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126 internautes sur 152 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le réel et sa représentation, 9 septembre 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La carte et le territoire (Broché)
Il y a plusieurs bonnes raisons d'aimer le nouveau Où-est-le-bec : tout d'abord, depuis "Extension", c'est sa première rentrée en douceur, sans polémique (pas vraiment de sexe, pas d'attentats, pas d'idéologie particulière, un livre "soft" en somme et néanmoins profond), sans scandale, sans fanfares ni trompettes, et même dans une surprenante sérénité ; preuve, si besoin en est, qu'on a là un vrai livre plutôt qu'un coup médiatique bien préparé.

Ensuite, la maturité littéraire saute aux yeux dès les premières pages. Le style n'a jamais été aussi précis, clinique même, tranquille, sans fioritures, juste parfaitement houellebecquien en fait. L'obsession de la description est cette fois poussée jusqu'à un point quasi comique (si il y a un disque dur portatif, on aura son poids, sa taille, sa marque, le nombre de plateaux...) quitte à recopier des pages entières de Wikipédia, mais bon, depuis Lautréamont, ce procédé ne nous parait plus aussi étrange.

L'écrivain aimant l'alternance roman d'anticipation/roman social, c'est dans la deuxième catégorie que se situe cette nouvelle mouture, et c'est tant mieux car c'est là qu'il est le meilleur à mon avis, la surcouche idéologique de sa science-fiction n'étant pas vraiment à mon goût. Cette fois, il s'agit de raconter, comme il le fait souvent, la biographie d'un artiste, Jed Martin, sa traversée de la vie, ses quelques joies, ses nombreuses désillusions, et surtout son œuvre, dont la thématique est le conflit entre le réel et sa représentation, le livre prônant la supériorité de la seconde sur le premier, notamment grâce... aux cartes Michelin.

D'autres thèmes assez disparates sont abordés dans ce foisonnement aussi dense qu'une belle végétation : la vie et la mort certes, mais aussi l'architecture, l'art pictural, la France, la célébrité accidentelle, le déclin du capitalisme, l'évanescence des entreprises humaines, le rapport au père, l'euthanasie, le meurtre, les enquêtes policières (et il y en a une, certes minimaliste, mais intéressante)... L'histoire est aussi l'occasion d'introduire une idée géniale : mettre en scène Michel Houellebecq lui-même, dont l'autoportrait est un des moments les plus jouissifs de toute son œuvre, entre lucidité et sadomasochisme, mégalomanie consciente et assumée, autodestruction voulue et revendiquée. Et puis, bien sûr, les habituels croquages de célébrités (Beigbeder en artiste raté mais aimé des siens, Patrick Le Lay en Père Ubu aviné et grossier, Jean-Pierre Pernaut en visionnaire !), qui valent le détour. C'est, enfin, probablement son livre le plus drôle. Un humour stoïque, décapant, totalement maîtrisé. Éclats de rire à prévoir durant la lecture.

Peut-être "La carte et le territoire" est-il amené à devenir, comme "Les mots" pour Sartre, le livre préféré de ceux qui n'aiment pas Houellebecq...
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Message initial: 12 sept. 10 18:44:10 GMT+02:00
Franz D. dit:
Mon Vu pour ce très bon com. Effectivement, il est possible que ce livre par sa poétique des ruines (pas seulement géographiques), ses nombreuses méditations sur la mort et son récit in fine parfaitement classique (l'hommage à JL Curtis n'est pas innocent) et son absence de provocation sexuelle, ce livre donc, plaise aux tenants de la littérature française séculaire, celle des belles phrases et de la couverture jaune. En revanche, et c'est à mon sens son aspect le plus discutable, chaque ligne clame la volonté d'être goncourable, respectable et on finit par se dire : "tout ça pour ça !"

En réponse à un message antérieur du 12 sept. 10 22:36:02 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 19 sept. 10 00:13:21 GMT+02:00
Zarak dit:
Merci pour le VU, le com a été écrit rapidement dans de mauvaises conditions, je vais peut-être l'étoffer pour préciser mes impressions pour un livre aussi dense. Pour le côté goncourable, je doute des intentions prêtées, mais il est vrai que Houellebecq est un écrivain "carré" ; son écriture est presque scientifique, mathématiques, chaque phrase, chaque ponctuation est une équation parfaitement résolue, et je comprends qu'on puisse trouver cette perfection un peu chiante à force. Moi j'aime beaucoup, d'une part parce que j'aime tout travail bien fait, d'autre part parce que je suis moi-même horriblement carré.

En réponse à un message antérieur du 13 sept. 10 09:34:49 GMT+02:00
Franz D. dit:
Le côté "carré", scientifique, "pesé" de Houellebecq ne me gêne absolument pas. Je voulais simplement mentionner ce désir d'honorabilité, de lauriers à cueillir pour une carrière qui rentre à présent dans une phase de maturité quasi-crépusculaire. Je préférais peut-être ce moment (les deux premiers en fait) où l'écrivain délivrait des livres "avant-après". Il y eut dans la littérature française à mon sens un avant et un après "Les particules élémentaires" (un peu comme les Sex Pistols en musique). Idem pour "Extension". Nous sommes ici dans un moment classique (c'est bien) qui frôle parfois l'académisme, la séduction forcée (moins bien). Il n'en reste pas moins que j'aime beaucoup ce livre.

En réponse à un message antérieur du 13 sept. 10 19:12:54 GMT+02:00
Zarak dit:
Ok, je comprends ce point de vue, j'ai également aimé tous ses livres à vrai dire, mais difficile de faire des "avant-après" plus d'une fois dans une vie d'artiste. Cette dernière ½uvre m'a vraiment donné l'impression d'un palier franchi, plus besoin d'en "jeter" justement, plus besoin de coup d'éclat, juste un grand livre qui s'impose tranquillement de lui-même.

En réponse à un message antérieur du 13 sept. 10 22:16:44 GMT+02:00
Franz D. dit:
C'est vrai que l'on peut difficilement faire mieux que les particules dans une vie d'écrivain. J'aime beaucoup l'idée de ne plus avoir à "en jeter". C'est sans doute cela la maturité artistique... la maturité, tout court...

En réponse à un message antérieur du 15 sept. 10 17:00:18 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 15 sept. 10 17:17:45 GMT+02:00
Zarak dit:
Les Particules était le livre "culte" par excellence, mais l'½uvre culte d'un artiste n'est pas souvent ma préférée. Je le trouvais même un peu grotesque (volontairement ?) sur la fin, dans son côté démiurgique à la Frankenstein avec la science comme solution ultime, ce qui m'a toujours fait ricaner. Mais il est vrai que ce fut aussi l'un des premiers vrais romans français de la post-humanité, une vraie tentative, et un beau coup de pied au postérieur de la ronflante édition française. Houellebecq a quand même bien mûri depuis, fond et forme compris.

En réponse à un message antérieur du 21 nov. 10 16:14:10 GMT+01:00
Philippe35 dit:
Querelle de spécialistes! Tout était dit pourtant: "coup médiatique", "recopié sur wikipédia", "autres thèmes assez disparates"...

En réponse à un message antérieur du 28 nov. 10 22:10:20 GMT+01:00
Franz D. dit:
Ni spécialistes, ni querelle ! Se méfier de ce qui était dit !
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Zarak
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Lieu : Saintry-sur-Seine, Essonne, France

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