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54 internautes sur 62 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La vie de Bach aujourd'hui, 23 février 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Goldberg Variations (1981) (CD)
De tous les pianistes du XXe siècle, Gould est le représentant le plus insigne et le plus puissant d'une tradition qui rétablit Bach comme un maître du CLAVIER ayant donné aux problèmes expressifs et techniques de l'écriture polyphonique qui traversent le "Moyen-Âge", des réponses à la fois définitives (le contre-point ou la basse continue n'a plus guère évolué depuis) et universelles, tant du point de vue des médiums ou instruments capables de les supporter (clavier est une catégorie large), que des postures interprétatives auxquelles elles sont ouvertes.
Rien dans les intentions de Bach ne semble en effet interdire de considérer et de mettre à exécution une interprétation d'une heure, à la guitare et au saxophone, d'une de ses fugues, qui durerait par ailleurs une minute trente au luthe ou au xylophone. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il est absolument faux de penser, comme certains pseudo-spécialistes l'affirment, que Bach ait été le premier à se soucier de la nature de l'instrument, des tempos et des sentiments (allègre, triste,etc.) à mettre à plusieurs de ses propres pièces qui ne comportent tout simplement pas, au détriment des pianistes en manque de maître à la main ferme, de précision sur ces matières.
Les variations Goldberg représentent un cas d'espèce, de même que l'Art de la fugue et quantité d'autres exemples : la nature de l'instrument n'y est pas prescrite, et la partition ne comporte pas d'indication de tempo ni de phrasé qui n'ait été ajoutée de la main de générations ultérieures d'interpètes, comme auraient, semble-t-il, été ajoutées de main étrangère les quatre dernières sections du prélude No.1 du clavier bien tempéré.
Le présent enregistrement des variations se distingue moins, comme la première version donnée par Gould en 1955, par une pyro-technique jubilant au faîte de la puissance et de la rapidité étourdissante, que par son caractère réfléchi, empreint de nostalgie et toujours reposant sur une extrême clarté dans la séparation et l'articulation des voix du contrepoint. Il s'agit selon moi du plus bel enregistrement de piano du XXe siècle, par sa qualité, son raffinement et sa magie ensorcellante, rarement atteinte par d'autre à sa suite. En particulier, la variation 25 est d'une beauté tragique sublime.
Disons pour terminer qu'il y a clairement eu, dans l'histoire de la réception de l'oeuvre pour clavier de Bach, un avant et un après Gould, et dans l'intervalles, notre regard sur cette oeuvre s'est transformée pour le mieux. C'est à Gould, pour une part fondamentale, que revient le mérite d'avoir sorti des pièces du volume et de l'importance des variations Goldberg et du Clavier bien tempéré, du climat austère et de l'embourbement pédagogique dont elles étaient jusqu'alors prisonnières. Il a réinsufflé à l'oeuvre de Bach la vitalité et la puissance poétique qui est la sienne mais qu'un historicisme mal avisé avait étouffé ; considérant les intentions et l'ouverture présentées par Bach de son vivant à l'égard des avenues ouvertes devant ses oeuvres, celles-ci n'ont jamais été en meilleure état de santé qu'avec et depuis Gould.
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Afficher les messages 1-5 sur 5 de cette discussion.
Message initial: 22 mai 09 23:05:30 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 22 mai 09 23:06:03 GMT+02:00
Merci beaucoup pour votre commentaire. "Il a réinsufflé à l'oeuvre de Bach la vitalité et la puissance poétique qui est la sienne mais qu'un historicisme mal avisé avait étouffé". Pas mieux.

En réponse à un message antérieur du 3 oct. 09 01:11:54 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 3 oct. 09 15:24:54 GMT+02:00
Tout le plaisir est pour moi. Puis-je signaler par le fait même à votre attention l'existence de versions recommandables des Goldberg à la harpe (Catrin Finch), au marimba (Pius Cheung), à l'accordéon (Stefan Hussong), avec un ensemble à cordes (Les Violons du Roy) et à cuivre (Canadian Brass) ?

En réponse à un message antérieur du 11 juin 10 11:41:33 GMT+02:00
Stupéfiant! Et les clavecinistes? Ils sont incapables d'insuffler quoique ce soit? Quel mépris! Les versions pour clavecin vivantes, intelligentes, d'une grande fraîcheur et d'une virtuosité sans faille abondent avec en plus l'instrument pour lequel l'oeuvre a été composée. Les Gouldolâtres me stupéfieront toujours...

En réponse à un message antérieur du 25 sept. 11 21:03:26 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 11 oct. 12 17:47:04 GMT+02:00
Je ne dirais pas qu'ils sont incapables d'insuffler quoi que ce soit, mais que la diversité d'effets que vous pouvez produire avec un piano surpasse de très (peut-être trop) loin celle du clavecin. Quelqu'un en est-il surpris ?
''Le piano peut imiter le clavecin, le clavecin ne peut pas imiter le piano. Le piano est donc supérieur au clavecin'' (Pogorelich). Et le clavecin n'était pas l'instrument préféré de Bach. C'était le clavicorde (c'est Forkel qui nous l'apprend, et même Davitt Moroney, un claveciniste, nous le rappelle dans sa biographie de Bach). Même s'il se trouve des pianistes pour égaler ou surpasser Gould, c'est par rapport à lui qu'ils sont jugés, pas par rapport à Leonhardt ou à Rousset. Et c'est tant mieux.

En réponse à un message antérieur du 2 juin 14 13:43:06 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 2 juin 14 13:43:20 GMT+02:00
Mon Dieu que de sottises! Ahurissant!
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Lieu : Munich, Germany

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