Commentaire client

24 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Klemperer, le géant solitaire, 29 octobre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Otto Klemperer : Symphonies et ouvertures romantiques (CD)
Parmi les grands chefs historiques de la tradition austro-allemande, Otto Klemperer occupe certainement un siège d'honneur. De la veine des Nikish, Fürtwängler et autre Weingartner, disciple de Mahler et de Schönberg, il sera longtemps un fervent défenseur de la musique de ses contemporains (citons notamment Stravinsky, Hindemith, Janacek, Krenek, Weill, et bien sûr Mahler et Schoenberg).

La période d'exil liée à la montée du nazisme coincide avec un période de maladie (notamment une tumeur au cerveau, dont l'ablation en 1939 le laissera partiellement paralysé du coté droit). Par la suite, en 1951, une chute à sa sortie d'avion à Montréal le laissera en fauteuil roulant; trois ans plus tard il doit lutter contre une nouvelle tumeur (à la prostate). Ces conséquences physiques associées avec sa stature haute et massive ajoutèrent à sa réputation de sévèrité et à la respecteuse crainte qu'il suscitait chez ses musiciens. Mais ils symbolisent aussi cette indéfectible détermination qui guidera à la fois la vie et la musique de ce "géant solitaire" (dixit Legge).

En 1954, Walter Legge place le chef quasi-septuagénaire sous contrat exclusif pour EMI, puis en 1959 à la tête de son Orchestre Philharmonia (Karajan étant désormais lié à ses berliners), que Klemperer va diriger pendant 14 ans (jusqu'à sa disparition en 1973), et avec lequel il va livrer à la postérité nombre de captations admirables, essentiellement dans le répertoire germanique qu'il défendait avec tant de science et d'ardeur : Beethoven, Bruckner, Brahms, Mahler, Mendelssohn, Mozart, Schubert, Schumann, Strauss, Wagner.

La direction de Klemperer se caractérisait par une intégrité totale, une rigueur autoritaire dans des tempis souvent mesurés (voire parfois lents), mais avec un sens réellement exceptionnel du discours, des textures et des équilibres orchestraux. Des interprétations dépourvues d'effets de manches (ici une honnêteté intellectuelle plus qu'une véritable austérité), parcourues d'un souffle ininterrompu, d'une cohésion hors norme, d'un sens inouï du phrasé et de l'architecture, et finalement d'une intangible saine inspiration avec pour seul objectif de "toucher à la vérité" (comme le disait Legge).

Parmi les 13 coffrets prévus par EMI pour marquer le 40ème anniversaire de sa disparition, celui-ci regroupe des enregistrements "romantiques" studios réalisés entre janvier 1960 et février 1969. Des enregistrements exceptionnels déjà disponibles, comme ces superbes symphonies de Mendelssohn (sans oublier ce Songe d'une Nuit d'été d'une éloquence rare), mais surtout un ensemble de bienvenus retours au catalogue : ainsi les magnifiques Symphonies de Schumann, 3 Symphonies de Schubert qui sont autant de sommets discographiques, les Symphonies 4-6 de Tchaikowsky (atypiques sans doutes, mais d'une force extraordinaire), ou encore la Symphonie Fantastique, la 9ème de Dvorak ou enfin cette Symphonie de Franck parcoure d'une infaillible énergie. Sans oublier un lot de petites pépites orchestrales (ces ouvertures de Schumann et Weber !).

Ci-dessous le détail du coffret, avec indication de la période d'enregistrement; toutes ces captations sont réalisées avec le (New) Philharmonia Orchestra. Un mot sur le nom de l'orchestre : fondé à la sortie de la guerre sous l'impulsion de Walter Legge pour servir les besoins d'enregistrements d'EMI, il sera dissout par le même Legge en mars 1964, alors que le torchon brûle avec l'éditeur. L'orchestre décide alors lui-même de voler de ses propres ailes; les musiciens reçoivent le soutien indéfectible de Klemperer, leur chef depuis dix ans. Six mois plus tard, le désormais New Philharmonia Orchestra reprend donc ses activités, et démontrera encore de nombreuses années qu'il est bien l'une des meilleures formations au monde.

A noter tout de même que l'on peut reprocher le choix éditorial de découper certaines oeuvres sur deux cds (la Symphonie de Franck et la sixième de Tchaikowsky).

- Berlioz : Symphonie fantastique (septembre 1963)
- Dvorak : Symphonie n°9 op.95 "Nouveau Monde" (octobre/novembre 1963)
- Franck : Symphonie en ré mineur (février 1966)
- Mendelssohn : Symphonies n°3 "Ecossaise" op.56 (janvier 1960), et n°4 "Italienne" op.90 (février 1960) -- Le Songe d'une Nuit d'été (avec Heather Harper et Janet Baker, janvier/fevrier 1960) -- "Ouverture "Les Hébrides" op.26 (février 1960).
- Schubert : Symphonies n°5 D.485 (mai 1963), n°8 "Inachevée" D.759 (février 1963) et n°9 D.944 (septembre 1960)
- Schumann : Symphonies n°1 op.38 "Printemps" (octobre 1965), n°2 op.61 (octobre 1968), n°3 op.97 "Rhénane" (février 1969), n°4 op.120 (mai 1960) -- Scènes du Faust de Goethe (février 1969) -- Ouvertures Manfred (octobre 1965), Genoveva (octobre 1968).
- J.Strauss : Ouverture Die Fledermaus (octobre/décembre 1961) -- Wiener blut (Sang viennois, octobre 1961) -- Kaiserwalzer (Valse de l'Empereur, octobre 1961)
- Tchaikowsky : Symphonies n°4 op.36 (janvier/février 1963), n°5 op.64 (octobre 1961), n°6 op.74 "Pathétique" (octobre 1961)
- Weber : Ouvertures Der Freischutz (mai 1960), Euryanthe (septembre 1960), Oberon (mai 1960)
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non

[Ajouter un commentaire]
Publier un commentaire
Pour insérer un lien produit, utilisez le format : [[ASIN:ASIN titre-produit]] (De quoi s'agit-il?)
Amazon affichera ce nom avec vos soumissions, y compris les chroniques de clients et les posts de discussion. (Plus d'informations)
Nom :
Badge :
Ce badge vous sera affecté et apparaîtra avec votre nom.
There was an error. Please try again.
Consultez lintégralité des directives ">ici.

Remarque Officielle

En tant que représentant de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quelle que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
Le nom et le badge suivants seront affichés avec ce commentaire :
Après avoir cliqué sur le bouton Publier, vous serez invité à créer votre nom public qui sera affiché avec toutes vos contributions.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.  Plus d'informations
Sinon, vous pouvez toujours publier un commentaire normal sur cette évaluation.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
 
Délai système expiré

Nous n'avons pas pu vérifier si vous représentez le produit. Veuillez réessayer ultérieurement, ou réessayez maintenant. Sinon, vous pouvez publier un commentaire normal.

Puisque vous avez déjà publié un commentaire officiel, ce commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous. Vous pouvez également modifier votre commentaire officiel.   Plus d'informations
Le nombre maximal de commentaires officiels a été atteint. Le commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous.   Plus d'informations
Aller s'identifier
 

Remarques

Suivi en cours par 3 clients

Trier par: Le plus ancien en premier | Le plus récent en premier
Afficher les messages 1-10 sur 12 de cette discussion.
Message initial: 29 oct. 12 18:25:14 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 29 oct. 12 18:26:03 GMT+01:00
Un point dans votre historique : au vu de ce qu'on peut lire, je pense qu'il est tout à fait exagéré de présenter Klemperer comme un « disciple » de Pfitzner. Oui, il a suivi ses cours de composition à Berlin (tout élève n'est pas un disciple), et il a été son jeune collègue à Strasbourg, lorsque Pfitzner y dirigeait. Mais bien qu'il ait reconnu qu'avec Pfitzner comme professeur, « on apprenait quelque chose », il avait des sentiments assez mitigés sur le compositeur (il lui reconnaît du talent, mais trouve ses œoeuvres très inégales) et son association avec lui comme chef d'orchestre est purement circonstancielle. Les choses se sont plutôt mal passées à Strasbourg, parce que Pfitzner se voyait en chef principal et que Klemperer le trouvait, comme chef, plutôt limité, et en aucun cas ne le considérait comme un modèle à suivre. Curieusement, dans ses Souvenirs et entretiens, il le trouve surtout bon comme écrivain, et librettiste de Palestrina. Et comme humoriste.

En réponse à un message antérieur du 30 oct. 12 01:32:24 GMT+01:00
Savinien dit:
Bonjour Monsieur Urval,
Je vous remercie vivement de votre remarque très précise et argumentée. Vous avez raison, cette formulation est sans doute un raccourci abusif s'agissant de Pfitzner; je n'ai pas cherché ici à distinguer l'élève et le disciple. Je ne suis pas persuadé que son enseignement ait été pour autant anecdotique (et trouvais donc intéressant de le citer), mais son influence ne mérite probablement pas d'être mise en exergue de cette manière (je vais donc songer à reformuler, ou à le retirer).
Ceci dit, Pfitzner n'avait certes pas le regard novateur de ses illustres contemporains, mais il n'était toutefois pas dénué de talents, fut-il conservateur. Il en va de même a priori de ses talents de chefs, même si je connais peu les témoignages qui nous sont encore parvenus (son Eroica écoutée il y a quelques années m'avait toutefois fort agréablement surpris); l'approche étant cependant antinomique de celle de Klemperer (dont l'exceptionnel talent de chef ne fait quand à lui aucun doute ;).
Au plaisir de vous lire,
Cordialement,
Savinien.

En réponse à un message antérieur du 30 oct. 12 12:12:11 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 30 oct. 12 17:35:13 GMT+01:00
Bonjour Savinien,

Merci pour votre réponse. J'aimerais tout de même préciser, pour éviter tout malentendu, que le but de ma remarque n'était pas de diminuer les mérites de Pfitzner, il n'était même pas pour cette fois de donner mon « avis » sur lui, pour ce qu'il vaut ; simplement de préciser quels furent ses rapports avec Klemperer, et comment celui-ci, qui le qualifie tout de même d' « excellent musicien », le percevait. En outre, si on qualifie souvent Pfitzner de musicien « conservateur », je pense qu'il faut distinguer, mieux qu'on ne le fait souvent, l'homme et l'oeuvre : ses opinions politiques et son credo esthétique (quand il écrivait des essais) n'étaient certes pas progressistes ; mais la musique réserve des surprises : ainsi le second quatuor à cordes op. 36, par exemple, est une oeuvre très hardie à sa manière, au sens où le premier Schoenberg peut l'être. Je vous prie aussi de croire que, même si j'ai passé du temps sur ce site à essayer de promouvoir des compositeurs qui ont été des victimes du nazisme, comme Hans Krasa, Erwin Schulhoff et Viktor Ullmann, je le fais d'abord et principalement pour des raisons esthétiques (ils étaient vraiment d'excellents musiciens, et effacer le Kaiser von Atlantis de l'histoire de la musique, je ne suis pas d'accord) et de même, je pense qu'il faut juger Pfitzner, le musicien, sur les mérites propres de ses oeuvres.

Je ne sais pas si cette édition Klemperer fera ressurgir les compositions de celui-ci, si on s'intéresse à ce chef, sa propre seconde Symphonie mérite d'être écoutée.

Au plaisir d'un autre échange, en effet.

Cordialement, D. U.

En réponse à un message antérieur du 31 oct. 12 11:39:01 GMT+01:00
Savinien dit:
« Au sens du premier Schoenberg » : je vous rejoins tout à fait, c'est clairement là que se situe la limite au-delà de laquelle Pfitzner se refusera de regarder. On retrouve d'ailleurs aussi dans sa musique les influences de Strauss, Mahler (ou parfois Debussy), mais sa musique se dessine dans la tradition directe de Schumann et Wagner, se fermant définitivement (et de manière revendiquée) à toute école réellement novatrice. Partant en somme du même terreau ; le génie (incomparable, dans ce cas) de Schoenberg aura été d'en avoir explosé les barrières pour en faire émerger une nouvelle musique pour son siècle.
Note : j'ai finalement retiré la mention de Pfitzner dans mon commentaire ; le mettre en évidence comme « maître » serait lui donner plus d'importance encore, ce qui n'est pas le but recherché. Je pense que vos remarques judicieuses constituent une évocation plus que suffisante et bien plus juste.
Bien Cordialement,
Savinien.

En réponse à un message antérieur du 1 nov. 12 14:27:12 GMT+01:00
Savinien dit:
Bonjour Monsieur Urval,
J'ai omis de répondre à votre interrogation à la fin de votre dernier message. Dans les parutions EMI il est en effet prévu en mars 2013 un coffret de 4cds consacré à la musique du XXème siècle, qui devrait reprendre cette fameuse deuxième symphonie (avec aussi les captations Stravinsky, Hindemith et Weill). Citons aussi un coffret de 5 cds consacré aux pièces de Wagner mais surtout aux poèmes symphoniques de Richard Strauss, bien plus rares aux catalogues (prévu en mai 2013).
Bien cordialement,
Savinien.

En réponse à un message antérieur du 1 nov. 12 15:32:19 GMT+01:00
Henrard dit:
Bonjour Monsieur, VU pour cette série de commentaire sur le géniale Klemperer. Toutefois, malgré l'eau à la bouche que vous nous mettez, pourriez vous nous dire de quoi il retourne au niveau de la qualité sonore des enregistrements qui semblent parfois anciens, avant la stéréo en particulier. Est ce pénalisant ?
Cordialement

En réponse à un message antérieur du 1 nov. 12 18:39:23 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 1 nov. 12 19:03:31 GMT+01:00
Savinien dit:
Bonjour Henrard,
Tous les enregistrements de ce coffret sont des studios des années soixante et sont en stéréo (il y a quelques captations mono dans le coffret Beethoven, mais ce sont de très bonnes monos). Ils sont proposés dans leur remastering des années 90 (sauf les Symphonies 3&4 de Schumann qui ont bénéficié d'un remastering en 2011). Sans être du niveau de captations actuelles donc (encore que, quelques fois on se poserait bien la question ! ;), la qualité sonore est globalement plus qu'acceptable, similaire à des centaines de captations EMI de cette époque qui continuent d'inonder les catalogues, et ne constitue absolument pas un handicap ici (à mon sens en tout cas).
En vous remerciant une fois de plus de vos lectures et de votre intérêt,
Bien cordialement,
Savinien.

En réponse à un message antérieur du 2 nov. 12 08:06:15 GMT+01:00
bonjour à tous, pour l'instant j'ai écouté deux CD de ce formidable ensemble (les Schubert 8 et 9, et les ouvertures de Weber et Schumann) et cela m'a fait le plus grand bien de réentendre ces formidables leçons de direction d'orchestre, et de musique tout court : l'inachevée est immense, il n'y a pas d'autre mot, et la neuvième est une des plus belles de toute la discographie (sauf peut être le scherzo, un peu trainant à mon goût, mais les trois autres mouvements sont tout simplement sublimes) et les ouvertures de Weber font regretter que le legs discographique de Klemperer en matière d'opéra soit si mince (on rêve du Freischutz qu'il aurait pu nous donner...) je connais déjà la plupart de ces enregistrements, et je sais qu'il y a pas mal de références (les Mendelssohn, la quatrième de Schumann, la cinquième de Schubert) et d'autres choses passionantes mais plus discutables (certaine "Fantastique", en particulier) à suivre.

Publié le 4 nov. 12 14:15:04 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 4 nov. 12 16:32:58 GMT+01:00
L' AIGLE dit:
Cher SAVINIEN et autres « remarqueurs » remarquables que je citerais dans ma remarque !

Votre « commentaire » déborde bien évidemment ce triste mot réducteur et je l'ai précieusement et lentement dégusté dans son style et sa complétude magnifique. Je serais un peu long (on ne se refait pas !) Vous m'en excuserez, mais je n'aurais pas évoqué tout ce que la richesse de vos remarques suggère.

Depuis toujours et tout petit, j'ai admiré KLEMPERER - dont le patronyme sonne phonétiquement et étrangement en français sans le KL et le place naturellement au plus haut ! Ainsi que B.WALTHER si proche.
Votre description de ses états de santé, situe bien la stature exceptionnelle d'une volonté farouche de vivre et de s'élever au-dessus de ces terribles handicaps qui en auraient abattus plus d'un.
C'est ainsi, je pense qu'il faut écouter le legs miraculeux de ce géant, dans tous les sens du terme, en ayant à l'esprit ces données essentielles et avoir soi-même ce profond sentiment de reconnaissance par cette extraordinaire leçon de la suprématie de l'esprit sur la biologie et jusqu'à son dernier souffle dans l'amour de donner en surmontant les affres de la souffrance et de l'angoisse de la mort ! Ceux qui n'ont jamais eu de gros « ennuis » de santé obturant tout avenir, ne peuvent sentir ce qui se passe dans la pensée et le sentiment de ceux qui en sont atteints, l'angoisse de ne pouvoir tout donner... Franz SCHUBERT est aussi un cas terrible, seulement dix ans de création, plus de 900 opus en étant gravement malade !

Béni soit donc Walter LEGGE qui a toujours su sentir l'exceptionnel et sans lequel le rappel de ces 13 coffrets, à thésauriser absolument, ne seraient jamais parvenus à nos oreilles... et à notre cœoeur !
Il ne faut pas l'oublier, la musique n'est pas seulement cérébrale, elle est essentiellement ÉMOTION...
La musique est un objet sonore qui n'échappe pas à l'observation de l'esprit scientifique, mais qui exige plus, puisque sa complexité est bien plus qu'une matière sonore, car « l'objet » vibratoire qu'est la musique est l'expression de la vie même, biologique, psychique et spirituelle, d'où la grande difficulté de la saisir à cause de son efflorescence quasi insaisissable, dépassant les seules facultés intellectuelles. Aussi, il m'apparait que tout acte de composition, de création véritable mérite le respect avant ou pas d'admiration. Mais une oeœuvre doit être écoutée et regardée de nombreuses fois pour elle-même, sans chercher à comparer au connu, cela se fait inconsciemment, par réflexe de trop plein de savoir et pas assez de connaissance. D'autres parts, nombre d'œoeuvres ne livrent pas leurs quintessences à la première audition, il faut insister.

Denis URVAL a effectivement raison gardée qu'il faut « juger » les musiciens pour ce qu'ils sont et non entrer dans les idéologies politiques mal placées en jugeant l'histoire sans en connaître les implications cachées. NAPOLÉON BONAPARTE disait : « L'histoire est une suite de mensonges sur lesquels les hommes se sont mis d'accord.» Et H. de BALZAC : « Il y a deux Histoires : l'Histoire officielle, mensongère, qui nous est enseignée et l'Histoire secrète où se trouvent les vraies causes des événements, une Histoire honteuse. »
En fait, puisque l'histoire est toujours écrite par les vainqueurs, « Le manichéisme en histoire est une sottise. » (Michel QUINT)

Pour ma part, en Art, je préfère le vocable « apprécier », car comparaison n'est pas raison. Aussi l'on ne peut apprécier la musique que si l'on ne distribue pas des cotations comparatives toujours destructrices dont le penseur est la première « victime », prisonnier des formes ayant formaté son audition ! La cotation n'est entièrement valable que pour les critères de la qualité technique de l'exécution.
Ainsi, on apprécie chacun au niveau de ce qu'il a donné, et les compositeurs, dit faussement « mineurs », permettent de « reposer » son écoute en la diversifiant hors des critères esthétiques imposés par « la pensée unique du musicalement correct ( là aussi !), en évitant ainsi de creuser le même sillon, si magnifique soit-il, par cette frénétique recherche de l'absolu en musique comme de « l'interprétation » unique !

Il est vrai que les grands chefs, n'ont apparemment pas été des compositeurs géniaux si l'on pense à FURTWÄNGLER, KLEMPERER, DORATI ...et bien d'autres. Mais toute règle comporte des exceptions comme pour Félix WEINGARTNER, un très grand chef (préféré de WAGNER) et compositeur prolifique, auteurs de 7 symphonies et de 72 opus ! (Publication chez CPO)
Il est évident que l'énergie exigée par cette exposition intense de soi et le temps passé sur les partitions d'autrui, doit sans aucun doute brouiller, sinon paralyser sa propre inspiration. MAHLER ne pouvait composer que durant les deux mois de l'été !

Pour HENRARD, nous avons souvent dit dans nos commentaires qu'il ne faut pas craindre la mono, car il est des enregistrements qui sont meilleurs que certaines stéréo. On peut en attester pour KLEMPERER et je vous recommande un extraordinaire enregistrement des Œoeuvres Orchestrale de MAX REGER par H. SCHERCHEN, où là aussi la question mono ou pas ne se pose même pas ! Scherchen conducts Reger

Pour J.M. FERRARINI nous avons répondu en partie précédemment, et il est vrai que l'aura de l'EMPEREUR marque indélébilement tout ce qu'il dirige, et si certaines œoeuvres dérangent notre habitude d'écoute, il faut toujours insister, c'est qu'il y a qq chose à glaner ! Pour l'opéra, LE VAISSEAU FANTOME de Otto reste un des rares sommets enregistrée de cet opéra.

Un très bien VU donc et très cordialement à tous.

En réponse à un message antérieur du 4 nov. 12 18:00:24 GMT+01:00
wotan dit:
Cher Aigle,

Votre analyse sur KL Empereur est remarquable et donne envie de réécouter ces précieuses pépites.
Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de l'entendre "live", cet Empereur ayant rejoint d'autres dieux au Parthénon en 1973.
J'ai toujours préféré les enregistrements live au son studio, même si le" Leg" précieux de Walter est ce que l' on trouve de mieux au disque ( prise de son, choix des orchestres, disponibilité...).
Et les enregistrements mono sonnent souvent mieux que des trafics opérés par des ingénieurs dits du son et totalement sourds!
Comme vous, je fuis les comparaisons car elles n'ont aucun sens, sauf peut être pour les producteurs de France Musique dont l'inculture égale l'incompétence.
J'ai récemment balancé quelques missiles sur un inculte dénommé "Lompech"; mais il me semble qu'il n'a strictement rien compris. Et tout ce beau monde sombre avec une radio publique dont on ne peut qu'attendre la disparition totale, l'effondrement étant derrière eux.
Le disque , et je persiste à privilégier les 33 tours sur du matériel haut de gamme malgré X milliers de CD, constitue un précieux témoignage de ces dieux qui doivent vraiment bien se marrer s'ils perdent un peu de temps à observer la situation musicale actuelle assez catastrophique.
Pour autant, il ne faut jamais idéaliser le passé et s'inscrire avec un optimisme indomptable dans le présent.
De nombreux DVD, CD devraient permettre à de jeunes chefs de prendre une leçon. D'apprendre ce qu'est la musique, le travail.
Restons aux aguets! Certains sont prometteurs... mais à des années lumières des maestros que nous aimons évoquer.

Bien à L'Aigle.
‹ Précédent 1 2 Suivant ›

Détails de l'évaluation

Article

Commentateur

Savinien
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   

Lieu : Liège, Belgique

Classement des meilleurs critiques: 6