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18 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 White Christmas, 18 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Album (CD)
D'habitude, je déteste la musique de mes parents. D'abord parce que c'est celle de mes parents, c'est un principe de vie : s'affranchir. Après avoir été traumatisé par des Paris-Andorre à écouter Famous Last Words de Supertramp et le Julien Clerc du moment en boucle dans la Simca 1000, je trouve ça tout à fait normal et totalement excusable. Et oui, j'ai toujours été snob. On ne devient pas snob, on naît snob.

Sauf que parfois, je ne peux m'empêcher de penser qu'ils avaient raison, y compris dans leur discothèque. J'ai donc écouté plus que de raison une compile de ballades des Beatles dans mes tendres années, quand je lisais les manuels des Castors Juniors. Mais on n'échappe pas à ce groupe absolument présent partout, dans tous les articles, toutes les références, tous les reportages INA, tous les cours d'histoire, tous les clins d'oeil, tels des publicités, des tampons, des fers rouges. Impossible de leur échapper, même mon arrière-grand-mère connaît les Beatles.

Je me suis contenté de leurs années rebelles, les boys band ne m'intéressent pas. Et tout en haut de leur oeuvre, je ne garderai réellement souvenir que de deux disques immenses et inusables : Abbey Road et ce The White Album, qui date de 1968.

Depuis, je me suis coltiné l'écoute de l'intégralité de leurs quatorze albums. J'ai zappé les Anthology mais j'ai aussi jeté une oreille sur Let it be... naked. Je dis quatorze, mais en fait, les quatre premiers sont remplis de filler tracks, ces chansons bouche-trous qui peuvent être soit des titres faibles soit des reprises de standards de Chuck Berry ou de la Motown. L'époque ne valait que pour les singles. Et puis Yellow Submarine et Magical Mistery Tour sont de faux albums, plutôt des EP. Tout ça pour bien faire le tour une fois pour toutes, pour être sûr, pour m'en débarrasser, pour confirmer ce que je pensais depuis plus de quinze ans : le Blanc et Abbey Road. Et à la rigueur, Revolver et Rubber Soul. Pas plus. Même si indéniablement il y a des titres magnifiques dans leurs débuts, tels que She Loves You, Ticket To Ride, I'm A Loser, Yesterday et j'en passe (de vrais prodiges, total respect man), les Beatles offrent leur raison d'être dans ces deux sommets.

La mutation commence avec Rubber Soul mais dans le Blanc, ils trouvent à la fois le moyen de s'affranchir de leurs fans et celui de se dégager de leur propre entité. Le groupe se désagrège, chacun des quatre membres enregistre ses prises seul. A quelques exceptions près, dont leur meilleur titre, tous albums confondus (assertion subjective) : Happiness Is A Warm Gun. Ce titre vaut des albums entiers, des discographies complètes. Il permettra d'ailleurs aux Beatles de continuer, leur participation collective donnant envie à Mc Cartney de retourner vers un son live, de retrouver une cohésion, une jeunesse au groupe.

Abbey Road sera l'affranchissement avec leur passé : dernier disque enregistré ensemble, il signe la fin du groupe mais de manière plus qu'élégante, trouvant l'alchimie entre les compositions étranges du Blanc et la cohésion de Revolver. Et vaut donc sans doute comme leur meilleur disque.

Ce que ne peut certainement pas être The White Album, qui déborde d'egos, passe du coq à l'âne, mélange tout, n'a aucune ligne de conduite. On passe d'un twist à du reggae, d'une parodie de blues pleine d'humour au premier titre heavy-metal de l'histoire du rock (Helter Skelter), de la ballade la plus légère à un fatras sonore. L'intérêt réside là : si vous n'aimez pas les Beatles, écoutez leur double album blanc. Car rien ne ressemble moins aux Beatles - ou plutôt à l'image publicitaire omniprésente des Beatles - que ces trente titres rassemblés sous une non-pochette. Vierge d'image, vierge de texte. Seulement rehaussée d'une signature, celle d'une révolution.

Quel joli choix, quelle justesse : rien ne résume le contenu, fou sanglé dans une camisole de force, à part peut-être une idée, celle d'avancer et d'expérimenter au maximum. The White Album est un cadeau, le plus beau qu'ils ont fait : une page blanche. Ils ont balancé la sauce, les sauces, les instruments, les coupages, les modes d'enregistrements, les vocaux, les textes, ils ont tout mixé, tout remué, et donné le résultat final comme étant non pas une mais trente directions à suivre.

Vous connaissez Divine Comedy ? Il a refait Martha My Dear des dizaines de fois. Le jazz ? Blackbird a été reprise par le Hendrix de la basse, Jaco Pastorius. J'ai déjà parlé du métal et de l'avant-garde. Bien sûr, quand les Beatles géraient la société des années 60, Zappa officiait déjà dans les Mothers of Invention, mais finalement, il était incapable de faire une chanson pour le grand public, pour tout le monde. Si cela arrivait, le texte était suffisamment scabreux pour ne pas passer sur les radios et être fatigant au bout de quatre écoutes.

Aventureux, généreux, difficile à suivre et à défricher-déchiffrer, usant comme tout adolescent en train de s'affranchir, le double blanc demande de l'attention. Laissez tomber son incidence historique : il reste riche. Oubliez que ce sont les Beatles : il n'a rien en commun avec les Fab Four de Liverpool.

Merci les gars.
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Message initial: 28 mai 11 13:28:16 GMT+02:00
Tornado dit:
J'aime bien cet avis. Il est subjectif mais enrichissant. "L'oubli" de "Sergent Peppers" dans tout ça est-il intentionnel ?

En réponse à un message antérieur du 28 mai 11 15:40:23 GMT+02:00
M. Cyrille dit:
Merci beaucoup. Je me suis rendu compte récemment que j'étais incapable d'objectivité. Alors ça donne ça... Sur mon blog, j'ai mis des liens, c'est plus vivant je trouve.

Quant à Sgt Pepper, je suis d'accord avec Hervé Bourhis dans son très bon Le petit livre des Beatles (foncez !) : il est froid. Il a de très bons titres, d'autres moins, mais il manque d'âme. Il est important mais il n'a ni la folie rock du Blanc ni le psychédélisme de Revolver, il manque d'humanité. Donc ce n'est pas volontaire, cette absence, c'est que je l'aime beaucoup moins que ceux cités.

En réponse à un message antérieur du 3 juin 11 15:08:06 GMT+02:00
Je fais partie de ceux qui trouvent le double blanc trop long . Je te trouve un peu dur avec les Fabs four . J'aime tout d'eux . Prends une reprise de Twist and Shout ou de Besame ; ils n'ont pas écrits ces morceaux mais l'energie , la candeur y sont phenomenales .
Je serai bien incapable de dire quel album je préfère , chacun ayant une identité forte à partir de Rubber soul . Peut-être un petit faible pour Abbey Road et son ambiance douce amère .

En réponse à un message antérieur du 3 juin 11 16:50:48 GMT+02:00
M. Cyrille dit:
Non mais j'aime presque tout des Beatles. Ici, j'essaie de faire comprendre que les Beatles, ce ne sont pas que quatre garçons dans le vent qui chantent des yeahyeahyeah et qui ont cette image de gentils garçons (alors que c'est totalement faux). Et oui au début il y a une terrible énergie, mais ils sont intéressants et marquants ici. Des groupes joviaux et énergiques, il y en a beaucoup. Là, on tient la preuve qu'ils sont immenses.

Et dans l'avenir, je réécouterai beaucoup moins With The Beatles ou Help! (que je trouve très très bons) que ce double blanc dont je ne me suis jamais lassé. Alors oui y a des titres en trop, y a des morceaux pénibles parfois, mais ils en font partie, je ne peux pas le couper, c'est comme ça, je l'aime ce disque, je le chéris, il fait partie de moi. Je l'ai trop écouté je crois.

En réponse à un message antérieur du 21 oct. 11 21:33:52 GMT+02:00
Darko dit:
Ah oui la censure ! Bon je recommence....

Manifestement mon gars t'es pas qualifié pour juger des Beatles, écoute plutôt Muse pour le coup un véritable groupe........ de M---- ! :-)]

En réponse à un message antérieur du 21 oct. 11 22:02:34 GMT+02:00
M. Cyrille dit:
Tu tombes bien, j'adore les intégristes dans ton genre. Alors, je t'écoute. En quoi ne suis-je pas qualifié pour donner mon propre avis sur un groupe que j'adore (les Beatles, je précise, on ne sait jamais) ? As-tu toi-même assez de qualifications pour juger mes écrits ?

En réponse à un message antérieur du 9 févr. 12 09:40:09 GMT+01:00
BAGRATION dit:
Bravo ! Darko a raison...Qu'on le pende...Ah bon, on peut pas ? Bon, alors c'est un excellent commentaire++++ bien tourné, spirituel dont je ne partage ni de près ni de loin l'analyse....Vous êtes L'Anti-Beatles......Bon, qu'on le pende quand même !

En réponse à un message antérieur du 14 avr. 12 12:24:24 GMT+02:00
XENOMORPH dit:
bof, tout cela est une histoire de frime. Non, ce n'est pas le meilleur des Beatles ! Revolver, par exemple, est 1000 fois meilleur !! D'ailleurs, il suffit de s'y intéresser un peu, mais même à l'époque, Lennon et Mac cartney avaient dit que ce n'était pas leur meilleur album, et qu'il y avait beaucoup de..."déchets". Je n'invente rien. Maintenant, arrêtez votre délire, pas de quoi en faire un chef d'oeuvre. C'est sûr qu'un titre comme "obladiblada" n'est pas un incontournable..... Bon, maintenant, c'est un double album, ce qui était exceptionnel pour ces années là, c'était les Beatles, donc : c'était forcément bien.... allons, restez honnêtes avec vous-mêmes. L'emmeneriez avec vous sur l'île déserte ?

En réponse à un message antérieur du 14 avr. 12 18:45:32 GMT+02:00
M. Cyrille dit:
Frime ? Pourquoi ? C'est mon Beatles préféré, voilà un fait. Revolver est très bien mais certains titres sont faibles (notamment celui repris par Johnny Halliday). Ce n'est pas un délire : ce que j'écris, c'est ce que je pense. Obladi Oblada est loin d'être une de mes chansons préférées des Beatles, tout comme le collage Revolution 9, mais elle a le mérite de faire quelque chose de différent de ce qu'on attendait des Beatles. Et si je l'aime autant, ça n'a rien à voir avec le fait que c'est un double album.

Bien sûr que je le prendrai sur une île déserte. Il ne se passe pas six mois sans que je le réécoute. C'est un chef d'oeuvre, mais pas en tant qu'album. En tant que somme incroyable, novatrice et variée de talents rarement égalés.

En réponse à un message antérieur du 6 nov. 12 10:28:50 GMT+01:00
Jlenjo dit:
Xénomorphinge, t'es piqué à quoi ? Ça fait 3 fois que tu écrits le même com. Branleur.
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M. Cyrille
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