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Coupable,
26 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L' Avocat (DVD)
Léo est un jeune avocat qui rêve de procès d'Assises. Engagé dans un cabinet prestigieux il commence par traiter des dossiers de droit des affaires. Contacté un jour par un certain Ben Corey, il fait la connaissance de Paul Vanoni qui dirige une entreprise de traitement de déchets. Le type lui demande juste de rendre son business légal, en s'assurant que rien n'est répréhensible.
Léo découvre peu à peu des pratiques mafieuses et s'enfonce dans la compromission, au péril de sa vie et de celle de sa femme Eve qui attend leur premier enfant.
Le canevas est classique, mille fois utilisé par le cinéma. L'idée que le droit défende la violence, la corruption, le meurtre, le trafic de drogue, la prostitution et autres calamités, a toujours été une source d'inspiration pour les cinéastes.
Pour exister dans ce registre il faut donc créer du neuf, inventer de nouveaux thèmes, renouveler le cadre de l'intrigue, définir des personnages sans précédent, provoquer des conflits originaux.
Ici c'est tout le contraire qui se passe.
Léo par exemple, est un jeune avocat idéaliste ; Paul Vanoni est un sale type, un voyou. Pour convaincre Léo de travailler pour lui, il est prêt à payer un prix extravagant. Ce prétexte de l'argent est une bien mauvaise idée, car il devrait immédiatement sonner comme une alarme dans la tête de Léo. Son client cherche manifestement à le soudoyer.
Au lieu de ça il est tout de suite ébloui par l'éclat de sa brusque réussite, par le prestige et le confort qu'il va procurer sans attendre à sa famille.
Le scénario ne prévoit pas de conscience immédiate dans la tête du héros. Au lieu de le soumettre par un chantage ou une menace quelconque qui l'obligerait à se renier, c'est lui-même qui décide de se compromettre, pour des raisons pas très glorieuses.
A partir de là l'empathie est rompue, nous ne partageons pas le désir du héros. On n'a plus aucune envie de s'identifier à cet avocat complaisant qui fricote avec la mafia. Sa descente aux enfers ne nous émeut pas et son sort encore moins.
Ce défaut d'identification constitue le premier rejet du film.
Malgré un scénario qui comporte quelques bonnes idées (le traitement de déchets comme source de revenus mafieux), la narration assez archaïque souffre de rhumatismes. On voit même une séquence au procès où le réalisateur résume les débats avec une image à l'écran qui se déplace comme une page de livre qui se tourne. J'avais déjà vu ça dans les contes enfantins ou les films des années 60 style Monte Cristo, mais jamais dans un thriller du XXIe siècle.
Côté distribution, le seul qui joue avec nos nerfs est Ben Corey (Samir Guesmi), l'homme de main de Vanoni, qui avec une violence cynique incarne un personnage bien trempé, dans un registre au-dessus des autres.
Benoît Magimel n'a pas l'ambiguïté du personnage qu'il veut incarner et Gilbert Melki ne s'est toujours pas débarrassé de sa boîte de Lexomil.
Un film qui ne peut faire de concurrence qu'aux téléfilms rediffusés.
Ludi
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