meilleur interprétation à laquelle j’ai assisté (j’ai vu Elektra 5 fois dans différents théâtres, mais jamais entendu dans une telle perfection).
Waltraud Meïer est …royale, élégante, comme toujours ! Et Petrenko dans le rôle sublime d’Oreste est excellent également, bien qu’on puisse préférer une voix plus sombre pour ce rôle.
Le tonnerre d’applaudissement qui accueille tous les artistes à l’issue de la représentation est juste et mérité !
Parmi les éblouissants artistes lyriques qui participent à cette production, Waltraud Meier, bien sûr, amie de longue date de Patrice CHéreau, mais comment ne pas être ému aussi par la présence du vétéran Franz Mazura, vieux compagnon de route de Chéreau et Péduzzi, déjà présent lors de leur inoubliable « Ring » de Bayreuth en 1976, présent lors de la non moins mémorable « Lulu » à Garnier en 1979… Comme si le destin savait la suite et avait fait en sorte que quelques uns de ses plus plus fidèles amis soient là, participent au dernier et sublime spectacle chéraldien.
Un dernier salut de Patrice Chéreau heureux, qui regarde les yeux levés vers le lointain du théâtre, un sourire aux lèvres, l’image ralentit, devient légèrement floue, les brouhahas des triomphaux applaudissements s’éloignent, l’image se fige, une dernière image de l’immense Patrice Chéreau.
Noir : Patrice Chéreau 1944-2013. Sublime et dernier hommage ! Merci le réalisateur : Stéphane Metge ! Merci Bel Air Media, et surtout Merci Aix en Provence de nous avoir offert si pareille merveille l’été dernier ! Courrez-y ! Achetez-le ce dvd !
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7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Magnifique, 16 mai 2014
Par 
Lydie D. "Lydie D" - Voir tous mes commentaires
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Ayant vu ce spectacle sur Arte, je me suis empressée de commander le dvd. Bien que ne l'ayant pas encore reçu je peux dire que la prestation de Evelyn Herlitzius est de bout en bout absolument confondante. Chéreau fait ressortir magnifiquement le huis-clos dans lequel Elektra est enfermée: décor unique et elle n'en sort jamais, prison mentale dans laquelle son idée fixe de venger son père l'enferme, haine de sa mère... Folie sous-jacente engendrée par cette idée fixe dont personne ne peut la tirer, absence au monde à cause de cet enfermement en elle-même, imperméabilité à tout raisonnement... Chéreau montre tout ça et Elektra est parfaite. Il n'est que de la voir danser sa folie pour être admiratif de la performance de la chanteuse/actrice qui réussit tous les mouvements scéniques en chantant une partition difficile. Les autres chanteurs, dont l'impériale Waltraud Meier, sont tout aussi crédibles dans des rôles cependant moins lourds. Un grand merci et un grand à P. Chéreau et à Evelyn Herlitzius sur les épaules de laquelle repose tout l'opéra. Ne pas manquer de regarder le bonus où Chéreau, encore en recherche, explique très clairement ses intentions et son analyse du personnage central. Pour passer un très très grand moment.
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3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Richard Strauss à l'heure de la tragédie grecque : le testament artistique de Patrice Chéreau, 10 juin 2014
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Une lecture très dynamique de cette oeuvre particulière de Richard Strauss, grâce à la mise en scène efficace de P Chéreau, qui tirent le meilleur parti des décors et des lumières, au jeu bouleversant des interprètes, aussi bon-ne-s comédien-ne-s que chanteurs/chanteuses. Le spectacle est filmé à hauteur de personnage, ce qui nous plonge au cœur du drame. Le bonus (interview de Patrice Chéreau) offre de bonnes clés pour apprécier le travail du metteur en scène sur cette oeuvre comme sur d'autres. Un témoignage irremplaçable.
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2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Elektra doublement révélée, 8 juin 2014
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Richard Strauss Elektra (Édition Livre + Blu-ray : Digibook) Mise en scène P /.Chéreau (Blu-ray)
Les commentaires nombreux et détaillés déjà laissés par certains m'amènent à me concentrer sur deux remarques qui me paraissent essentielles.

L'Elektra mise en scène par Carsen en début de saison 2013-2014 à la Bastille était à peu près illisible. On y perdait le fil et sombrait dans une vision manichéenne et à charge d'une folie meurtrière en faisant de Clytemnestre une reine superficielle et assez ridicule. Waltraud Meier y était en outre extrêmement décevante, comme absente d'un rôle qu'elle ne comprenait pas dans une mise en scène perdue dans ses outrances et sa noirceur absolue.

La lecture de Chéreau, comme il l'explique d'ailleurs dans le très intéressant bonus de 25 minutes à écouter absolument, a su rendre compréhensible ce que le livret rendait souvent difficile à appréhender. Du coup, le fil narratif devient évident malgré la succession des personnages, la brutalité des transitions (car Strauss n'a pas vraiment fait dans la dentelle sur ce plan) et surtout l'occultation du passé. Ici, et comme l'a voulu Hofmannstahl d'ailleurs, il n'y a aucune référence aux raisons qui ont poussé Clytemnestre à assassiner son mari Agamemnon. C'est un fait avec lequel une famille explosée, enfermée dans un palais minuscule où l'on étouffe, où tous s'espionnent, où les phobies et la folie roulent dans l'air en permanence, doit apprendre à survivre.

Chéreau du coup met l'accent sur deux éléments essentiels qui permettent d'éclairer le livret. D'une part, l'obsession de la reine criminelle à se délivrer de ses rêves qui la hantent, de ce remords qui la taraude quoi qu'elle en dise, prête pour cela à tous les sacrifices, tous les crimes, tous les bains de sang. Quitte, aussi, à chasser ses enfants, à les laisser vivre comme des chiens pour éloigner toute tentation de vengeance dont elle soupçonne qu'elles existe.

D'autre part, Elektra, obsédée par le devoir de racheter le meurtre du père par celui de la mère, le sang appelant le sang, sans fin. Mais Elektra est trop centrée sur elle pour être capable de passer à l'acte. Il lui faudra trouver un porteur de mort. Elle tentera bien avec sa soeur Chrysothème mais cette dernière est tournée vers la vie. Celle à l'extérieur de ce palais qui suinte la mort, celle avec un mari à qui elle donnera des enfants normaux et qu'elle aimera, seul rêve qu'elle s'autorise. Il faudra donc le retour providentiel du frère Oreste pour qu'enfin la vengeance soit accomplie. mais, de façon très marquante, Chéreau souligne aussi que le meurtre n'aura permis en rien la reconstruction, la réunion d'une famille définitivement morte. Elektra danse sur les cadavres, perdant peu à peu le lien avec la réalité. Chrysothème a hâte de fuir vers cet ailleurs qui l'appelle compulsivement, tandis qu'Oreste quitte la scène sans un mot comme écrasé par ce qu'il vient de commettre et de voir.

La deuxième révélation tient, évidemment, à la formidable Evelyn Herlitzius, soprano allemande jusque là à peu près inconnue, révélée à la Scale de Milan quelque temps plus tôt et qui explose littéralement en Electre. Quelle incarnation ! Quelle incandescence ! Quelle voix et quels regards ! La scène se magnétise instantanément et tire tous les autres protagonistes vers le haut. Waltraud Maier y est alors considérablement meilleure qu'elle ne le sera quelques mois plus tard à Paris même si sa voix n'a plus la pleinitude de ses jeunes années. On y découvre d'excellentes servantes et retrouve un Petrenko d'anthologie dans Oreste. Et puis, quelle bonne idée, en honneur à Chéreau, d'avoir fait revenir, outre Maier, Donald Mcintyre, son Wotan du Ring d'anthologie. La voix n'est plus là mais qu'importe quand il s'agit de changer à peine quelques notes.

La réussite ne serait pas sans Esa-Pekka Salonen qui tire de l'Orchestre de Paris qu'on ne savait pas si inspiré une puissance, une violence, un vertige abyssaux. Le tout dans une recherche d'équilibre permanent entre l'orchestre et la ligne de chant.

La production est à l'image du reste, léchée, filmée au cours de deux représentations et de répétitions, ne gardant et n'associant que le meilleur au montage.

Voici donc un DVD INDISPENSABLE complété d'un joli livret. Un spectacle que vous n'êtes pas prêt d'oublier, celui donné en dernier sous la lecture du génial Patrice Chéreau.
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5 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Idolâtrie mal placee, 14 juin 2014
J'aime Chereau,sa Tétralogie,La Reine Margot,par exemple,mais je ne l'idolâtre pas au point d'asséner des dithyrambes incongrus concernant ce spectacle,sous prétexte que c'est lui,et que c'est son dernier.En l'occurrence,et ce n'est pas sacrilège de le dire,c'est sans doute le spectacle de trop!
Les décors sont d'une affligeante banalité,et conviendraient sans doute mieux à Idomenee...au milieu,des chanteurs,peu concernes pour la plupart,hormis Evelyn Erlitzius qui n'a guère pour elle qu' un "abattage"indiscutable mais dont le jeu,et surtout,le chant,sont pour le moins limités.L'immense Waltraude Meier à l'air de s'ennuyer encore plus que nous,ce qui est peu dire,quant aux hommes...seule surnage l'excellente Adrianne Pieczonka dans le rôle de Chrysothemis,le plus beau de l'œuvre,sans doute.Quant au chef,Salonen,il est inacapable de transcender son orchestre pour en tirer ce torrent de lave qu'a écrit Strauss comme savaient si bien le faire un Boehm ou un Reiner.Il est vrai qu'il n'est guère aidé par l'ingénieur du son,qui à l'évidence,n'a pas entendu Strauss lui même:"plus fort l'orchestre,j'entends encore les voix"...
Alors,que reste-t-il de ce spectacle,témoignant du genie(indiscutable)de Chereau?le fait qu'il ne fait pas mourir l'héroïne à la fin?Pas de bol,c'est justement ce qui fait toute la force de cette tragédie grecque....
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1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Direction extraordinaide de Chéreau por Elektra de Strauss, 13 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Richard Strauss Elektra (Édition Livre + Blu-ray : Digibook) Mise en scène P /.Chéreau (Blu-ray)
Pour moi Chéreau fut un des plus extraordinaires metteurs em scène de nos jours et pour cette version de Elektra il a reussi merveilleusement son but avec um groupe extraordinaire de chanteurs-acteurs qui nous laisse emerveillés pendant toute l'opera
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