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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 magistral, mais infernal!, 11 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Outremonde (Poche)
L’histoire des Etats-Unis, du début des années 50 à la fin des années 90.
L’histoire de la guerre froide et de la peur de la bombe.
L’histoire d’un pays mais vue depuis la partie immergée de l’iceberg impérialiste à travers le regard d’une multitude de personnages, anonymes Nick, Albert, Matt, Klara, Brian, Manx, Marian, sœur Edgar… ou célèbres comme Lenny Bruce, Frank Sinatra, J. Edgar Hoover et qui ont tous pour point commun de vivre au plus près des entrailles de l’Amérique, au sens littéral (les labos scientifiques souterrains qui travaillent sur la bombe) ou figuratif (les bas-fonds new-yorkais en général et le Bronx en particulier) de façon à constamment mettre en parallèle la vie en surface (consumérisme, sexe, mariage, amitié, travail…) et la mort, omniprésente, qui jaillit dès qu’on gratte un peu le vernis d’une puissance économique et militaire, dont l’odeur se répand par une grève du ramassage des ordures, par la parano qui fait transpirer les américains chaque fois que la menace Russe pèse trop, par ce serial killer qui tue sur les autoroutes texanes et qui peut être n’importe lequel de ces conducteurs que vous croisez en vous rendant au travail, par ces secrets dont le poids ronge les couples et les familles et sur les 900 pages qui constituent ce roman, toutes réussissent le tour de force de mêler vie et mort dans une même phrase, dans une même scène, créant un lien entre les deux si fort et si présent qu’il devient, quand on referme le livre, impossible de dissocier l’expansion des Etats-Unis des cadavres que celle-ci entraine dans son sillage.
Outremonde se rapproche probablement le plus de la définition de chef d’œuvre littéraire.
Vu de loin, c’est un impeccable tableau des Etats-Unis d’Amérique, qui passe en revue l’ensemble des éléments qui en définissent le code génétique mais quand on se rapproche, on réalise que l’œuvre est constituée d’une myriade de pièces minuscules et interdépendantes, ça foisonne de personnages, de destins, d’histoires, d’intrigues, d’anecdotes, de récits, de match de baseball, de parties d’échec, de mandarines que l’on mange, de détritus que l’on transporte, de virées dans le désert, d’adultères, de meurtres, de peintures, d’exposition, de prestations scéniques, de regrets, de mensonges, d’espoirs, de prières, et cette multitude d’éléments a priori disparates, s’imbriquent les uns dans les autres avec une époustouflante perfection, le style est parfaitement maitrisé, foisonnant de descriptions, d’images, de métaphores, de figures de style, c’est sec et vif, on pense à Ellroy, mais aussi à Sergio Leone et son Il était une fois en Amérique, ou au Mean Streets de Scorsese, mais en plus fou, en plus touffu, en plus riche en détails, en précisions, en trajectoires personnelles qui viennent construire la grande Histoire et c’est un tourbillon de mots, de vies croisées, mêlées, imbriquées les unes dans les autres et rien ne semble arrêter l’auteur, ni la difficulté de faire coexister ces multiples destins ni celle de ne jamais perdre de vue qu’à travers ces anonymes dont il dépeint le quotidien, c’est la vie et la mort des USA (et par expansion, du Monde) dont il cause et c’est tellement parfait, tellement minutieux, pointilleux, rigoureux et appliqué, que ça soule.
Littéralement.
Ca fait tourner la tête. Trop de mots. C’est un tourbillon de mots. Chaque page déborde de mots. Et de tournures de phrases acrobatiques. Chaque phrase pourrait être accrochée aux murs des musées tellement elles sont toutes travaillées, à la recherche de l’image la plus précise qui soit pour décrire telle ou telle émotion, tel ou tel paysage, tel épopée sportive ou soirée passée à craindre que le monde ne disparaisse dans une explosion atomique.
Trop de mots. Trop de personnages qui vivent trop de choses avec trop d’intensité. Je finis chaque chapitre épuisé, j’ai la tête qui tourne, à mi-parcours, j’ai déjà l’impression d’avoir absorbé 14 volumes encyclopédiques tellement c’est frénétique, excessif, copieux.
Et puis à ce niveau de maitrise du verbe et de la construction des phrases le talent devient quasiment arrogant. Ca ressemble presque à une démonstration. Regardez de quoi je suis capable. Regardez comme je peux faire exécuter à une phrase un triple saut périlleux arrière et toujours la faire atterrir sur ses pieds avec la grâce d’une professionnelle de la profession. Regardez à quel point je peux mêler dans une seule et même phrase des champs thématiques dont personne n’avait encore tenté le rapprochement mais dont moi, je maitrise la fusion avec une dextérité que tu vas en rester baba comme deux ronds de flanc, tiens prends ça dans ta gueule.
Je sais que ça peut paraitre idiot d’interpréter de cette façon une telle maestria littéraire. Mais c’est comme ça que j’ai ressenti le livre et ses 900 pages bouillonnantes de mots. Comme l’œuvre d’un écrivain qui a atteint un niveau d’écriture tellement loin au-dessus de l’ensemble de ses confrères qu’il n’est plus réellement accessible et évolue dans des stratosphères de la langue que l’on ne peut que regarder de loin, sans pouvoir s’en approcher, sans en ressentir l’émotion, la vitalité, l’énergie ou la passion.
Je reste sur le banc de touche, comme les spectateurs du match de baseball entre les Dodgers et les Giants à New York en 1951 qui ouvre le roman et dont la balle de la victoire sert de fil rouge, j’assiste mais ne participe pas, je mesure l’ampleur de la prouesse mais comme si je l’observais avec des jumelles, trop loin pour m’en enivrer, et je me demande à chaque page si je parviendrais un jour à finir l’ouvrage tant celui-ci parait non seulement interminable mais capable de me dévorer, de m’épuiser à force de mots, et l’épilogue crépusculaire, avec cet étonnant (mais qu’est ce qui ne l’est pas dans ce livre ?) récit d’un miracle qui se sert d’une pub Minute Maid comme support, est une délivrance, pour les personnages mais aussi pour le lecteur, qui peut enfin reprendre sa respiration, qui peut enfin s’échapper des multiples mains qui lui agrippaient les chevilles pour l’entrainer toujours plus bas dans les entrailles de ce livre (dont le titre original est justement, Underworld) et si l’on ne peut qu’avoir conscience d’avoir traversé une véritable, inestimable et capitale œuvre d’art, à l’aimer nul n’est tenu et c’est même avec un certain plaisir que l’on range le pavé en sachant que jamais plus on ne le ressortira, tout en étant, quelque part, heureux et enrichit de l’avoir lu.
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