L'oeuvre de MICHEA est tout simplement la clé de lecture indispensable pour comprendre la matrice du raisonnement de nos "élites" politiques.
Elle permet de saisir avec sérénité la complémentarité de pensée entre "droite" et gauche", la véritable pensée unique en d'autres termes.
Quant à l'idée d'une common decency que d'aucuns peuvent trouver naïve, elle n'est pas si sotte.
Nourri aux idéologies d'un progrès illimité et tout matérialiste, l'occident est fatigué. Rendu ivre par la technologie, sa religion comme le démontre
MICHEA, est celle de l'argent et d'une liberté gagnée par la maîtrise technologique, non plus sur des dogmes religieux, mais, dumoins le croît-on, sur la nature.
Là ou des hommes religieux pouvait s'entendre dans un dialogue rationnel avec d'autres hommes rationnalistes, en partant des Lois de la Nature, qu'elle soit issue d'un Créateur ou non,
l'idéologie libérale rend ses élites incapables de montrer une autre voie que celle d'un progrès économique illimité dont on semble aujourd'hui voir les impressionnantes limites en terme d'environnement et de santé psychologique. La logique libérale doit urgemment oser redéfinir une notion de bien commun autre que la somme et l'extension des égoïsmes. A défaut de le faire ou d'essayer, le reveil risque d'être particulièrement douloureux, et il point déjà à l'horizon.
Encore merci à Jean-Claude MICHEA pour cette oeuvre limpide et qui fera date dans l'histoire de la pensée, même si elle ne résout rien.
Sa démonstration condamne une logique libertaire qui veut absolument, et cela ne manque pas de sel, relativiser toute valeur morale.Pourtant, une reflexion de bon sens suffirait à gommer les excès d'un système de pensée qui, se cachant sous des oripeaux rationnels tient beaucoup du comportement grégaire. Je suppose que c'est ce que l'on appelle la Common Decency.
A moins qu'elle ne porte un nom plus simple, celui de responsabilité individuelle seule susceptible de restaurer une véritable estime de soi.

