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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les indi-gênent !, 20 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Noirs de France : De 1889 à nos jours - 130 ans d'histoires partagées (DVD)
En 3 x 55mn, ce salutaire documentaire de Pascal Blanchard (historien de la colonisation) et Juan Gélas de 2011 illustre, grâce à de nombreux documents d'époque (des images en noir et blanc dans l'ensemble) et les interventions de Noirs d'aujourd'hui (des historiens et politiques pour la plupart, mais aussi Pascal Légitimus -l'arrière-petit-fils du premier député noir de Guadeloupe-, Joey Starr ou Lilian Thuram), le chemin particulièrement caillouteux qui a mené ces anciens sujets de l'empire colonial français, devenus des citoyens de seconde zone, vers un peu plus de lumière :

1° époque : 'Le temps des pionniers' (1889-1940) : l'esclavage est aboli en 1848, mais les Noirs demeurent, aux yeux des Blancs, des sauvages qu'il faut amener lentement vers la civilisation ; en fait, ils sont invisibles ; seuls les artistes et les sportifs de couleur (tiens, n'en serions-nous pas toujours encore un peu là aujourd'hui ?) font alors tomber lentement les tabous : l'art nègre, la revue nègre, les bals nègres et les fameuses expositions coloniales, qui exhibent toutefois les noirs comme des animaux dans un zoo, rendent le bon peuple noir un peu moins transparent ; en 14-18, pour épargner le sang français et dans l'espoir d'une petite part de liberté en plus, 200.000 soldats noirs se retrouvent en première ligne ; la plupart n'en reviendront pas ; les survivants devront constater que le chemin du Paradis est long : leur lente installation, après guerre, dans les quartiers populaires de nos grandes villes, va achopper sur la peur du métissage et de l'invasion ; mais les anciens soldats qui sont restés vont s'organiser et militer : trompés, abusés et rejetés, les nègres, aigres, commencent de résister et luttent pour leur émancipation, soutenus en cela par leurs députés d'Afrique noire et des îles ; ces grands enfants, qu'il s'agissait de guider vers la lumière, commencent de regimber face au paternalisme des Blancs racistes ; la seconde guerre mondiale les verra toutefois reprendre leur rôle de chair à canon : systématiquement massacrés par les Allemands, ils redeviennent les martyrs d'une France qui n'a jamais voulu leur reconnaître leur statut de citoyen à part entière...

2° époque : 'Le temps des migrations' (1941-1974) : la guerre terminée, les Noirs pensaient que désormais les Blancs ne pourraient plus les traiter tout à fait comme avant ; mais bien sûr, ils se sont trompés : 'gommés' des images officielles de la Libération, ils redevinrent aussitôt des Français entièrement à part en attendant de pouvoir devenir des Français à part entière ; et puis l'Empire colonial français a commencé de s'effriter et les anciennes colonies sont soit devenues indépendantes soit de nouveaux départements français ou analogues, et de nombreux Noirs, désireux de vivre et de travailler dans l'Hexagone, y sont venus pour y devenir une main d'œuvre utile et bon marché ; le 'bon vieux temps des colonies' se terminait, mais pas celui du racisme : vivants dans des taudis, c'est dans l'indifférence générale que les Noirs de France ont commencé d'occuper le bas de l'échelle sociale de notre beau pays alors en plein boom économique...

3° époque : 'Le temps des passions' (1975-à aujourd'hui) : à partir de 75, la France de Giscard, alors en crise, a mis fin à l'immigration : les Noirs ayant leurs papiers ont été sortis des ghettos et installés dans les nouveaux foyers Sonacotra, des ghettos contrôlés ; les illégaux ont commencé d'être expulsés ; l'idée était bien sûr de préserver l'Hexagone de cette population à risque ; petit à petit, les associations vont remplacer les syndicats incapables de porter les revendications des Noirs ; Mitterand va toutefois régulariser les sans-papiers et la France métissée va commencer de se faire voir un peu plus qu'avant : la marche pour l'égalité, dite 'des Beurs', l'apparition de 'SOS Racisme', puis de 'Touche pas à mon pote' vont ouvrir aux Français de couleur quelques petites portes supplémentaires ; mais le retour de la Droite au pouvoir et la radicalisation des mouvements fascistes en réponse à la plus grande visibilité des Noirs provoquent un retour de la politique des expulsions ; à partir de là, c'est le mouvement hip-hop qui va permettre aux Noirs de s'exprimer : à défaut de représentants politiques, ce sont les rappeurs qui vont assurer cette représentation ; depuis lors, la politique de la France en matière d'immigration s'est encore durcie et dans le domaine de l'intégration, les progrès à faire sont encore massifs, mais quoi qu'il en soit la France noire continue de se construire envers et contre tout...

Si vous aussi avez envie de combler quelques lacunes concernant l'histoire agitée des Noirs avec la France, vous avez donc désormais cette possibilité au travers de ce salutaire documentaire qui a le mérite de commencer de débroussailler un terrain qui méritait amplement de l'être. Et que vive la diversité !

A noter : Pascal Blanchard a signé et cosigné de nombreux livres sur le sujet dont 'La France noire' paru en 2011
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Message initial: 18 mars 12 10:50:32 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 18 mars 12 10:53:29 GMT+01:00
Vous ou l'auteur nous trompent: les soldats noirs n'ont pas eu plus de tués que les blancs et même moins!!!!Ils ont été acclamés lors des défilés des victoires!!!Et vous réduisez les Noirs à ce qu'ils ne sont pas: vous oubliez tous les cadres "coloniaux" noirs dont le meilleur exemple est Félix Eboué et les hommes politiques comme le président du Sénat Gaston Monnerville, deuxième personnage de l'Etat et bien d'autres. Certes , à leur époque , on ne s'attachait pas à la couleur de peau et pour moi, née en 1942 , ils n'étaient pas transparents mais leur couleur de peau était une particularité comme une autre, comme être blond ou roux. Ce sont certains noirs qui réduisent leur identité à la couleur de leur peau qui serait synonyme de malheur subi. Mes ancêtres paysans ont eu aussi subi bien des malheurs et des misères. je ne me définis pas par cela. Relisez Mabanckou et non ces spécialistes de la victimisation qui sont mals dans leur peau de Noir. C'est à eux de faire un travail sur eux-mêmes
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