Commentaire client

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 MELODIE EN FA... MINEUR., 31 octobre 2013
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélodie en sous-sol (DVD)
Un « classique », c’est ce qu’on lit partout à propos de ce polar d’Henri Verneuil (1962) qui a fait les beaux jours du cinoche à la télé. C’est d’ailleurs sur la petite lucarne que je viens de le re re re re voir. Le film tient la route, la nostalgie joue à fond, et c’est vrai que ça fait plaisir, comme de renfiler ses vielles pantoufles confortables.

MELODIE EN SOUS SOL c’est le principe du casse qui foire. Y’en a des centaines sur ce modèle. Des pires mais aussi des meilleurs. Alain Delon ne se la jouait pas encore monolithique, Maurice Biraud joue ce qu’on lui demande de jouer, c’est-à-dire la même chose qu’avant. Le taulier, Gabin, ne force pas particulièrement son talent (qu’il avait immense), des réalisateurs comme Jacques Becker, Duvivier ou Renoir en tirait meilleur parti. Il fait son numéro habituel de « ouuhhh laisse-moi t’dire mon p’tit bonhomme que ça va pas s’passer comme ça, passque hein… » en roulant des mirettes et récite les dialogues d’Audiard sans vraiment trop y croire. Audiard justement qui fournit le minimum syndical comparé à la partition en or de LE CAVE SE REBIFFE (sans parler des Lautner).

Reste à savoir comment Henri Verneuil va emballer le tout. Verneuil, c’est un visuel, il aime les mouvements de caméra même quand c’est inutile (généralement dans 75% des cas). Il réussit de belles choses (la manière dont il s’approprie le décor de la piscine, cadre en scope, belle profondeur de champ), mais comme il aime aussi que cela se voie, il a tendance à s’attarder. Le film manque de rythme. Trop long, trop lent. Verneuil n’est pas Jean Pierre Melville, qui lui pouvait se permettre de filmer un casse pendant 25 minutes sans aucun dialogue, mais un maximum de tension.

Ce qui manque au film, et aux personnages surtout, c’est de l’épaisseur. John Huston hissait QUAND LA VILLE DORT au rang de tragédie. Stanley Kubrick faisait de L’ULTIME RAZZIA une mécanique d’échec implacable (avec son épilogue très proche…) et télescopait les points de vue. Verneuil filme contentieusement mais platement des archétypes, son scénario manque de développements. Ou alors son film doit durer 1h20. Parce que deux types qui font un casse, avec juste un couteau suisse pour desserrer trois vis de grille d'aération, ça tient du film intimiste, pas de la superproduction (ce que Becker dans LE TROU avait pigé).

Malgré tout, cela ne m’empêchera pas de le re re re re regarder de nouveau dans deux ans !

PS : fuyez la version colorisée, une des plus laides qui soit. La fumée des clopes de Delon est verte quand il fume devant des arbres ! Les coloristes n’ont qu’une nuance de brun en stock, qu’ils tartinent un peu partout, ça bave, c’est ignoble, à pleurer, la famille du chef op’ Louis Page serait en droit de porter plainte.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non

[Ajouter un commentaire]
Publier un commentaire
Pour insérer un lien produit, utilisez le format : [[ASIN:ASIN titre-produit]] (De quoi s'agit-il?)
Amazon affichera ce nom avec vos soumissions, y compris les chroniques de clients et les posts de discussion. (Plus d'informations)
Nom :
Badge :
Ce badge vous sera affecté et apparaîtra avec votre nom.
There was an error. Please try again.
Consultez lintégralité des directives ">ici.

Remarque Officielle

En tant que représentant de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quelle que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
Le nom et le badge suivants seront affichés avec ce commentaire :
Après avoir cliqué sur le bouton Publier, vous serez invité à créer votre nom public qui sera affiché avec toutes vos contributions.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.  Plus d'informations
Sinon, vous pouvez toujours publier un commentaire normal sur cette évaluation.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
 
Délai système expiré

Nous n'avons pas pu vérifier si vous représentez le produit. Veuillez réessayer ultérieurement, ou réessayez maintenant. Sinon, vous pouvez publier un commentaire normal.

Puisque vous avez déjà publié un commentaire officiel, ce commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous. Vous pouvez également modifier votre commentaire officiel.   Plus d'informations
Le nombre maximal de commentaires officiels a été atteint. Le commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous.   Plus d'informations
Aller s'identifier
 

Remarques

Suivi en cours par 1 client

Trier par: Le plus ancien en premier | Le plus récent en premier
Afficher les messages 1-10 sur 13 de cette discussion.
Message initial: 2 nov. 13 08:43:39 GMT+01:00
Avec l'Homme de Rio, fait partie des films que les gens de notre génération voient depuis 40 ans ou plus. Je n'ai jamais trouvé Gabin très bon: avant qu'il ouvre la bouche, tu sais effectivement ce qu'il va dire. Idem pour les déplacements et les mimiques.

En réponse à un message antérieur du 2 nov. 13 15:46:54 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 2 nov. 13 15:50:18 GMT+01:00
Hervé J. dit:
C'est marrant, au lieu de lire "renfiler les pantoufles", j'avais lu "renifler les pantoufles" et là ça fait plus plaisir!

D'accord pour le film, un peu mou. Je pense que Gabin avait dépassé le stade de bon-pas bon, c'est un monument, comme De Funès le deviendra aussi dans un autre style. Si l'on cherche l'émotion, vaut mieux revoir ses films d'avant-guerre.

Le sous-sol c'est plutôt un fa dièse, non? Ah les batteurs et le solfège!

En réponse à un message antérieur du 2 nov. 13 18:32:06 GMT+01:00
Incroyable; j'ai lu exactement la même chose la première fois...

En réponse à un message antérieur du 2 nov. 13 20:29:50 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 2 nov. 13 20:30:48 GMT+01:00
Luc B. dit:
Fa dièse... ouais, comme tu dis, ah ces batteurs, à part compter jusqu'à quatre... Mais fa mineur faisait un meilleur titre !

Ne tirons pas trop vite sur Gabin, qui l'année suivante, sous la direction du même Verneuil, et sur des dialogues d'Audiard, nous fait UN SINGE EN HIVER... Il y est particulièrement truculent.

En réponse à un message antérieur du 8 nov. 13 23:06:49 GMT+01:00
Adanson dit:
Salut Luc,
Je te rends une petite visite et tombe sur ta chronique de "Mélodie en sous-sol"
Un must avec l'immense Gabin
Amitiés
Marco.

Publié le 5 déc. 13 16:46:29 GMT+01:00
Salut Luc,
Bon, je vais faire court : A peu près d'accord avec tout ce que tu dis sur ce film et sur les acteurs... c'en est presque énervant ! Va falloir que je révise mes (anciennes) positions étalées dans mon com, qui, pour être honnête, n'était qu'un prétexte à me farcir (une fois de plus) les pitbulls de la nouvelle vague.
Bon, je viens de publier mon dernier com (car ce sera le dernier). Je ne souhaitais pas partir comme ça, sans rendre hommage à ceux qui m'ont accompagné et que j'ai suivi durant plusieurs années... évidemment, je continuerai à te lire, avec ou sans sous-com !
Amicalement,
rv

En réponse à un message antérieur du 6 déc. 13 13:47:39 GMT+01:00
Luc B. dit:
J'avais relu ton commentaire sur Mélodie, avant d'écrire le mien. Je me suis dit que dans ce concert de louanges (le tien, mais aussi les autres) je détonnerai sans doute. C'est terrible de revoir les classiques de jeunesse des années après. Ca m'a fait le même coup pour Les 7 Mercenaires... Tu n'ignores pas qu'à propos des pitbulls de la Nouvelle vague, j'ai fait souvent le maitre-chien ! Tu auras remarqué que je n'en fait pas mention ici ! Je me suis retenu ! Et puis, cette guéguerre est purement stylistique, et puis maintenant y'a prescription. Pourtant, la même année, un certain cinéaste franco-suisse sortait Les Carabiniers, et... Le Mépris... Okay, j'n'ai rien dit !!

Bon vent à toi et à Madame.
Luc

En réponse à un message antérieur du 6 déc. 13 15:24:52 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 6 déc. 13 20:26:54 GMT+01:00
Prescription ? JAMAIS !!!!!!
alors je dis NON Môssieur, NON !!! jamais je ne pardonnerai à ces jeunes vanupiés qui, pour se faire mousser, n'avaient rien trouvé de mieux que le dézinguage systématique et organisé... ça serait trop facile, non mais !!!
Surtout pour nous pondre par la suite de nombreux films abscons ou sans grand intêret, m'enfin, c'est vrai quoi !
que reste t'il réellement de ce vieux mouvement ? 2 ou 3 trucs pas trop chiants... peut-être 2 bebel pour Godard et encore, c'est pour aller dans le sens de tout l'monde ! mais Rivette, c'est zéro... Chabrol, Rohmer et Truffaut (de cette période) c'est zéro ! bon ok, je t'accorde "Les quatre cents coups", mais pas plus ! Quant à Eustache, n'en parlons pas, on s'facherait !
Selon Jacques Lourcelles la seule originalité majeure et incontestable des cinéastes de la Nouvelle Vague, c'est que personne, avant eux, n'avait osé dire autant de bien de soi et autant de mal des autres.
Bon, calme toi Hervé... c'est mauvais pour ton c½ur.

En revanche, par la suite, ils ont tous (Chabrol en tête) réalisé quelques bons films (à par Eustache bien sûr)

Allez Luc, fais moi plaisir... ne me laisse pas avoir le dernier mot.

En réponse à un message antérieur du 7 déc. 13 12:50:03 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 7 déc. 13 12:53:35 GMT+01:00
Luc B. dit:
Comme disait Audiard, "la nouvelle vague, elle est plus vague, que nouvelle..."

Et pourtant, quel héritage ! On ne le perçoit sans doute pas au premier coup d'oeil, mais avant les avancées techniques (tournage léger, travelling en fauteuil roulant, en 2 chevaux, technique que reprendra Spielberg, tournage en extérieur, son en direct... et oui, tout, cela ne se faisait pas avant... et le montage, la manière d'aborder une scène au montage, ce qui semblait des audaces à l'époque et qu'aujourd'hui on voit partout dans le cinéma européen, bref, l'écriture-cinéma, la "caméra-stylo" chère à Rohmer et Bazin) l'héritage de la Nouvelle Vague, ce sont deux choses primordiales : je peux faire un film, peu couteux, sans avoir à rendre compte (car il ne faut pas oublier aussi cette nouvelle génération de producteurs) où le metteur en scène est au service de son film, de son propos, et non pas au service des acteurs-star. D'où cette notion de film d'auteur (si décriée par certains, mais qui est fondamentale. ce poserait-on la question pour des peintres, des musiciens, des auteurs... alors, pourquoi un réalisateur de film n'aurait pas droit au statut d'auteur ?). La deuxième chose, c'est qu'à partir de la nouvelle vague, les réalisateurs parlent de leur génération, leur quotidien, leur vie, leur amour, ils traduisent l'air du temps, le captent (voir Cléo de5 à 7, d'Agnès Varda, une merveille de sensibilité, de poésie). Est-ce que les films de Lautner, de Verneuil, évoquent la France des années 60 ? Non. Les protagonistes sont de l'ancienne génération, les jeunes sont relégués à des archétypes, des p'tits gars qui doivent rentrer dans le rang, à leur place.

Bon, on ne va pas réouvrir éternellement ce débat, il y a de la place pour tout le monde ! mais La Nouvelle Vague, qui a eu aussi ses excès, ses travers, a, qu'on le veuille ou non, contribué à changer le cinéma, le faire évoluer, mais surtout, à faire évoluer les mentalités, ce la manière de tourner, la manière de raconter, et sur ce qu'on voulait raconter, montrer de la société, et des préoccupations des gens.

à+

En réponse à un message antérieur du 8 déc. 13 03:50:23 GMT+01:00
Ok, Ok...!
juste un truc... Agnès Varda s'est toujours défendu de faire partie de la nouvelle vague.

à bientôt Luc...
‹ Précédent 1 2 Suivant ›

Détails de l'évaluation

Article

4.0 étoiles sur 5 (26 commentaires client)
5 étoiles:
 (14)
4 étoiles:
 (4)
3 étoiles:
 (5)
2 étoiles:
 (1)
1 étoiles:
 (2)
 
 
 
EUR 6,15
Ajouter au panier Ajouter à votre liste d'envies
Commentateur

Luc B.
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

Classement des meilleurs critiques: 215