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Ce commentaire fait référence à cette édition : Eagles (CD)
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST NOVEMBRE 1979 N°136 Page 611° Album 1972 33T Réf : ASYLUM WEA AS 53009 Quand les Eagles naquirent, en 1971, Glenn Frey les présenta ainsi : "Nous voulons faire des airs de country avec la pulsation de Chuck Berry". Et c'est exactement l'impression que donna ce premier album. " Take it easy" , son titre principal, sortit d'abord en 45 Tours et il possédait un son si particulier, avec sa rythmique rock; ses sonorités anglaises mélangées à une ambiance country saupoudrée de banjo, qu'il monta à la première place des hit parades. Il faut dire que le country rock était alors dans le creux de la vague : Byrds, Buffalo Springfield, Flyin'Burrito et Crosby , Nash & Young s'étaient essoufflés, et le jeune Poco était un peu trop puriste pour enchanter les radios. Il y avait une place à prendre, que ces aiglons inconnus prirent au bon moment. La nouveauté essentielle qu'ils représentaient, illustrée par ce superbe premier album, était de mélanger vraiment du rock et du country, et non pas de se contenter, comme les aînés, de jouer du country de façon plus jeune. Amateurs des Beatles et des Stones autant que d'Hank Williams, les Aigles avaient eu la curieuse mais bonne idée d'aller enregistrer à Londres avec le célèbre producteur des Stones, Glyn Johns. D'où un son nouveau apparaissant soudain, mêlant harmonieusement les leçons de Berry filtrées par les Fabs Four et les pierres, el les couleurs musicales inimitables du country. D'où un groupe qui manifestait enfin un swing véritable, dru, volontaire, qui relayait cette nonchalance légendaire des cow boys électriques. "Take it easy" était vraiment du Berry coiffé d'un stetson , et cette délicieuse coiffé irrévérence séduisit tout le monde. Enfin le country rock, avec "Chug all night" ou "Tryin'" faisait un vrai rock. Et puis, il y avait aussi chez ce groupe du renouveau un sens de l'atmosphère, du climat, qui était plus qu'intéressant : inédit. "Witchy woman", le meilleur morceau du disque, avec la voix noire de Henley et son gospel vaudou, vous colle à la peau comme une nuit trop noire : "Take the devil" a la lourdeur d'une ville écrasée attendant un duel ; "Earlybird" crée lui une atmosphère country presque écologique. L'on sent aussi que ce groupe est en fait le lieu d'un fécond conflit d'inspiration entre les rockers Henley et Frey qui s'épanouissent sur la face 1, galop d'une seule traite, et les countrymen Leadon et Meisner qui cultivent leurs roses du désert sur la face 2. Et le groupe bénéficie en plus du renfort d'un des plus fins compositeurs que les States aient jamais eu dans ce style en la personne de Jackson Browne, auteur de "Take it easy" et "Nightingale", quelqu'un qui a toujours eu le tort de négliger sa propre carrière et qui inaugure ici la tradition des collaborateurs parallèles des Eagles. Lorsque ce disque sortit en 1972. Il fit l'effet régénérateur d'une petite révolution, et aujourd'hui encore l'on succombe très vite au charme de ces Stones vachers jetant dans les prairies leurs rengaines électriques. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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