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5.0 étoiles sur 5 Entre SF et dystopie, une aventure humaine émouvante et authentique, 1 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Wool Omnibus Edition (Wool 1 - 5) (Silo Saga) (English Edition) (Format Kindle)
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"Wool Omnibus" regroupe 5 récits, publiés également séparément, mais qui sont absolument faits pour être lus à la suite, car ils forment un ensemble très homogène, une histoire complète.
Le premier récit, très court, comme une nouvelle, se lit d'une traite, avec fascination. Il pose les bases et les mystères de la société humaine de "Wool" : un groupe assez important, mais tout de même très limité aux yeux du lecteur, qui vit depuis - toujours ? - dans un monumental silo enseveli sous la surface de la terre. Cette dernière est post-apocalyptique : ciel plombé, vents incessants, collines décharnées, toxines mortelles...
Les humains du silo connaissant la terre par l'intermédiaire de quelques caméras qui dispensent toujours et encore le même paysage dévasté et désolé. "Dehors" est tabou : en parler, y penser, souhaiter l'explorer - n'en parlons même pas. Mais comme ces vues de l'extérieur sont jugées indispensables à l'équilibre humain, les caméras extérieures doivent être nettoyées régulièrement. Ces "cleaning", jours de fêtes où les enfants n'ont pas école et pendant lesquels de nombreuses personnes font le pélerinage pour admirer la vue toute propre, sont assurés par les condamnés à mort. Ceux-ci sont boutés au-dehors, équipés d'une combinaison qui leur permettra tout juste de nettoyer toutes les caméras en surface avant de faire quelque pas vers la plus proche colline et de s'effondrer aux yeux de tous, condamnés à mourir très vite, asphyxiés.
À ce "cleaning", les condamnés ne se refusent jamais. Même ceux qui jurent ne pas s'y soumettre. On ne sait pas pourquoi.
Mais à la fin de Wool 1, vous le saurez...

Le deuxième livre embraye très naturellement sur un personnage secondaire du premier et de même pour le troisième. Ce n'est aucunement frustrant, mais très naturel.
Les personnages assez nombreux de cet omnibus sont très réussis, très réalistes. Non pas réalistes au sens caricatural du terme (en nous mettant le nez dans la fange de l'humanité tout en nous criant "mais oui, ça existe des gens comme ça, frémissez !") mais au sens quotidien du terme. Wool raconte l'histoire de gens ordinaires vivant une époque extraordinaire. Le ton est très intime, mélancolique même. L'enfance et son insouciance est un thème de fond, qui met bien en valeur le côté poignant de cette humanité condamnée à vivre une vie inhumaine, sans jamais savoir ce qu'il y a eu "avant", sans même avoir le droit de se poser la question, juste, peut-être, d'y penser. Tout seul.
La vie dans le silo est très triste et monotone, les distractions sont rares et pitoyables à nos yeux. L'espace est à la fois confiné (minuscules espaces à vivre) et gigantesque : le silo est immense, se déroulant sur une trentaine de paliers, seulement accessible par un immense escalier central. À pied !

Les humains sont naturellement économes, naturellement frugaux et naturellement paisibles et travailleurs. Les naissances sont contrôlées, pour avoir le droit d'essayer de faire un enfant il faut avoir gagné à la loterie, au bout d'un an, votre tour passe, si aucun enfant n'a été engendré tant pis pour vous. Le silo a un maire, un shérif, des sous-shérifs et des activités par strates : les mécanos, tout en bas, qui font tourner les machines, les IT, un peu plus haut, qui s'occupent de la communication et de l'informatique, les fournitures au-dessus, l'étage des serres et de l'élevage de quelques espèces consommables et tout en haut, le bureau du shérif, la prison et la cellule d'exclusion définitive, celle qui ouvre sur le dehors, sur le "cleaning" et la mort certaine.

Après l'école les adolescents partent en apprentissage, devenant une "ombre". Le lien entre chaque travailleur (le terme le plus adéquat, finalement) et son ombre est très fort. D'ailleurs chaque groupe de travail est très soudé et les communications entre les strates sont presque nulles. Et de toute façon elles sont très chères, que ce soit par le réseau ou par porteurs - ces hommes et ces femmes qui ont choisi comme travail d'assurer les livraisons d'un étage à l'autre, courant toute la journée de haut en bas du silo, chargés comme des porteurs Tibétains.
En effet, aucun moyen de déplacement n'existe. On se déplace sur ses jambes, équipés de l'essentiel, ou pas du tout. L'escalier monumental est l'artère du silo, où tout et tous passent et repassent, le terrain de jeu des enfants, une frontière infranchissable pour les personnes malades ou vieillissantes.

D'une façon générale, "Wool" ne fait pas dans le sensationnel. L'humanité (et ses acquis scientifiques et technologiques) ne parait pas être très différente de ce que nous connaissons - dans le cadre des effroyables limitations du silo, bien entendu. Parallèlement, l'existence de ce silo ne parait pas complètement mystérieuse au lecteur. On devine aisément quelle genre de catastrophe a pu conduire à ce résultat. Mais ce qui est passionnant dans ce récit en 5 battements, c'est de suivre des personnages très vivants, crédibles et humains, à qui seule une vérité tronquée a été offerte depuis toujours, et les voir accomplir l'incroyable cheminement vers la vérité entière.

Voilà pour le décor dans lequel le lecteur évolue avec beaucoup de réalisme tout au long de sa lecture. L'intrigue se déroule en plusieurs temps successifs, dans une unité qui n'apparait que petit à petit, entre tragédies familiales, morts douteuses et enquêtes policières, histoires d'amour vieillissantes, destins tragiques et courage exceptionnel dans l'adversité.
Bien que le ton soit très mélancolique, le message d'espoir reste intact, dans la démonstration de la capacité de l'humain à réfléchir, réagir et changer, malgré le poids des habitudes, des conventions et des lois.

Et si vous souhaitez goûter à l'ambiance particulière du silo de "Wool", vous pouvez lire le premier récit, très court et d'une lecture agréable et fluide : Wool.
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Afficher les messages 1-10 sur 17 de cette discussion.
Message initial: 2 juin 12 14:54:47 GMT+02:00
Je suis tenté. Le thème est un peu éventé, mais le traitement (ordinaire) semble alléchant.

En réponse à un message antérieur du 2 juin 12 15:11:49 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 2 juin 12 15:12:49 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
Éventé par quoi ? je me suis posé la question en le lisant, me disant que des lecteurs avertis Sf auraient sans doute plein de références, mais de toute façon l'originalité du thème n'est pas le point fort, mais le traitement l'est : le "vu de l'intérieur" est puissant.
C'est le genre de lecture qui marque, parce qu'elle a un côté très réel, justement à cause du côté quotidien (enfin ça chauffe quand même terriblement à la fin et l'héroïne est très très héroïque - de façon parfaitement vraisemblable).
J'ai repéré ce livre parce que les droits ont été rachetés au cinéma par Ridley Scott, je n'en avais jamais entendu parler avant. Si le film est bien tourné, on aura sans doute droit à une VF de tout ça, non ?
En attendant essaie le petit wool 1, c'est vraiment court et assez facile à lire je crois. Tu auras une idée de ce que j'ai aimé. Par exemple le tout début, où l'homme est plongé dans ses pensées, songeant à ce qui l'attend alors qu'il regarde des enfants jouer, sonne pour moi très juste, un peu le genre de tonalité de l'intro du Vieil homme et la guerre.

En réponse à un message antérieur du 2 juin 12 15:20:00 GMT+02:00
Je ne citerais que Malevil, mais les mondes clos post apocalypse sont légion.
Je vais lire l'extrait (je vais essayer de lire l'extrait).

En réponse à un message antérieur du 2 juin 12 15:30:17 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 2 juin 12 16:00:11 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
Justement, ces légions, ont-elle une tonalité post-apocalyptique ou quotidienne, genre "Le passeur" ?
Lis-donc cet extrait, Obélix te donnera un coup de pouce.
(et surtout, surtout, si je t'ai mal parlé récemment, ne m'en veux pas. Vraiment, je me repends. Promis, je vais prendre la petite pilule rose prescrite par le Dr Épicerifine).

En réponse à un message antérieur du 2 juin 12 15:34:05 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 2 juin 12 15:34:48 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
Ah oui, Robert Merle : j'ai lu la mort et mon métier en terminale, ça m'a complètement horriblement marquée. Et un autre aussi, tout à fait sinistre... L'Idole très certainement, je me rappelle d'une histoire de cheveux magnifiques et très longs. Elle se fait assassiner de façon sadique à la fin, c'est surtout ça dont je me rappelle, avec la cérémonie du lavage de cheveux...
Je n'ai jamais eu envie d'aller plus loin avec cet auteur à l'époque.

En réponse à un message antérieur du 3 juin 12 01:18:02 GMT+02:00
Lady Lama dit:
VU, et dans mon cas ce sera sans moi, cela ne me donne pas du tout envie :-/

En réponse à un message antérieur du 3 juin 12 09:07:49 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
En fait c'est tout à l'opposé de Harmony / une idée originale, une histoire bancale et mal racontée, des personnages inexistants : une idée classique, une bonne histoire bien racontée et des personnages en 3D. De mes lectures c'est à The giver que ça m'a fait le plus penser.

En réponse à un message antérieur du 3 juin 12 10:01:56 GMT+02:00
Lady Lama dit:
Rahhhh, si tu sors tout de suite la carte "the Giver", je suis obligée de suivre. Mais le recueil doit être très épais, non? J'ai l'impression de confondre tous les Omnibus avec des parpaings :-/

En réponse à un message antérieur du 3 juin 12 11:19:36 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 3 juin 12 11:52:03 GMT+02:00
Guinea Pig dit:
Difficile à dire avec une version kindle (pour laquelle il faut zoomer à mort !) ; je dirais 500 pages petits caractères. Mais c'est très agréable à lire, fluide, bien construit. Pour un auteur auto-édité (self-amazon-made-man !) c'est frappant. C'est tellement mieux construit et écrit que certaines de mes dernières lectures anglo-saxones pourtant validées par un éditeur ! Bon, c'est peut-être bien différent du système français.
Si tu doutes, lis le petit wool 1 tout seul, ça se lit d'une traite, c'est une nouvelle - mais wool 2 enchaîne linéairement. L'auteur a fait le choix de publier par "parties", mais pour moi c'est un seul livre, une seule histoire.

Enfin, si c'est assez triste par moments, ça n'a rien de déprimant ; c'est très chaleureux humainement parlant.

En réponse à un message antérieur du 3 juin 12 11:26:48 GMT+02:00
Lady Lama dit:
Bon, j'arrete de trainer les pieds et je me lancerai dessus un jour. Là je pense que je vais essayer le livre ridicule de K ^^
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