Le Da Vinci Code du nazisme,
18 février 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Siegfried: Une idylle noire (Poche)
Rudolf Herter, écrivain dont l'histoire familiale n'est pas sans évoquer Harry Mulisch lui-même, est en voyage à Vienne et évoque dans une interview à la TV le personnage d'Hitler. Le lendemain deux petits vieux d'une maison de retraite le contactent pour lui livrer leur terrible secret sur le Führer.
Les lecteurs de Harry Mulisch connaissent son obsession pour la 2ème Guerre Mondiale, le nazisme et l'holocauste. Il se lance ici sur une idée hasardeuse, qu'il dévoile au milieu du roman. En découvrant ce dont il s'agit, je me suis inquiété car certains personnages sont trop symboliques, certains événements trop chargés d'émotion pour qu'on puisse se risquer à jouer avec sans décevoir ou choquer. Mes craintes se sont malheureusement révélées fondées.
Il y a quelques réflexions philosophiques intéressantes sur l'origine du Mal, sur Shopenhauer et Nietzsche. Par contre il est navrant de voir Mulisch tomber dans la numérologie pour concierge (chapitre 17) ou inventer une très artificielle machination de Himmler (chapitre 18). Les lecteurs de La découverte du ciel apprécieront le parallèle entre la mort de Max Delius lorsqu'il devine la présence de Dieu et celle de Rudolf Herter lorsqu'il devine la présence du Mal. Pour le reste, H. Mulisch, qui a su montrer dans d'autres ouvrages son intelligence et sa culture encyclopédique, s'est fourvoyé.
Pour visiter et réfléchir le personnage d'Hitler, je recommande plutôt La part de l'autre de Eric-Emmanuel Schmitt qui est infiniment supérieur.
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