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le 23 novembre 2004
Après les accents quelques peu bucoliques mais ô combien délicieux du III, Led Zeppelin nous ont offert un album que beaucoup considèrent comme le sommet de leur art.
Ici le contraste entre les plages acoustiques et hard est beaucoup plus flagrant.
« Black Dog » alterne la voix rageuse de Plant a cappella avec le reste du groupe dans un véritable délire d'enfer de guitares, basse et batterie. Hallucinant ! Jamais un morceau n'avait été construit de cette manière auparavant. Dans le refrain, tout le monde s'y met avec la batterie à contretemps. C'est tout simplement monstrueux.
On ne pouvait commencer mieux.
Suit un « Rock an Roll » solidement charpenté autour de la batterie, de la guitare solo et évidemment le chant déjanté de Plant ! Une véritable tuerie avec une descente de batterie diabolique en guise de coda.
On se calme avec le délicieux « Battle of Evermore » aux sonorités celtiques et éthérées avec la participation de Sandy Denny, la chanteuse de Fairport Convention baignant dans les instruments à cordes pincées acoustiques.
« Stairway to Heaven » est véritablement le clou de cet album intemporel. Dès les premiers arpèges de guitare acoustique, suivi des flûtes chante la voix douce de Robert Plant dans le premier couplet ; puis arrive la 12 cordes... Des arpèges somptueux à plusieurs guitares acoustiques soutenus par des basses profondes. C'est magique, féerique, élégiaque, céleste, divin... que sais-je encore ? La mélodie s'amplifie. Arrivent ensuite les guitares électriques toujours en arpège ! Mais que c'est beau !!! Le son monte progressivement, la batterie entre à son tour habilement à contretemps ! Fallait la trouver rythmiquement parlant cette entrée ! Combien d'apprentis batteurs s'y sont cassés les dents en entrant ¼ de temps trop tôt ou trop tard ? Soudain, 3 courts accords à la guitare électrique suivis d'un 4ème plus long, répétés 2 fois annoncent un changement de rythme qui débouche sur un solo magistral de Jimmy Page maintenant entré dans les annales du rock. Suit un dernier couplet plus hard où la batterie multiplie les contretemps très percutants, inspirés et fracassants.
Un ralentissement soudain du tempo annonce la fin elle-même surprenante : « And she's buying a Stairway to Heaven » chanté calmement par un Robert Plant a cappella... puis plus rien... alors qu'on aurait pu s'attendre à une orgie d'électricité et de chaos hard comme c'est souvent le cas ( cf. « Child in Time » de Deep Purple). On est véritablement tenu en haleine jusqu'à la dernière note. Du jamais entendu !!!
Led Zeppelin a parfaitement compris le concept du Rock Progressif qui consiste à toujours surprendre son auditoire en faisant preuve de créativité à tout instant.
Cette formidable progression acoustique puis électro-acoustique puis hard pour revenir a cappella est un véritable coup de maître dans le genre ; autant dire qu'il ne sera pas répété de sitôt.
Enfin pour conclure sur ce chef-d'œuvre du XXème siècle, « Taurus » morceau instrumental composé par Randy California de Spirit en 1968, est à l'origine de « Stairway to Heaven » dans son esprit et son atmosphère. Comme les 2 groupes ont tourné ensemble, on peut dater la genèse de ce morceau à cette époque-là.
« Misty Mountain Hop », morceau d'une facture classique débute par un riff de guitare répétitif tout au long du morceau. La batterie mise en évidence une fois de plus donne à ce morceau une certaine puissance de plomb.
« Four Sticks » est beaucoup plus speed que le précédent avec une nouvelle fois un motif répétitif classique de l'époque et la voix de Robert Plant qui court derrière. Le « refrain » d'une couleur orientale est un délire vocal de Plant dans un flot de guitares acoustiques... Lorsque ce passage revient, il est suivi d'un thème au synthé. Hallucinant !
Dans « Going to California » les choses se calment pour laisser place à une agréable ballade acoustique.
When the levee breaks clôt cet album avec la batterie, toujours en avant débutant sur un tempo lourd et bien carré. Suit un motif à l'harmonica très improvisé. La mélodie assez lancinante est suivie d'autres riffs répétitifs entrecoupés d'improvisation d'harmonica. Il y a une inspiration blues là-dessous.
Cet album incandescent, chargé d'émotion et d'électricité est truffé des trouvailles les plus originales. Il continue à faire référence plus de 30 ans après.
À acheter d'urgence et à emporter sur une île déserte.
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Alors, pour commencer, comment l'appelle-t'on cet album ? Led Zeppelin IV pour le label, plus prosaïquement le 4ème album pour Page et Plant, Zoso parce que c'est ainsi que le symbole de Page semble se prononcer, 4 Symboles pour d'autres en rapport aux idéogrammes choisis pour chaque membre, ou encore Sans Titre et Runes pour ceux que les autres ne satisfont pas. Un beau bordel pour une aeuvre finalement typique de ses créateurs où gros hard rock à riffs irrésistibles, folk rock délicat, power ballade référentielle et blues se disputent la tête d'affiche.
Parce que, oui !, il a tout ce quatrième opus d'une carrière déjà bien lancée, déjà couronnée de succès d'une formation qui ne montre pas le moindre signe d'affaiblissement. Du hard rock légendaire qui sait aussi bien envoyer le bois que faire dans la finesse (Black Dog, Rock and Roll, Misty Mountain Hop, Four Sticks), de l'épique qui commence par vous flatter la feuille avant de décoller (Stairway to Heaven), de jolis arpèges pour servir une non moins jolie mélodie (Going to California), du blues sans électricité qui se promène entre le delta du Mississippi et l'Angleterre rurale (The Battle of Evermore), du blues quasi-progressif aussi (When the Levee Breaks) et rien qui ne soit autre chose que splendide, impressionnant, immortel... Enorme ! La cohésion du groupe, chacun tenant son rôle avec un talent qui laisse bouche bée sans jamais tenter de tirer la couverture à lui, la production parfaite (signé d'un Jimmy Page capitaine naturel du navire), et même, donc, l'énigmatique pochette, contribuent à faire de l'opus un objet de culte justifié en plus d'un immense succès commercial ô combien mérité.
Rajoutez-y, dans sa version définitive (ou pas...) de 2014 un cd de bonus pas exactement essentiel mais permettant d'agréablement prolonger l'expérience, à coup de mix alternatifs essentiellement, dans un remaster de fort belle qualité qui plus est (un poil au dessus de l'édition précédente qui satisfaisait pourtant déjà) et vous obtiendrez ce qu'il est convenu d'appeler un obligatoire, un immanquable, tout simplement. Led Zeppelin IV ? Si tu ne l'as pas, tu as raté ta vie !

1. Black Dog 4:54
2. Rock and Roll 3:40
3. The Battle of Evermore 5:51
4. Stairway to Heaven 8:01
5. Misty Mountain Hop 4:38
6. Four Sticks 4:44
7. Going to California 3:31
8. When the Levee Breaks 7:07

Bonus Disc
1. Black Dog (Basic Track with Guitar Overdubs) 4:34
2. Rock and Roll (Alternate Mix) 3:39
3. The Battle of Evermore (Mandolin/Guitar Mix From Headley Grange) 4:13
4. Stairway to Heaven (Sunset Sound Mix) 8:03
5. Misty Mountain Hop (Alternate Mix) 4:45
6. Four Sticks (Alternate Mix) 4:33
7. Going to California (Mandolin/Guitar Mix) 3:34
8. When the Levee Breaks (Alternate U.K. Mix) 7:08

John Bonham - drums
John Paul Jones - bass guitar, electric piano, mellotron, mandolin on "Going to California", recorders, EMS VCS 3, acoustic guitar on "The Battle of Evermore"
Jimmy Page - electric and acoustic guitars, mandolin on "The Battle of Evermore",
Robert Plant - lead and overdubbed backing vocals, tambourine, harmonica on "When the Levee Breaks"
&
Sandy Denny - vocals on "The Battle of Evermore"
Ian Stewart - piano on "Rock and Roll"
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Led Zep I nous avait scotché, fondateur, le II explorait de nouveaux horizons, le III confortait la position du groupe, éclatant de classe. Etait-il possible de faire encore mieux ?

Incroyable mais vrai : OUI !

Ce Led Zep IV assied très haut la main le talent d'un combo hors norme, tout d'abord en épurant son oeuvre de toute reconnaissance visuelle, désireux que le public soit conquis par la musique et non par une réputation internationale déjà acquise. Le management du groupe, à l'époque, a crié au suicide commercial, mais le génie de Page a prouvé le contraire. Seuls les 4 logos des membres sur la pochette interne laisse planer l'ombre visuelle du dirigeable sur le disque.

Entrée en matière en fanfare avec un "Black Dog" tonitruant : le Zep est de retour dans la lignée du "I". Riff imparable, les points sont mis sur les "i", ça envoie du gros. "Rock'n'roll", que n'aurait pas renié AC/DC (Plant et Scott étaient potes) dans la foulée, enfonce le clou : titre purement... rock'n'roll (!) avec une ligne de basse ronflante. Fallait oser. Votre pied est pris d'une irrésistible envie de marquer le tempo. On est emporté, à la façon d'un "Let the Music Do the Talking" d'Aerosmith, dans un tourbillon roots jubilatoire, pour se poser en douceur sur un majestueux "The Battle Of Evermore" : ce titre, inspiré par la bataille écossaise du même nom, transpire les ambiances celtiques mystiques chères à Robert Plant : sur une ligne de guitare accoustique enjouée, fouillée, cristalline, complexe et lumineuse de Page, Plant narre les évènements dans une atmosphère suspendue, fragile et surpuissante qui, tout en relatant un combat, donne le frisson par sa sobriété étincellante. Titre emblématique du groupe, il constitue une mise en bouche princière pour LE mythe Led Zep : "Stairway To Heaven". Que dire qui ne l'ait déjà été ? 6.20mn de crescendo à fleur de peau sur une mélodie de génie, un break superbe, et un final béton dopé à la testostérone avec un riff que tout le monde connait : une merveille à l'état pur... LE chef d'oeuvre de Led Zep.

La face B démarre avec "Misty Mountain Hop", morceau empreint de blues/country/folk très gai, présentant une certaine complexité qu'il convient de disséquer pour l'apprécier pleinement. "Four Sticks" est joué par Bonham à 4 baguettes : titre fort en mid-tempo carré truffés de gimmicks rythmiques déments, il se développe au gré d'une jam excellente. Puis vient un sublime "Going To California", chargé d'atmosphère ensoleillé et torride, parfois lourde, qui crée une trame superbe et permet à la chanson de monter naturellement au firmament sur une ligne accoustique de génie (encore !) soutenue par un section rythmique bien sentie. Quant au final "When The Levee Breaks", c'est un blue énergique et déjanté, magnifiquement chanté par un Plant hanté, qui clôture le disque en feu d'artifice rock/blues du plus bel effet, nous laissant dans une semi-transe avec un goût de trop peu.

Conçu dans la bucolique mais ténébreuse Headley Grange, refuge inter-tournées du groupe pour se resourcer, ce disque est très spontané, mais bénêficie en revanche d'un énorme travail de peaufinage et de production, véritable travail d'orfèvre ciselé par un Jimmy Page en plein maturité. En cet endroit si particulier, le groupe s'est régénéré et retrouvé. Fortement axé sur la guitare accoustique, il respire les 70's, mais annonce déjà une vraie modernité, et c'est ce paradoxe qui charme sur Led Zep IV, immense chef d'oeuvre entré depuis 40 ans au panthéon du rock.

Indispensable et culte !
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S'il fallait une preuve que Led Zeppelin est un groupe gigantesque, il suffirait de lister tous les (très) grands du rock qu''il a inspirés (Prince, Nirvana, Rage Against The Machine, White Stripes, ...). Et ce IV est la pierre angulaire de leur discographie. Pas forcément leur meilleur (perso c''est le II), mais celui que possèdent ceux qui n''ont qu''un seul Cd de Led Zeppelin.
Quasiment un best of à lui tout seul, cet album présente toutes les facettes du groupe, du riff aplatissant de « Black Dog », aux sonorités celtiques de « Battle for evermore », en passant par les exercices de style (« Four sticks » où, comme son titre l''indique, Bonham joue avec quatre baguettes), le retour aux sources (« Rock''n''roll »), jusqu'à l''épopée tolkienesque de « Stairway to Heaven ».
Comme tous les Cds de Led Zep, celui-ci est d''abord l''œuvre de Page, qui produit, écrit ou co-écrit toutes les parties musicales. En plein trip « mystique » (il a acheté et habite le manoir du mage / sorcier (au choix) Aleister Crowley), ce Cd est dès lors une pierre du temple binaire (témoins les titres des albums quand ils n''auront plus un simple numéro : « Houses of the Holy », « Presence ») que Page ne cessera d''élever au cours des années 70.
Alors Page peut bien s''offrir un clin d''œil à ses anciens Yardbirds (« Rock''n''roll »), repiquer l''intro de « Stairway to Heaven » au « Taurus » de Spirit, se livrer aux pires excès en tournée sous l''œil « bienveillant » de Peter Grant, le truand qui sert de manager au groupe, ce type bien barré dans sa tête a produit avec son groupe une musique colossale dont l''influence ne cesse d''être revendiquée. Et pour clore un vieux débat des années 70, vous en connaissez des groupes, aujourd''hui, qui se réclament de Deep Purple ?
Evidemment, ce « Led Zeppelin IV » est à posséder absolument.
P.S. Allez jeter une oreille sur la version de « Rock''n''roll » par Jerry Lee Lewis sur son Cd de reprises-duos « Last man standing » sorti en 2006. le Killer y est accompagné à la guitare par un certain ...' Jimmy Page.
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Ce commentaire porte sur l'édition Deluxe remasterisée, présentée sous la forme de deux LPs vinyliques à l'automne 2014. Mais, ce "Zoso", cela fait en tout quatre fois que je l'ai acheté.

La première version, c'était le pressage original français. Probablement le premier LP que j'ai jamais acheté avec mes propres sous. D'occasion, en l'occurrence. A un gars qui selon le journal que j'ai lu aujourd'hui estime avoir créée jusqu'à présent 6500 emplois dans sa vie d'entrepreneur. A l'époque, il avait atterri dans un autre collège que le mien, après la classe de CM2 dans laquelle on était ensemble. Je l'avais retrouvé par hasard et il avait ce disque à vendre. Pas vraiment l'équivalent de la reprise de contact entre les tous jeunes Mick Jagger et Keith Richards, avec leurs disques de blues sous le bras sur ce quai de gare mais bon...

La deuxième version de "Zoso" dont j'ai fait l'acquisition, dans les années 1980 finissantes, c'est une réédition vinylique germanique "Nice Price", spéciale 40 ans du label Atlantic Records, avec une galette plutôt mince et une plastification de la pochette. Version encore acquise d'occaze ou dans une solderie. Mon idée était de remplacer le freesbie original, qui était arrivé en fin de vie.

La troisième fois, "Zoso" était éparpillé façon puzzle dans une réédition remastérisée en deux coffrets de CD (le premier en avait 4, le second, paru un peu plus longtemps après, en avait deux), dans les premières années 1990, de l'intégrale studio d'alors de ce groupe véritablement unique et légendaire.

Entretemps, il y avait eu cette soirée catastrophe dans laquelle je m'étais retrouvé, et où il n'y avait pas de musique. Rien. sauf une K7. De "Zoso". Qu'on a écouté toute la nuit sans arrêt et sans jamais se lasser...

Bref, vous savez ce que c'est avec les commentaires pour amazon. Il faut arriver à détecter jusqu'où le point de vue du rédacteur est subjectif. Là, vous êtes prévenus : "Zoso" est pour moi plus qu'un album spécial ! C'est ***** d'emblée et sans discussion. A peine en dessous de 'Physical Graffiti'. Le top de ce groupe ! Circulez, y a rien à lire ! Epargnez-moi les VNU !

Alors tout de même cette réédition ? Eh bien, le 1er LP, qui reprend la séquence originale, revient en mode précision laser pour chaque instrument, bien détaché et pourtant totalement imbriqué aux autres pour donner cette même claque à chaque fois. Il s'agit bien d'un remastering et non pas d'un tripatouillage ! ***** !

Faut-il préciser à ce stade la présence de 'Stairway to Heaven', l'un des morceaux les plus playlistés de par le monde ? De la transe-blues de ''When The Levee Breaks', avec ce bucheronnage surhumain proposé par le regretté Bonzo, dont Rick Rubin et les Beastie Boys mirent du temps à se remettre ? De 'Rock'n'Roll', cette relecture de l'histoire du rockabilly en mode compacté et accéléré ? Des prog hard blues rock 'Black Dog' et 'Misty Mountain Hop' ? Des folkeux 'The Battle Of Evermore' et 'Going To California' ? De 'Four Sticks' ? Rien à jeter, vraiment !

Le second disque ? Ce sont les mêmes morceaux que pour le 1er, et dans le même ordre, mais dans une version légèrement moins parfaite, légèrement moins aboutie. Bon, pour 'The Battle Of Evermore' et 'Going To California', le palais omnisports de Percy ne nous honore pas de ses vocalises, mais s'agissant des autres titres, la différence est très ténue. Il faut avoir la version originale gravée dans le cerveau reptilien, (comme c'est mon cas) pour noter la différence. De plus, ces "outtakes" ont reçu le même traitement clarificateur que le master principal. **** et 1/2 + !

Les galettes sont épaisses juste ce qu'il faut. La pochette "gatefold" originale a été transformée, avec deux ou trois photographies supplémentaires (dont deux du groupe) pour pouvoir offrir trois volets et accueillir notamment le second LP. Pour le reste, le design original a été respecté. Sauf pour la partie de la photographie de pochette où figurait l'immeuble moderne. Mais, bon... L'emballage est solide. Le "piqué" de la photographie de l'édition originale est aussi bien maintenu que possible. ***** !
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Qu'est-ce que la Musique, se demandait un grand compositeur qui était à la recherche du « point intraduisible » ? Le point intraduisible, cette irréelle chimère qui est sensée nous élever « au dessus de ce qui est... ». (1) Ah, se sentir transporter, se sentir élevé au dessus de ce qui est ! Mais à quel moment ressent-on tout cela ? Dans quelles circonstances ? Ben, quand on coule à pic ou quand on touche le fond, forcément. D'ailleurs, n'est-ce pas le sens de ce « I might be sinking » que l'on entend dans l'un des titres de l'album, « Going to California » (« il se pourrait bien que je sombre au fond de l'océan »...)? Et oui, c'est là et seulement là où l'on mesure les bienfaits de la Musique, ou pour le dire autrement, c'est ici que l'on entrevoit le petit miracle, le temps de souffler un peu, ou de sortir la tête de l'eau. D'où la fameuse maxime de Nietzsche dans son célèbre Crépuscule des idoles que vous connaissez forcément : « le monde sans musique serait une erreur, une besogne éreintante, un exil »... Et le voici donc le miracle, dans ce quatrième opus de Led Zeppelin, collectif légendaire qui dépasse les chapelles, les fiefs et autres autels. Ce Led Zeppelin IV fut d'ailleurs mon premier contact discographique avec le quatuor (on n'oublie jamais son premier amour à ce qu'il paraît). Inutile d'être connaisseur en rock (je suis plutôt versé dans le jazz et les musiques improvisées, mais qu'importe !) pour reconnaître une Musique en tout point essentielle. Oserais-je dire qu'il s'agit là d'un « chef-d'œuvre »? Sauf que le mot « chef-d'œuvre » m'apparaît tellement galvaudé par les temps qui courent, tellement guindé que je préfère y renoncer. Et puis pour juger d'un « chef-d'œuvre » faudrait connaître les autres « œuvres » du collectif, ce qui est loin d'être mon cas... Extension du domaine de la hiérarchisation ? L'horrible idée... Le plus important pour moi, c'est que dans cette galette, j'y retrouve bien tout ce que je recherche en jazz : qualité des compositions (quand celles-ci sont à ce point inoubliables), sincérité des intervenants (leur alchimie), diversité dans les humeurs, homogénéité, authenticité, et puis de la spontanéité, et de la fraîcheur. La fraîcheur toujours, et ce, malgré les maintes écoutes, qu'il soit vingt heures ou quatre heures du matin...

Comment se fait-il donc qu'au delà des genres et des catégories, on en arrive parfois à déceler ce fameux « point intraduisible » ? Comment se fait-il que cette Musique soit à ce point atemporelle, belle, féérique, d'une telle évidence, jamais complaisante, ne caressant jamais l'auditeur dans le sens du poil, mais au contraire lui offrant une orgie de sonorités et de mélodies qui semblent avoir été écrites dans les cieux (« Stairway to Heaven », forcément, c'était facile...). Je ne tomberai pas dans le mysticisme, ce n'est pas mon but. Mais disons qu'au delà de mes impressions personnelles, cette musique-là est indescriptible, indicible, ineffable. En tout cas, un pur ravissement pour nos papilles auditives si l'on n'a pas trop de m---- dans les oreilles. Et d'y revenir aujourd'hui (2) me comble de... « bonheur » (ah, oserais-je encore lâcher ce mot suprêmement bourgeois ?). Pourquoi faut-il nécessairement employer ce terme de plus en plus creux et vide de sens? Le bonheur, s'il existe, il ne dure jamais. Et s'il dure, c'est le temps d'une galette, comme celle-ci, par exemple. En fait, c'est bien mieux que ça : cette musique-là nous relie à la vie dans le sens le plus « noble » du terme. Heureux de vivre l'instant, le temps d'une écoute. Et de vibrer avec elle, loin de toute hypnose sclérosante !

Déjà avec « Black Dog » (le premier thème), on sait que ça va être du lourd. Loin d'être un divertissement, il y a dans ce Led Zep IV des contrastes déroutants (« The Battle of Evermore » constituant une rupture mélodique et rythmique avec les deux thèmes précédents, et de mon point de vue, c'est franchement réussi). Il y a aussi une ironique et scandaleuse disproportion entre la puissance incantatoire de Robert Plant (chant et harmonica) avec l'immense Jimmy Page (guitare), et l'évidence foncière du beau et du mystère musical que celui-ci soit champêtre (le magnifique « Going to California ») ou teinté de blues (« When The Levee Breaks »). Les riffs de guitare ainsi que les rythmes chaloupés et croisés, apportent matière à une musique qui se rit de l'esprit bourgeois de nos sociétés contemporaines installées dans un confort presque indécent et qui veut tout catégoriser. Mais faut toujours se méfier de celui qui casse du « bourgeois ». Les bourgeois eux-aussi écoutent cette musique. Quand on est à la recherche d'un emploi et que l'on se sent de plus en plus en marge de la société actuelle, cette musique, forcément, fait un bien fou et redonne une certaine confiance qui ne dira jamais son nom. Ou pour le dire autrement, elle régénère. Elle dit surtout l'espoir, ainsi qu'une nouvelle manière de marcher... Quand on écoute par exemple cette pièce centrale qu'est « Misty Mountain Hop », avec ses rythmes puissants, ce groove à la fois soyeux et musqué (du « grass root »), c'est un condensé de sueur, l'évidence même de la vie, avec ce désir de transcender toutes les vicissitudes de l'existence ! You can do it, bro' ! Podemos ! Ainsi, les disques exceptionnels sont traversés d'une sublime et bouleversante évidence : ils semblent lever à un moment clé l'équivoque de façon définitive... Led Zeppelin est au rock ce que pour moi Miles est au jazz et ce que Beethoven est au classique : incontournable et indispensable ! (3) Quant à mon titre : bah, c'est simple, il n'a rien à voir (quoi que...) mais je m'en tamponne, prenez-le comme une invitation à la lecture d'un ouvrage décapant : La Métamorphose du Bourgeois (Jacques Ellul)... Presque navré de ce commentaire inutile...

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(1) Gabriel Fauré cité dans La Musique et l'Ineffable de Vladimir Jankélévitch (édition Seuil, 1983).

(2) Ce commentaire a été rédigé en réécoutant cette galette de Led Zep !!!

(3) D'ailleurs, ce n'est certainement pas un hasard si les frères Ertegun ont enregistré Led Zeppelin depuis leurs débuts en 1968 (Ahmet et Nesuhi furent les producteurs du label Atlantic). Les frangins étaient très curieux, des passionnés de musique, et venaient de clore une décennie fertile (les années 60) en enregistrant des galettes devenues incontournables dans la planète jazz et rhythm'n blues (le pianiste et chanteur Ray Charles, l'incontournable saxophoniste John Coltrane, le trompettiste et bugliste Art Farmer, le saxophoniste alto le plus free et le plus déjanté qui soit - le génial Ornette Coleman - et j'en passe.....).

(4) Ne possédant pas l'éditon Deluxe tout récemment sortie, ne voyez là que mon appréciation du simple compact réédité par Atlantic (édition de 1994).
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le 17 juillet 2003
C'est donc le quatrième chef d'oeuvre, des gars du dirigeable. Et c'est pour moi l'aboutissement, le point culminant de leur oeuvre mais du rock tout entier aussi. Des morceaux entrés au panthéon du rock 'n roll, toujours copiés, jamais égalés. La guitare voluptueuse de Jimmy page, la voix expressive de Robert Plant, la batterie furibonde de John Bonham, et la basse soutenue de John Paul Jones. Et des morceaux à jamais gravés dans le roc(k), stairway to heaven, black dog, rock 'n roll...
Ah si on pouvais remonter le temps, pour un concert en 1971, au royal albert hall, pour écouter tout ça en direct. Nostalgie quand tu nous tient.
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L'album commence par Black Dog, riff tonitruant, monstrueux (doublé au Moog par instant), constellé de breaks magiques (merci Bonham et Jones),sarabande d'un sabbat de sorcières sur le mont-chauve, Plant hurle comme un possédé, quelques petites fautes rythmiques en fin de riff (nobody's perfect, pas même Led Zep).

Rockn'roll, ça débute comme du Docteur Feelgood ayant embauché Daltrey, Led Zep a eu l'intelligence d'installer une réverbe style salle de balloche pour renforcer le côté roots, très jolis licks de Lespaul, le morceau idéal pour boums d'époque ou rassemblement de vieux c..s nostalgiques en mal de secouage de tête (je sais de quoi je parle!)

The Battle of Evermore, guitare celtico_orientalisante genre Fairport Convention. Un truc: dans l'intro, remplacez la voix de Plant par celle de Jon Anderson et vous obtenez du Yes pur jus période "and you and i", vous verrez c'est bluffant (alors Led Zep, groupe de rock progressif? J'en vois qui rigolent...).Le refrain à des accents de Tommy des Who. Un très beau morceau, original et obsédant.

Stairway to Heaven,"The morceau", considéré par Page lui-même comme musique de mariage(???). Intro en picking à la guitare accoustique , un million de fois reprise par les apprentis guitaristes, les doigts en sang et la langue entre les dents, apparition de flûtes à bec sorties des Brandebourgeois ou de "bonne nuit les petits" (au choix!). La voix de Plant arrive, sublime et langoureuse, puis les divins accords de douze cordes annonçant le final magistral, archétype du solo à rallonge, la Lespaul chauffe dur (ne pas essayer avec une Strato, ça marche pas!)

La seconde face s'ouvre sur Misty mountain Hop, boogie bien lourd période Led Zep II, à peine allégé par le refrain plus poppy.Sympa mais pas grandiose.

Four Sticks sert surtout à mettre en valeur le jeu de batterie de Bonham, un peu superficiel (le morceau, pas Bonham!). Petit pont symphonique à la Yes, mais très court,ouf, il ont eu chaud.

Going to california, gentille petite bluette accoustique que l'on aurait pu retrouver sur un album de Pink Floyd, voire Nick Drake, heureusement Robert Plant s'enerve par moment pour nous rappeler qu'on écoute bien du Led Zep.Sympa quand-même.

Et pour finir, When the Levée Breaks,rythme bien lourd, harmonica insidieux, slide rampante, ça annonce Aerosmith,Plant vocifère, un genre de blues psychédélique et allumé.

Un très bon album,mais un peu inégal, et peut-être désservi par sa trop grande variété de styles.

Une Légende , tout de même. Long Live Rock!

Ps: ma concierge m'a suggéré que le solo de "Stairway" serait joué sur une Télécaster et non pas une Lespaul...
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le 9 mars 2014
Sans être pour moi forcément le meilleur album de Led Zeppelin (mais peut-on dire quel est le meilleur?) il s'agit ici de LA référence pour les fans et pour ceux qui veulent simplement découvrir le groupe. Tout y est : les rock les plus efficaces : Black dog et rock'n'roll, Misty Mountain Hop, When the Levee Breaks ; la chanson absolue du groupe : Stairway to heaven ; les merveilleuses ballades The Battle of Evermore, le génial Going to California ; l'incantatoire Four Sticks.
Tout pour faire un mythe également : l'album sans titre, pour dérouter la presse, très critique à l'époque, alors que le succès commercial sera au rendez-vous. Quand Led Zeppelin devint la légende du hard rock... les autres groupes se contenteront de copier !
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Bonjour,

Incontournable dans votre discographie !

40 ans après, un hymne au Rock d'une richesse et d'une sensibilité hors norme.

Un album qui traverse et traversera encore les générations.

À noter que cet album, neuf, est vendu moins de 20 € dans certains magasins de la grande distribution qui ont compris que le vinyle est loin d'être obsolète... ;)

Musicalement vôtre,

Éric Manégat
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