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JE SUIS UN MOT-SICIEN, 6 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Zénith Made In Nougaro (CD)
C'est en tombant par hasard sur une émission de France Inter, que je me suis souvenu que j'aimais bien Claude Nougaro. Je n'abuse pas franchement de la variété dite française, mais quand on aime le jazz et les mots, les chansons de Nougaro sont toutes indiquées ! Il aurait voulu être un musicien de jazz, un grand compositeur, comme ses idoles... Il ne sera qu'auteur. Mais utilisera sa prose, ses vers, sa langue, son accent, son style, comme un instrument de musique. Il sera soliste, soliste du verbe. Il se définissait lui même comme un « mot-sicien ». Chez Nougaro, la langue chante. Rimes, allitérations, sonorités, scansion, jeux de mots (« l'enfant phare » j'adore ce titre !), tout est bon pour faire swinguer la langue française. Et quand on sait s'y prendre, cette langue là peut swinguer (Paul Personne chiale son blues en français depuis 35 berges, et c'est fameux). Nougaro était passé maître pour créer des images, des ambiances avec les mots. Il ne faisait pas dans la demi-mesure, appuyait ses effets, mais le résultat était là. Réécoutez ce classique « Sur l'écran noir de mes nuits blanches »... Rien que ce titre, quelle merveille d'équilibre, de son, et de suggestion ! Ajoutez à cela une musique jazzy, des ballets sur une caisse claire, et on tient un petit chef d'oeuvre. Nougaro a d'ailleurs travaillé avec Michel Legrand, Eddy Louiss, Maurice Vander, Galliano, Dédé Ceccarelli... pas que des manchots. Nougaro avait entre autre point commun avec Serge Gainsbourg (outre les mots, les femmes, l'alcool...) qu'il déclarait volontiers que la variété, la chanson, était un genre mineur. L'un vénérait Chopin, l'autre Armstrong... Je pense que ces deux types ont fait dans cet art mineur des créations majeures. Ils se sont tous les deux appuyés sur des oeuvres classiques, ou jazz, pour y mettre leur mots. « Lemon incest » pour l'un, « Sing sing » pour l'autre (= "Worksong" thème de Cannoball Adderley). Ou la chanson « Armstrong ». Vieille tradition jazz, que reprend encore aujourd'hui l'immense chanteur Kurt Elling, lorsqu'il écrit sur des musiques de Wayne Shorter. Nougaro aimait le jazz, la musique brésilienne, latino, mais s'était aussi exprimé sur du funk, avec l'album NOUGAYORK , immense succès de 1987 (alors qu'il avait été proprement vidé de sa maison de disque l'année précédente !). Le texte de « Nougayork » est un modèle du genre, et je me garderais bien de faire quelques comparaisons que ce soit avec les textes de nos jeunes rappeurs ou slammer... (euh, d'ailleurs, pour comparer quoi ??!!) Ce ZENITH MADE IN NOUGARO (1989) fait suite à deux disques plutôt funky et cuivré, déroulant ce répertoire, et quelques classiques du monsieur. Ce n'est sans doute pas son meilleur, le son très « 80 », avec basse slappée et caisse claire bidouillée veillit mal, et ne possède pas le confort, le velours, la rondeur d'un bon vieux swing. Mais c'est le seul disque que je possède de Claude Nougaro, et il me fallait bien une base pour évoquer ce chanteur-swingueur à la voix de stentor, à l'accent inimitable, qui ne poétait pas plus haut que son c** que j'admire beaucoup, mais n'écoute pas assez souvent... Mea Culpa !
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Zénith Made In Nougaro B00000IIJE
Claude Nougaro
Wea
Zénith Made In Nougaro
Bienvenue
JE SUIS UN MOT-SICIEN
C'est en tombant par hasard sur une émission de France Inter, que je me suis souvenu que j'aimais bien Claude Nougaro. Je n'abuse pas franchement de la variété dite française, mais quand on aime le jazz et les mots, les chansons de Nougaro sont toutes indiquées !
Il aurait voulu être un musicien de jazz, un grand compositeur, comme ses idoles... Il ne sera qu'auteur. Mais utilisera sa prose, ses vers, sa langue, son accent, son style, comme un instrument de musique. Il sera soliste, soliste du verbe. Il se définissait lui même comme un « mot-sicien ». Chez Nougaro, la langue chante. Rimes, allitérations, sonorités, scansion, jeux de mots (« l'enfant phare » j'adore ce titre !), tout est bon pour faire swinguer la langue française. Et quand on sait s'y prendre, cette langue là peut swinguer (Paul Personne chiale son blues en français depuis 35 berges, et c'est fameux).
Nougaro était passé maître pour créer des images, des ambiances avec les mots. Il ne faisait pas dans la demi-mesure, appuyait ses effets, mais le résultat était là. Réécoutez ce classique « Sur l'écran noir de mes nuits blanches »... Rien que ce titre, quelle merveille d'équilibre, de son, et de suggestion ! Ajoutez à cela une musique jazzy, des ballets sur une caisse claire, et on tient un petit chef d'oeuvre. Nougaro a d'ailleurs travaillé avec Michel Legrand, Eddy Louiss, Maurice Vander, Galliano, Dédé Ceccarelli... pas que des manchots.
Nougaro avait entre autre point commun avec Serge Gainsbourg (outre les mots, les femmes, l'alcool...) qu'il déclarait volontiers que la variété, la chanson, était un genre mineur. L'un vénérait Chopin, l'autre Armstrong... Je pense que ces deux types ont fait dans cet art mineur des créations majeures. Ils se sont tous les deux appuyés sur des oeuvres classiques, ou jazz, pour y mettre leur mots. « Lemon incest » pour l'un, « Sing sing » pour l'autre (= "Worksong" thème de Cannoball Adderley). Ou la chanson « Armstrong ». Vieille tradition jazz, que reprend encore aujourd'hui l'immense chanteur Kurt Elling, lorsqu'il écrit sur des musiques de Wayne Shorter.
Nougaro aimait le jazz, la musique brésilienne, latino, mais s'était aussi exprimé sur du funk, avec l'album NOUGAYORK , immense succès de 1987 (alors qu'il avait été proprement vidé de sa maison de disque l'année précédente !). Le texte de « Nougayork » est un modèle du genre, et je me garderais bien de faire quelques comparaisons que ce soit avec les textes de nos jeunes rappeurs ou slammer... (euh, d'ailleurs, pour comparer quoi ??!!)
Ce ZENITH MADE IN NOUGARO (1989) fait suite à deux disques plutôt funky et cuivré, déroulant ce répertoire, et quelques classiques du monsieur. Ce n'est sans doute pas son meilleur, le son très « 80 », avec basse slappée et caisse claire bidouillée veillit mal, et ne possède pas le confort, le velours, la rondeur d'un bon vieux swing. Mais c'est le seul disque que je possède de Claude Nougaro, et il me fallait bien une base pour évoquer ce chanteur-swingueur à la voix de stentor, à l'accent inimitable, qui ne poétait pas plus haut que son c** que j'admire beaucoup, mais n'écoute pas assez souvent... Mea Culpa !
Luc B.
6 juillet 2009
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Classement des meilleurs critiques: 59
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