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2.0 étoiles sur 5 Apple où le modèle de la désindustrialisation radicale, 17 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Steve Jobs (Broché)
En mémoire de Steve Jobs...

Apple est née dans la Silicon Valley, cette concentration d'entreprises située à proximité de la prestigieuse université de Stanford qui alimente en informations, en personnes qualifiées les jeunes pousses informatiques qui veulent réaliser le rêve américain du grand succès. Les fabricants de hardware Hewlett-Packard, Sun Microsystems, Intel, Cisco, AMD, nVidia, les éditeurs de logiciels comme Adobe, Business Objects, Symantec, les spécialistes du web tels que Yahoo!, Google, Facebook etc. ont tous commencé dans cette vallée et leurs sièges sociaux y demeurent.

Pourtant, comme le signale Jean-Michel Quatrepoint dans « Mourir pour le Yuan ? : Comment éviter une guerre mondiale», « la fabrication informatique américaine ne représente plus que 166.000 emplois ; c'est moins qu'en 1975. Contre 1,5 millions en Asie. » Apple a créé un modèle de société dit « fab-less », sans usine. Toute la fabrication des millions de produits vendus est réalisée en Asie, essentiellement chez Foxconn, entreprise taïwannaise implantée en Chine Populaire où quelque 250.000 employés travaillent exclusivement pour la firme de Steve Jobs, dans des conditions de travail indignes des standards du "rebelle" Steve Jobs (qualificatif maintes fois servi par le biographe de complaisance Walter Isaacson; génération Rock'n Roll, acides, drogues en tous genres, égocentrisme démesuré, zéro culture, végétalien). Steve Jobs a initié dès la fin des années 1980 la délocalisation de la production, fermant usine sur usine sur le sol américain ne conservant que la conception et le marketing des produits. Alors que le modèle américain des entreprises de haute technologie japonais (Sony, Toshiba, NEC,...) intégrait toute la chaîne de la conception à la vente du produit, Steve Jobs a délocalisé la production pour réduire les coûts de main d'oeuvre et augmenter les marges bénéficiaires.

Apple a servi de modèle aux entreprises innovantes dans cette délocalisation méthodique de la production en Chine. Non seulement les transferts de technologies y ont été réalisés mais la désindustrialisation de l'Amérique, modèle même des pays capitalistes occidentaux, s'est accélérée.

Or la fabrication est source d'innovations. Elle est mère de l'expérience. En tuant la fabrication, c'est l'industrie des hautes technologies elle-même fer de lance de la puissance américaine qui est mortellement blessée. Au-delà de ce secteur, c'est celui de l'industrie en général qui a suivi ce mouvement, participant à la création endémique du chômage.

Steve Jobs fut l'un des acteurs de cette désindustrialisation, de ce mouvement général de délocalisation de la production en Chine non pas pour conquérir le marché asiatique, mais pour importer ensuite ces produits à moindre coût. Cette désindustrialisation est la responsable principale des déficits publics financés par la dette dont les citoyens, déjà frappés par la précarité des emplois, la baisse de pouvoir d'achat, le chômage, vont devoir faire les frais.

A la fin de l'ouvrage, sur ses derniers jours, Steve Jobs semble prendre conscience que le modèle américain ne fait plus rêver car il est orienté vers la maximisation des profits, l'appauvrissement de l'enseignement (il fait remarquer au Président Obama qu'il manque 30.000 ingénieurs aux Etats-Unis pour superviser toute la production d'Apple qui s'est ainsi "trouvée contrainte" d'employer 700.000 asiatiques en main d'oeuvre délocalisée. Quelle naïveté ! Pour quels idiots le journaliste nous prend-t-il ? Est-il devenu la chèvre pensante tombée dans le "champ de distorsion de la réalité" reconnu chez jobs ? Ou bien est-il à ce point intoxiqué d'idéologie libre-échangiste qu'il ne se rend compte de rien ? Nulle mention n'est faite de l'optimisation fiscale de la firme à la Pomme, qui ne paie presque pas d'impôts aux Etats-Unis. La moutarde monte au nez quand l'épouse de Jobs regrette le manque de moyens médicaux mis à disposition de son milliardaire de mari. Mais ma bonne dame, c'est tout le bénéfice de la privatisation du système de santé qu'en interdisant des millions de citoyens américains aux soins, la recherche faiblit et les moyens de cette dernière aussi. Pas vu, pas pris. Quid aussi de l'amitié de Jobs avec le tentaculaire régisseur de l'information mondiale, ultra-libéral, menteur (sur la seconde guerre du Golfe), francophobe, Rupert Murdoch ? Qui peut croire encore au mythe d'un Jobs "rebelle" ? Seul un public adolescent, et encore.

... En mémoire de Steve Jobs, boycottons Apple.
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Message initial: 23 févr. 13 05:47:27 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 24 févr. 13 19:30:25 GMT+01:00
pomme dit:
Vous avez raison, et vos arguments sont pertinents, mais il existe aussi toute une portion du gars (dont son sens de l'esthétisme, de la beauté d'un objet le faisant par la même désiré et donc acheté sans considération du prix, sa vision des produits du futur comme la tablette) que vous ne pouvez ignorer. Que la biographie soit de complaisance, et un pavé assez indigeste sont également certains.
Par ailleurs les classes moyennes et populaires aux USA comme partout ailleurs sont aussi les victimes des baisses d'impôts des plus riches, qui de surcroît s'enrichissent depuis les années 70 dans des proportions inimaginables, la cupidité et la stupidité étant sans borne.

Publié le 25 févr. 13 00:04:47 GMT+01:00
Chouette ! dit:
Pomme

En effet. L'admiration de Jobs pour le Bauhaus, la réussite de son concept d'informatique intégrée, l'excellence esthétique du marketing de ses produits, le talent : l'ouvrage cependant n'apprend pas grand-chose qui n'ait pu être écrit en 3 ou 4 pages. Près de 900 pour délayer cela, arrosé des pleurs hystériques de Jobs quand il se voyait contré...

En illustration et étude de votre analyse sociale US lire l'excellent ouvrage de Serge Halimi "Le Grand Bond en arrière" dont j'ai proposé cette semaine une fiche de lecture à "Royaliste". Je la publierai sur ce site quand elle paraitra dans ma revue préférée.
Bonne soirée

Latour07

En réponse à un message antérieur du 3 mai 13 14:22:32 GMT+02:00
Chouette ! dit:
Apple, champion du monde de l'évasion fiscale ? Jeudi 2 Mai 2013 à 12:30 - Mariane

Tout le monde ou presque aime Apple. Un nom si mignon, des produits si attractifs (cet article est d'ailleurs écrit sur un ordinateur de la marque...), un marketing si inventif... Vraiment comment pourrait-on détester Apple ? A moins de lire le Financial Times de ce matin. Le journal officiel du libéralisme international nous révèle les dessous d'une curieuse opération financière initiée par Tim Cook, le successeur du défunt Steve Jobs à la tête de la firme.

La direction a annoncé devoir emprunter de l'argent sur les marchés 17 milliards de dollars, afin de payer une partie de l'énorme programme de dividendes et de rachats d'actions (100 milliards de dollars sur trois ans !), destiné à enrayer l'effondrement du cours d'Apple en bourse (-45%). Mais pourquoi emprunter alors qu'avec 145 milliards de dollars, la trésorerie d'Apple est largement suffisante?

La réponse est dans le FT : pour éviter de payer des impôts ! Plus des deux tiers de profits de Apple sont gardés bien au chaud dans des paradis fiscaux. Rapatrier l'argent aux Etats-Unis pour servir les actionnaires coûterait 9 milliards de dollars à Apple, puisqu'il faudra acquitter 35% de taxe. On comprend donc pourquoi Apple préfère emprunter que de soutenir l'effort de désendettement des Etats-Unis ! Il y a des journaux qui trouvent cela absolument génial, comme le Figaro .
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Latour07
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