19 pages. Que c'est court ! L'invitation à la lecture ne pèsera donc pas beaucoup sur les consciences de celles et ceux qui ne veulent rien entendre à Marguerite Duras, et dont je fus un membre terne voici une bonne semaine encore.
L'exaspération du sentiment devant la vacuité imposée de la vie, dans sa modalité du subir et du réagir par l'étourdissement des sens, quand la relation qui le fait naître est sèche conduit tout droit à la folie. Marguerite Duras travaillant
La maladie de la mort est engagée dans une course contre la vie avec son compagnon Yann dont l'objectif premier est d'amener l'auteur à ne pas finir l'écriture de ce roman, quelque part sur la Côte Normande. Ecrire, c'est se construire, c'est aussi éviter que la vie ne s'exprime puisque le rien ne peut être saisi.
"Quand plus rien n'arrive, l'histoire est vraiment hors de portée de l'écriture et de la lecture." termine l'auteur.
Comment cela se fait-il que ce texte bref remue à ce point les sens ? questionne notre engourdissement, nos habitudes de pensée, notre paresse ? Vous reposez le livre. Vous le relisez. La tension s'exaspère dans cette narration du conflit relationnel entre une femme et son compagnon, homosexuel recherchant l'abrutissement de soi auprès d'éphèbes, revenant à la conscience chaque fois plus douloureusement, s'exprimant dans une négation voulue de l'autre, mais ne parvenant pas à achever ce funeste projet car le défaut de volonté interdit même l'interdit.
A lire à petite dose ; trop d'implication dans la lecture de Marguerite Duras pourrait nuire à l'équilibre psychique du lecteur ou bien produire la faute interdite : l'agueusie de vivre.