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15 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Beatles, dernière cuvée, 18 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Abbey Road (Enregistrement original remasterisé) (CD)
Il y a beaucoup de choses à dire au sujet d'Abbey Road. Ce n'est pas le dernier album des Beatles a être sorti (Let It Be, en 1970, possède ce titre), mais c'est, en revanche, le dernier à avoir été enregistré. En effet, Let It Be est un sauvetage, de la part du producteur Phil Spector, des titres enregistrés durant les sessions d'un album qui aurait porté le nom de Get Back. Les sessions, immortalisées par un film méconnu, tourneront vinaigre. Histoire de ne pas se séparer sur un échec, les Beatles enregistrent, dans le mythique studio d'Abbey Road, Londres, qui les a vu démarrer, l'album Abbey Road. Leur chant du cygne. Sur ce disque, bien qu'on sente à tout instant la fin arriver, on sent aussi que le groupe a tout donné, a tenté d'oublier les rancoeurs et les crises pour livrer une musique inoubliable.

Abbey Road, c'est 47 minutes d'une musique intensément rock et pop. Abbey Road, c'est aussi et surtout sa pochette mégaculte, reprises à de maintes occasions (Red Hot Chili Peppers, même McCartney pour son Paul Is Live), photo prise au passage piéton situé en face des studios. Photo remplie d'indices pour alimenter une rumeur aussi amusante que fondamentalement stupide : McCartney serait mort dans un accident de bagnole en 1965 et remplacé, depuis, par un sosie. L'arrêt des concerts des Beatles depuis 1966 s'expliquerait ainsi, selon cette rumeur débile. La pochette, comme celle de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, fourmille(rait) d'indices. Pour Abbey Road, c'est le pompon : Macca est pieds-nus, comme un mort qu'on enterre selon certaines traditions. Le groupe est en une sorte de procession. Macca tient sa clope de la main droite, lui qui est gaucher, et a les yeux fermés. La voiture, au fond, est immatriculée LMW28IF, ce qui signifierait Living McCartney Would 28 If : si Macca ne serait pas mort, il aurait alors 28 ans. Macca avait en effet 28 ans en 1969. Ou 27. Rhâââ, je ne sais plus. M'embrouillent, avec leurs conneries. Au fait, au sujet de cette voiture, elle ressemblerait à un fourgon funéraire...Ah, ce qu'on rigole, devant tant d'imagination !

Bon, causons peu, mais causons bien, et causons musique. Abbey Road se paie le luxe de démarrer par deux classiques absolus des Beatles, Come Together et Something. La première est un pastiche/plagiat éhonté du You Can't Catch Me de Chuck Berry (que Lennon reprendra en 1975 sur son album solo Rock And Roll), et est portée par une ligne de basse (de Macca) grandiose, et un phrasé tout aussi grandiose de Lennon. Something, elle, est le moment de gloire de George Harrison. Première de ses chansons à bénéficier d'une sortie 45-tours, en face A (quand une de ses chansons sortait en single, c'était en face B, comme The Inner Light). Que dire ? Merveille que Frank Sinatra reprendra, ainsi que Joe Cocker. La plus belle chanson de Harrison avec les Beatles, avec Here Comes The Sun et While My Guitar Gently Weeps. Et You've Got To Hide Your Love Away, aussi, excusez.
Maxwell's Silver Hammer et Oh ! Darling, deux chansons de Macca, suivent. Si la première est assez amusante, mais aussi plutôt moyenne, et parle d'un serial-killer au marteau (bang bang !), la seconde est un blues incroyable sur lequel Macca hurle comme un damné. Puis Octopus's Garden, la plaisanterie écrite et interprétée par Ringo Starr. Quoi, ce n'est pas une plaisanterie ? Mais pourtant, je vous assure que c'est extrêmement difficile de ne pas rigoler comme un énarque en l'écoutant ! Les 'glouglouglou' aquatiques dans le bridge, la voix amusante de Rrrrrrrringo, l'ambiance décontractée du bulbe...Amusant, mais très mineur. Un nanar musical, quoi ! Après ce moment de délire, I Want You (She's So Heavy) de Lennon, plus de 7 minutes infernales dédiées à Yoko Ono (sacrée Grande Prêtresse de l'Ordre des Salopes selon pas mal de fans du groupe), achève la face A. Se terminant brutalement à 7,44 (selon les ordres de Lennon), la chanson possède un riff qui sera repris par Pink Floyd sur In The Flesh ? (1979, The Wall). Et est, accessoirement, la toute dernière chanson enregistrée par le groupe au complet. Historiquement, la carrière des Beatles se termine sur la fin brutale de ce titre hypnotique.

La face A comportait 6 titres, donc. La B, elle, en comporte 11...ou 3, c'est selon. Cette seconde face démarre par le Here Comes The Sun de Harrison, l'alternative aux tranquilisants, une merveille qui redonne du baume au coeur, et que Georgie Boy a composée, un jour de relaxation, dans le jardin de la belle baraque de son pote Eric Clapton. Y à pas à dire, c'est sacrément beau. Puis le Because de Lennon, inoubliable, inspirée par Beethoven (Sonate au clair de lune) jouée à l'envers au piano, par Yoko. Trois voix de Lennon, Macca et Harrison, enregistrées trois fois, ce qui donne...neuf voix sur le morceau. Monumental.

Puis on passe au grand moment de Abbey Road : le medley. Séparé en pistes audio distinctes en CD, le medley démarre avec le You Never Give Me Your Money de Macca, chanson complète et superbe. Puis trois compositions de Lennon, inachevées, Sun King, Mean Mr Mustard et Polythene Pam, qui sont tour à tour relaxantes, énergiques ou tout simplement heavy. Macca, après ces courts titres, reprend le flambeau avec She Came In Through The Bathroom Window, qui possède un titre aussi ridicule que la musique est bluesy (Joe Cocker la reprendra, gage de qualité), puis la belle ballade Golden Slumbers qui donnerait presque envie de s'endormir (sommeils dorés). Puis Carry That Weight, et un The End mythique et portant bien son titre (avec même un mini-solo de batterie de Ringo, exceptionnel car unique dans la carrière des Beatles). And in the end, the love you take is equal to the love you make. Fin de Abbey Road. Fin ? Non. Attendez quelques secondes, et le premier morceau caché de l'histoire de la musique, Her Majesty, 23 secondes acoustiques chantées par Macca, déboule, en guise de sucrerie finale, non créditée sur le vinyle d'époque, mais bénéficiant de crédit et d'une plage audio séparée sur le CD (17 titres en tout, donc).
Chant du cygne des Fab Four, Abbey Road (simplement crédité The Beatles sur la tranche vinyle) est leur album studio le plus vendu, et probablement leur plus connu. Une pure merveille, pop et rock, qui laisse cependant un arrière-goût triste, mélancolique. C'est la fin du plus grand groupe de l'histoire de la musique internationale. Les fans de l'époque auront encore le rescapé Let It Be pour se consoler, mais Let It Be, massacré en partie par les arrangements spectoriens, sera une bien piètre pierre tombale...

Alors Abbey Road, pour l'éternité des siècles, forever and ever.
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Message initial: 20 mai 11 09:43:03 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 20 mai 11 09:44:40 GMT+02:00
Correction: "You've got to hide your love away" n'est en aucun cas une compo d'Harrison,mais de Lennon! (influencé par Dylan) - "Octopus's Garden" que tu appelles une plaisanterie,un nanar mineur,est en revanche une compo de Harrison et Starkey,meme si ce premier n'est pas crédité et qu'il lui a fait cadeau également d'une superbe partie guitare!!! - Le Riff d' "I want you" ne figure en aucun cas dans le The Wall des FLOYD,encore moins dans "in the flesh" qui n'a pas de Riff,mais seulement une arpège en LAmajeur ! C'est peut-ètre de l'arpège en Ré mineur d'"I want you" dont tu fais référence,alors dans ce cas,reprends vite tes cours de guitare,ou achète-toi des oreilles!!! - "She came in through the bathroom window": le titre fait référence à une histoire vraie : deux fans de Paul étaient rentrés par la fenètre de sa salle de bain! Parait meme que l'une d'entre elles était Linda... - Quant à Yoko Ono,c'est une immense artiste qui fut la seule personne à comprendre et connaitre John... Pas comme toi,apparement!

En réponse à un message antérieur du 20 déc. 11 15:14:44 GMT+01:00
Jlenjo dit:
à propos de Yoko, j'ai été étonné par la qualité des ses derniers albums ,téléchargés illégalement pour test... C'est du plus que correct et franchement agréable à écouter, assez minimaliste tout en étant très musical.
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