Véronique Bouzou signe un livre fort et réaliste, autant que le titre et la couverture qui font référence à cette institutrice qui s'est suicidée dans sa salle de classe.
Ce livre repose sur des témoignages et une connaissance du terrain, un terrain miné pour ceux qui s'y aventurent d'autant plus qu'ils ont la vocation et une sensibilité particulière. Peut-être traverseront-ils cet espace sans rencontrer d'injustice ni d'agression, mais les statistiques montrent qu'il n'est hélas pas rare de sauter sur une mine et de se retrouver à terre, à la Verrière ou en dépression à vie.
J'ai particulièrement apprécié les deux derniers chapitres consacrés aux professeurs des écoles "ces oubliés de l'école primaire", vivant dans un stress permanent, et "Mourir pour avoir le dernier mot".
Il manque simplement un paragraphe sur la notion de poste adapté (courte ou longue durée) qui est parfois le parcours du combattant alors qu'il a perdu toutes ses forces et ne peut plus avancer. Cependant, et pour l'avoir vécu, il faut savoir que c'est une étape possible de reconstruction. J'ai été agressée ("Salle 204") et sauvée par "le système". A part cette omission, le livre de Véronique Bouzou est un incontournable pour tout citoyen.
Aucun pathos, aucune sensiblerie, pas de démagogie dans ce livre. Le lecteur sent que l'auteur a fait le tour de la situation.
Espérons qu'un jour ce livre ne sera qu'un état des lieux et que certains points se seront améliorés.
Puisse-t-il ne pas décourager les futures vocations. Il est en tout cas utile que certaines vérités soient dites.
Belle allusion au film allemand "la vie des autres". Le lecteur comprendra.