Présentation de l'éditeur
La religion n'instaure pas un ordre et il est possible de décrire son insertion dans la routine de la vie quotidienne sans supposer qu'elle domine la vie des acteurs et sans nier, pour autant, la spécificité de sa présence. L'islam, dans le cas qui nous occupe, ne fonde ni une appartenance ni un engagement. Il ne construit pas un collectif. On peut, en effet, participer à un rite et penser à autre chose, s'identifier à une religion et ne pas en faire le cur de son identité. Pourtant, les Européens travaillant sur l'islam semblent avoir confondu la domination publique d'une référence - l'islam - avec la capacité de cette référence à diriger l'ordre des choses. L'interprétation de l'islamisme en termes de retour du religieux fut la version contemporaine de cette erreur. On sait pourtant, au moins depuis que Geertz a comparé le Maroc et l'Indonésie, qu'il n'existe pas un islam mais autant d'islams que de sociétés musulmanes et, sans doute, autant d'islams que de systèmes d'action dans lesquels cette référence est engagée. Et il existe aussi des systèmes d'action, sans doute les plus nombreux, dans lesquels cette référence n'est jamais engagée, bien qu'ils soient le fait de musulmans. C'est cette réalité que le présent ouvrage entend décrire.
Biographie de l'auteur
Jean-Noël Ferrié est actuellement chercheur au CEDEJ (Institut du ministère des Affaires étrangères associé au CNRS), au Caire. Il a été rédacteur en chef de l'Annuaire de l'Afrique du Nord (CNRS-Éditions), de 1998 à 2001, et membre associé du GSPM (EHESS, Paris). Ses principales publications portent sur le Maroc, l'Égypte, la réislamisation et l'espace public. Il est l'auteur de Le Régime de la civilité en Égypte. Public et
réislamisaiton, paru chez CNRS-Éditions, au printemps 2004.
réislamisaiton, paru chez CNRS-Éditions, au printemps 2004.