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21 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du Mozart ultra-saturé : migraine jouissive, 14 avril 2002
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loveless (CD)
S'attaquer au monstrueux « Loveless » n'est jamais une mince affaire : à la première écoute, on a l'impression de perdre tous ses codes et repères du bon vieux rock classique : ici, le bruit est constant : désaxé, déstructuré, défiguré par des bandages d'effets sonores, par le vrombissement de centaines de guitares superposées. La batterie, autiste, martèle ses coups comme elle le peut derrière le fracas, la basse sous-mixée ne se distingue plus de l'ensemble, et personne ne comprend un traître mot des appels au secours murmurés par les plaintes de voix féminines qui semblent émaner de sirènes sous valium. Et c'est pourtant tout ça qui rend « Loveless » irrésistible : un travail de studio insensé pour parvenir à un ultime objectif bien ruminé dans le cerveau de Kevin Shields, son auteur : réussir à déconcerter l'auditeur par tant de créativité sonore, aussi bien que par les émotions dégagées par les onze titres complexes du disque. Aucun des instruments (y compris vocaux), pris un par un, n'est le héros du disque, mais tous participent à leur manière à bâtir une certaine texture sonore carrément jouissive. Les compositions, elles, sont également de haute volée. Il me semble ne jamais avoir entendu quelquechose d'aussi beau, d'aussi complexe et d'aussi émouvant que le passage de trente secondes compris entre 1:45 et 2:15 d' « I Only Said ». Au fil des années, « Loveless » reste inflexible, ne prend aucune ride, surprend encore, inroyable de maîtrise : le travail de Kevin Shields est énorme, surpassant de loin tous les modèles du Shoegazing, allant jusqu'à devenir la référence absolue du genre, manifeste cinglant contre la musique progressive et ses solos de guitare interminables. A la deux-centième écoute, lorsqu'on a définitivement adopté les accords torturés d' « Only Shallow », assimilé le bloc sonore unique qu'est « To Here Knows When », ou encore les mélodies suggestives à la Cocteau Twins telles que « Blown a wish », on devient atteint d'une grande dépendance, qui se caractérise notamment par monter encore et toujours le son afin de connaître les limites de ses propres tympans. Loveless est un disque envoûtant, passionnant, spectaculaire, assommant d'émotion, de malaise et de fascination. Expérience à vivre absolument.
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Message initial: 15 juin 09 23:50:55 GMT+02:00
M. Cyrille dit:
Bonjour,

je crois n'avoir rien lu de plus pertinent et de juste à propos de cet album unique et insurpassable. Bravo.
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