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Ce commentaire fait référence à cette édition : Inception [Blu-ray] (Blu-ray)
A l'heure des remakes, suites, adaptations comics, livres,... un scénario original ( mis en scène par un réalisateur comme Nolan qui est le mélange parfait entre un Spielberg pour le divertissement et un Kubrick pour la réfléxion ) est l'inspiration juste qu'il fallait au cinéma de divertissement et sera sans nul doute source d'inpiration par la suite comme ce fut le cas pour Matrix.C'est bien connu, le thème du rêve est une source inépuisable d'inspiration pour les cinéastes, et le cinéma un moyen d'expression idéal pour l'exploiter. L'art du montage, les effets spéciaux et la musique participent à la création d'idées imaginaires et d'histoires invraisemblables qui, retransmises sur un écran, retrouvent une forme de réalité, ou du moins une matérialité, une concrétisation. Pas étonnant donc qu'un cinéaste aussi visuel et ambitieux que Christopher Nolan ait l'idée d'exploiter ce thème. Le projet n'est pas nouveau pour lui : il a eu l'idée d'INCEPTION dix ans avant de pouvoir la concrétiser. Le succès phénoménal de THE DARK KNIGHT (un des plus gros succès critique et commercial du cinéma des années 2000) lui permet d'avoir toute la confiance du studio Warner Bros, qui lui donne 200 millions de dollars de budget pour réaliser INCEPTION, à peu près sans contraintes. Cette relative liberté permet à Nolan de faire ce qu'il veut et de concrétiser sa vision. En résulte un film d'une ambition folle, à la fois spectaculaire et profondément cérébral. Une réussite à tous les niveaux. Chose rare pour un blockbuster, Christopher Nolan écrit le scénario lui-même. Un script en béton armé qui n'est pas sans rappeler celui qu'il avait écrit avec son frère Jonathan pour LE PRESTIGE (2006), autre brillant film mental de Nolan, qui faisait lui-même suite à deux bons antécédents dans la carrière du cinéaste : MEMENTO (2000) et INSOMNIA (2002). Bien sûr, INCEPTION parle de manipulations de l'esprit et des souvenirs, comme les trois films précédemment cités : il s'agit donc réellement d'un film personnel pour Nolan et d'une parfaite cohérence avec le reste de sa filmographie. Finalement, seule la saga Batman y fait figure d'exception. Mais nous sommes ici en présence d'un film infiniment plus passionnant et ambitieux que THE DARK KNIGHT, même si au premier abord l'histoire d'INCEPTION est un simple film de braquage en équipe, dans les règles de l'art, avec sa galerie de personnages hauts en couleurs avec chacun sa spécialité. Littéralement, INCEPTION est un thriller idéal dont le rythme ne faiblit jamais. Mieux : Nolan se sert de son sujet pour enchaîner les mises en abîme (comme dans LE PRESTIGE), reposant sur l'idée des rêves dans les rêves pour accoucher d'un film avec des histoires en poupées russes. Même si le réalisateur exploite son sujet à fond de manière ludique, il reste le "marionnettiste" de son film, et il le sait très bien. Dès lors, on peut accepter de se prendre au jeu, ou pas. Depuis LE PRESTIGE, on savait Nolan capable d'écrire des scénarios "à tiroirs" bourrés de rebondissements et de faux-semblants, et on savait aussi qu'il avait le talent pour savoir les filmer. LE PRESTIGE n'évoquait ni plus ni moins que cette idée que le cinéma est une formidable machine à magie, où l'on assiste en permanence à des tours de passe-passe, où le cinéaste est le magicien et le spectateur du film ce public qui aime être manipulé. INCEPTION conserve en quelque sorte cette même démarche et une fois de plus, Nolan fait un film pour le public avant tout, un public qui aime rêver devant un écran de cinéma. C'est d'une certaine manière un héritier d'Hitchcock, dont l'objectif a toujours été de faire des films divertissants où le public peut oublier les tracas de la vie quotidienne. Le cinéma, c'est du rêve. Et bien, Christopher Nolan nous en donne... Et pas qu'un peu. INCEPTION tient ses promesses autant sur le plan visuel (effets visuels stupéfiants) que sur le plan intellectuel. Le film atteint une densité et une complexité dans les niveaux de réalité rarement atteints au cinéma. On pense bien sûr à MATRIX, mais aussi très souvent au mystère BLADE RUNNER (l'un des films cultes de Nolan - et ce n'est pas un hasard) et certains plans rappellent même 2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE. Si Nolan rajoute des couches et des strates de réalité au sein de son histoire, c'est bien sûr par pur intérêt ludique, mais aussi pour créer une véritable émotion. Alors que THE DARK KNIGHT pèchait par sa froideur et son manque de traitement du personnage de Batman, INCEPTION est un film réellement émouvant, en grande partie grâce à l'incroyable prestation de Leonardo Di Caprio, qui confirme après SHUTTER ISLAND de Scorsese qu'il est l'un des plus grands acteurs américains de sa génération, surtout pour interpréter des hommes rongés de l'intérieur et aveuglés par leurs souvenirs. Sa motivation dans cette histoire est simplissime : retrouver ses enfants, qu'il a laissés aux Etats-Unis où il ne peut malheureusement pas revenir à cause d'un empêchement judiciaire (comme Polanski). Rien de plus. Cette simplicité crée une empathie évidente et sincère pour le personnage, d'autant plus que son background est minutieusement composé. Et le film participe toujours à nous le rappeler, avec subtilité et retenue. Dans le rôle de la femme fatale, Marion Cotillard convainc, avec un rôle passionnant aux abords de la folie. Cette certaine simplicité dans la motivation des personnages alliée à l'ahurissante complexité narrative du film participe au succès émotionnel, où le spectateur est largement mis à contribution. Nolan fait toujours confiance à son public et s'amuse avec lui. On est très très loin des blockbusters démonstratifs et purement spectaculaires. Certes, ici les effets sont nombreux et parfois on se demande si la virtuosité technique ne cache pas une certaine vacuité dans le propos du film. On pourrait le croire, en effet. Mais à la différence du PRESTIGE qui restait un (brillant) film de petit malin, INCEPTION parle surtout d'une histoire d'amour. Un bémol cependant : celle-ci n'est malheureusement jamais vraiment montrée, elle reste une motivation pour les personnages, un prétexte à l'action. Elle reste superficielle. Mais pour Nolan, elle agit comme un MacGuffin à la Hitchcock (un élément inconnu du public qui est le moteur de l'histoire) et suffit à engendrer les scènes véritablement touchantes. Car la grande force émotionnelle du film est aussi sa mélancolie, liée au souvenir de l'être aimé. Un mot sur la musique du film, qui risque fort d'être critiquée : Hans Zimmer en fait des tonnes. Après THE DARK KNIGHT et son approche quasi bruitiste du score de blockbuster (un parti-pris intéressant et provocateur en soi), il signe ici un score également très atmosphérique, mais dense et à fort volume. Ca a l'air de faire du remplissage, et c'est vrai que parfois ça peut gêner, mais qu'on ne s'y trompe pas : Zimmer crée une enveloppe sonore totalement immersive qui participe à l'intégration des rêves dans les rêves, brouillant ainsi les frontières avec la réalité. La partition comporte quelques vrais tours de force, imposant un rythme ou un lyrisme qui porte l'histoire et son propos. Zimmer ne fait plus de la musique, il brouille les pistes entre musique et sound-design. C'est une volonté commune de Nolan et de Zimmer, que le réalisateur commente ainsi : "cela permet de lier la réalité éveillée et la réalité onirique". Le film gagne alors en fluidité narrative ce qu'il pert en subtilité musicale. Sous ses allures de grand film mental (ce qu'il est au plus haut niveau), INCEPTION est donc aussi un film de sentiments. Mais Nolan reste évasif sur le sujet, pour notre plus grand plaisir. S'agit-il ici d'amour ou d'aveuglement ? De rêve ou de réalité ? Le dernier plan du film est en ce sens hautement intriguant. On laissera soin au spectateur de faire son idée. Encore une fois, Nolan n'impose rien : malgré tout, c'est toujours un peu le spectateur qui se fait son film. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles Remarques
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Message initial:
4 août 10 12:52:37 GMT+02:00
devilsarcade dit:
La musique de Zimmer est inspirée de la chanson de Piaf utilisée dans le film, ainsi la partition de Zimmer prend tout son sens et ne peut plus être seulement considérée comme "bruitiste". C'est la force du film, chaque vision permet de découvrir un nouveau détail et de comprendre pourquoi Nolan a pensé Inception pendant 10 ans.
La preuve sur ce lien http://www.youtube.com/watch?v=Q2sD3Qvwnj
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