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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Borgia on my mind !, 3 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : PARAMOUNT PICTURES The Borgias - Season 1 [BLU-RAY] (Blu-ray)
Considérablement moins violent et nettement moins érotique (et s'adressant donc à un bien plus large public), bénéficiant d'une palette plus conséquente de décors différents et de scènes d'extérieur (ce qui fait qu'on y respire un peu plus que dans la version européenne), et, curieusement, racontant l'histoire des Borgia d'une manière assez différente (en-dehors des grandes lignes qui sont 'données' par l'Histoire) et finalement plutôt plus intéressante, écrit et réalisé par l'irlandais Neil Jordan ('La compagnie des loups', 'Mona Lisa', 'The crying game', 'Entretiens avec un vampire', 'Michael Collins', 'Breakfast on Pluto') pour la chaîne de télévision américaine 'Showtime' ('Brotherhood', 'Dead like me', 'Californication', 'Dexter', 'Nurse Jackie', 'Queer as folk', 'Les Tudors', 'United States of Tara', 'Weeds'), 'Les Borgia, la version américaine' illustre en 9 épisodes de 50mn (contre 12 pour le feuilleton européen éponyme, d'où un rythme plus soutenu) la terrible histoire des sulfureux Borgia :

En 1492 à Rome, le cardinal espagnol Roderic de Borja (le britannique Jeremy Irons, que l'on ne présente plus), devenu Rodrigo Borgia en Italie, qui vient de perdre son fils aîné, travaille à se faire élire Pape. Neveu du Pape Calixte III (de son vrai nom Alfons de Borja), qui régna de 1455 à 1458 et fut suivi sur le trône du Vatican par Pie II, Paul II, Sixte IV et Innocent VIII, Rodrigo Borgia va effectivement devenir Pape sous le nom d'Alexandre VI et va le rester jusqu'en 1503.

Ce manipulateur 'Saint-Père' avait eu plusieurs enfants de différentes femmes, dont Juan (David Oakes), qui va devenir Duc de Gandie (première étape vers le trône d'Espagne) et dont le personnage est beaucoup plus effacé dans ce feuilleton-ci, et Cesare (le canadien François Arnaud, vu dans 'J'ai tué ma mère' de Xavier Dolan), un prince particulièrement ambitieux qui voulait unifier l'Italie et pensait que le sang allait de pair avec la politique et sut notamment se servir de sa jeune et jolie sœur, Lucrezia (la britannique Holliday Grainger, 23 ans, alors que Lucrèce n'avait que 13 ans quand elle a été mariée pour la première fois !), pour nouer, puis dénouer les alliances dont il avait besoin pour asseoir sa puissance sur une Italie qui était loin encore d'être unie.

Conseillé par Machiavel, auquel il servit de modèle pour son 'Prince', Cesare, qui n'ignorait rien de l'art d'arriver au pouvoir et surtout de s'y maintenir, et qui pensait que ce qu'un premier César avait réussi à faire, un deuxième César devrait pouvoir le refaire, vit au travers des mariages successifs de sa sœur Lucrezia avec Giovanni Sforza (qui fit tomber le Duché de Milan dans l'escarcelle de la famille), Alphonse d'Aragon (qui leur apporta le Royaume de Naples), puis Alphonse 1° d'Este (Duc de Ferrare, Modène et Reggio d'Emilie...) une grande partie de l'Italie tomber sous sa coupe. Assassin de son propre frère aîné, d'Alphonse d'Aragon ainsi que d'amants occasionnels de sa lascive sœur (morte à l'âge de seulement 39 ans en 1519 en mettant au monde son huitième enfant), le cruel et perfide Cesare (mort en 1507 à l'âge de 32 ans) fit régner violence et peur au nom de la Papauté sur une Italie qui n'en demandait pas tant.

Le seul qui osa s'opposer officiellement aux sulfureux Borgia, fut le moine dominicain Savonarole que le Pape fit arrêter, excommunier, pendre, puis brûler en place publique...

Profondément noire et irrémédiablement implacable, 'Borgia' c'est du Shakespeare 'live': adultères, assassinats, basses œuvres, complots, coups tordus, haine, humiliations, idéalisme religieux, incestes, injures, intimidations, jalousies, mariages arrangés, marchandages, mensonges, orgies, passion, pragmatisme politique, retournements d'alliance, trahisons, violence ; tout le catalogue des vices à peu près connus de l'être humain défilent au fur et à mesure des épisodes, étant entendu que la véritable histoire des malfaisants et débauchés Borgia a dû susciter bien des médisances (pour des histoires de jalousie surtout) et fantasmes (parce que les siècles passent et que 'chacun' -de ceux qui commentèrent et commentent, Neil Jordan inclus- y ajoute évidemment son 'grain de sel', donne sa propre version du 'mystère' Borgia, forcément en partie imaginaire, et déforme ce faisant, de la réalité au mythe, l'Histoire).

Dans cette première saison sont plus particulièrement traités l'accession au pouvoir du nouveau Pape (dès le premier épisode) ; le complot qu'ourdit immédiatement après le cardinal della Rovere (le canadien Colm Feore, le mari de la Présidente des USA dans 'Redemption' et '24 heures chrono 7') pour le faire destituer ; les efforts meurtriers de Cesare, qui est très amoureux de sa sœur et que seconde un fort efficace spadassin, pour permettre à son père de se maintenir au pouvoir ; le premier mariage de Lucrezia, au départ une jeune 'dinde' qui n'est qu'un simple jouet entre les mains de son père, qui n'a pas hésité à faire assassiner le turc Gem à lui confié par son frère afin d'obtenir de la part de celui-ci l'argent de la dot nécessaire à ce mariage ; l'influence qu'exerce très rapidement Machiavel sur Cesare ; les premières attaques de Savonarole contre la papauté ; les intrigues menées par la nouvelle jeune maîtresse du Pape, Giulia Farnese (Lotte Verbeek) dans le but d'arriver à exister face à la mère de ses quatre grands enfants (la britannique Joanne Whalley, ex-Kilmer, qui joua autrefois avec son mari Val dans 'Kill me again') et ceux-ci ; et enfin la guerre avec le Roi de France, Charles VIII (le français Michel Muller, étonnant et parfait), que Lucrezia, déjà plus mature et sûre de son charme, mène par le bout du nez, sauvant ainsi la papauté, jusqu'à son divorce et la naissance de son premier enfant, qui n'est évidemment pas de son ex mari...

Avec aussi le britannique Derek Jacobi ('Cadfael') et le vétéran français Vernon Dobtcheff dans les rôles de cardinaux.

Après 'Rome', 'Deadwood' et 'Les Tudors', le feuilleton historique, ou du moins d'époque et donc à costumes, a le vent en poupe à la télévision : ces relectures modernes des drames du passé placées sous la pas trop sainte trinité de la politique, du sexe et de la violence fascinent et passionnent. Leur vif succès étant notamment dû aux habituelles scènes de nus (nettement moins nombreuses ici toutefois que dans le feuilleton éponyme européen) qui émaillent notamment tous les 'Lucrèce Borgia' et tous les 'Cléopâtre' de l'histoire du cinéma comme de la télévision (en général autrefois des scènes de bain et d'orgies) : le sexe et le sang ont toujours fait vendre et continuent de le faire.

Tout comme son pendant européen, 'Les Borgia, la version américaine' raconte l'accession, puis le maintien au pouvoir et son extension, à la pointe de leurs épées de chair et d'acier, d'une poignée d'étrangers à Rome, qui, bien que méprisés par les familles de la noblesse italienne, n'en ont pas moins profondément marqué leur époque (la preuve : on parle encore d'eux aujourd'hui et même plutôt deux fois qu'une en l'occurrence !).

A noter : les Borgia ont été évoqués dans de nombreux films et téléfilms dont le 'Lucrèce Borgia' d'Abel Gance en 35 avec Edwige Feuillère (28 ans alors), 'Echec à Borgia' d'Henry King en 49 avec Orson Welles dans le rôle de César, 'La vengeance des Borgia' de Mitchell Leisen en 49 aussi avec Paulette Goddard (39 ans alors), le célèbre 'Lucrèce Borgia' de Christian-Jaque en 53 avec Martine Carol (33 ans alors), les italiens 'Les nuits de Lucrèce Borgia' de Sergio Grieco en 59 avec Belinda Lee (24 ans alors) et 'L'imposture des Borgia' de Sergio Corbucci en 65, et même dans le 4° conte des 'Contes immoraux' de Walerian Borowczyk en 74, sans parler du feuilleton français 'Les Borgia ou le sang doré 'de 1977 écrit et dialogué par Françoise Sagan, et évidemment le feuilleton actuel et donc concurrent proposé par ZDF et Canal+, 'Les Borgia, la version européenne' (plus long, plus introspectif et plus érotique, mais inutilement excessivement violent, théâtral et pesant) créé par l'américain Tom Fontana en 12 épisodes de 50mn tournés à Prague (on pourra remarquer à ce propos que les américains n'ont pas acheté le feuilleton européen -vendu quand même dans 50 pays- et que Canal+ a de son côté acheté les droits du feuilleton US afin d'éviter sa diffusion chez nous !)

A noter également : même la bande dessinée s'y est mise récemment avec la décapante quadrilogie signée des géniaux Alejandro Jodorowski (scénario) et Milo Manara (dessin), 'Borgia', parue entre 2004 et 2010
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Afficher les messages 1-2 sur 2 de cette discussion.
Message initial: 13 déc. 11 14:18:22 GMT+01:00
GB dit:
Bonjour, pouvez-vous préciser si cette édition possède une VF ou une VOST-F ? Merci d'avance et bravo pour votre commentaire !

En réponse à un message antérieur du 13 déc. 11 14:23:55 GMT+01:00
Bonjour et merci pour l'appréciation ! Malheureusement, il ne s'agit pour le moment que de l'édition en anglais, avec des sous-titres en anglais (pour malentendants)... Pour l'édition française, il va apparemment falloir attendre encore...
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