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4.0 étoiles sur 5 Hitchcock et Le Crime était presque parfait, 24 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Crime était presque parfait - Édition Collector 2 DVD (DVD)
Le crime était presque parfait (1953), Dial M for Murder en anglais c'est-à-dire «faites le numéro M pour Meurtre » est le 39è film d'Hitchcock, le 16è américain chronologiquement entre La Loi du silence et Fenêtre sur cour.

Presque exclusivement tourné en un lieu unique, un appartement londonien, et directement inspiré d'une pièce de théâtre (tout comme La Corde), Hitchcock, à défaut de scènes spectaculaires, développe ses thèmes favoris avec une virtuosité toute discrète.

Le secret devant être puni, le méchant élégant appartenant à une certaine classe sociale, le faux coupable, le chantage, l'érotisme lié à la mort, l'escalier, la symbolique des couleurs sont traités dans un huis-presque-clos où les dialogues sont très importants mais ne nuisent pourtant pas au déroulement du film qui se regarde sans ennui.

L'espace étant restreint, chaque plan est merveilleusement construit, parfois de façon très picturale : les personnages sont suivis par une caméra qui s'arrête au moment le plus significatif, fixant l'un ou l'autre par rapport à un objet (les lampes sont de vrais personnages dans ces compositions), les mettant en second plan, le premier étant amorcé par un rang de bouteilles par exemple ou d'autres éléments du décor renforçant ainsi la théâtralisation. La caméra se place soit à hauteur d'homme, soit en plongée, soit au niveau du plancher, voire à ras du sol selon la signification donnée à la scène :

Ainsi, l'habituelle vue en hauteur - le fameux « oeil de Dieu » - signifiant le constat d'un acte ou d'une situation répréhensible ou montrant la puissance du destin, ici la reconstitution anticipée de la scène du meurtre par le mari et l'assassin accompagnée de longs va-et-vient en travelling ou montrant G. Kelly en situation critique dehors juste après la tentative de meurtre en une plongée écrasante; ou encore la caméra posée au sol qui nous donne l'impression d'assister réellement à une pièce de théâtre comme vue d'un fauteuil de premier rang.

Le montage alterné s'avère très efficace : le mari téléphonant à son épouse pour déclencher le meurtre et y assistant « auditivement », ou les allées et venues avec l'extérieur renforçant le suspens à la fin avec les hésitations du mari à rentrer chez lui.

Le déroulement du procès est très original : durant seulement quelques secondes, on voit G. Kelly de face, en plan fixe, les lumières changeant seulement, avec une voix off synthétisant et concrétisant son inculpation et condamnation.

L'escalier tient un rôle important bien qu'on ne voie personne ni le monter ni le descendre : c'est là, sur la 5è marche, que sera cachée la clé permettant à l'assassin de rentrer dans l'appartement.

La scène clé est bien sûr celle du meurtre : de nuit, un feu brûlant dans la cheminée, une lumière blanche filtrant de la chambre, l'apparition de G. Kelly en innocence blanche incarnée et fragile, le son stressant du téléphone (en pleine nuit, ce n 'est jamais bon signe!), la caméra tournoyant autour d'elle jusqu'à nous faire voir le meurtrier, ses hésitations, puis le corps à corps (très proche il est vrai d'une scène de viol, associant ainsi le crime au sexe), violent, montrant une fois de plus « qu'il est très difficile de tuer quelqu'un », et le coup de théâtre, la paire de ciseau attrapée et plantée dans le dos du meurtrier qui sursaute et s'effondre sur lui-même, s'achevant tout seul en s'enfonçant les lames profondément dans la moelle épinière (vu en gros plan à ras du sol). Hitch signe là une de ses plus révoltante mise en scène d'assassinat (avec celles de Psychose, du Rideau déchiré et de Frenzy), d'une violence insoutenable.

L'humour n'apparaîtra qu'à la fin et concernera les policiers : le collègue de l'inspecteur part avec le sac de G. Kelly au coude, celui-ci lui dit de ne pas aller dans la rue ainsi car il sera sûr de ne pas aller bien loin ! L'inspecteur à la dernière scène se brosse ridiculement les moustaches alors qu'il téléphone.

Hitch fait son apparition rituelle très discrètement : à 12'42, il figure sur une photographie de collège d'un portrait de groupe en noir et blanc lors d'un banquet autour d'une table, montrée par le mari à l'assassin : il est le seul à nous regarder, goguenard !
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Message initial: 1 avr. 10 09:16:41 GMT+02:00
Très bon commentaire, comme toujours.
J'avais été déçu par La Main au collet - Edition spéciale. Ici, bonne référence, qui m'apparaît plus intéressante (et qui me dit bien sûr quelques chose, car j'ai dû le voir parmi tant d'autres Hitchcock étant plus jeune). Mais indication précieuse sur la scène du meurtre : j'éviterai de sélectionner ce film en priorité lorsque je voudrai de nouveau regarder un bon Hitchcock avec mes enfants.
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Lieu : Besançon, France

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