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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un travail de titan mais une narration peu vivante et des objections plus théoriques, *** et demi, 20 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anathem (Poche)
Comment ne pas être admiratif devant le travail, la rigueur et l'ampleur de cette dernière œuvre de Neal Stephenson ! Non seulement celui-ci se projette dans un futur très lointain mais en plus son futur est celui d'une civilisation humaine complétement pensée depuis ses racines de l'Antiquité (ou son équivalent dans ce monde appelé, en anglais, Arbre) !

Sidérant et excessivement impressionnant. Chapeau bas.

Souvent hélas, ce type d'érudition apporté au « World-Building » nuit à la qualité de l'intrigue ou des personnages. Le tome présent n'échappe pas à ce défaut, comme pour presque chaque œuvre de Stephenson (hormis Zodiac et Le Samouraï virtuel). Cependant pour ma part j'ai longtemps été captivé par la découverte graduelle de cet étrange univers.

Imaginez 7000 années d'un monde inconnu à vous exploitées sous vos yeux. Bon, ne rêvons tout de même pas trop, les philosophes de ce monde sont tout de même fortement inspirés de leurs contreparties terriennes (Socrates devient "Thelenes" et Plato, "Protas"), d'ailleurs dans ses remerciements Neal Stephenson affirme qu'il faut considérer cette œuvre comme un cadre de fiction permettant l'exploration des idées ayant jailli dans l'esprit des plus grands penseurs de la Terre, tels Thales, Pythagore, Platon, Saint Augustin, Leibniz, Kant, Mach, Husserl, et Godel.

Bien entendu un simple décalque ne serait pas très intéressant pour un public de SF, voici donc les différences intéressantes que j'ai pu relever (ou comprendre).

Le début de la Philosophie dans le monde d'Arbre semble provenir d'une puissante intuition sur l'existence d'une perfection des formes qui a un jour jailli dans l'esprit d'un proto-philosophe nommé Cnous. Ses deux filles, Hylea et Deat en ont fait deux interprétations très différentes, l'une laïque et l'autre religieuse.
L'histoire de la pensée à partir de là a produit deux types de communautés scolastiques dont l'une n'est basée que sur la rationalité et l'étude scientifique, les Concents (déformation de couvents). C'est bien entendu cette innovation-là qui nous sera présentée dans ce roman.

La première partie du roman, de l'ordre de 400 pages se déroule intégralement à l'intérieur de cet étrange Monastère où les avouts sont séparés radicalement de toute interaction avec la société séculaire mais aussi de tout instrument plus sophistiqué que le papier et le crayon (excepté la Corde, le Tissu et la Sphère, tous faits de nouvellematière et par conséquent modelables voire même émetteur de lumière).

Cette séparation n'est bien entendue pas absolue et ménage des espaces d'interaction avec le monde séculaire selon 4 périodicités, un an, dix ans, cent ans et mille ans ! A chacune de ces périodicités correspond une communauté appelée math (sorte de cloître) elle-même totalement séparée des quatre autres, vous avez donc les unaristes, les déceniste, les centénaristes et les millénaristes.

A la fin de chaque séquence, les habitants de(s) math(s) concerné(s) peuvent quitter le concent et interagir avec la population « normale », j'insiste sur cet adjectif car la population séculaire (plèbe) n'est pas présentée sous son meilleur jour, inculte (en particulier illettrée, ne sachant lire qu'un ensemble de pictogrammes, abruties par la consommation d'euphorisant et prisonnière de toutes sortes de modes imposées) ce qui doit être la pire des insultes chez Stephenson.

Pendant dix jours les avouts se mélangent donc à la population (l'Apert) et c'est aussi le moment où des échanges de population peuvent avoir lieu, le Concent accueillant des enfants plus ou moins abandonnés et des « étudiants » retournant au monde séculier après quelques années d'études.

Cette rapide introduction réalisée (!), il me reste à vous parler des moyens que l'auteur emploie pour vous faire découvrir son si particulier univers et là bonne surprise, la narration est linéaire et restreinte essentiellement à un seul personnage, ouf ! Heureusement que l'auteur n'a pas rajouté du multi-points de vue multi-temporel à la complexité de son récit. D'ailleurs le nombre de personnages utilisé est au final extrêmement restreint.

Nous suivons donc Erasmas, un déceniste rentré à l'age de huit ans au concent, pendant les semaines précédant l'ouverture du monastère au monde et au-delà. C'est au travers de ses activités quotidiennes que sont révélées graduellement une bonne partie de ce dont j'ai parlé au début de ce commentaire et ce jeu de piste est agréable pour les lecteurs comme moi.
Et la jeunesse des protagonistes, autour de dix-huit ans, permet de justifier leur manque de profondeur ainsi que leurs défauts de compréhension de cet univers, aggravé par le fait que Erasmas est loin d'être le plus brillant de sa génération !

Heureusement à ce moment commencent à intervenir des évènements mystérieux, l'arrivée d'Inquisiteurs (hé oui, comment croyez-vous faire respecter la Discipline issue des trois grandes périodes de sac des Concents par le monde Séculaire), la fermeture des télescopes du Concent, puis l'expulsion du mentor d'Erasmas ... c'est comme un jeu de piste compliqué et ça se lit comme « Le nom de la rose » !

A l'issue de ces évènements, nous suivons le périple d'Erasmas et quelques-uns de ses compagnons à l'extérieur du Concent à la poursuite de son mentor Orolo et je dirais que l'intérêt s'étiole à partir de ce moment car les révélations sur le monde deviennent bien moins denses et si la dynamique entre les personnages devraient alors prendre toute la place ... chacun sait que ce n'est pas le point fort de Neal Stephenson.
En dehors de l'aspect romanesque faiblard du roman, mais ce n'est pas ce qu'on attend de cet auteur, j'ai tout de même des objections théoriques.

- Les Concents nous sont présentés comme des lieux où le savoir est révéré, à tel point qu'il en devient la substance même des pensées de chacun. Or des maladies rares du cerveau ont démontré, s'il en était besoin, que le moteur de l'Homme était bien l'ensemble de ses émotions. Le quotidien de ces hommes aurait donc dû être constitué de bien autre chose que du savoir aride, surtout à ces âges « hormonaux ».

- Les Concents sont présentés comme les plus hauts lieux du savoir humain sur toute la planète, or ses praticiens n'ont droit qu'à du papier et des crayons. Or un savoir n'est maitrisé que si il est pratiqué, que si vous disposez d'instruments de mesure ! Comment voulez-vous qu'il existe des physiciens des particules sans synchrotron ou des généticiens sans plants ni pipettes ?

- Enfin je ne vois pas l'intérêt de nous avoir faire perdre tout notre acquis philosophique et scientifique en ayant changé tous nos repères par ce changement perturbant du nom des scientifiques et philosophes.

Si vous êtes déjà tout acquis à Neal Stephenson, je pense qu'on peut considérer ce livre comme son chef d'œuvre (prix Locus). Si vous ne connaissez pas encore mais que vous aimez les vastes épopées complexes à la Steven Erikson vous devriez aussi y trouver votre bonheur, quant aux autres ... posez-vous au moins la question car c'est un investissement d'un millier de pages quand même !
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Message initial: 21 mai 11 10:55:53 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 21 mai 11 10:56:31 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
Ce livre semble être une oeuvre ambitieuse et très travaillée qui aurait pu me tenter si je n'avais pas lu : "la dynamique entre les personnages devraient alors prendre toute la place ... chacun sait que ce n'est pas le point fort de Neal Stephenson" et "En dehors de l'aspect romanesque faiblard du roman".
Cet aspect me parait rédhibitoire pour mes goûts.
Je ne comprends pas le besoin souvent récurrent des auteurs d'embrouiller le lecteur avec des noms très compliqués, à rallonges, bourrés de trémas et d'apostrophes ; j'ai l'impression que le changement des noms des philosophes et savants dans ce livre relève de la même tendance, non ? à moins que ce ne soit par humilité ?

Quand au manque de supports physiques à la recherche et à la connaissance scientifique, elle me troublerait sans doute aussi. C'est pratiquement la seule chose qui me gêne dans ma lecture actuelle, très intéressante par ailleurs (Parade nuptiale). Bon, je n'en suis même pas à la moitié, et étant donné l'amenée tout en légèreté des éléments nécessaires à la compréhension du "monde", j'ai encore bon espoir d'obtenir satisfaction !

(J'allais oublier : j'ai bien aimé "l'âge hormonal"... je crois que c'est un argument que je vais pouvoir recycler)

En réponse à un message antérieur du 24 mai 11 21:29:23 GMT+02:00
C'est vrai que les noms compliqués c'est dur pour le lecteur, mais ça se justifie lorsque le monde est très différent, c'est juste que ce n'est pas le cas ici.
Quant à parade nuptiale, oui on ne comprends pas que la génétique se développe à ce point sans outils, sauf que la génétique à la Gregor Mendel n'a besoin que de pois ! C'est donc possible tant qu'on ne sélectionne qu'avec des méthodes naturelles.
J'attends votre commentaire avec impatience, c'est un de mes romans préférés (lu il y a longtemps il est vrai.

En réponse à un message antérieur du 24 mai 11 21:47:35 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
Tiens, c'est dans la série de la sorcière de Clemens où le traducteur français a eu la bonne idée de supprimer quelques apostrophes (Numéro 2 poursuit cette série en ce moment, ce qui ne la fait pas cauchemarder, bien qu'il y ait des trucs Horribles, alors que mes détails sur Parade Nuptiale ont été manifestement de trop !).
Pour en revenir à la génétique, on parle bien de technologie dans P.N. Le truc des pois ça ne permettrait pas de faire des clones Liethe ou bien des matrices de crèche. Bon, l'auteur est un mathématicien, pas un biologiste, ça se sent un peu.
(Il faut que je me concentre pour ce commentaire, c'est un gros morceau à avaler - oups, je n'aurais peut-être pas dû dire ça).

En réponse à un message antérieur du 24 mai 11 21:50:09 GMT+02:00
Désolé, vous avez raison, ma mémoire m'a trahi, il y a de la techno mais je crois que c'est de la techno hérité des premiers colons, elle n'est pas indigène.

En réponse à un message antérieur du 24 mai 11 21:59:48 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
Oui, c'est ce qu'on comprend. Mais il met pas mal de temps à parler de source d'énergie (les plantes, mm) et n'explique pas du tout l'extraction des métaux par exemple. On a l'impression d'une ère greco-romaine, pas du tout industrialisée... Il parle d'azote liquide, comment est-elle produite ? - mais ils ne peuvent pas congeler pas la viande... Bon, je pinaille, mais c'est le genre de choses qui me tracasse. Cet auteur est très précis par ailleurs. Par exemple il n'oublie jamais de signaler quand les femmes sont toutes nues ! (j'avoue, ça m'a fait rire, il en rajoute un peu tout de même. D'un autre côté, il a raison, c'est son livre après tout, si ça lui fait plaisir...)

En réponse à un message antérieur du 24 mai 11 22:05:38 GMT+02:00
Je crois que toutes ces incohérences apparentes sont liées à des "restes" de technologie.

En réponse à un message antérieur du 24 mai 11 22:09:52 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
C'est trop facile, ça ! Bon, je râle mais c'est parce qu'il est si précis pour la vraisemblance du reste que ça m'a un peu frustrée.
(Il n'est pas non plus parfaitement informé sur la lactation des femmes... bon j'arrête)
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