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22 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Mon point de départ est toujours une injustice", George Orwell, 11 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le complexe d'Orphée : La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès (Broché)
Orphée, le prince des poètes, nous précise la mythologie grecque, eut le privilège de rechercher son amour dans l'Hadès, à la seule condition qu'au moment de sortir, il ne devait se retourner. Contrevenant à l'instruction des dieux, Orphée vit disparaître à tout jamais celle qu'il chérissait. Deux fondements mentaux président l'univers de la gauche libérale : le sens de l'histoire qui par nécessité va de la droite à la gauche en passant par le centre, et l'impérieux besoin de "vivre avec son temps". La conjonction des deux se traduit non seulement par un rejet du passé, mais par la haine de celui-ci. Il devient vital pour l'homme de gauche d'échapper à un passé psychologiquement insupportable. Affirmer par exemple que du passé, des valeurs peuvent être retrouvées, affirmées, revient à être un réactionnaire. Est-il réactionnaire le fondateur du socialisme, Pierre Leroux, quand en 1845, il écrit si justement :

"(...) Loin d'être indépendant de toute société et de toute tradition, l'homme prend sa vie dans la tradition et la société. Il ne vit que parce qu'il a foi dans un certain présent et dans un certain passé." (cité par Jean-Claude Michéa, p.48-49)

La réponse s'impose d'elle-même : accepter le passé, le comprendre, l'assimiler, en retirer des leçons (de l'Histoire), refuser une vision linéaire, déterministe, de l'Histoire tendue vers un sens (ésotérique : qui connaît la finalité de l'Histoire ? en dehors de quelques gourous d'une nouvelle cabale philosophique ...) abscons n'est évidemment pas être réactionnaire.

Jean-Claude Michéa, avec son style incisif, surprend le lecteur, cherchant en lui la saine réaction, philosophique, du questionnement de son propre substrat de pensée coutumier, dont l'habitude l'a fait oublier, conduisant machinalement, par aliénation, des réponses insensées, échappant à l'ordre de la pensée. Lire Jean-Claude Michéa, c'est assumer le principe de se faire piquer à la manière du taon de Socrate, en vue de gagner en liberté de penser.

Michéa loue la sagesse de George Orwell, le célèbre auteur de 1984 et de La Ferme des Animaux, au travers de la "common decency" qui est "la réappropriation moderne de l'esprit traditionnel du don" (p.90 :

"Parler, comme le fait Orwell, d'un fondement moral du socialisme (ce qui - précisait-il- 'suscite immanquablement le ricanement sarcastique de quiconque a des prétentions intellectuelles') n'a donc jamais voulu dire que la bonne volonté des gens ordinaires pouvait suffire, à elle seule, à régler tous les problèmes d'une société décente. C'était seulement rappeler, d'une part, que les fins du socialisme se propose de réaliser trouvent toujours leur motivation première dans l'expérience morale de ces gens ordinaires (et non pas dans un savoir de type universitaire - fut-il celui du 'matérialisme historique'). Et de l'autre, que ces fins étant posées, elles ne sauraient en aucun cas légitimer - au nom d'un quelconque 'réalisme politique' - l'usage de moyens notoirement immoraux tels que 'les bombardements massifs de populations civiles, la prise d'otages, le recours à la torture pour arracher des aveux, les séquestrations, les exécutions sommaires, les matraquages, les noyades d'opposants dans les fosses à purin, la falsification systématique des dossiers et des statistiques, la trahison, la corruption et la collaboration avec l'occupant' - Orwell, "Raffles and Mrs Blandish-" p.99.

Poser en soi l'existence de valeurs, d'une tradition, penser que l'être venant à la vie est plus débiteur de la société que son créancier, qu'il trouve dans la civilisation incomparablement plus qu'il n'y apporte - toutes ces composantes de la "common decency" sont rejetées par cette gauche affectée, dans son rejet du passé, dans sa continuelle nécessité de bouger (confondant le sens de "progresser" avec celui du nomadisme perpétuel), affichant ainsi sa marque idéologique libérale.

L'amoralisme de principe des élites capitalistes trouve donc une légitimation par ceux qui rejettent l'idée même de "common decency". L'impératif de mobilité continuelle des capitaux, des marchandises, des hommes (mesure phare du projet de TCE rejeté par la France et adopté par leurs politiques, démophobes, dans le Traité de Lisbonne) a répondu à ce "nomadisme intégral" de la gauche libérale, qu'elle a donc soutenu activement. Cette "gauche kérosène" dont le phare est Jacques Attali (toujours dans un avion ou dans un aéroport), sans sol, milite pour ce type de société aux aspects suivants :

"Dans la pratique, un monde régi par le mouvement brownien des individus atomisés serait donc, sauf pour quelques minorités privilégiées (comme par exemple, les hommes d'affaires, les artistes du showbiz ou l'élite universitaire), un monde où prédomineraient nécessairement les emplois précaires, les junk jobs et les contrats à durée déterminée. Une simple variante appauvrie, en somme, de celui dans lequel nous vivons déjà." (p.145).

Or "l'atomisation des individus constitue le principe et la fin d'une société libérale" (p.295)

Cette société sape les bases même de la démocratie parce que l'idée, exposée par Abraham Lincoln ("s'il est toujours possible de tromper quelqu'un tout le temps (..) ou tout le monde quelque temps, il est impossible de 'tromper tout le monde tout le temps'). "Le fondement logique de cette conviction optimiste - qui légitime le recours au suffrage universel - c'est l'idée qu'avec le temps une communauté donnée finit toujours par accumuler une expérience collective suffisante des hommes et des choses qu'elle devient ainsi progressivement capable de juger lucidement ceux qui briguent ses suffrages. Un tel raisonnement repose cependant sur un postulat implicite. Celui que le noyau dur d'une telle communauté conserve au fil du temps (l'expérience pouvant, bien sûr, se transmettre de génération en génération) un minimum de stabilité. Dans l'hypothèse, au contraire, où la logique du turn-over permanent deviendrait, pour une raison ou une autre, la loi d'existence de cette communauté (...) il est clair que la constitution d'une expérience politique commune deviendrait rapidement problématique et que les possibilités de 'tromper tout le monde tout le temps' en seraient accrues d'autant (le fait que, dans bien des agglomérations modernes, des politiciens cyniques ou corrompus se voient indéfiniment réélus le prouve déjà suffisamment).
L'idée d'une société libérale-deleuzienne reposant sur le nomadisme généralisé (...) semble donc difficilement compatible avec celle d'un véritable 'gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple'" - p.145-146

Mais d'où viennent ces racines libérales de la gauche actuelle ? Jean-Claude Michéa les retrace à la fin du 19° siècle, quand le socialisme a été fusionné avec ceux qui occupaient les places de la gauche, à l'Assemblée, et qui n'étaient autres que les libéraux (cf. la nécessaire lecture de l'Histoire de la Restauration) tels que Guizot, Thiers, "qu'on allait bientôt appeler les républicains de progrès" -p.171 - Charles Péguy dénoncera cette mutation définitive du socialisme avec des propos jamais démentis dans L'Argent.

"Le fondement philosophique de ce rapprochement pour le moins surprenant (surtout après les journées de juin 1848 et l'écrasement de la Commune) était l'idée - qui constitue malheureusement le grand point faible de la théorie marxiste- selon laquelle il était non seulement nécessaire d'en finir au plus vite avec toutes les structures de l'Ancien Régime (...), mais que - conformément à la 'théorie des stades' - l'essor du capitalisme industriel représenterait, de toute façon, un immense progrès historique puisqu'il allait permettre de mettre en place (tout en libérant 'les forces productives' et en favorisant les progrès de l'esprit scientifique) la future 'base matérielle du socialisme'.
Dans cette distribution des cartes entièrement inédite, les organisations socialistes officielles étaient donc invitées à s'intégrer enfin au jeu politique défini sous la Restauration (malgré les réticences de nombreux anarchistes et de la grande majorité d'un mouvement syndical encore fermement attaché à l'idée d'autonomie ouvrière) et à rejoindre ainsi le camp des 'forces de progrès' (devenant, par la même occasion, la nouvelle 'extrême gauche') avec l'espoir d'en radicaliser le mouvement et de conduire celui-ci à son terme 'logique' : le triomphe universel du socialisme.
Inutile de dire qu'un compromis historique noué sur des bases philosophiques aussi douteuses exposait, dès le départ, la classe ouvrière et ses alliés aux pires déconvenues (comme l'expérience du XX° siècle l'a amplement confirmé). D'autant que sur le plan intellectuel, ce ralliement à la gauche (et donc la légitimation de son complexe d'Orphée) ne pouvait contribuer qu'à dissoudre un peu plus la spécificité du socialisme ouvrier originel dans l'imaginaire transgressif et modernisateur du parti du Mouvement et de ces nouvelles classes moyennes urbaines qui en constituaient désormais l'appui social privilégié (c'est naturellement ici que nous retrouvons la critique d'Orwell)" - p.171-173

Jean-Claude Michéa passe en revue les intellectuels engagés dans ce déracinement, cette désolation, véhicules de cette perversion idéologique du socialisme. Orwell "désigne toujours un certain type de fonctionnement intellectuel et psychologique (de nature 'schizophrénique'- ajoute-t-il parfois) qui permet à ceux qui en maîtrisent les codes de se rendre volontairement aveugles aux réalités qu'ils ont sous les yeux ('il ment comme un témoin oculaire', aimaient à plaisanter les dissidents soviétiques). En ce sens, la fonction première du mode de pensée idéologique est bien de neutraliser tout sens commun en enfermant ses 'victime' dans une bulle spéculative - l'adoption d'un jargon stéréotypé (ou d'une 'langue de bois') jouant évidemment un rôle essentiel dans ce processus d'autoenfermement.
Dans l'histoire du XX° siècle, le représentant le plus accompli de cette pathologie intellectuelle (ou de cette perversion) est certainement l'intellectuel stalinien. (...)" Dans la préface de 'Animal Farm', Orwell précise "(...) Le véritable ennemi, c'est l'esprit réduit à l'état de gramophone, et cela reste vrai que l'on soit d'accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment" - p.225

Se libérer de ces folies, c'est renouer avec le "common sense" qui est ontologiquement lié à la "common decency" (p.227).
"Comme le rappelle Raffaele La Capria (dont Orwell aurait sans doute beaucoup apprécié la définition du sens commun comme ce système radar qui guide l'intellectuel véritable) :
'le sens commun n'est pas la mesure de toutes choses, il ne serait pas bon qu'il en aille ainsi, mais il est certainement le minimum nécessaire pour en comprendre beaucoup'. C'est précisément parce que l'intelligentsia de gauche manque cruellement de ce 'minimum nécessaire' que le chemin qui a conduit Orwell au socialisme s'est trouvé si souvent parsemé d'intuitions et de rencontres silencieuses." - p.229

Les nombreuses références à la gauche intellectuelle libérale, critiquéé dans ses fondements, conduisent à mieux comprendre leur haine du peuple, mise en scène au travers des "Beaufs" (Canard Enchaîné), des "Bidochons", des "Guignols de l'info", des "Deschiens". La haine du peuple procède de ce rejet de la common decency, de ce refus du "common sens", dans cette projection sans fin de l'individu atomisé vers un néant consumériste, de précarité. Réagir à la mort programmée de notre société, tel est l'enjeu alimenté en réflexion de ces intellectuels que j'apprécie tant, de la trempe d'un Emmanuel Todd, d'un Jacques Sapir, d'un Bertrand Renouvin, d'un Jean-Claude Michéa (tous habitués des "Mercredis de la NAR") pour n'en citer que quelques uns.

***
Addendum du 17 mars 2012. A la demande de Bagration, j'avais précisé, dans mes remarques, détruites par le site, le concept de "common decency" tel que le définit l'auteur Jean-Claude Michéa - c'est une des rares remarques que j'avais enregistrée, hélas :

BAGRATION,

Une réponse à votre demande de clarification du terme "common decency" se trouve dans le précédent ouvrage de Michéa, La double pensée : Retour sur la question libérale, p.157-161. J'y souscris pleinement. Je cite :

<<"- Comment peut-on traduire en français ce terme de common decency ?
- Le terme est habituellement traduit par celui d' "honnêteté élémentaire", mais le terme de "décence commune" me convient très bien. Quand on parle de revenus "indécents" ou, à l'inverse, de conditions de vie "décentes", chacun comprend bien, en général (sauf, peut-être un dirigeant du Medef) qu'on ne se situe pas dans le cadre d'un discours puritain ou moralisateur. Or c'est bien en ce sens qu'Orwell parlait de "société décente". Il entendait désigner ainsi une société dans laquelle chacun aurait la possibilité de vivre honnêtement d'une activité qui ait réellement un sens humain. Il est vrai que ce critère apparemment minimaliste implique déjà une réduction conséquente des inégalités matérielles. En reprenant les termes de Rousseau, on pourrait dire ainsi que dans une société décente "nul citoyen n'est assez opulent pour pouvoir en acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre" -Le Contrat social, Livre II, chap.XI- Une définition plus précise des écarts moralement acceptables supposerait, à coup sûr, une discussion assez poussée. Mais, d'un point de vue philosophique, il n'y a là aucune difficulté de principe. J'ai récemment appris, par exemple, qu'il existait désormais à Paris un palace réservé aux chiens et chats des riches. Ces charmantes petite bêtes - que vous aimez sans doute autant que moi - s'y voient servir dans des conditions parfaitement surréalistes (et probablement humiliantes pour les employés qui sont à leur disposition) une nourriture d'un luxe incroyable. Le coût de ces prestations est, comme on s'en doute, astronomique. Eh bien, je suis persuadé que dans un monde où des milliers d'êtres humains meurent chaque jour de faim - et, où certains, dans nos sociétés occidentales, ne disposent pas d'un toit pour dormir, alors même qu'ils exercent un travail à temps complet - , la plupart des gens ordinaires s'accorderont à trouver une telle institution parfaitement indécente. Et il en irait probablement de même si j'avais pris comme exemple le salaire des vedettes de football professionnel ou des stars du show-biz. Or pour fonder de tels jugements, il est certain que nous n'avons pas besoin de théorisations métaphysiques très compliquées. Une théorie minimale de la "common decency" suffirait amplement. Dans son "Essai sur le don", Mauss en a d'ailleurs dégagé les conditions anthropologiques universelles : le principe de toute moralité (comme de toute coutume ou de tout sens de l'honneur) c'est toujours - observe-t-il- de se montrer capable, quand les circonstances l'exigent, de "donner, recevoir et de rendre" (1)...

- C'est aussi le simple bon sens, non ?

- Bien sûr. Il arrive d'ailleurs un moment où les revenus des plus riches atteignent de tels sommets qu'ils finissent presque par apparaître encore plus absurdes qu'indécents. Chez Orwell, la "common decency" et le "common sense" (c'est-à-dire le "bon sens") sont, d'ailleurs, intimement liés. (...) Si tant d'intellectuels - parmi les plus brillants du XX° siècle- ont donc cédé aussi facilement à la tentation totalitaire - au point d'en perdre tout bon sens et d'écrire des textes 'hallucinants' - ce n'est certainement pas parce que l'intelligence ou les outils philosophiques leur faisait défaut (les intellectuels français les plus délirants ont, du reste, très souvent été formés à l'Ecole normale supérieure; c'est presque une marque de fabrique); En réalité - nous dit Orwell - il faut rechercher l'explication de leur folie politique dans leur manque personnel de "common decency" - manque qui a forcément quelque chose à voir avec l'égoïsme, l'immaturité et le besoin de s'imposer aux autres (c'est, d'ailleurs, la raison pour laquelle ce genre d'intellectuel éprouve traditionnellement un mépris sans limites pour la morale commune, supposée être "petite-bourgeoise" ou "judéo-chrétienne"). Dès que quelqu'un cède au 'délire idéologique' (qu'on songe au culte hystérique dont Mao - l'un des plus grands criminels de l'histoire moderne- a pu être l'objet), on peut donc être quasiment sûr que l'on trouvera les clés de sa folie intellectuelle en observant la façon concrète dont il se comporte avec les autres dans sa propre vie quotidienne. Les fanatiques et les inquisiteurs (ceux que Dostoïevski appelait "les possédés") sont presque toujours de grands pervers. Et ce sont aussi, paradoxalement, de grands donneurs de leçons."

(1) :
Si on accepte de voir dans la morale commune "moderne" (ou "common decency") une simple réappropriation "individuelle" des contraintes collectives du don "traditionnel" (tel que Marcel Mauss en a dégagé les invariants anthropologiques) on pourra assez facilement en définir les maximes générales :

- savoir donner (autrement dit, être capable de générosité);
- savoir recevoir (autrement dit, savoir accueillir un don comme un don et "non comme un dû ou un droit");
- savoir rendre (autrement dit, être capable de reconnaissance et de gratitude).

On pourra également déduire les fondements moraux de toute éducation véritable (que ce soit dans la famille ou à l'école): ils se résumeront toujours, pour l'essentiel, à l'idée qu'à l'enfant humain "tout n'est pas dû" (contrairement à ce qu'il est initialement porté à croire) et qu'en conséquence, il est toujours nécessaire de lui enseigner, sous une forme compatible avec sa dignité, que le monde entier n'est pas "à son service" (sauf, bien entendu, si le projet explicite des parents est de faire de leur enfant un exploiteur ou un politicien - ou, d'une manière plus générale, un manipulateur et un "tapeur"). Il suffirait, d'ailleurs, d'inverser ces principes socialistes pour obtenir automatiquement les axiomes de toute "éducation libérale" (et notamment l'idée décisive que l'enfant doit être placé en permanence "au centre" de tous les processus éducatifs.>>

Latour
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Message initial: 11 nov. 11 20:48:47 GMT+01:00
BAGRATION dit:
Bonjour Latour,

VU++++

Votre commentaire est à charge (je suis d'accord avec votre analyse) contre ce système purement marchand. Seulement, comment définir la "common decency" ?

En réponse à un message antérieur du 12 nov. 11 12:53:31 GMT+01:00
[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 11:11:40 GMT+01:00]

En réponse à un message antérieur du 12 nov. 11 17:01:58 GMT+01:00
BAGRATION dit:
S'il est de Marseille, vous en sortirez encore plus rutilant...brillant comme un euro neuf....

En réponse à un message antérieur du 12 nov. 11 18:17:48 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 12 nov. 11 22:17:38 GMT+01:00
Ça a dû être sévère... Le rouleau à pâtisserie, peut-être ?

En réponse à un message antérieur du 12 nov. 11 19:20:06 GMT+01:00
BAGRATION dit:
Je crains le pire...Peut-être est-elle arrivée en Vel Lib' dans la salle à manger en mettant des lunettes rouges et en exigeant d'être appelée Eva....

En réponse à un message antérieur du 12 nov. 11 19:38:44 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 12 nov. 11 19:50:57 GMT+01:00
Hé bien, si c'est ça, c'est du joli (http://www.youtube.com/watch?v=Htx_5Yba278) !

En réponse à un message antérieur du 13 nov. 11 16:28:30 GMT+01:00
Latour07 dit:
C'était plutôt genre "rouleau à pâtisserie". J'ai fait le dos rond. L'orage est passé, mais j'étais aux ordres.
Hum, pas glorieux tout cela.

Publié le 13 nov. 11 18:35:05 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 13 nov. 11 18:36:47 GMT+01:00
Latour07 dit:
BAGRATION,

Une réponse à votre demande de clarification du terme "common decency" se trouve dans le précédent ouvrage de Michéa, La double pensée : Retour sur la question libérale, p.157-161. J'y souscris pleinement. Je cite :

<<"- Comment peut-on traduire en français ce terme de common decency ?
- Le terme est habituellement traduit par celui d' "honnêteté élémentaire", mais le terme de "décence commune" me convient très bien. Quand on parle de revenus "indécents" ou, à l'inverse, de conditions de vie "décentes", chacun comprend bien, en général (sauf, peut-être un dirigeant du Medef) qu'on ne se situe pas dans le cadre d'un discours puritain ou moralisateur. Or c'est bien en ce sens qu'Orwell parlait de "société décente". Il entendait désigner ainsi une société dans laquelle chacun aurait la possibilité de vivre honnêtement d'une activité qui ait réellement un sens humain. Il est vrai que ce critère apparemment minimaliste implique déjà une réduction conséquente des inégalités matérielles. En reprenant les termes de Rousseau, on pourrait dire ainsi que dans une société décente "nul citoyen n'est assez opulent pour pouvoir en acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre" -Le Contrat social, Livre II, chap.XI- Une définition plus précise des écarts moralement acceptables supposerait, à coup sûr, une discussion assez poussée. Mais, d'un point de vue philosophique, il n'y a là aucune difficulté de principe. J'ai récemment appris, par exemple, qu'il existait désormais à Paris un palace réservé aux chiens et chats des riches. Ces charmantes petite bêtes - que vous aimez sans doute autant que moi - s'y voient servir dans des conditions parfaitement surréalistes (et probablement humiliantes pour les employés qui sont à leur disposition) une nourriture d'un luxe incroyable. Le coût de ces prestations est, comme on s'en doute, astronomique. Eh bien, je suis persuadé que dans un monde où des milliers d'êtres humains meurent chaque jour de faim - et, où certains, dans nos sociétés occidentales, ne disposent pas d'un toit pour dormir, alors même qu'ils exercent un travail à temps complet - , la plupart des gens ordinaires s'accorderont à trouver une telle institution parfaitement indécente. Et il en irait probablement de même si j'avais pris comme exemple le salaire des vedettes de football professionnel ou des stars du show-biz. Or pour fonder de tels jugements, il est certain que nous n'avons pas besoin de théorisations métaphysiques très compliquées. Une théorie minimale de la "common decency" suffirait amplement. Dans son "Essai sur le don", Mauss en a d'ailleurs dégagé les conditions anthropologiques universelles : le principe de toute moralité (comme de toute coutume ou de tout sens de l'honneur) c'est toujours - observe-t-il- de se montrer capable, quand les circonstances l'exigent, de "donner, recevoir et de rendre" (1)...

- C'est aussi le simple bon sens, non ?

- Bien sûr. Il arrive d'ailleurs un moment où les revenus des plus riches atteignent de tels sommets qu'ils finissent presque par apparaître encore plus absurdes qu'indécents. Chez Orwell, la "common decency" et le "common sense" (c'est-à-dire le "bon sens") sont, d'ailleurs, intimement liés. (...) Si tant d'intellectuels - parmi les plus brillants du XX° siècle- ont donc cédé aussi facilement à la tentation totalitaire - au point d'en perdre tout bon sens et d'écrire des textes 'hallucinants' - ce n'est certainement pas parce que l'intelligence ou les outils philosophiques leur faisait défaut (les intellectuels français les plus délirants ont, du reste, très souvent été formés à l'Ecole normale supérieure; c'est presque une marque de fabrique); En réalité - nous dit Orwell - il faut rechercher l'explication de leur folie politique dans leur manque personnel de "common decency" - manque qui a forcément quelque chose à voir avec l'égoïsme, l'immaturité et le besoin de s'imposer aux autres (c'est, d'ailleurs, la raison pour laquelle ce genre d'intellectuel éprouve traditionnellement un mépris sans limites pour la morale commune, supposée être "petite-bourgeoise" ou "judéo-chrétienne"). Dès que quelqu'un cède au 'délire idéologique' (qu'on songe au culte hystérique dont Mao - l'un des plus grands criminels de l'histoire moderne- a pu être l'objet), on peut donc être quasiment sûr que l'on trouvera les clés de sa folie intellectuelle en observant la façon concrète dont il se comporte avec les autres dans sa propre vie quotidienne. Les fanatiques et les inquisiteurs (ceux que Dostoïevski appelait "les possédés") sont presque toujours de grands pervers. Et ce sont aussi, paradoxalement, de grands donneurs de leçons."

(1) :
Si on accepte de voir dans la morale commune "moderne" (ou "common decency") une simple réappropriation "individuelle" des contraintes collectives du don "traditionnel" (tel que Marcel Mauss en a dégagé les invariants anthropologiques) on pourra assez facilement en définir les maximes générales :

- savoir donner (autrement dit, être capable de générosité);
- savoir recevoir (autrement dit, savoir accueillir un don comme un don et "non comme un dû ou un droit");
- savoir rendre (autrement dit, être capable de reconnaissance et de gratitude).

On pourra également déduire les fondements moraux de toute éducation véritable (que ce soit dans la famille ou à l'école): ils se résumeront toujours, pour l'essentiel, à l'idée qu'à l'enfant humain "tout n'est pas dû" (contrairement à ce qu'il est initialement porté à croire) et qu'en conséquence, il est toujours nécessaire de lui enseigner, sous une forme compatible avec sa dignité, que le monde entier n'est pas "à son service" (sauf, bien entendu, si le projet explicite des parents est de faire de leur enfant un exploiteur ou un politicien - ou, d'une manière plus générale, un manipulateur et un "tapeur"). Il suffirait, d'ailleurs, d'inverser ces principes socialistes pour obtenir automatiquement les axiomes de toute "éducation libérale" (et notamment l'idée décisive que l'enfant doit être placé en permanence "au centre" de tous les processus éducatifs.>>

Latour

En réponse à un message antérieur du 13 nov. 11 19:55:39 GMT+01:00
BAGRATION dit:
Merci+++++. Cela me va très bien.

En réponse à un message antérieur du 13 nov. 11 21:54:19 GMT+01:00
Latour07 dit:
Vous avez bien eu raison de me poser la question.
Cela m'a permis de progresser dans la compréhension même du sujet.
Amicalement,
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