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13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 MAJESTUEUX !, 20 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Don Carlo [Blu-ray] (Blu-ray)
Don Carlo est devenu un des opéras les plus aimés et les plus respectés de Verdi. C’est la version la plus complète qui nous est proposée. Celle qui démarre dans la forêt de Fontainebleau, qui permet la première rencontre entre l’Infant Carlos et Elisabeth de Valois qui éprouvent une attirance mutuelle. Hélas le Roi Philippe II décide d’épouser Elisabeth.
C’est le ressort principal, la thématique qui va nourrir les actes suivants.
L’arlésienne de Salzbourg attendue depuis mars, vient enfin de sortir. Je vous soumets, avec beaucoup de prudence, mes premières réflexions.

LA MISE EN SCÈNE :
Tout d’abord un mot sur la qualité exceptionnelle du Blue Ray, filmé avec une grande intelligence.
Images aux couleurs et contrastes très réussis. Peut être une légère critique sur la balance sonore où l’orchestre domine légèrement la voix des chanteurs.

Les décors très stylisés de Ferdinand Wögerbauer, les costumes somptueux d’Annamaria Heinreich sont indissociables. Leurs beautés nous plongent dans l’époque de la Renaissance. Nous sommes d’ailleurs, plus en Italie qu’en Espagne, immergés dans les peintures de Simone Martini, de Piero de la Francesca. Mais qu’importe l’origine de l’ivresse visuelle !
Peter Stein fait avec les chœurs et les acteurs un travail d’orfèvre ; pas un geste qui ne soit générés par le verbe, par l’action. Nous sommes très loin des chanteurs gesticulant à tours de bras !
Il est servi par les éclairages attentifs de Joachim Barth.
Ce travail sur la psychologie des personnages, procure une intensité dramatique particulièrement sensible dans le face à face de l’acte II entre Rodrigue et le Roi. Au début du IV entre le Roi et l’Inquisiteur ainsi que dans le sublime final entre Carlos et Elisabeth.
Quelques exemples pris au fil de cette vision.
Les mouvements de foules sont parfaitement réglés : la scène de l’autodafé est une véritable réussite.

L’INTERPRÉTATION :
De nombreux chefs ont laissé une trace visuelle de leurs interprétations : Chailly avec le Concertgebouw, déjà Pappano avec le Royal Opera House, Levine au Met où nous n’entendons jamais la fin de la musique, couverte par les applaudissements, Muti à la Scala et Karajan avec les Berliner.
Je n’ai pas oublié la mémorable vision de Carlo Maria Giulini, en CD avec les forces du Royal Opera House.
Je dois dire, qu’à mon sens, malgré sa gravure ancienne : 1982, j’ai un faible pour Berlin qui allie une finesse éthérée à une puissance écrasante.
Alors ?... Pappano et le Philarmonique de Vienne ?
Une grande réussite, qui avec la technique moderne tient la dragée haute à Berlin ; le soyeux incomparable des cordes (les contrebasses à l’entrée de l’Inquisiteur au IV !) , la suavité des cuivres, l’éclat des percussions enchantent nos oreilles.
J’ai connu les chœurs de Vienne plus vaillants.

Les chanteurs : un plateau d’exception !
Thomas Hampson campe un Posa d’une grande humanité.
La princesse Eboli est incarnée avec beaucoup de conviction par Ekaterina Semenchuk : «Ô don fatal, ô don cruel « est un grand moment d’émotion.
Le Grand Inquisiteur d’ Eric Halfarson manque d’ambigüité, son traitement franchement caricatural lui ôte le terrible impact qu’il devrait suggérer.

Matti Salminen, déjà vu en Grand Inquisiteur en 1982 avec Karajan, endosse l’habit de Philippe II : la voix est parfois un peu juste, mais quel acteur fabuleux ! Il impose un Roi plein de doutes, de forces, de faiblesses et de majesté. Un grand Philippe II.
Elisabeth de Valois est incarnée par Anja Harteros que nous avons déjà appréciée au coté de Kaufmann dans un Lohengrin magnifiquement chanté mais massacré par une mise en scène exécrable.
Elle est une Elisabeth prisonnière de son devoir, étouffée par son amour. Ces sentiments contradictoires passent dans son interprétation grâce à une voix parfaitement maîtrisée.

A mon avis, de nombreux mélomanes ont acheté, ou vont acheter ce Blue Ray pour la prestation du phénomène vocal, Jonas Kaufmann. Bien qu’à mon sens ce ne soit pas son meilleur rôle ; ils ne seront pas déçus.
De sa voix de bronze, il nous enchante une fois de plus, sans pour autant faire oublier Pavarotti à la Scala ou Domingo au Met.
A souligner un duo final d’anthologie !

Un opéra est un ensemble : scène, chanteurs, orchestre et maintenant qualités techniques du support.
Chacune des versions citées plus haut possède l’une ou l’autre de ces qualités, la seule, à mon sens, à former un ensemble homogène est celle de Salzbourg 2013.
Mais une œuvre de cette envergure peut-elle se contenter d’une seule version ?
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Message initial: 7 juin 14 05:51:32 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 7 juin 14 05:52:01 GMT+02:00
vu. Commentaire argumenté, cela fait plaisir! Les fans d'opéra se contentent souvent d'exclamations extasiées: j'admire cet enthousiasme mais cela ne renseigne pas vraiment :-)... Vocalement, Salminen est vraiment fatigué et Hampson n'est pas le comble du baryton Verdi malgré ses autres qualités très appréciables.
En tout cas, je partage complétement votre avis: il n'y a pas une version de référence d'un tel chef d'½uvre, mais plusieurs visions qui enrichissent notre compréhension.
Cette manie de désigner un "vainqueur" est un phénomène exaspérant et nocif. L'esprit de compétition en art est des plus ridicules. Déjà qu'aux plans social et psychologique, il fasse pas mal de dégâts...
Cordialement.
LYL.

En réponse à un message antérieur du 10 juin 14 09:01:52 GMT+02:00
Merci pour votre remarque.
Concernant cette tare de notre société qui consiste, toujours à désigner un vainqueur, je rejoins totalement votre opinion : l'Art n'est pas du Sport !
D'autant plus que désigner une version de référence est toujours très subjectif et laisse peu de choix aux autres versions, aux autres approches aux autres avis. En résumé c'est donner la priorité uniquement à notre propres sensibilité. Laissons la porte ouverte...
Cordialement.
Melimelomane

En réponse à un message antérieur du 10 juin 14 10:53:25 GMT+02:00
La porte ouverte n'est pas trop ce qui caractérise notre époque, malheureusement.
Merci pour ces commentaires de qualité que j'ai eu grand plaisir à lire et auxquels je ne peux que revenir!
Cordialement.
LYL.

Publié le 14 juin 14 15:52:57 GMT+02:00
Très argumenté et un grand plaisir à vous lire, merci Mélimélomane.
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