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L'amour insurgé, 18 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prénom Carmen & Hélas pour moi (DVD)
Trois musiques se mêlent dans Prénom Carmen, celle d'un quatuor à cordes en répétition, celle des vagues, également en répétition depuis le commencement du monde et celle des humains, dont la belle Carmen. Celle-ci est interprétée par la troublante Maruschka Detmers, dont c'est le premier film en 1984 (elle a alors 22 ans). « C'est en moi, en toi que se produisent des vagues terribles » lui fait dire Godard dès le générique. Et d'ajouter : « Je sais aussi que le monde n'appartient pas aux innocents ». Ce pourquoi nous sommes coupables d'être ces propriétaires-là. Le cinéma de Godard est alors résolument politique. Il mêle des images d'attaques à main armée, d'océan et de musiciens. Il se met lui-même en scène dans un hôpital psychiatrique où sa nièce Carmen vient le voir pour lui demander un service. Si les images sont exclusives les unes des autres, les sons se chevauchent, annonçant l'enchaînement des plans. Leurs départs ou leurs arrêts brutaux ressemblent aux claps de la script qui ponctuent l'action. La violence est un ballet épuré, d'un tragique dérisoire et le balai-serpillière passe sans compassion entre les victimes pour essuyer le sang versé. Eclat d'une scène : Carmen-Maruschka, vêtue seulement d'un court tee-shirt rouge, la couleur fétiche de Godard, le bas du corps dénudé, est debout, accotée à une table recouverte d'une toile cirée, rouge aussi à pois blancs. C'est une vraie brune, intense. Son compagnon, de côté pour ne rien cacher de son geste à la caméra et au spectateur, a glissé sa main entre les cuisses jointes, pour atteindre le sexe de la jeune femme. Elle-même pose alors sa main sur l'avant-bras de celui-ci. Cette main douce ne serre, ni ne caresse ce bras, n'arrête ni n'approuve l'autre main inquisitrice de l'homme. C'est une main de femme qui cherche ses mots comme l'autre cherche à tâtons, sous l'ombre d'une épaisse toison noire, à remonter vers quelque mystère ultime. Alors, Carmen - ou sa main - trouve l'expression qui fait écho à l'une des premières phrases prononcées pendant le générique : « aux innocents les mains pleines. »
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Prénom Carmen & Hélas pour moi B0009OLQ3C
Gérard Depardieu
Why Not Productions
Prénom Carmen & Hélas pour moi
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L'amour insurgé
Trois musiques se mêlent dans Prénom Carmen, celle d'un quatuor à cordes en répétition, celle des vagues, également en répétition depuis le commencement du monde et celle des humains, dont la belle Carmen. Celle-ci est interprétée par la troublante Maruschka Detmers, dont c'est le premier film en 1984 (elle a alors 22 ans). « C'est en moi, en toi que se produisent des vagues terribles » lui fait dire Godard dès le générique. Et d'ajouter : « Je sais aussi que le monde n'appartient pas aux innocents ». Ce pourquoi nous sommes coupables d'être ces propriétaires-là. Le cinéma de Godard est alors résolument politique. Il mêle des images d'attaques à main armée, d'océan et de musiciens. Il se met lui-même en scène dans un hôpital psychiatrique où sa nièce Carmen vient le voir pour lui demander un service. Si les images sont exclusives les unes des autres, les sons se chevauchent, annonçant l'enchaînement des plans. Leurs départs ou leurs arrêts brutaux ressemblent aux claps de la script qui ponctuent l'action. La violence est un ballet épuré, d'un tragique dérisoire et le balai-serpillière passe sans compassion entre les victimes pour essuyer le sang versé. Eclat d'une scène : Carmen-Maruschka, vêtue seulement d'un court tee-shirt rouge, la couleur fétiche de Godard, le bas du corps dénudé, est debout, accotée à une table recouverte d'une toile cirée, rouge aussi à pois blancs. C'est une vraie brune, intense. Son compagnon, de côté pour ne rien cacher de son geste à la caméra et au spectateur, a glissé sa main entre les cuisses jointes, pour atteindre le sexe de la jeune femme. Elle-même pose alors sa main sur l'avant-bras de celui-ci. Cette main douce ne serre, ni ne caresse ce bras, n'arrête ni n'approuve l'autre main inquisitrice de l'homme. C'est une main de femme qui cherche ses mots comme l'autre cherche à tâtons, sous l'ombre d'une épaisse toison noire, à remonter vers quelque mystère ultime. Alors, Carmen - ou sa main - trouve l'expression qui fait écho à l'une des premières phrases prononcées pendant le générique : « aux innocents les mains pleines. »
Athanase
18 novembre 2011
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Lieu : Orléans
Classement des meilleurs critiques: 1.604
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