CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST, 2 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Come An' Get It (CD)
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST JUIN 1981 N°155 Page93 5° Album 1981 33T Réf : Carrère 67697 Puisque le public français semble enfin se réveiller et accorder l'attention qu'il mérite à Whitesnake, voici le meilleur combustible pour cette passion naissante. Ce nouvel album du groupe fondé par David Coverdale est en effet une bien belle pierre de plus apportée à cet édifice de swing, de suint et de fureur qu'est la carrière du Serpent Blanc. Il s'inscrit, évidemment , dans la continuité du style de ce groupe, fait d'un subtil et généreux mélange entre le hard le plus métallique et une soul musique entêtante et cuivrée. Un cocktail original qui fait que Whitesnake apparaît comme un groupe qui vous donne plus dans l'actuel déferlement du heavy metal. En effet, comme les autres, il s'y entend à condenser sa fièvre en riffs colériques, à galoper comme un cheval de fer, à justifier sa réputation de hard band. Il est vrai qu'il compte quelques orfèvres reconnus en son sein. Coverdale, John Lord, Ian Paice, mais aussi Bernie Marsden et Micky Moody étant, depuis quelques années déjà, des bretteurs accomplis. Tous les amateurs de Nugent, d'Iron Maiden ou de Judas Priest seront donc comblés par la massive et pulpeuse machinerie de "Come An'Get It". Whitesnake n'est pas du genre à économiser sa peine et son arrogance, il le prouve une fois encore. Mais Whitesnake en donne plus. Il y a un bonus qui vient s'ajouter aux séductions en aluminium de ce lingot circulaire. Ce bonus, c'est tout cet ensemble de riffs juteux, ambrés, de râles qui viennent du fond de l'âme, de réminiscences noires, de rythmiques à la lancinance huileuse, tout ce qui range ce hard du côté de la soul, qui en fait plus qu'un exercice de sculpture sur acier, qui en fait un vrai manifeste d'émotion pure et d'authenticité torride. Cela tient pour beaucoup au chant rauque et extatique de David Coverdale, ce corps fait cri, auquel on commence à rendre la justice qu'il mérite. Tout au long de ce disque, il couvre la musique d'une âme dense et profonde, va chercher au fond de lui-même ces inflexions qui vous égratignent le cerveau. Ce n'est même pas une performance vocale, c'est plus ; un transfert de sensibilité. Et ce groupe expérimenté, souple, astucieux, qui l'accompagne, ne fait que renforcer cette plénitude, chaque son étant à la fois maitrise, puissance, trouvaille. Très souvent, à l'écoute de cet album de "hard plus", tout palpitant d'humanité, l'on pense à Bob Seger et l'on se dit que Coverdale et son gang de baroudeurs couverts de cicatrises héroïques sont en train de donner un équivalent à l'Angleterre de ce qu'est le nécessaire grand Bob au rock américain. Et, vous le savez, personne ne peut aller gratuitement comparer quelqu'un à cette montagne de feeling qu'est Seger. Mais voilà, dans le cas de Whitesnake et de cet album crispé et moelleux à la fois, il n'y a nulle exagération, loin de là.
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Come An' Get It B000K2Q5X4
Whitesnake
EMI
Come An' Get It
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CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST JUIN 1981 N°155 Page93 5° Album 1981 33T Réf : Carrère 67697 Puisque le public français semble enfin se réveiller et accorder l'attention qu'il mérite à Whitesnake, voici le meilleur combustible pour cette passion naissante. Ce nouvel album du groupe fondé par David Coverdale est en effet une bien belle pierre de plus apportée à cet édifice de swing, de suint et de fureur qu'est la carrière du Serpent Blanc. Il s'inscrit, évidemment , dans la continuité du style de ce groupe, fait d'un subtil et généreux mélange entre le hard le plus métallique et une soul musique entêtante et cuivrée. Un cocktail original qui fait que Whitesnake apparaît comme un groupe qui vous donne plus dans l'actuel déferlement du heavy metal. En effet, comme les autres, il s'y entend à condenser sa fièvre en riffs colériques, à galoper comme un cheval de fer, à justifier sa réputation de hard band. Il est vrai qu'il compte quelques orfèvres reconnus en son sein. Coverdale, John Lord, Ian Paice, mais aussi Bernie Marsden et Micky Moody étant, depuis quelques années déjà, des bretteurs accomplis. Tous les amateurs de Nugent, d'Iron Maiden ou de Judas Priest seront donc comblés par la massive et pulpeuse machinerie de "Come An'Get It". Whitesnake n'est pas du genre à économiser sa peine et son arrogance, il le prouve une fois encore. Mais Whitesnake en donne plus. Il y a un bonus qui vient s'ajouter aux séductions en aluminium de ce lingot circulaire. Ce bonus, c'est tout cet ensemble de riffs juteux, ambrés, de râles qui viennent du fond de l'âme, de réminiscences noires, de rythmiques à la lancinance huileuse, tout ce qui range ce hard du côté de la soul, qui en fait plus qu'un exercice de sculpture sur acier, qui en fait un vrai manifeste d'émotion pure et d'authenticité torride. Cela tient pour beaucoup au chant rauque et extatique de David Coverdale, ce corps fait cri, auquel on commence à rendre la justice qu'il mérite. Tout au long de ce disque, il couvre la musique d'une âme dense et profonde, va chercher au fond de lui-même ces inflexions qui vous égratignent le cerveau. Ce n'est même pas une performance vocale, c'est plus ; un transfert de sensibilité. Et ce groupe expérimenté, souple, astucieux, qui l'accompagne, ne fait que renforcer cette plénitude, chaque son étant à la fois maitrise, puissance, trouvaille. Très souvent, à l'écoute de cet album de "hard plus", tout palpitant d'humanité, l'on pense à Bob Seger et l'on se dit que Coverdale et son gang de baroudeurs couverts de cicatrises héroïques sont en train de donner un équivalent à l'Angleterre de ce qu'est le nécessaire grand Bob au rock américain. Et, vous le savez, personne ne peut aller gratuitement comparer quelqu'un à cette montagne de feeling qu'est Seger. Mais voilà, dans le cas de Whitesnake et de cet album crispé et moelleux à la fois, il n'y a nulle exagération, loin de là.
VIRY 02
2 février 2012
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Lieu : FRANCE
Classement des meilleurs critiques: 207
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