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5.0 étoiles sur 5
Non-proustiens, munissez-vous d'une boîte à outils, 18 janvier 2010
Ayant découvert Proust sur le tard, je vais tenter de donner quelques clés de lecture aux néophytes.
Premièrement, commencer par la troisième partie du bouquin ("Un amour de Swann") qui peut parfaitement se lire comme un roman dans le roman et parle - entre autres choses - de la naissance du sentiment amoureux, des soubresauts de la jalousie, de l'embrasement sexuel... entre Swann (un personnage incontestablement attachant) et Odette de Crécy (une cocotte : comprendre une demi-pute). Donc, une thématique très abordable pour le néophyte que vous êtes.
Deuxièmement, être intimement persuadé que Proust est un hyper-génie, comme l'humanité en a produit peu d'exemplaires, dont la fréquentation est par conséquent un privilège rare, une source de plaisirs comme seule la littérature peut en procurer... Cette motivation qui vous donnera la force de vous accrocher, pour peu à peu arriver à comprendre, à maîtriser, à apprécier, à adorer ces phrases et paragraphes interminables, qui ont d'ailleurs leur logique (expliciter la complexité d'une situation, d'un instant, dans tous ses aspects et leurs inter-réactions, sans ponctuations ni sauts de ligne qui briseraient la narration).
Enfin, quand vous serez devenu proustien, que vous aurez lu la dernière phrase (de mémoire : "cette femme qui n'était même pas son genre"), embrayez par le début du roman : "Souvent, je me suis couché de bonne heure...".
Et alors, ma soeur, mon frère, bienvenue au club !
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Sous l'angle historique, 24 août 2009
Seuls m'intéressent le versant histoique et les portraits psychologiques fouillés des personnages qui nous renseignent sur l'époque. L'écriture est précise et, d'un point de vue sociologique, c'est passionnant.
Comment résister, dès les premières pages, au portrait de la grand-mère « toquée » d'antiquités et d'objets anciens qui offrent, régulièrement, de vieux fauteuils à de jeunes mariés qui ont la surprise de voir lesdits fauteuils s'effondrer dès qu'ils s'y assoient... Et la mère du narrateur qui lui fait une lecture « mitée » de La Mare au Diable, par pudibonderie..., éludant les passages où les héros se rapprochent... Et l'évocation de la vie de province... avec la tante alitée, qui a pour seule distraction les passants dans la rue et qui sonne sa bonne pour en apprendre davantage sur les allées et venues de chacun mais aussi sur... leur chien. Et les préjugés dans lesquels les autres grand-tantes s'enferment tant qu'elles étouffent...
Quant à l'amour de Swann pour Odette, il est fascinant dans l'analyse méticuleuse, presque maniaque et obsesionnelle qu'en fait le narrateur.
Un vrai régal, j'ai beaucoup souri à la lecture de ce premier tome.
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23 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Fugaces impressions , 12 juillet 2007
Le narrateur évoque son enfance et décrit le personnage de Swann, un esthète de ses connaissances. Dans ce premier tome l'auteur aborde les sujets récurrents de « A la recherche du temps perdu »: le beau, les sentiments, la création et le temps.
Au commencement, le roman désoriente : les phrases sont d'une longueur impressionnante et le vocabulaire très recherché. (Je n'ai lu le mot « valétudinaire » que dans « A la recherche du temps perdu » ). Plus difficile encore, il ne raconte pas vraiment « une histoire » , mais se compose plutôt de souvenirs fragmentés et de sensations.
L'auteur cherche à approcher la réalité des choses et des êtres en analysant chaque facette visible des objets observés. Le lecteur l'accompagne dans cette recherche. Il s'immerge alors, dans un univers écrasant mais fascinant dont les phrases interminables reflètent l'infinité des apparences et des possibles.
Le narrateur étudie encore plus soigneusement ses perceptions intérieures que le monde extérieur. Dans ce travail, il s'attarde sur les impressions fugaces et les chimères, par exemple quand il se représente Parme « compact, lisse mauve et doux ». Il nous conduit à nous rappeler les instants où nous avons vécu des sensations similaires. Car cet ouvrage, loin d'être purement intellectuel, nous ramène à des impressions intimes et oubliées. Jamais l'introspection n'a été poussée aussi loin.
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