On le sait peu mais, au nombre de ses amis, Jean François Copé peut compter Yves Duteil, Michel Fugain, Véronique Sanson ou encore Liane Foly. Une révélation pour ceux qui ne connaissent que trop peu l'actuel maire de Meaux, mais qui ne surprendra pas les lecteurs fidèles du Figaro qui lui consacrait un long portrait récemment (le 03.08.09) dans lequel ce dernier avouait qu'il «adorait» le jazz et la bossa-nova et s'entraînait régulièrement avec deux amis musiciens. L'hebdomadaire nous expliquait ensuite que, dans sa ville, il jouait volontiers des airs du répertoire des années 1930-1950, des tubes de Charles Trenet et de Charles Aznavour, dans les banquets de personnes âgées. Il ne faut pas chercher très loin, du coup, le plébicite auquel il eut droit lorsqu'il s'est représenté à la mairie.
Mais ce goût pour la musique reste un secret bien gardé qui n'est qu'effleuré dans cet ouvrage dont la moindre des qulités n'est pas de mettre en lumière l'humilité retentissante de son auteur. Glissant, très discrétement, son statut d'énarque, c'est pour mieux s'en défaire que Jean François nous explique ici les difficultés du métier qui est le sien: c'est ainsi qu'il a pris l'habitude de se produire en public avec un guitariste et un batteur. Au début, les Meldois, comme on appelle les habitants de Meaux, étaient très étonnés de découvrir cette facette d'un maire qu'ils n'imaginaient qu'en costume-cravate. Puis rapidement ils se sont pris au jeu, comme le raconte magnifiquement le peut-être futur président de tous les français, et c'est maintenant avec une joie non dissimulée que les électeurs se déhanchent au son de "la chenille", "le petit bonhomme en mousse" et autres merveilles du répertoire national magnifiquement repris au piano par une enarque que l'on n'attendait pas dans ce rôle.
Quand musique rime avec politique on n'est jamais très loin du grand guignol....