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6 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Le Chopin nouveau est arrivé, 8 janvier 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chopin: Les 4 Scherzos, Impromptus n° 1-3 (CD)
A juste titre, on pourrait se poser la question de savoir quel intérêt aurait un label comme DG d'enregistrer un répertoire maintes fois éculé, où tout semble avoir été dit, et que les grands noms du piano chopinien (François, Rubinstein, Arrau, Perlmutter, Pollini) ont marqué de griffes indélébiles. Et la question serait d'autant plus justifiée que ce même label propose déjà, au sein de son catalogue, les Scherzos de Chopin dans des signatures telles que celles de Pollini et de Pogorelich, qui ne sont pas des moindres. Mais si cette question se pose pour bien des œuvres, il en va autrement pour ces Scherzos à l'écriture si dense, et qui sont si riches en nuances, que la propension à la liberté de l'interpréte prend toute son ampleur, et que le jeu de devient une partie inhérente à la partition.

Au lyrisme romantique, Yundi Li - lauréat 2000 du concours Chopin - oppose une rectitude du phrasé, franche et sans détour. Sans perdre une occasion d'exploiter le caractère spectaculaire de ces œuvres, avec la déferlante virtuose d'un legato d'une insolente perfection (Scherzo n.1), le jeune coréen dégarnit le romantisme de Chopin du maniérisme auquel il a été si souvent associé. Cela, au point qu'on a parfois, le sentiment que les pages sont expédiées, et à la limite, liquidées (Scherzo n.2). En explorant les contrastes et les fortissimos autant que le lui permet son parti pris pour l'extrême rapidité des tempos, Li se situe à l'opposé d'un Pogorelich pour qui les contrastes sont prioritaires, et vont même jusqu'à dicter le choix de la lenteur. Ainsi, Li semble exploiter ces pièces pour démontrer sa virtuosité, prouver que l'on peut être délibérément présent sans nécessairement susciter l'ennui - ce qui reste à confirmer - enfin, qu'on peut sortir des sentiers battus du discours lyrique conventionnel, sans pour autant révolutionner.

Du coup, les impromptus qui offrent à la virtuosité de moindres potentiels ne sont plus, sous les doigts de Yundi Li, qu'un complément de programme généreux mais qui n'est ni plus ni moins bienvenu.

Ce qui eut été inadmissible dans les années 40, et jusqu'au milieu des années 80, à l'époque où l'effacement de l'interprète devant l'œuvre était encore une vertu, aujourd'hui n'est plus de mise. Le culte de la star n'a pas épargné la génération montante des nouveaux virtuoses qui acceptent de moins en moins le statut de l'interprète comme serviteur de l'œuvre. Ils ont moins de scrupules que leurs ainés à mettre en valeur leur présence, leur virtuosité, et c'est tout juste s'ils ne revendiquent pas leur jeu comme une composante inhérente à la partition jouée. Si cette approche est une solution qui peut éviter aux grandes pages du répertoire pianistique de se trouver figées, de se voir standardisées par des enregistrements de plus en plus robotisés, qu'à cela ne tienne. Mais dans ce cas, et tant qu'à faire, le DVD des scherzos de Chopin en concert, (avec en prime, une sonate de Liszt époustouflante), par un Yundi Li au physique par ailleurs, très agréable, ne serait-il pas un support d'autant plus adéquat que ce CD n'est pas de ceux qu'on écoute en fermant les yeux?
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Message initial: 25 juil. 13 18:44:29 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 25 juil. 13 20:24:52 GMT+02:00
Anonyme dit:
Ah. Je déteste Lang Lang pour cette raison. Mais bien que Yundi Li prenne des tempi extrêmes, je n'ai pas du tout le sentiment qu'il cherche à se mettre en valeur. Et vu la musicalité de Pollini (son op. 10 n°8 et ses nocturnes sont bouleversants de tendresse), je dois dire que cette allusion décrédibilise totalement à mes yeux votre assassinat par écrit à ce pianiste.

En réponse à un message antérieur du 16 août 13 21:18:20 GMT+02:00
Stad dit:
Je n'ai pas eu l'intention d'assassiner Yundi Li avec ma plume (enfin, mon clavier). Bien au contraire: je dis seulement que l'effacement de l'interprète devant l'oeuvre, qui était une vertu du temps de Clara Haskil, William Kempff et Rudolf Serkin, ne l'est plus pour la génération montante des pianistes d'aujourd'hui, dont Yundi Li est sans nul doute l'un des représentants les plus suivis. Mais ce n'est pas nécessairement plus mal. C'est juste que c'est à à nous - le public mélomane - de remettre nos critères au gout du jour, et de ne pas juger les "nouveaux" avec les critères des "anciens". Ça aura le mérite de mieux écouter ce qu'ils ont à dire en interprétant, et d'éviter par la même occasion de se cloitrer derrière les choix discographiques réactionnaires...
Si ça a été perçu autrement, c'est vraiment sans préméditation.

Cela étant dit, et puisque vous mentionner les nocturnes de Pollini, quelque annés après mon écriture de ce commentaire, EMI a fait sortir les Nocturnes par Yundi Li: Une merveille, à ranger aux cotés de ceux de Mario Joao Pirès, et de Pollini aussi, d'ailleurs.

En réponse à un message antérieur du 17 sept. 13 19:39:08 GMT+02:00
Anonyme dit:
Mon allusion à Pollini était ironique... C'est pour cette raison que je suis en désaccord : il me semble tout sauf investi, malgré une superbe écoute et sonorité. Maria Joao Pires me semble à l'opposé dans une humanité bouleversante.

Je suis d'accord en revanche avec vous sur le fait que la personnalité artistique des interprètes et les effets qu'ils deviennent de plus en plus centrés dans la considération de certains critiques ou mélomanes, au détriment parfois de la qualité de jeu. Nous avons cependant des musiciens actuels qui préfèrent jouer "orthodoxe" plutôt que d'exprimer un point de vue personnel sans prendre compte de considérations stylistiques ou autres. Au piano, prenons la superbe Mitsuko Uchida, ou encore Nelson Freire (malgré une certaine originalité de sonorité, son Chopin est d'une exactitude que d'aucuns peinent à égaler), Murray Perahia, entre autres. Yundi Li ne me semble pas si loin d'eux, comparé par exemple à Grigory Sokolov qui, malgré tout ce qu'on peut dire de lui, possède une sonorité fine mais parfois horriblement agressive (voir par exemple son étude op. 8 n°12 de Scriabine) et des choix musicaux pas toujours intéressants (je pense à des sonates de Mozart et Chopin complètement à côté de la plaque). J'ai réagi de manière peut-être excessive à une sorte de rejet primaire des musiciens asiatiques par certains européens peut-être intimidés par la "menace" qu'ils constituent. Je pense notamment à un commentateur mettant Lang Lang et Mitsuko Uchida dans le même sac (par ailleurs, il me semble qu'il est bien placé dans les commentateurs d'Amazon)... Personnellement, je crois que la seule possibilité durablement intéressante est d'écouter ceux qui s'effacent derrière l'oeuvre qu'ils jouent, comme vous l'avez si bien formulé. Les points de vue isolés peuvent apporter un éclairage intéressant mais souvent pas autant que les interprétations authentiques, à mon sens.
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