3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
Blake chez les Kwakiutl, 9 septembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dead Man (DVD)
Il allait de soi que la glose suscitée par le film de Jarmusch établirait avec une non moindre évidence sa non-appartenance (ou si décalée...) au genre longtemps le plus emblématique du cinéma américain, comme si celui-ci, toujours en ses chefs-d'œuvres, avait fait autre chose que sublimer (esthétiser,au sens le moins péjoratif du terme ), la foi ou le doute à l'égard d'un inextricable écheveau historico-mythologique (traduction américaine de l'universelle question identitaire,à la fois viscéralement individuelle et inévitablement collective...), celui qui nourrit, encore aujourd'hui, la meilleure part de la littérature américaine, de Jim Harrison à Paul Auster en passant bien sûr par Thomas Pynchon :l'innocence et sa perte consubstantielle, la nature ( ?) et la culture, le vieux monde et le nouveau (si vieux déjà), la virginité de l'espace blanc (qui enivre et/ou angoisse) ou le poids des archives (qui nourrit et/ou étouffe)...Dead Man est donc un western, en même temps, cela va très bien ensemble, qu'une somptueuse méditation glacée sur les apparences, l'espace et le temps qui coulent (ensemble- ostentatoirement dans le film - mais cela aussi s'enracine dans le genre, itinéraire, toujours, même s'il n'est qu'intérieur...). Le train, la ville de bois, la violence grotesque, absurde mais allant de soi , la fuite, puis alors bien sûr les arbres et la traque (l'argent et la folie) , la descente du fleuve , les Kwakiutl et leurs totems avant l'Océan et le ciel, seule « chose » d'ici-bas étonnamment réelle pour William Blake à l'avant-fin de son incompréhensible périple (y a t'il quelque chose à comprendre ?) William Blake et les fous, William Blake et les Indiens, William Blake et son indien érudit qui le prend pour le grand autre, celui qui voit derrière les portes... qui meurt à la fin, comme on dit, alors que l'ignorant homonyme semblerait presque, dilué, continuer vers un ailleurs...Johnny Depp et sa bouille étonnée (je vais mourir ?)...Inénarrable Robert Mitchum...Un western, assurément, avec la guitare râpeuse et contrepointeuse de Neil Young, en plus.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
Dead Man B00004VY9T
Johnny Depp
TF1 Video
Dead Man
Bienvenue
Blake chez les Kwakiutl
Il allait de soi que la glose suscitée par le film de Jarmusch établirait avec une non moindre évidence sa non-appartenance (ou si décalée...) au genre longtemps le plus emblématique du cinéma américain, comme si celui-ci, toujours en ses chefs-d'½uvres, avait fait autre chose que sublimer (esthétiser,au sens le moins péjoratif du terme ), la foi ou le doute à l'égard d'un inextricable écheveau historico-mythologique (traduction américaine de l'universelle question identitaire,à la fois viscéralement individuelle et inévitablement collective...), celui qui nourrit, encore aujourd'hui, la meilleure part de la littérature américaine, de Jim Harrison à Paul Auster en passant bien sûr par Thomas Pynchon :l'innocence et sa perte consubstantielle, la nature ( ?) et la culture, le vieux monde et le nouveau (si vieux déjà), la virginité de l'espace blanc (qui enivre et/ou angoisse) ou le poids des archives (qui nourrit et/ou étouffe)...Dead Man est donc un western, en même temps, cela va très bien ensemble, qu'une somptueuse méditation glacée sur les apparences, l'espace et le temps qui coulent (ensemble- ostentatoirement dans le film - mais cela aussi s'enracine dans le genre, itinéraire, toujours, même s'il n'est qu'intérieur...). Le train, la ville de bois, la violence grotesque, absurde mais allant de soi , la fuite, puis alors bien sûr les arbres et la traque (l'argent et la folie) , la descente du fleuve , les Kwakiutl et leurs totems avant l'Océan et le ciel, seule « chose » d'ici-bas étonnamment réelle pour William Blake à l'avant-fin de son incompréhensible périple (y a t'il quelque chose à comprendre ?) William Blake et les fous, William Blake et les Indiens, William Blake et son indien érudit qui le prend pour le grand autre, celui qui voit derrière les portes... qui meurt à la fin, comme on dit, alors que l'ignorant homonyme semblerait presque, dilué, continuer vers un ailleurs...Johnny Depp et sa bouille étonnée (je vais mourir ?)...Inénarrable Robert Mitchum...Un western, assurément, avec la guitare râpeuse et contrepointeuse de Neil Young, en plus.
Bruno Parfait "bruno parfait"
9 septembre 2004
- Général:
5

|
Détails de l'évaluation
Classement des meilleurs critiques: 857
|