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21 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un cinéaste toujours enflammé, 8 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Detective Dee : Le mystère de la flamme fantôme (DVD)
Je suis en général très peu réceptif à l'égard des films chinois en costume, évoquant dans les grandes largeurs l'empire et ses querelles dynastiques. Je ne le suis pas davantage vis-à-vis du cinéma d'action. Les superproductions que la nouvelle prospérité chinoise rend possibles (dix mille figurants ? aucun problème) me paraissent en général assez vaines. En revanche, le prolifique Tsui Hark (né au Vietnam) est un des cinéastes de Hong Kong qui ont nettement prouvé, depuis longtemps, qu'ils peuvent insuffler de la créativité dans le cinéma de genreTime and Tide. Je suis donc allé voir sur grand (très grand) écran ce film qui mérite d'être regardé dans de bonnes conditions.

Quel que soit son modèle historique ou littéraire, Dee incarne un type de héros traditionnel chinois, l'homme doué de vertus comme le courage, la loyauté et la sagacité. Ici, il est sorti de sa prison pour résoudre l'énigme d'un double assassinat dans un contexte d'accession difficile au trône, celui de la femme de l'empereur défunt, Wu Ze Tian.

Le traitement du thème, sur le mode `grandioso', avec statue géante, ignition, cavernes mystérieuses, prodiges, métamorphoses, dangers omniprésents, est celui d'un cinéaste à l'imagination visuelle peu commune, à l'aise avec le merveilleux, qui semble avoir bénéficié d'un budget illimité et de collaborateurs innombrables (on note les équipes coréennes énumérées dans le générique de fin). J'ai rarement vu des scènes de combat où à ce point, tout peut arriver et rien ne donne une impression de paresseuse routine.

Acteur adulé à Hong Kong, à la longue et riche filmogrpahie, Andy Lau est impeccable, l'innamovible Carina Lau est très juste en despote, et Li Bingbing, actrice du continent que je ne connaissais pas, apporte beaucoup de grâce et une véritable charge érotique au rôle du « grand officier ». De toute façon, ce qui leur est demandé est d'avoir de la présence et d'incarner des figures semi-légendaires, non de pousser loin la caractérisation psychologique. Attention, Tony Leung Ka Fai, qui joue dans ce film, n'est pas le Tony Leung qui joue dans In the mood for love.

Certains spectateurs peuvent être gênés par une évocation du pouvoir absolu qui tempère toujours la critique des abus et de l'arbitraire par la justification appuyée de l'autorité centrale (on trouvait la même chose par exemple dans Hero de Zhang Yi-Mou). Mais cette ambivalence a de très anciennes racines dans la culture chinoise, elle est présente dans un classique de la littérature comme le Shui Hu (Au bord de l'eau)qu'on peut lire en français dans la magnifique traduction de Jacques DarsAu bord de l'eau, tome 1 : Chapitres 1 à 46, . Et on ne peut pas reprocher à un cinéma populaire de qualité de s'essayer à la réflexion politique au lieu de simplement dérouler des images.
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Message initial: 10 mai 11 08:27:17 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 10 mai 11 08:34:34 GMT+02:00
LD dit:
Tout à fait d'accord, Denis. Le gigantisme me fait assez vite braire, mais il est ici présent sans pour autant être surexploité. Le tout est mené de main de maître. Esthétiquement, je ne trouverai à redire qu'aux ciels numériques, dans lesquels on a forcé sur le rose et l'orangé pour un résultat très chromo sans intérêt. Quant à l'aspect idéologique, il me gêne moins là que chez Zhang Yimou ou Chen Kaige. Est-ce parce que les cinéastes hong-kongais sont bien obligés d'aller chercher l'argent en Chine continentale et qu'ils doivent d'une façon ou d'une autre montrer des signes d'allégeance mais qu'ils arrivent à conserver une part d'autonomie? Toujours est-il que si je trouve le film évidemment ambigu, je ne pense pas qu'il soit entièrement inféodé et qu'il n'aille que dans le sens de certains dialogues ("La réforme, c'est bien gentil, mais ça ne dure qu'un temps", et bien sûr tous les dialogues des scènes finales, hors la dernière). Une vraie réussite en ce qui me concerne, qui comme d'autres "divertissements populaires de qualité" n'attire que très modérément les spectateurs dans les salles, ce qui me désole.

En réponse à un message antérieur du 10 mai 11 20:21:57 GMT+02:00
Décidément, LD, nous avons souvent les mêmes divertissements.

Oui, Tsui Hark est moins balourd que les cinéastes que vous citez. Dans un entretien récent, j'ai lu qu'il disait que la rétrocession de Hong Kong à la Chine pour les cinéastes comme lui c'était ET des opportunités (leur nouveau public) ET des contraintes d'ordre politique. Je trouve, comme vous je crois, qu'il s'en sort bien, pris entre le risque de l'académisme pompeux et celui du cinéma officiel.
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Denis Urval
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