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Ce commentaire fait référence à cette édition : Victor Hugo président ! (Broché)
On l'oublie souvent, mais Victor Hugo eut une carrière politique, et même l'ambition présidentielle. Résumé :_ Avril 1845 : le roi Louis-Philippe nomme Victor Hugo (43 ans) à la Chambre des pairs _ Février 1848 : Louis-Philippe abdique. La Deuxième République est proclamée. Juin 1848 : Victor Hugo est élu député (conservateur) de la Seine. Octobre 1848 : Hugo, qui envisageait sérieusement de se présenter aux élections présidentielles de décembre, abandonne, et soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, lequel est élu. _ Été 1851 : Hugo, en rupture avec le camp conservateur et le président de la République, entame sa campagne de candidat pour les élections présidentielles de mai 1852. 2 décembre 1851 : coup d'État du président de la République, qui proclamera un an plus tard la fin de la Deuxième République et le début du Second Empire. Victor Hugo s'exile. _ Septembre 1870 : chute de l'Empire. Proclamation de la Troisième République. _ Février 1871 : Victor Hugo est élu député de la Seine, à gauche cette fois. Il démissionne un mois plus tard. _ Janvier 1876 : élu sénateur de la Seine, il le demeurera jusqu'à sa mort, en mai 1885. Bruno Fuligni revient sur tous ces événements à travers une cinquantaine de pages biographiques, aérées de gravures et de discours. Les 100 pages suivantes, constituées d'extraits classés par thèmes, donnent la position de Victor Hugo sur environ 70 sujets, allant de l'Académie Française à la vivisection, en passant par la laïcité, l'éducation, et même la mondialisation. Séduit par son principe, j'ai trouvé ce livre agréable à lire, mais pas assez approfondi. Il aurait fallu beaucoup plus de pages, pour présenter de façon complète les enjeux de l'époque, et souvent, on reste sur sa faim. De plus, je trouve l'auteur sévère sur certains sujets, tels que la supposée radinerie de Hugo. Enfin, j'ai été amusé d'apprendre que, dans ses Actes et Paroles, Hugo avait un peu transformé la vérité, notamment lorsqu'il rapporte les mouvements d'auditoire, à l'Assemblée Nationale, lorsque les députés adverses le raillaient. Le site de l'Assemblée Nationale rétablit également la vérité de son côté. Difficile de tricher avec la postérité. Malgré cela, et bien qu'il ait été, paraît-il, un piètre orateur, on imagine avec nostalgie ce musicien des mots à la tribune. Son éloquence, que beaucoup lui reprochent, et qualifient de grandiloquence, agit comme une poussée d'Archimède : l'esprit plongé dans Hugo, quand bien même il tente de résister, subit une poussée vers le haut ! Concernant le fond, les positions de Victor Hugo, empreintes d'un humanisme responsable, demeurent modernes, et, à titre personnel, je pense qu'il faut un singulier mélange de mauvaise foi et d'arrogance pour lui reprocher certains de ses engagements, notamment en faveur de la colonisation : "Que la civilisation implique la colonisation, que la colonisation implique la tutelle, soit ; mais la colonisation n'est pas l'exploitation ; mais la tutelle n'est pas l'esclavage. La tutelle cesse de plein droit à la majorité du mineur, que le mineur soit un enfant ou qu'il soit un peuple. Toute tutelle prolongée au delà de la minorité est une usurpation ; l'usurpation qui se fait accepter par habitude ou tolérance est un abus ; l'usurpation qui s'impose par la force est un crime. Ce crime, partout où je le vois, je le dénonce." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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