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Poésie visuelle,
9 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le 7ème voyage de sinbad (DVD)
Parmi les grands classiques du 7° art qui enchantèrent petits et grands, faisant naître sous leurs yeux les créatures les plus incroyables, il y eut surtout
King Kong et "Le 7° Voyage de Sinbad". King Kong était avec "
Le Monde Perdu" l'œuvre avec qui tout avait commencé, consacrant Willis O'Brien génie des effets spéciaux et grand visionnaire du cinéma fantastique. Mais le grand O'Brien avait lancé la vocation. Et Ray Harryhausen, qui découvrit dans son enfance le singe géant, voua son existence à l'animation des monstres au cinéma.
Avec lui, plus encore qu'avec son maître et père spirituel (avec qui il collabora le temps d'un
Mighty Joe Young faisant office de "King Kong au rabais") qui ne fit quasiment rien d'autre dans la suite de sa carrière, tout devenait possible, et les créatures les plus incroyables apparurent sur les écrans. Des cyclopes et dragons cracheurs de feu dans notre "7° voyage de Sinbad", une pieuvre géante dans
Le Monstre vient de la mer, un géant extraterrestre dans
À des millions de kilomètres de la Terre, des animaux géants dans "Les voyages de Gulliver" et "l'Île Mystérieuse", des squelettes vivants et une hydre à sept têtes dans "
Jason et les argonautes", des extraterrestres belliqueux commandant des chenilles géantes dans "Les Premiers hommes dans la lune", des dinosaures à foison dans "
Un million d'années avant J.C." et
La Vallée de Gwangi, Une déesse à six bras, un griffon et un centaure dans
Le voyage fantastique de Sinbad, un minotaure, un morse géant et un tigre à dents de sabre dans
Sinbad et l'œil du tigre, Pégase, le Kraken et la Gorgone dans "Le choc des Titans (version de 1981)"... Il berça l'enfance et émerveilla les jeunes et les moins jeunes, demeurant le maître absolu dans sa discipline durant trois décennies.
Si aujourd'hui, alors que le moindre spot publicitaire anime les monstres les plus incroyables avec une aisance désarmante, alors que les effets spéciaux sont devenus une sorte de seconde respiration dans le domaine de l'image, nous ne devrions pas oublier à quel point ce merveilleux artisan que fut Ray Harryhausen sut nous émerveiller à une époque où la technologie actuelle n'existait pas. De plus, ses films (dont il est, plus encore que leurs metteurs en scènes respectifs, le géniteur), dans lesquels les trucages étaient réalisés par une animation image par image (nommée "procédé dynamation", dont la technique consiste à combiner des prises de vue réelle et de miniatures), développaient une poésie visuelle aujourd'hui perdue. Ou quand le merveilleux naïf des histoires de monstres s'accordait avec la technique rudimentaire d'une animation qui dévoilait ses imperfections de façon enfantine, où la technique rudimentaire des effets spéciaux faisait corps avec la naïveté du sujet, telles les rimes au service de la prose. C'est pour cette raison que tous les remakes du monde et toute la technologie possible et imaginable ne parviendront jamais à retrouver l'essence de l'œuvre originale présentée ici. Attention, loin de moi l'idée de prétendre que c'était forcément "mieux avant", car le cinéma nous offre aujourd'hui des spectacles totalement ahurissants. Mais de nos jours, lorsqu'une histoire de monstres est formatée de façon réaliste, c'est tout simplement moins adapté à cette imagerie désuète. Et surtout, ça possède moins de charme !
Certains auteurs actuels, pour qui Ray Harryhausen fait figure de maître spirituel absolu, se souviendront du charme de ces productions, au point de réintégrer le principe de "l'image par image" dans leur cinéma. C'est ainsi que, par exemple, Tim Burton enchanta le monde avec "L'Étrange Noël de Monsieur Jack", ou encore "Les Noces Funèbres"...
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