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5.0 étoiles sur 5 Fascinant et obsédant. Véritable chef d'œuvre, entre rêve et réalité., 21 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mulholland Drive - Édition 2 DVD (DVD)
Au moment où j'envoie mon commentaire, la page du film en comporte déjà trente-six ! À quoi bon ajouter son grain de sel ? Parce que c'est MON FILM PRÉFÉRÉ ! C'est une bonne raison ! Je l'ai d'ailleurs vu 12 fois au cinéma et plus encore en vidéo.

Il est difficile d'évoquer l'intrigue de ce film sans dévoiler l'essence-même de celui-ci. On pourrait exprimer les impressions que laisse ce film, et, s'agissant de 'Mulholland Dr.' dont c'est l'intérêt essentiel, cela pourrait être intéressant, et serait indispensable, mais sans doute insuffisant.
Cependant, huit années après sa sortie (le 21/11/01), j'estime qu'on peut dévoiler une part de l'intrigue (d'autres commentateurs l'ont d'ailleurs fait). Toutefois, je m'efforcerai de ne dévoiler que l'essentiel dans un premier temps (mais la structure du film), et d'aller plus loin uniquement dans une seconde partie de ce commentaire ; ainsi, chacun pourra cesser la lecture avant de trop amples révélations (je préviendrai).

'Mulholland Dr.' conte l'histoire de deux actrices dans l'univers d'Hollywood. L'une, Camilla Rhodes (Laura Elena Harring), réussit une belle carrière et fait un beau mariage ; l'autre, Diane Selwyn (Naomi Watts), joue seulement dans les rôles que lui obtient Camilla. Les deux ont été amantes, et Diane, ne supportant pas leur séparation et la liaison de Camilla avec son (futur) mari Adam Kesher (Justin Theroux), est devenue dépressive.

Mais cette histoire ne représente qu'une partie du film ! En effet, 1h49' sur une durée totale d'environ 2h20 (le début du film) est consacrée à un autre aspect du récit : un rêve... Lequel éclaire la réalité montrée ensuite.

Le spectateur qui s'était laissé prendre par l'histoire qu'il suivait est alors interloqué par ce qu'il voit dans la seconde partie du film : certains acteurs jouent apparemment d'autres rôles, d'autres non, dans un grand méli-mélo délicieusement orchestré par David Lynch.

On est alors frappé par la différence d'apparence physique entre la Diane de la réalité d'une part, c'est-à-dire le visage fermé, tendu et abîmé par la souffrance et la culpabilité (nous en verrons plus loin la raison), et celle du rêve d'autre part, fraîche, rayonnante, vierge de tout tracas et respirant l'espoir et la joie de vivre.
D'ailleurs, tout est différent dans ce monde imaginaire ; tout y est magnifié, même un objet emblématique et clé du film... Tout, sauf un certain aspect de la production cinématographique que Diane instrumentalise pour justifier sa situation d'échec et la réussite de son amie Camilla.
Cependant, cet imaginaire presque idyllique se couvre progressivement de situations qui créent malaise voire angoisse, annonçant la réalité (qui sera donc décrite dans la seconde partie) : un monde du cinéma pas si rose, une femme inquiétante, un cadavre, et un(deux) étrange(s) objet(s)...

De très nombreuses scènes sont mémorables. Je retiens d'abord la scène d'amour entre les amantes, torride, magnifiée par la musique romantique de Angelo Badalamenti. Mais aussi la scène de théâtre surnaturelle où « tout n'est qu'une illusion » et qui constitue en quelque sorte une allégorie de l'activité de cinéaste de David Lynch tout en nous rappelant que ce que nous voyons depuis le début du film (ou presque) n'est nullement la réalité. Également, des auditions de chanteuses/actrices pour un film, une entrevue avec un cow-boy, et l'inquiétude qui gagne et s'amplifie lorsque s'entreprend sérieusement la recherche d'une certaine Diane...
Aussi, dans un autre registre, la scène hilarante du rendez-vous avec ceux que j'appelle les mafiosi : sa construction, sa réalisation, son montage, le jeu des acteurs, les regards et les répliques (« This is the girl. » - « That girl is not in my film ! » - « It's no longer your film. », point final).
Autre scène jubilatoire, la scène de la soirée à la fin du film. On y voit réapparaître comme des fantômes des personnages déjà vus dans un autre temps, celui du rêve. Lors de la première vision, tant que l'on n'a pas encore compris la structure du film, on assiste à ces éléments avec stupéfaction.
Je regrette cependant deux scènes ; en particulier la longueur de la dérive burlesque de celle du "famous black book", même si son début est cocasse. Elle atténue temporairement le mystère et la tension qui s'installent lentement. De même pour la scène de ménage avec la peinture.

Certains regrettent que plusieurs visions puissent être nécessaires pour bien comprendre le film. Mais, avec ce type de cinéma, il faut commencer par admettre que l'intrigue n'en constitue pas l'intérêt principal. David Lynch crée un univers par lequel il faut se laisser aspirer, hors du temps, hors de la réalité. Aller au cinéma voir un tel film, c'est aller vivre une expérience. Il est nécessaire de se laisser déposséder d'une part de sa capacité réflexive et d'autre part de son désir de se voir raconter une histoire (comme avec les films de Philippe Grandrieux par exemple). 'Mulholland Dr.' conte effectivement une histoire mais celle-ci n'est que le support pour la création artistique qui va bien au-delà d'une simple narration. En effet, 'Mulholland Dr.' est d'abord un film de mise en scène (il a obtenu ce prix au festival de Cannes) et de climat. Et David Lynch s'y connait pour créer des atmosphères surnaturelles, même si elles peuvent parfois paraître un peu artificielles et esthétisantes (les rideaux et les lumières bleues notamment). Pourtant, le cinéaste ne complique pas inutilement son récit comme cela est parfois le cas chez d'autres.

Outre par sa magnifique musique composée par le fidèle Angelo Badalamenti et son immense beauté esthétique, c'est avant tout par ces aspects et ces qualités que le film passionne. La plus-value de ce film réside surtout dans sa capacité à nous emporter dans les impressionnantes complexité et intensité du monde imaginaire créé par David Lynch, lequel a la capacité de donner aux scènes apparemment les plus ordinaires une intensité hors du commun. Nous suivons le cinéaste sans réticence, même si nous ignorons la destination de ce voyage. En effet, à partir de 1h18', et une heure durant, le film devient grandiose : on entre dans une sorte de tourbillon qui nous attire dans un autre monde.

David Lynch et Naomi Watts réussissent à montrer avec une profondeur rarement égalée à la fois la beauté de l'amour et ce que peut être la souffrance amoureuse. Outre par toutes ses brillantes qualités, c'est probablement par cet aspect que le film me touche personnellement comme aucun autre.

Enfin, ce film est probablement (pour une part) dans l'esprit de David Lynch une satire de ce milieu hollywoodien, qu'il a quitté pour réaliser des films indépendants, et dont il a souffert puisqu'il n'a pas eu le "final cut" sur 'Dune'.

Tous ces éléments font de 'Mulholland Dr.' un film unique, intemporel et sans doute inégalable, l'expression de l'immense talent de son réalisateur. Le film a cette force de nous happer, nous attirer dans son propre univers. Il possède intrinsèquement une immense capacité de fascination qui ne se dissipe pas, même après plusieurs visions.

Un véritable chef d'œuvre.

Évidemment à regarder en VO pour en profiter pleinement.

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EN BONUS sur l'édition 2 DVD : un making of, la conférence de presse au festival de Cannes en 2001, des entretiens avec la monteuse et le compositeur de la musique, un reportage photo issu des Inrockuptibles. Le tout est un peu redondant mais intéressant.
À noter que le chapitrage du film est aléatoire : on sélectionne un objet (une tasse par exemple) et on arrive à une scène qui comporte celui-ci, sachant que le film en comporte plusieurs.

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POUR ALLER PLUS LOIN dans la compréhension du film, il faut évidemment faire des révélations. Que celles et ceux qui ne veulent pas en savoir plus pour le moment s'abstiennent de lire ce qui suit.

D'abord, une scène indispensable à la compréhension du film, et pour ce faire de sa structure, se déroule au tout début du film (la deuxième scène), de 1'44" à 2'14", avant le générique. On entend une personne respirer sous une couette ; elle s'endort et sombre dans le rêve qui constituera (dès le générique) la première partie du film. Ce rêve durera jusqu'au réveil de Diane, au début de la seconde partie (à 1h49'), lorsque sa voisine frappe à sa porte.

Dans ce rêve, Diane réinvente ce qu'aurait pu être sa vie, en y intégrant des éléments et des personnages de sa vie réelle : la clé bleue, Camilla qui devient Rita, le cinéaste Adam Kesher qui reste lui-même, etc. Diane change elle-même d'identité puisqu'elle s'appelle Betty. Elle tente par son rêve d'expliquer l'échec de sa vie, notamment en raison des pressions de la mafia : dans le rêve une actrice est imposée au détriment d'une autre potentielle, alors que dans la réalité Camilla a été préférée à Diane pour le rôle qui, semble-t-il, a été révélateur dans la carrière de l'actrice. De même, dans le rêve des échanges de regards laissent entrevoir la possibilité d'une histoire d'amour entre Betty et Adam Kesher, alors que dans la réalité c'est Camilla qui épouse celui-ci.

Dans la seconde partie du film, la part se déroulant dans la réalité et au présent est très courte. En effet, la grande majorité de la durée de cette partie est constituée de souvenirs. Seuls les moments durant lesquels Diane est habillée d'une nuisette et d'un peignoir chez elle sont la réalité présente. Auxquels s'ajoutent les trente secondes déjà évoquées du début du film (l'endormissement).
Le film est donc d'abord composé de rêve, ensuite de souvenirs, et enfin de brefs moments de réalité présente.

Ensuite, venons-en à cette fameuse clé bleue. Diane, ne pouvant supporter sa rupture avec Camilla, ni le mariage de celle-ci avec Adam Kesher, engage un tueur pour la supprimer. Elle trouvera une clé bleue lorsque le travail sera effectué. Celle-ci est en effet visible sur la table du salon lors d'une scène au présent (avec la voisine) mais pas lors du souvenir avec Camilla sur le canapé (et pour cause puisqu'elle était encore vivante). Cette clé apparaît également dans le rêve, mais de façon magnifiée comme ce peut être dans un rêve, et symbolise alors la culpabilité de Diane.
Diane est torturée non seulement par la déception amoureuse, mais aussi par la culpabilité, conséquence de son acte irréversible. De cela naissent des hallucinations qui la rendront folle et la pousseront à se suicider dans un accès de paranoïa.

Le film conte ainsi la triste fin d'une actrice ratée et le destin brisé d'une star. Et bien sûr la dureté de la vie.

Certains de ces éléments peuvent sans doute être interprétés différemment, et j'aurais pu m'attarder davantage, mais est-ce le lieu pour cela ?
Je vous souhaite à tous beaucoup de plaisir à la vision de ce film grandiose, que vous le découvriez (quelle chance vous avez ! mais j'espère que vous n'aurez pas lu mon commentaire jusqu'ici...) ou que vous le regardiez pour la Xième fois.

Et je le répète, comme pour tous les films étrangers, à regarder en VO pour en profiter pleinement.

(Krik, amazon.fr, 21/11/09)
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Afficher les messages 1-10 sur 16 de cette discussion.
Message initial: 6 nov. 10 19:07:36 GMT+01:00
mamichou dit:
Merci pour le très long décryptage de ce film que j'ai acheté en confiance, mais abandonné très vite.
Je le reprendrai sans doute un jour en gardant votre commentaire comme mode d'emploi.

En réponse à un message antérieur du 6 nov. 10 20:31:31 GMT+01:00
KRIK dit:
Merci pour votre message. Vous me faîtes beaucoup d'honneur en achetant ce DVD suite à la lecture de mon commentaire.
Si je peux me permettre un conseil, oubliez quelques temps mon commentaire et laissez-vous imprégner par le film avant de chercher à le comprendre, même si c'est difficile. Quitte à le regarder plusieurs fois. Personnellement, il m'a obsédé ; et je suis allé le regarder dix fois durant les deux semaines de présence à l'écran dans ma ville ! Je cherchais à tout comprendre sans y parvenir. Et c'est un spectateur lors d'un débat suivant cette dixième vision qui a expliqué la structure que je n'avais pas été capable de percevoir moi-même.

Publié le 7 nov. 10 09:47:37 GMT+01:00
François dit:
Ouh la ! Ca m'étonne qu'Amazon ait publié ce com qui doit allègrement dépasser le quota de mots autorisés ! ;-) Je n'ai pas vu ce film.

En réponse à un message antérieur du 7 nov. 10 11:45:03 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 7 nov. 10 12:05:04 GMT+01:00
KRIK dit:
Salut,
Je n'ai pas compté le nombre de mots, mais le quota autorisé est important (n'est-ce pas 8000 ?). S'il dépassait il n'aurait sans doute pas été autorisé. En plus, je l'ai plusieurs fois modifié et il est là.
Honte à toi de ne pas avoir vu ce film ! Et dommage pour toi. Film culte ! Et je t'envie de pouvoir le regarder un jour une première fois puis une seconde fois. Je l'ai trop vu et une part de magie a disparu. Mais si te prenait l'envie, même conseil que dans ma remarque précédente.

Rien à voir : je suis soulagé que tu ais changé ton chien : le précédent, non seulement m'exaspérait, mais aussi me faisait de la peine, engoncé dans son manteau rouge. Il avait l'air si triste ! Et ce n'était même pas un chien rouge ! Le nouveau non plus n'est pas rouge, et en plus il est prisonnier ! Alors ?

En réponse à un message antérieur du 7 nov. 10 18:26:57 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 7 nov. 10 18:27:15 GMT+01:00
François dit:
Alors rien, je teste ;-)
J'essaierai de le voir ce film, pour pas mourir idiot ;-) Je crois que le quota est de 2500 mots (il me semble mais je confond peut-être avec autre chose).

Publié le 27 avr. 12 01:16:23 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 27 avr. 12 01:21:24 GMT+02:00
iOneska dit:
Merci vraiment pour ces explications. j'ai du le voir 5x sans rien comprendre. Je vais faire comme l'a dit une personne avant moi: garder ce commentaire pour mode d'emploi car là j'ai compris le sens. Mais une fois que je lancerai le film, je vais me reperdre, et c'est, comme tu le dis, ce qui est génial avec lynch, le lâcher-prise, on mélange tout, on perd tout repère et on se laisse emporter. J'ai trop voulu comprendre pour le comprendre vraiment. Si je me laissais bercer par les ambiances, je crois que je ressentirais mieux le film. Je l'achète donc et le reverrai une sixième fois, une septième fois sans doute :) mais je ne cesserai de me nourrir de ce sentiment malsain, dérangeant, triste, sombre qui ressort de ce film. Bref, merci à toi :)

EDIT: j'espère que cette fois ci je comprendrai l'histoire du cow boy!... ^^

En réponse à un message antérieur du 28 avr. 12 18:30:27 GMT+02:00
KRIK dit:
Super !

Publié le 2 févr. 13 03:43:32 GMT+01:00
[Supprimé par l'auteur le 2 févr. 13 03:44:27 GMT+01:00]

En réponse à un message antérieur du 11 juil. 13 19:37:15 GMT+02:00
[Supprimé par l'auteur le 3 août 13 14:29:37 GMT+02:00]

En réponse à un message antérieur du 11 juil. 13 20:23:51 GMT+02:00
KRIK dit:
Nous pouvons aussi considérer qu'un tel commentaire n'a pas vraiment sa place ici, et l'aurait davantage sur un site plus spécialisé.
Quant à la scène avec la peinture, son burlesque casse l'ambiance dans laquelle je suis plongé.
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