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4.0 étoiles sur 5 Jacobs, éternel empêcheur d'écouter en rond, 11 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: Matthäus-Passion / Jacobs (CD)
Avant toute chose, si je ne donne pas la note maximale à cet enregistrement, ça n'est pas parce qu'il ne le mérite pas, mais parce que, comme de nombreuses autres approches de René Jacobs, il me "démange" quelque peu au niveau de mes habitudes. Bien souvent, avec le temps, nos mauvaises habitudes finissent par se plier aux raisons, à la raison de certaines approches iconoclastes.
Pour ne pas nous plaire (ce qui n'est absolument pas le cas de cet enregistrement, aux mille beautés) dans son "approche", on se doit d'être honnête face à la qualité globale d'un enregistrement. Tout comme, pour ne pas aimer Renoir ou Picasso, on ne peut les traiter de mauvais peintres pour autant.
Les forces en présence, jusque dans l'apport d'un choeur de garçons, sont d'une qualité superlative.

Je rappèlerais au commentateur pour le moins négatif qui n'a noté cet enregistrement que de 2 étoiles, qu'il a à sa disposition, pour comprendre les choix de Jacobs, non seulement le livret contenant des explications détaillées du "pourquoi et du comment" mais aussi, luxe extrême auquel seul Harmonia Mundi nous habitue depuis des années, un DVD qui, s'il le fallait une fois de plus (et, visiblement, c'est nécessaire...), enfonce le clou (sans mauvais jeu de mots...) pour illustrer par le discours, par des dessins, des graphiques, des exemples musicaux, les choix interprétatifs du chef.

Je répondrais à cet acheteur déçu que s'il ne désire entendre que ce qu'il a en tête, chaque fois qu'il achète une nouvelle version d'une oeuvre qu'il aime, faute de pouvoir l'enregistrer lui-même, SURTOUT, qu'il n'acquiert plus d'enregistrements de René Jacobs, qui, depuis des années, tâche, dans chacun de ses enregistrements, de fuir les tics, les traditions, tout en expliquant ses choix; ce que font rarement ses plus célèbres confrères...

Disposerions-nous d'oreilles différentes, selon que nous apprécions ou détestons telle ou telle interprétation ?
Personnellement, je n'entends pas de choeur 2, de solistes vocaux 2 etc "tout au fond du couloir dans un halo lointain", comme ce monsieur.

Mais je suis d'accord avec lui: la Passion selon Saint-Matthieu mérite, par sa richesse, d'être abordée par différents versants; du plus monumental (même s'il n'est plus "historiquement correct") Karajan, Richter, au plus minimaliste Butt.
Cette version de René Jacobs, par la tendresse qu'il insuffle à ses chanteurs (humble et rayonnante Bernarda Fink !) tout au long de l'ouvrage (pas vraiment fan de Johannes Weisser, jusqu'ici, j'avoue que dans cette Passion, son Christ m'a fait "fondre") , par ses accents dramatiques, aussi; par une sensualité sonore qui ravit nos sens d'amateurs d'opéra, mérite largement sa place au panthéon des interprétations déjà célébrées (Leonhardt, Harnoncourt...).
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Message initial: 19 oct. 13 13:23:58 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 19 oct. 13 13:48:14 GMT+02:00
D. Paul dit:
Je confirme et signe mon appréciation faisant part de ma déception et vais la détailler un peu. Je suis un "malade" de la Passion selon Matthieu (j'omets à dessein le "saint" car les saints ne sont pas reconnus par les protestants et dans la Bible il n'est jamais fait mention de "saint" lorsque l'on parle des 4 Evangélistes) j'en possède environ une trentaine de versions. Chaque version offre à ce chef d'oeuvre un éclairage différent (tempi, dynamique, effectifs, haute-contre ou alto femme, qualité des chanteurs, etc.) Et si je continue à en acquérir de nouvelles, c'est que je n'ai pas encore trouvé "LA" version qui "me" convienne, version que j'assume être subjective et idéale. Je ne suis donc pas, bien au contraire !, désireux d'entendre toujours la même chose et toute nouvelle version qui dérangerait mes habitudes d'écoute, est on ne peut plus bienvenue, si... elle apporte un élément qui me permet de découvrir une nouvelle facette inconnue de ce joyau. La version de René Jacobs, sous couvert de ce parti-pris d'enregistrement, à mes oreilles, non seulement n'enrichit pas mon écoute, ne la renouvelle pas, ni même ne la questionne, mais l'appauvrit. A chaque version que je découvre, ma joie est de découvrir, partition à la main, telle ligne mélodique qui était un peu noyée dans une version antérieure, un tempo différent qui modifie mon ressenti, un phrasé légèrement différent... Ici, au contraire, j'entends MOINS ce qui pouvait m'émerveiller ailleurs. Je peine ici à distinguer même les paroles chantées par les solistes dans les arias II (Blute nur, Gerne will ich mich bequemen, Geduld, Können Tränen, etc.). C'est indistinct, nimbé dans une distance qui m'éloigne de tout plaisir musical et spirituel. J'ai l'impression qu'on me colle de l'ouate dans les oreilles, puis qu'on me l'ôte, qu'on me le remet... Que m'importe si cela se rapproche davantage, selon René Jacobs, de ce que pouvait entendre l'auditeur à la Thomaskirsche de Leipzig ! Des écrits de Bach affirment qu'ils était insatisfait de la justesse de nombreux de ses instrumentistes. Est-ce pour cela qu'il faudrait "reconstituer" cet état de fait et instiller quelques fausses notes pour que cela ressemble à ce que l'on pouvait entendre en 1727 (ou 1729, il ya a encore questionnement sur la date de la, première exécutuon) ? Cet enregistrement est un "faux vrai". Il se targue de restituer ce que l'on pouvait entendre alors qu'il est enregistré en studio et que l'acoustique n'est donc le fruit que des savantes manipulations des techniciens du son. Pourquoi, s'il se voulait le plus authentique possible, n'a-t-il pas enregistre cette Passion à la Thomaskirsche même ? Pourquoi utiliser des voix de femmes, contrairement à ce qui était d'usage ? C'est du semi authentique, du fantasme même pas jusqu'au-boutiste. Comme si on mettait de la 3D sur "Citizen Kane". Je le répète, au lieu de m'enrichir, cette version m'appauvrit. Mais elle a le mérite de faire parler de la Matthäus-Passion, et ça c'est formidable sur un site commercial. D'ailleurs, Amazon devrait proposer des extraits en écoute pour que chacun puisse se faire une première opinion.

En réponse à un message antérieur du 19 oct. 13 14:37:33 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 19 oct. 13 14:46:39 GMT+02:00
KLINGSOR dit:
Vous défendez bien votre vision des choses. Mais je maintiens ce que j'ai écrit: la position en 2 choeurs "de face" séparés par quelques mètres est encore plus fantasmée que ce que vous décrivez. Pourquoi ne l'a-t-il pas enregistrée "sur place", demandez-vous ? Tout simplement parce que, comme il est dit dans le DVD -explication que vous n'avez pas manqué de lire... Mais vous préférez faire croire à ceux qui vous lisent ici que Jacobs ne la justifie pas- l'orgue de la tribune "de dos" a été supprimé depuis longtemps: on ne va tout de même pas reconstruire un orgue à l'identique pour satisfaire vos exigences jusqu'au-boutistes de reconstitution à l'identique !
La critique que vous faites à cet enregistrement utilise les mêmes vieux arguments défraîchis qu'utilisent les opposants aux "baroqueux" depuis des lustres, mais qui, heureusement, sont de moins en moins nombreux. René Jacobs ne prétend pas "reconstituer" une Saint Matthieu telle qu'elle a été créée (et vous m'excuserez d'employer la terminologie française, celle qu'utilise tout un chacun; même si elle écorche vos oreilles de croyant. Pour ne pas l'être, je n'en adore pas moins cette oeuvre, que je réécoutais, dans cette même version, une nouvelle fois, hier) mais bousculer la perspective qu'on a de cette oeuvre depuis les débuts de l'enregistrement. Votre argument du "moi, je suis croyant. Moi, je suis malade de cette oeuvre. Moi, j'en possède 30 versions etc etc etc" tiendrait -peut-être...- si celui qui enregistre cette oeuvre était le dernier chef "romantique" à la mode, qui voudrait ajouter cette oeuvre à sa discographie, pour "faire bien". Je crois que vous ne pouvez, légitimement, reprocher à René Jacobs de ne pas connaître cette oeuvre jusqu'au plus profond de sa moelle. Et je ne redirai pas, ici, toutes les raisons pour lesquelles elle lui est intime depuis sa plus tendre enfance. Elles sont explicitées dans le livret.
Je peux, en partie, abonder dans votre sens dans le fait que l'écoute de l'oeuvre en est bouleversée et qu'on cherche d'autres repères sonores que d'habitude à l'écoute de cette interprétation précise. Mais de là à prétendre qu'on ne comprend rien à ce que chante le choeur "éloigné", c'est mensonger. Je dirais même que vous faites preuve d'une grande mauvaise foi: quand on connaît une oeuvre jusqu'au bout de la cochlée, comme vous le prétendez, vous savez pertinemment qu'on "accommode" (comme l'oeil sait le faire) quand on ne comprend pas les mots, à cause d'un problème acoustique ou par faute d'une mauvaise prononciation. C'est flagrant, pour nous, français, quand nous écoutons une "Carmen" chantée par des artistes internationaux, qui ne parlent pas français: on reconnaît toujours le texte de la "fleur" ou de la "séguidille" malgré leurs accents, parce qu'on connaît ces airs par coeur. Vous ne devriez donc pas souffrir de cette disposition, si on n'y comprenait vraiment rien, parce que vous dites connaître cette oeuvre par coeur...
Cette disposition, pour inusuelle qu'elle soit pour cette oeuvre, n'est absolument pas une première dans l'histoire de la musique. Pour deux raisons, au moins: parce que les compositeurs ont voulu que certains choeurs soient "favoris" et d'autres, plus lointains, notés parfois "choeur au lointain dans la coupole"... Parce que des compositeurs ont voulu ou dû faire avec le lieu de la création de l'oeuvre, possédant jubé, plusieurs tribunes ; exemples de "polychoralité" (Gabrieli, Biber etc)...
Il est donc normal que chaque choeur ait son acoustique propre.
Visiblement, vous faites un rejet absolu de cette disposition. Votre réaction, pour irrationnelle qu'elle puisse m'apparaître, est légitime. Je vous conseillerais, donc, d'imprimer ce que vous avez écrit ici et de renvoyer votre exemplaire de la Saint Matthieu à Harmonia Mundi, en leur demandant de bien vouloir vous la rembourser. Sinon, vous ne devez pas manquer de savoir que vous pouvez revendre votre exemplaire ici-même...
Dernier exemple de votre mauvaise foi, votre demande qu'Amazon propose à l'écoute des extraits de cette interprétation. Car vous savez pertinemment qu'on ne peut se faire qu'une idée plus qu'approximative d'un enregistrement à travers ces extraits, que rien ne saurait remplacer l'écoute au casque. Si vous avez besoin de ce stratagème pour "prouver" qu'il faut vouer René Jacobs et son enregistrement au bûcher, c'est franchement léger...
PS: Je suis comme vous: je suis "fou" de certaines oeuvres, dont je possède plusieurs dizaines d'enregistrements. Mais, contrairement à vous, si je suis forcément déçu par certaines d'entre elles (sur une centaine de versions de "Don Carlo/s" de Verdi, il est de nombreux "ratés"...), je ne les rejette pas pour autant aussi radicalement, car même dans celles-ci, je trouve toujours une idée, sinon une raison, peut-être mal réalisée, mais pas inintéressante pour autant, pour la garder. Je ne prendrai que l'exemple de la "Carmen" de Bernstein au MET avec Horne et McCraken: l'oeuvre en est chamboulée car Marilyn Horne nous apparaît comme plus... "virile", vocalement et de tempérament que son prétendant Don José. Je ne placerai certes pas cet enregistrement au panthéon de mes préférés. Mais il met le doigt sur une notion quasiment toujours ignorée, même dans les meilleures versions: Don José est un faible, jusque dans la scène finale, où les ténors en font un vengeur sur-testostéroné. De ce point de vue, j'attends encore "ma" version de Carmen, où Don José ne jouerait pas au stentor, où il finirait par tuer Carmen, parce que, comme elle le dit, il n'y avait pas d'autre issue possible...
Cordialement.
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