Un excellent commentaire au sujet d'un livre (ou texte imprimé, en tout cas) d'une énorme pertinence pour les lecteurs, aussi bien que pour les auteurs, d'aujourd'hui et de demain. Pour ceux d'entre nous qui ont du mal à concevoir une vie sans notre bibliothèque personnelle qui contient des centaines ou des milliers de livres imprimés, il est tantôt effrayant, tantôt salutaire d'imaginer un avenir ou le tout sera réduit à une liseuse qu'on pourra facilement mettre dans un sac ou dans un poche. Il nous faut quelqu'un comme François Bon pour nous prendre par la main et nous guider doucement vers ce "brave new world" de la technologie numérique, en nous chuchotant des mots d'encouragement à chaque pas.
Mais je me demande si dans ce nouveau monde il y aura encore de la place pour les maisons d'édition, voire les éditeurs comme Mr. Bon lui-même. Déjà ici en Amérique on a vu des auteurs qui ont trouvé le moyen d'éviter le "middle man" qui est la maison d'édition, pour vendre leurs textes directement aux lecteurs munis des Kindles. (J'ignore comment le processus se déroule, mais au moins pour certains auteurs qui peuvent compter sur une grande loyauté de la part de leurs lecteurs, tels Stephen King et Anne Rice, c'est désormais une possibilité à explorer.)
Pourra-t-on voir donc, dans quelques années, la disparition de la maison d'édition traditionnelle, avec tout son personnel, en même temps que celle du livre imprimé? En tant qu'éditeur, Mr. Bon ferait peut-être bien de changer de métier comme il semble avoir déjà commencé à faire en écrivant son livre annonciateur de la nouvelle époque littéraire.
Après le livre: Qu'est-ce que l'écriture numérique change au destin du livre et aux enjeux de la littérature ?
