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4.0 étoiles sur 5 La SF décapée, 23 octobre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Neuromancien (Poche)
Futur, XXIème siècle et des poussières. Case est un pirate informatique, s'infiltrant dans les systèmes pour y voler des données et les revendre. Ou plutôt était, ses derniers employeurs lui ayant mutilé ses connexions neuronales afin de lui interdire l'accès à la « matrice ». Reconverti en pilier de bar et junkie, on vient un beau jour le trouver dans son ghetto japonais lui proposer un contrat. Au bout du chemin : nouveau pancréas, nouvelle vie. Aussitôt il se jette sur l'occasion, ignorant dans quel nid de guêpes il met les pieds.
Neuromancien a fait l'effet d'une petite bombe lors de sa sortie, raflant les prix Hugo, Nebula et P.K. Dick d'un seul coup. William Gibson y propose une vision novatrice de la SF, plus immédiate et crédible que ce qui était jusqu'alors. Exit les histoires de robots, vaisseaux spatiaux : ici le futur est proche, urbain, violent. Gibson développe dans Neuromancien l'anticipation d'un internet évolué (la matrice) et en vient fatalement à aborder les réalités virtuelles, même si ça n'est que de manière superficielle. Il décrit également la corporation comme un être autonome, énorme et pervers. Pour toutes ces raisons, on a affaire à un roman visionnaire, qui d'ailleurs essaimé dans tous les médias de l'imaginaire. On trouve aujourd'hui tant d'œuvres qui puisent leurs références dans ce bouquin : le manga (Ghost in the shell), le cinéma (Matrix), le jeu de rôle (Cyberpunk 2020, Shadowrun), tout y passe. Il est frappant de voir quelle place tient la technologie dans l'univers de Gibson. Contrairement aux Terminator, Matrix et cie, elle n'est pas un être sombre et maléfique qui complote à la chute de l'homme et à son remplacement. Au contraire, la relation de Case avec l'intelligence artificielle est ambivalente, elle suggère une possible coopération fructueuse entre l'homme et la machine.
En revanche, la qualité d'écriture du roman tempère tous ces lauriers. Neuromancien est très dur à lire (comprenez : mal écrit) : Gibson manque de clarté, passe du coq à l'âne à répétition et perd son lecteur toutes les trois pages. L'intrigue n'est vraiment pas palpitante et l'auteur nous inflige des passages indigestes dignes des envolées psychédéliques de Kubrick dans 2001, l'Odyssée de l'espace. Au final quelque chose de très intéressant pour tout lecteur de SF, mais qui requiert bien du courage...
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Lieu : Anvers, Belgique

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