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Ce commentaire fait référence à cette édition : Elephant man (DVD)
Comme toute oeuvre de David Lynch (à part Dune quand même), nous voilà devant un film intemporelle qui ne perdra, certainement, jamais de son attrait.Tour à tour émouvant, énervant et finalement jamais réellement terrifiant. Emouvant : En effet nous sommes face à un être qui a tellement vécu dans l'enfermement et la pauvreté (au sens propre comme au figuré) qu'une fois face à ce nouveau monde qui s'ouvre à lui, il est assailli par l'émotion et trouve ainsi un certain accomplissement. N'ayant jamais connu autre chose, ce milieu de la bourgeoisie peut s'avérer être un paradis que sa condition d'être difforme ne lui permet certainement pas. De plus, les "tortures" des êtres qui le montrent comme étant un phénomène de foire, ne sont finalement pour lui qu'un acte qui se révéle être normal de la part de l'être dit "humain" mais il se bat tout de même contre ça surtout à partir de la fameuse scéne où il est poursuivi par la foule jusque dans les toilettes d'une gare et où il s'écrie "Je ne suis pas un animal" montrant ainsi à ses poursuivants que les animaux ne sont pas forcément ceux qu'on croit. En ce sens, ce film est une aubaine pour David Lynch qui, de part sa mentalité et ses films précédents (essentiellement le long-métrage "Eraserhead") se sent certainement trés proche de l'exclusion de cet être différent ! L'émotion atteint son paroxysme durant le dernier quart d'heure où, aprés avoir été émerveillé par le spectacle théatral auquel il a été convié en tant qu'être sensible (scène où le spectacle lui procure une transcendance qui ne semble être qu'un rêve de part la succession des images) et où, une fois la cathédrale St-Michel achevé (métaphore de l'accomplissement d'une vie) l'Elephant-Man décide d'achever sa vie en tant que John Merrick, c'est à dire comme l'enfant naïf du cadre qui surplombe son lit : un être normal et insouciant. Mais comme le conclut l'image de sa mère : rien ne meurt... Enervant : Oui, énervant, car c'est nous qui sommes dénoncés dans ce film ! Regardez-vous chaque jour vous moquer d'autrui pour prendre une certaine importance qui n'est que fictive et qui finalement ne fait qu'amplifier votre malaise. Alors, certes vis à vis d'un être aussi difforme, hors-contexte et sensible (John n'est finalement qu'un enfant appeuré doué de l'intelligence d'un adulte) cette moquerie devient de la torture et n'est en rien comparable avec des moqueries de cours d'école (qui malheureusement ont tendance à devenire une façon de penser : l'arrivisme ambiant en milieu professionel ou pire, la culture qui nous martelle chaque jour que pour exister il faut anéantir autrui; pour l'exemple ridicule : "le maillon faible" et les médias en général) mais quelle qu'elles soient, ces moqueries s'avérent blessantes et nous retranchent un peu plus chaque jour dans un individualisme qui anesthésie nos identités respectives. Jamais terrifiant : John Merrick, malgré ses premières apparitions en tant que "Freak" s'avére être bien plus humain que tout autre être (d'ailleurs Hopkins se demande lui-même s'il ne ressemble pas, en un sens, à Bytes, le "patron" violent de l'Elephant-Man, car il s'en sert surtout, au début, pour épater la galerie !). Son regard, sa sensibilité font de lui un être exceptionnel qui ne sera égalé par aucun autre "humain" et tout son entourage proche (les infirmiéres Mrs Mothershead ou Nora...) le respecte car ils ont su (ou du) dépasser les apparences. Voilà, ce film est toujours une grosse claque d'une émotion rare, qui à défaut de changer les choses, vous fera au moins pleurer de tristesse pour un être qui finalement éprouve un bonheur inatteignable pour nous. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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Commentateur
Lieu : La Garde, France
Classement des meilleurs critiques: 37.525 |